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mardi 12 janvier 2010

UN 100e ANNIVERSAIRE INSPIRANT POUR LE QUÉBEC


NOTE :    Même si cet anniversaire est passé, ce qu’il signifie est toujours d’actualité, surtout pour nous Québécois, car il y a de nombreuses similitudes entre le Québec actuel et la Norvège d’avant 1905.
 
Le 7 juin 1905, le parlement de Norvège, pays alors annexé à la Suède, décida unilatéralement de ne plus reconnaître Oscar II, Roi de Norvège, ce qui venait ainsi dissoudre l’Union. Quelques mois plus tard, un référendum entérina très largement la décision prise par le Storting (parlement) : à près de 99%. La Norvège était prête à redevenir souveraine, après plus de cinq siècles sous la domination du Danemark puis de la Suède.

S’il est un exemple qui devrait inspirer les Québécois de divers points de vue, c’est bien celui de la Norvège. Cent ans après la déclaration unilatérale de son indépendance, ce petit pays nordique dont la superficie est le cinquième de celle du Québec, avec les trois quarts de sa population, se range actuellement parmi les cinq ou six pays les plus compétitifs et prospères au monde, avec la Finlande, autre petit pays scandinave occupant la première place.

UN ANNIVERSAIRE QUE NOUS, QUÉBÉCOIS,
AVONS TOUT INTÉRÊT À REMARQUER
TELLEMENT LES PARALLÈLES SONT NOMBREUX
ENTRE LA NORVÈGE ET NOTRE PAYS, LE QUÉBEC !
(voir le document officiel de Norvège ci-dessous)

La presse économique publiait récemment un petit article très éloquent et très intéressant caché dans les pages intérieures :  il n'a pas fait les manchettes de première page dans nos journaux unitaristes qui dominent l'information au Québec car il pouvait servir d'appui assez solide à notre indépendance nationale.
En effet, « Les pays scandinaves et asiatiques dotés des économies les plus compétitives du monde, se placent aux premiers rangs selon le -Rapport sur la compétitivité mondiale 2004-2005 - publié en 2004 par le Forum économique mondial de Davos (WEF). (...) Le WEF a établi son classement après avoir consulté plus de 8700 dirigeants d'entreprises dans 104 pays. »
L'Europe du Nord, championne de la compétitivité
Le Canada se retrouve au 15e rang du palmarès des économies les plus dynamiques au monde
Éric Desrosiers  LE DEVOIR - 14 octobre 2004  
Les pays d'Europe du Nord ont une fois de plus accaparé les premières places du palmarès des économies les plus compétitives au monde, selon le Forum économique mondial.
Censé refléter le potentiel de croissance de l'économie d'un pays au cours des cinq à huit prochaines années, le Rapport sur la compétitivité mondiale 2004-05, dévoilé hier à Genève, a couronné la Finlande pour une troisième fois en quatre ans alors que la Suède s'est classée au troisième rang, le Danemark au cinquième rang, la Norvège au sixième rang et l'Islande à la dixième place sur 104 pays en lice (...)

Note :  ces mêmes petits pays scandinaves sont toujours en tête du classement en 2010...
On poursuit en soulignant ce fait très remarquable :  « Cette année, la Finlande conserve sa première place -- qu'elle occupe pour la troisième fois en quatre ans -- juste devant les États-Unis. ». Il faut signaler que l'étendue de la Finlande est seulement 20% de celle du Québec, et sa population est environ 75% de la nôtre. Par une curieuse coïncidence, j'écrivais ceci dans un bulletin daté du 14 octobre 2004 (avant que je prenne connaissance de cet article) :


Avant son indépendance en 1905, la Norvège, annexée à la Suède
comme le Québec est annexé au Canada,
était pauvre et démunie, comme le Québec.
Aujourd'hui, la Norvège, petit pays (324 000 km2)
de 4,5 millions (clic) d'habitants,
avec un territoire cinq fois plus petit que celui du Québec
(1 668 000 km2 - 7 543 000 habitants),
se range parmi les 5 pays les plus prospères
et les plus compétitifs au monde.
En particulier, la flotte commerciale de la Norvège
est parmi les 5 premières sur Terre.
Pendant ce temps, avec une longueur de côtes
bien supérieure à celle de la Norvège,
le Québec, pays annexé,
ne peut même pas assurer un système de transport
de marchandises correct le long du Saint-Laurent,
une des plus extraordinaires voies navigables au monde !
Qu'attendons-nous pour sortir du misérabilisme
et de la dépendance stérilisante ???
 Nous avons beaucoup à apprendre des Norvégiens...
Indépendance et ouverture sur l'extérieur
Vision à long terme et fierté nationale
Concertation et travail acharné
Cohésion nationale et cohérence dans l'action...
LE CENTENAIRE DE L'INDÉPENDANCE
DE LA NORVÈGE 1905 - 2005

La dissolution pacifique de l’Union entre la Norvège et la Suède en 1905
a été commémorée à travers de nombreux événements en Norvège ainsi qu'à l'étranger.
Source :  Ministère des relations extérieures de Norvège
Ce qu'on pouvait alors lire :
Le Centenaire, qui sera commémoré partout dans le monde, sera surtout concentré sur 11 pays. Nous présenterons un programme des quelques 500 événements qui devront donner une image des multiples facettes de la Norvège.

Des concerts, des festivals, des expositions et échanges de programmes et séminaires feront partie du programme du centenaire. De plus, la famille Royale norvégienne fera plusieurs visites officielles à l'étranger, et il y aura également des visites officielles des pays étrangers vers la Norvège durant l'année 2005.  Le programme pour la commémoration du centenaire à l'étranger sera établi par le Ministères des Affaires étrangères.

Les évènements de 1905 ont commencé par le développement de la politique étrangère. L'année 2005 marque le centenaire des services diplomatiques norvégiens liés aux pays partenaires et leur participation dans la communauté internationale. Ceci sera également commémoré.

Norvège 1905  -  DOCUMENT OFFICIEL 
1905 – La séparation pacifique

Le 7 juin 1905 eut lieu au Parlement norvégien (le Storting) une séance extraordinaire au cours de laquelle le premier ministre, Christian Michelsen, présenta la démission de son gouvernement. Le roi de Suède, Oscar II, qui n'exerçait son pouvoir sur la Norvège que par l'intermédiaire dudit gouvernement, se trouvait ainsi démis de ses fonctions royales. Le Parlement adopta alors, à l'unanimité, une déclaration qui conférait au gouvernement déchu le pouvoir « d'exercer l'autorité revenant au Roi selon la Constitution et les lois du Royaume de Norvège - avec les changements nécessaires du fait de la perte, par le Roi, de sa souveraineté sur le territoire norvégien, laquelle met un terme à l'union de la Norvège et de la Suède sous une seule couronne ». Par le biais de cette clause secondaire, la Norvège rompait ainsi son union avec la Suède.

En 1814, la Norvège s'était trouvée précipitée dans cette union, après avoir été détachée du Danemark dans le sillage des guerres napoléoniennes. Les Norvégiens, en proclamant leur propre Constitution, le 17 mai 1814, s'étaient certes révoltés contre cette nouvelle dépendance imposée. Mais bien que cette initiative eût permis au pays d'acquérir un certain degré d'autonomie, l'Etat norvégien n'en avait pas moins été contraint d'entrer dans une nouvelle union - plus ou moins assortie, il est vrai, d'une marge de liberté -, regroupant deux nations sous une même couronne, avec un corps diplomatique commun. Du point de vue formel, ce statut avait été officialisé par le Riksakten de 1814, la "charte du Royaume".
Les années 1890 avaient vu croître les germes du conflit entre les deux membres de l'union. Des tendances nationalistes s'étaient fait jour de part et d'autre de la frontière, s'appuyant sur des motifs politiquement très divergents. L'esprit protectionniste, de plus en plus marqué du côté suédois, avait nui aux relations commerciales entre les deux pays. En Norvège, les partisans de l'union s'étaient vus par là-même contraints d'abandonner l'argument des bénéfices économiques que cette situation pouvait apporter à leur pays. Après 1895, les deux nations s'étaient l'une et l'autre lancées dans des efforts militaires substantiels.
Dès le début de l'année 1905, l'union apparut sur le bord de la rupture. Le premier ministre en exercice, Francis Hagerup, démissionna, faute de pouvoir négocier plus avant avec la Suède au sujet de la création d'un corps diplomatique norvégien. Un nouveau gouvernement fut alors formé par Christian Michelsen. Le héros national Fridtjof Nansen publia dans la presse étrangère une série d'articles destinés à éclairer l'opinion publique et à expliquer les revendications norvégiennes. En mai, les membres du Parlement adoptèrent un projet de loi portant sur la création d'un corps diplomatique norvégien, sachant pertinemment que le roi Oscar II n'en approuverait pas le principe. Le 27 mai, le refus royal parvint aux intéressés, marquant la rupture complète entre le Roi et le gouvernement - et donc entre la Suède et la Norvège. Les deux nations s'efforcèrent de gagner à leur cause les grandes puissances que comptait alors l'Europe, mais aucune ne souhaitait s'engager dans une guerre en Scandinavie.
Une commission spéciale mise en place au Riksdag (l'assemblée nationale suédoise) parvint à la conclusion que la Suède pouvait accepter la dissolution de l'union, mais que la question devait être préalablement soumise à un référendum en Norvège, et que les conditions de la dissolution éventuelle devaient être négociées. Cette recommandation fut adoptée par le Riksdag. Le référendum, qui se déroula en Norvège,le 13 août, révéla une écrasante majorité en faveur de la dissolution de l'union.

NOTE :  Le référendum eut lieu en août 1905. 368 392 Norvégiens se prononcèrent pour la dissolution et 184 furent contre. Le 18 novembre 1905, le Storting proclama le prince danois Charles roi de Norvège. Il prit le nom de Haakon VII. Après sa séparation d'avec la Suède, la Norvège connut une période d'expansion économique qui dura jusqu'à la Première Guerre mondiale, en 1914.
Source :  clic.

Les négociateurs norvégiens et suédois se réunirent à Karlstad, le 31 août. Au nombre des sujets à traiter se trouvaient un certain nombre de questions délicates, comme celle du statut des forteresses militaires norvégiennes situées le long de la frontière. L'atmosphère s'avéra très tendue et les débats furent intenses, mais ils aboutirent à un compromis connu aujourd'hui sous le nom d'Accord de Karlstad. Ce texte, après avoir été controversé en Norvège, finit par être adopté par le Storting. Le Riksdag, de son côté, approuva l'accord sans recourir au vote. Le 16 octobre, la même assemblée vota la reconnaissance de la Norvège en tant que nation indépendante, et le 27 octobre, l'Accord de Karlstad fut enfin signé. Oscar II renonçait, dans le même temps, au trône de Norvège.
La nouvelle nation eut alors à débattre de la forme de gouvernement dont elle souhaitait se doter. Un second référendum se tint les 12 et 13 novembre. Il avait pour objet le choix entre la monarchie et la république. Une forte majorité se dégagea en faveur de la monarchie. Le candidat choisi pour accéder au trône fut le Prince Carl de Danemark, marié à l'une des filles d'Edouard VII, qui régnait alors sur la Grande-Bretagne. Le prince et sa famille arrivèrent en Norvège le 25 novembre. Deux jours plus tard, il adopta le nom de Haakon VII, et prêta serment devant le Storting, promettant de veiller au respect de la Constitution.
Quels sont les facteurs qui rendirent possible, sans recours aux armes, cette dissolution de l'union entre la Suède et la Norvège ? Le principal réside dans le fait que les protagonistes qui participèrent aux négociations étaient des modérés, mus par la volonté de parvenir à un compromis. Si les négociations avaient échoué, la guerre aurait vraisemblablement éclaté. La Norvège et la Suède venaient l'une et l'autre de renforcer leurs dispositifs de défense, mais la machine de guerre suédoise n'en conservait pas moins, et de loin, sa supériorité. Parmi les scénarios possibles, on peut imaginer que les forces norvégiennes se seraient efforcées de parer suffisamment longtemps à l'attaque suédoise pour permettre aux grands pays européens d'intervenir et de négocier la paix. Autre hypothèse : l'agression et l'occupation suédoises auraient commencé par remporter la victoire, mais les Norvégiens continuant à riposter, le conflit aurait risqué de s'éterniser. La Suède aurait eu bien peu à gagner à mener une telle guerre. Sans doute les Suédois en étaient-ils conscients dans une large mesure. Aussi toutes les parties impliquées finirent-elles par être convaincues que la meilleure solution était bien la dissolution pacifique d'une union qui, de toute évidence, n'avait plus de sens.
Øystein Sørensen


Ce texte se trouvait sur le site de l'ambassade de Norvège au Canada jusqu'à l'été 2009.
Il est intéressant de noter que dans la dernière version de l'histoire de la Norvège publiée sur le site de son ambassade à Ottawa, on escamote la façon dont le parlement a proclamé unilatéralement son indépendance en juin 1905.

C'était très explicite dans le document ci-dessus par l'historien Sørensen qu'on a fait depuis disparaître du site. Mais je l'avais par chance enregistré pendant l'été 2009.

Pourquoi a-t-on retiré du site de l'ambassade canadienne ce texte très clair sur la façon démocratique par laquelle la Norvège a accédé à l'indépendance??? La question se pose pour nous...

Le cas de la Norvège devrait être infiniment mieux connu par tous les Québécois...
OBSERVATIONS
Ce document officiel nous apprend que le parlement de Norvège décida unilatéralement, le 7 juin 1905, de devenir indépendant de la Suède. C'est par un geste de rupture que cela se fit, un geste qui fut ensuite approuvé massivement par le peuple au moyen d'un référendum.
Le tout se déroula pacifiquement, sans que la Suède, contrairement au Canada envers le Québec, ne gaspille des sommes fabuleuses et viole honteusement toutes les lois pour tenter d'acheter la conscience des Norvégiens avec leur propre argent...
Depuis ce temps, les peuples norvégien et suédois vivent l'entente la plus cordiale possible, dans le respect mutuel de l'indépendance de chaque pays, au sein d'une véritable confédération scandinave, dans une prospérité qui fait l'envie du monde entier.
Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les peuples canadien et québécois ?
Le peuple québécois serait-il moins capable que le peuple norvégien de s'occuper lui-même de ses affaires?
N'avons-nous pas démontré que nous le sommes dans divers domaines quand nous le voulons vraiment ?
Si nous le voulons vraiment, ne pouvons-nous pas nous débarrasser une fois pour toutes de cet esprit misérabiliste encore trop présent parmi nous et entretenu par des gouvernements soumis à une volonté extérieure?
Il s'agit de se mettre résolument au travail, dans tous les secteurs et tous ensemble.
Ça ne se fera pas tout seul; ça demande du courage et c'est urgent.

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LE DEVOIR  -  1910-2010
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DEMAIN – Hymne au Québec
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lundi 4 janvier 2010

AVENIR RATÉ...


Lettre envoyée au Nouvelliste de Trois-Rivières le 15 décembre 2009
et dont la publication a été refusée.


Quand on sait compter…

Jean-Luc Dion, ing., D.Sc.


   Oui ! Quand on sait compter et que la responsabilité est au rendez-vous, des projets inutiles et coûteux comme la rénovation de la centrale nucléaire de Gentilly sont fermement mis de côté pour d’autres qui rapporteront gros à nous tous à moyen et long terme, en emplois bien payés et en développement de nos expertises. Mon collègue, le professeur Julien, économiste émérite de l'Université du Québec à Trois-Rivières, a bien raison de le signaler dans sa lettre du 15 courant [1] (cette lettre est curieusement disparue du site de Cyberpresse…)

Mais, pour cela, il faut de la vision, du courage et une intégrité politique qui font trop souvent défaut chez nos dirigeants soumis à l’influence des lobbys de la privatisation. Ceci entraine des décisions désastreuses pour les Québécois, comme on en a vu trop. Est-il trop tard pour renverser celle-ci sachant que le Québec n’a pas besoin de l’énergie nucléaire, et que les ressources humaines et financières en jeu pourraient être beaucoup mieux utilisées ? On aimerait bien que ce soit le cas.

   Sait-on, par exemple, que « le Québec a raté sa chance en 2006 de voir un turbinier de calibre international s'implanter ici avec une usine consacrée au développement et à la production d'un nouveau modèle d'éoliennes nordiques. La multinationale allemande Siemens [2] projetait en effet de construire cette usine au Saguenay-Lac-Saint-Jean, de même qu'un centre de recherche dans la région de Montréal, à proximité des grandes écoles d'ingénierie, dans le cadre d'un mégaprojet de 3000 MW (mégawatts; près de 5 fois la puissance de Gentilly 2) dans le Grand Nord. » [3] De plus, Siemens faisait du Québec le centre nord-américain de développement et de fabrication de ces nouvelles éoliennes adaptées à notre climat. La raison étant que le Québec a le potentiel éolien le plus élevé en Amérique [4]; en fait beaucoup plus élevé que son potentiel hydraulique ! Un expert, R. Reid, a conclu au sujet de la région de La Grande (Baie James) : « Si on en tirait en moyenne un mégawatt (MW) au kilomètre carré alors qu'ailleurs dans le monde on en extrait entre cinq et neuf MW, le Québec pourrait tirer de cette seule région 100 000 MW d'électricité, soit deux fois et demie sa production totale d'électricité, actuellement de moins de 40 000 MW... Il serait facile d'en tirer cinq fois plus de ce seul site. » [4]

1  http://www.ameriquebec.net/actualites/2010/01/01-madame-normandeau-quand-on-sait-compter-on-compte-tout.qc
2  http://w1.siemens.com/answers/ca/fr/index.htm?page=environment&site=2&stc=caccc020002
3  http://www.ledevoir.com/politique/quebec/136565/quebec-a-boude-un-projet-d-eoliennes-de-4-5-milliards
4  http://www.ledevoir.com/environnement/48604/l-arabie-saoudite-de-l-energie-verte

  « C’est le 20 avril 2005 que Siemens a soumis son projet au gouvernement, notamment au ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil. Le matin même, Siemens présentait brièvement son projet au p.-d.g. d'Hydro-Québec, Thierry Vandal. Les 3000 MW auraient été produits autour du bassin hydroélectrique de LG-4, à la Baie-James, ainsi que dans la région de Manicouagan, sur la Côte-Nord (là où il y a beaucoup plus de vent que sur nos terres agricoles du Sud…).

   Ce projet aurait généré un investissement PRIVÉ de 4,5 milliards de dollars et aurait produit 9 TWh (térawatts-heures : 9 mille millions de kilowatts-heures!), ce qui en faisait donc une véritable solution de rechange au détournement de la rivière Rupert, dont Hydro-Québec escompte tirer 8,5 TWh (sans compter Gentilly 2…). » Devant le refus de nos dirigeants qui n’ont pas été à la hauteur du défi, Siemens est allé créer en Iowa ses milliers d’emplois en haute technologie et le Québec a perdu une expertise unique [6].

   Au lieu de laisser entièrement à Hydro-Québec le développement et la production de l’énergie éolienne, on donne de généreux contrats de production de 20 ans à des entreprises souvent de l’extérieur, avec peu d’expérience, qui veulent installer des éoliennes importées dans le sud où il y a peu de vent, souvent sur des terres agricoles…[7]

15 décembre 2009


6   http://www.renewableenergyworld.com/rea/news/article/2006/08/siemens-selects-iowa-for-its-first-wind-turbine-blade-facility-45762
7   http://eoliennes-infos.com/

« On ne rappellera jamais assez que la liberté de presse
est un fondement de la démocratie délibérative
parce qu'elle permet de questionner le gouvernement au nom des citoyens.
Elle s'inscrit dans une logique d'obligation de rendre des comptes,
de transparence et de bonne gouvernance. »


Combien ont conscience que plus de la moitié
du tirage francophone des quotidiens d’information au Québec
(La Presse, La Tribune, La Voix de l’Est,
Le Nouvelliste, Le Soleil, Le Quotidien et Le Droit
)
appartient à Gesca, une filiale de Power Corporation,
compagnie appartenant à l’ultrafédéraliste famille Desmarais ?

« Wer sich unter seinesgleichen zum Wurm macht,
da ihn doch Gott zum Menschen schuf,
muß sich nicht wundern,
wenn man ihn nachher als Wurm behandelt
und unter die Füße tritt.
»
[ Si tu te fais ver de terre,
ne te surprend pas si on t'écrase avec le pied. ]
Emmanuel KANT, philosophe allemand




« Le Québec crève pour sa part dans son infériorité entretenue
et l'indécision tragique d'un peuple qui se barre les jambes...
en paralysant les autres.»
René LÉVESQUE, Premier ministre du Québec

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samedi 26 décembre 2009

UN QUÉBÉCOIS QUI SE RESPECTE


 
Voici le texte de M. Facundo Medina, originaire d'Argentine, qui a bien compris ce que signifie être Québécois et qui le met en pratique, beaucoup mieux que de nombreux autres... :

La loi rapaillée
Facundo Medina
Source :  Le Devoir (opinions)
mardi 17 novembre 2009


« Happy birthday to you ». Ainsi chantent mes amis argentins du West Island avant de souffler les cinq bougies du gâteau de leur petite fille Sofia. Nous sommes dans un centre d’amusement pour enfants situé près de l’autoroute 40. Mon fils Félix, qui a six ans, me demande tout bas : « Pourquoi ils chantent en anglais si on parle tous espagnol ? » Je ne sais pas quoi lui répondre.
J’ai envie de lui expliquer le sens du mot « cipaye », mais il n’a que six ans. À l’époque de l’Empire ottoman, les cipayes étaient des cavaliers maghrébins au service de l’armée turque. Plus tard, on utilisa ce mot pour désigner les soldats indiens servant dans l’armée de l’Inde britannique ou dans l’armée française. En Amérique latine, on utilise aujourd’hui le mot « cipayo » pour dénommer ceux qui sont colonisés même dans leurs idées, adhérant, au point de s’auto-effacer, aux valeurs d’une culture foraine dominante.
Mais Félix n’a que six ans. Alors, je laisse tomber.
Le choix du français
Quelques jours plus tard, la Cour suprême du Canada déclare inconstitutionnelle la loi 104. À mon travail, des collègues explosent de joie. « This is democracy. On a le droit de choisir notre langue. » Leur réaction ne m’étonne point. C’est la mienne qui m’étonne : je suis outré.
Il y a dix ans que je suis arrivé au Québec. Ce ne fut pas un choix fait au hasard. J’ai choisi le Québec parce qu’on y parle le français, et le Québec m’a choisi pour la même raison. En Argentine, j’avais aussi étudié l’anglais. En fait, j’ai fait une partie de mon éducation universitaire dans un établissement anglophone. Pour moi, parler l’anglais, c’est une richesse et un atout.
Mais je n’aurais jamais le culot de demander aux Québécois de payer de leur poche pour l’éducation de mes enfants dans une langue autre que la langue officielle instituée par la loi 101. Ma conception de la démocratie diffère alors foncièrement de celle de mes collègues et amis. Il ne s’agit pas de mettre à genoux un peuple et un gouvernement pour faire valoir un droit individuel, mais de respecter une loi et une langue choisies et valorisées par l’écrasante majorité des francophones. De toute évidence, les juges de la Cour suprême n’ont pas été du même avis.
Des choix
Si j’avais décidé de vivre et d’éduquer mes enfants en anglais, j’aurais pu m’installer à Toronto ou à Vancouver. Si j’avais voulu vivre dans une province officiellement bilingue, je serais allé au Nouveau-Brunswick. Pour l’inuktitut, pas de meilleure place qu’Iqaluit. Si je voulais que Félix soit éduqué en anglais au Québec — au risque de le transformer en handicapé linguistique dans sa propre terre — je pourrais encore l’envoyer dans une école privée non subventionnée.
Si j’étais anglophone de naissance, j’aurais tout simplement le droit d’éduquer mes enfants en anglais et peut-être que je le ferais. Ces choix m’appartiennent et ils ne portent préjudice à personne. Ils ne bafouent pas les conquêtes d’une société qui a décidé de ne plus se comporter en cipaye.
On voudrait réduire la question à une querelle entre gens purs et durs et gens flexibles, entre francophones intransigeants et monsieur l’opprimé qui ne veut que choisir en toute liberté. C’est une absurdité. Aucun Italien ne pourrait exiger de Rome que l’État paye pour l’éducation de ses enfants dans une langue autre que l’italien, et je vous épargne la liste des exemples. Cela va de soi.
Protéger sa langue
Est-ce que le Canada n’est pas un pays bilingue ? Si, il l’est, mais seulement au niveau de la bureaucratie fédérale. Tout comme l’Alberta et la Colombie-Britannique, le Québec n’est pas officiellement une province bilingue et il s’est donné en conséquence le droit légitime de protéger sa langue. En déclarant inconstitutionnelle la loi 104, la Cour suprême a traité le Québec comme s’il agissait d’une succursale de Poste Canada à Saint-Tite où on refuse de servir les clients en anglais.
Les écoles-passerelles sont l’aboutissement logique d’une dynamique perverse qui sacrifie les acquis collectifs sur l’autel des caprices individuels. Elles légitiment la tricherie et incarnent la volonté de se soustraire à une loi amplement consensuelle au Québec, tout en ayant recours aux marteaux des juges qui sont au-dessus de la réalité québécoise, mais aussi et surtout loin d’elle. La loi 104 du gouvernement Landry a voulu mettre un point final à cette aberration.
Or elle s’est retrouvée sur le banc des accusés.
Les armées cipayes
Je sais que ces mêmes mots, sous la plume d’un Québécois de souche, seraient qualifiés d’intolérants, voire de racistes. Je sais qu’un immigrant comme moi qui se porte ainsi à la défense du français pourrait être aussi qualifié de « cipayo ». Mais je suis au Québec, pas à Buenos Aires. Et s’il s’agit de défendre les droits d’une minorité, je me dis qu’on devrait d’abord se rappeler que les francophones sont la plus grande minorité à l’intérieur d’un Canada anglophone. La Cour suprême semble avoir fait fi de ce détail.
Qu’en est-il de ces gens qui rêvent de faire éduquer leurs enfants en anglais ? Il y en a de toutes les sortes : nouveaux arrivants, immigrants de longue date et Québécois francophones de souche qui ont perdu toute estime de soi. Leur cécité est plus sévère que celle des juges. Ils ont décidé de circuler à contresens de l’Histoire, tout en nous faisant payer leur essence.
Actuellement, je suis en train de traduire vers l’espagnol un poème de Gaston Miron. Je me demande si les futures générations d’ici sauront qui a été ce grand poète manieur d’une identité rêvée, mais possible. Je me demande si le Québec et le français, qui ne sont qu’un, sauront résister aux assauts des armées cipayes. Je me demande si, loin de tout fanatisme et de toute coercition, nous saurons expliquer à cette minorité aveugle qu’elle n’a pas le droit moral de nous faire payer pour ses choix insensés.
En attendant, je me prépare à fêter les sept ans de mon fils Félix. Je lui dirai du fond de mon coeur : « Feliz cumpleaños, mon p’tit Québécois. »

Source
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/273525/la-loi-rapaille (...)


Un commentaire parmi d'autres.
Celui d'un autre Québécois venu d'Argentine :

Nous sommes beaucoup plus que deux... (somos mucho mas que dos)


« Enfin un Argentin qui s'exprime clairement pour le fait français et pour la culture québécoise.
Je suis, moi aussi, Argentin d'origine mais fière d'être Québécois depuis 27 ans. Depuis mon arrivée, je me suis identifié pleinement avec la cause de la protection et développement de la langue française au Canada. J'ai déjà montré la porte de sortie à plusieurs immigrants trop frustrés de "ne pas pouvoir vivre leur anglophilie librement". Et si j'ai pu le faire c'est parce que je suis moi-même un immigrant. Un Québécois qui tiendrait mon discours serait traduit devant les tribunaux accusé de racisme et xénophobie.
Genial, Sr. Medina, estoy tan contento de leerlo y de saber que ahora somos dos pero como decía el poeta "...somos mucho mas que dos." »

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« L'indépendance,
ce n'est pas une récompense,
c'est une responsabilité.»

Pierre BOURGAULT, pionnier bien connu...


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« Le Québec sera libre et francophone,
ou la seule nation de langue française d'Amérique
disparaîtra dans l'insignifiance et le mépris.»


Jean-Luc DION


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DEMAIN – Hymne au Québec
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mercredi 16 décembre 2009

LA FLEUR DE LIS ET LES QUÉBÉCOIS







LA FLEUR DE LIS, L’HISTOIRE
ET NOTRE FAMILLE


Jean-Luc Dion (*)



Article publié dans « Les Dion en Amérique », Bulletin de liaison et d’information de l’Association des Dion d’Amérique, volume 13, numéro 4, décembre 1995.


(*) Alors président de l’Association.


« Tout groupement humain animé d’un vouloir-vivre collectif et possédant des caractéristiques nationales adopte un symbole propre à l’identifier parmi les autres peuples. Il recourt ipso facto au mode d’expression le plus naturel qui soit: la figuration graphique...» [1]. La fleur de lis, ou la fleur-de-lys héraldique, comme symbole est étroitement associée à l’histoire de notre famille, de notre peuple et des francophones d’Amérique. Et, il ne faut pas l’oublier, notre histoire, pendant deux mille ans et plus, s’est essentiellement confondue avec celle de la France. Nos origines se retrouvent dans ce creuset exceptionnel de la Gaule où se cotoyèrent plus ou moins rudement et se fusionnèrent de nombreux peuples européens: Gaulois, Celtes, Romains, Normands, Basques, Francs, etc.


De tout temps, depuis la plus haute antiquité, la fleur de lis fut un symbole constamment utilisé par nos ancêtres. De plus, les fleurs de lis ont été employées par plusieurs grandes familles des pays d’Europe, par des villes et des communautés [2],[3], de même que par les corporation de métiers et des provinces de France [4],[5]. Ce fut à l’époque de Charles VI et de Louis XII (1380-1515) que l’on fit de ce symbole le plus abondant usage dans les arts décoratifs en France.


L’utilisation de la fleur de lis en France remonte aux temps de l’Empire romain. On la retrouve à travers les différentes dynasties qui l’ont gouvernée. C’est ainsi que les Capétiens l’ont utilisée à partir du chef de leur lignée, Hugues Capet (proclamé roi de France en 987), qui portait une couronne de fleurs de lis. Le sceptre, la couronne et les habillements des rois mérovingiens (première dynastie des rois de France: 420 à 752) étaient ornés de fleurs de lis [6]. Clovis (466-511), un des premiers mérovingiens et considéré comme le premier roi de France par sa conversion au christianisme, aurait reçu les fleurs de lis de Anastase Ier, empereur d’Orient (430-518), avec le titre de consul. Charlemagne (742-814) portait un écu orné de fleurs de lis [5].

De même pour son père, Pépin le Bref (714-768). L’encyclopédie [7]
rapporte que “Le Père Caussin croyait que le lis était, même avant Clovis, le symbole de la Gaule. Il fondait cette opinion sur une médaille d’Hadrien, empereur romain de 117 à 138 de notre ère, où l’on voit la Gaule tenant à la main un objet assez semblable à une fleur de lis qu’elle présente à l’empereur, qualifié sur la médaille de restaurateur de la Gaule”. Toutefois, les fleurs de lis n’étaient pas particulières aux rois de France. Elles étaient utilisées par la plupart des dirigeants. Les fleurs de lis ont orné des couronnes royales en Allemagne, en Espagne, en Lombardie, en Angleterre, etc. [5,[8]].





Fig. 1 Armoiries de Louis XIV
arborées à Québec au 18e s.



Fig. 2 Armoiries officielles
du Québec (1939)








Figure 3
Emblême officiel actuel du Québec.


Ce symbole de grande importance fut naturellement introduit en Nouvelle-France. Jacques Cartier raconte qu’il fit planter une croix de treize pieds de haut à Gaspé et qu’il y fit apposer un écu où furent gravées trois fleurs de lis [5,[9]]. Depuis lors, ce symbole a marqué l’établissement de nos ancêtres en Amérique du Nord et toute notre histoire des trois derniers siècles. La figure 1 montre “les armoiries que Gaspard Chaussegros de Léry, ingénieur des fortifications, avait commandées à Noël Levasseur en 1727. Cette sculpture sur bois ornait l’une des portes de Québec...” [1]. Il est important de remarquer que la fleur de lis des rois de France n’était pas blanche: elle était jaune or. On peut ainsi affirmer que la fleur de lis (ou fleur-de-lys) du drapeau québécois n’est pas un symbole royaliste, mais bien un symbole national, un signe de ralliement non seulement de tous les Québécois, mais aussi de tous les francophones nord-américains. C’est un symbole qui rappelle nos origines françaises et dont nous devons être fiers. Un noble symbole qui commande le respect, tout comme nos amis des États-Unis respectent leur bannière étoilée ( Star spangled banner ).


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[1] Le drapeau québécois, Jacques Archambault et Eugénie Lévesque, Éditeur Officiel du Québec, 1974.
[2] Manuel du blason, D.L. Galbreath, SPES, Lausanne, 1942.
[3] L’art héraldique, H. Gourdon de Genouillac, Gründ, Paris, 1900.
[4] Armoiries des provinces et villes de France, Jacques Meurgey, Bosse, Paris, 1929.
[5] Pour un drapeau indépendantiste, Raoul Roy, L es Éditions du Franc-Canada, Montréal, 1965.
[6] Histoire du drapeau, des couleurs et des insignes de la monarchie française, M. Rey, Téchener, Paris, 1837.
[7] Encyclopédie du XIXe siècle, Librairie de l’Encyclopédie, 1877, à “Lis”.
[8] Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Larousse, Paris, 1872, à “fleur”.
[9] La grande aventure de Jacques Cartier, J. Camille Pouliot, H. Michelant et A. Ramé,
Paris, 1934, p. 42.

dimanche 13 décembre 2009

RÉFORME SCOLAIRE AU QUÉBEC, etc.



Compte rendu d'un livre qui traite d'une question de fond en éducation :

Normand Baillargeon. Contre la réforme


Joëlle Quérin
08-12-2009
Normand Baillargeon
Contre la réforme. La dérive idéologique du système d’éducation québécois, Montréal, les Presses de l’Université de Montréal, 2009, 174 pages.
Pour la plupart des Québécois, l’école a pour principale fonction de transmettre aux enfants des connaissances. L’histoire sert à les informer sur des événements qui se sont déroulés dans le passé. Les mathématiques leur permettent de connaître les lois des nombres. La biologie les renseigne sur le vivant. La chimie leur apprend les secrets de la matière.
Imaginons toutefois que vous croyez que la connaissance n’est qu’une construction du sujet pensant, qui ne se rapporte aucunement au « réel ». Qu’en fait, le « réel » n’existe pas vraiment, ou du moins, on ne peut pas prouver qu’il existe. Que la vérité n’existe pas non plus, et qu’en conséquence, nos connaissances peuvent être jugées viables ou non, mais jamais vraies. Que chaque individu produit à sa manière un savoir qui lui est propre, incomparable à celui des autres, et donc non transmissible d’une personne à l’autre. Imaginez que vos pensez tout ça. Quelle conception aurez-vous de l’école ?
(...)
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Publications récentes de Joëlle Quérin : clic.


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Un texte qui pose bien le problème du dérapage multiculturaliste...:

Reconstruction multiculturelle de l’identité québécoise : les censures à lever
Mathieu Bock-Côté



(...)
La première censure à lever est celle qui est posée sur la question de l’immigration, ce qui n’ira pas sans risque, ce qui ne se fera pas sans courage. Depuis les propos de Jacques Parizeau sur le rôle du vote ethnique dans la défaite référendaire de 1995, l’immigration est un tabou au Québec et nul ne peut contester la propagande officielle qui l’entoure sans risquer les pires épithètes. Pour avoir seulement contesté la hausse des quotas d’immigration, sans même plaider pour leur réduction, Mario Dumont au printemps 2008, a subi les foudres de la caste médiatique qui l’a accusé sans gêne de racisme et de xénophobie, de pratiquer une politique assimilable à celle de l’extrême-droite...
(...)
La deuxième censure est celle posée par le multiculturalisme qui, au Québec comme ailleurs, entraîne les peuples à se laisser culpabiliser, à se reconnaître dans une image dégradée de leur histoire, de leur passé, ce qui les convainc conséquemment de renoncer à leur héritage historique propre pour plutôt se fondre dans la nouvelle civilisation multiculturelle. La méthode est simple : la criminalisation de l’expérience historique de nos sociétés, jugées coupables de racisme, de sexisme et d’homophobie justifie leur déconstruction administrative et leur reconstruction intégrale selon les préceptes de l’égalitarisme identitaire.
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DOSSIER SUR LA QUESTION : CLIC



L'éducateur Nestor Turcotte a pour sa part des propositions-chocs de redressement que je trouve intéressantes, même si elles semblent inapplicables dans l'état actuel (déliquescent...) des choses :

« Les Québécois parlent « joual ». Ils pensent « joual ». Ils écrivent « joual ». Bref, le « joual » les caractérise du primaire à l’université. Le « joual » les singularise à la maison, à l’école, au travail, dans leurs loisirs. Le « joual » galope toujours au Québec, entretenu par une télévision bâtarde où abondent les onomatopées, les phrases syncopées, les mauvaises intonations, les mots entrecoupés de sacres et de blasphèmes. Les Québécois aiment parler « joual ». Ils le pratiquent par osmose. Entre « jouaux », ils arrivent à se reconnaître dans l’écurie. (...) »
(...)
« Il n’y a pas cinquante-six façons d’apprendre une langue. On apprend une langue - la langue française en occurrence - en prenant des dictées, en apprenant Lafontaine par cœur, en lisant les maîtres, en apprenant et en écrivant les règles de cette langue. Urgence donc de procéder à la rédaction, par des maîtres chevronnés, d’une grammaire universelle pour le primaire et d’une autre, plus complète, pour le niveau secondaire. Apprentissage par cœur des règles de cette grammaire. Retour à l’apprentissage systématique et journalier de mots de vocabulaire et remise à l’honneur de la dictée quotidienne, plus un temps obligatoire consacré à la lecture d’auteurs québécois et français. Examen ministériel et éliminatoire à la fin du cours primaire et secondaire. Aucun élève ne sera autorisé à passer du primaire au secondaire, du secondaire au Cégep et du Cégep à l’université sans avoir subi avec succès cet examen éliminatoire. Bref, un filet, aux mailles serrées, qui empêchera les ignorants de propulser leur incompétence à un niveau qu’ils ne devraient jamais atteindre.»
(...)

Lire l'article : clic.


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En terminant :

« ...être (Québécois) ce n’est pas seulement adopter des principes d’égalité et de justice sociale, mais c’est aussi des manières de vivre, de penser, de sentir et d’aimer particulières. C’est aussi une histoire qui, si elle trouve dans la « Révolution (tranquille » de 1960) une date charnière, n’en commence pas moins bien avant, jusque chez les Romains et les Gaulois. C’est surtout habiter un territoire, où ces manières particulières de vivre, de penser, de sentir et d’aimer pourront s’épanouir en toute liberté sous un paysage qui prolonge et reflète ces sentiments. C’est, enfin, un « espace public », qui tout en véhiculant une part d’abstraction nécessaire, suggère lui aussi des fondements plus charnels à l’identité commune. »


Retouché de clic.


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DEMAIN – Hymne au Québec
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lundi 7 décembre 2009

LA GUERRE CONTRE L'ANGLAIS...?


La guerre contre l’anglais... (?)
Richard Martineau
Canoë - jeudi 3 décembre 2009

Hier, dans Le Devoir, l’avocat Julius Grey a publié une charge en règle contre ceux qui veulent renforcer la loi 101.

« De façon générale, il est temps d’arrêter la bataille contre l’anglais », dit le défenseur des droits individuels.

Quoi ? Il y a une bataille contre l’anglais ? Au Québec ? Dites-moi où elle fait rage, maître Grey, car moi, tout ce que je vois, c’est le contraire, c’est-à-dire une lente et pénible érosion du français à Montréal.

EXCUSE MY FRENCH

Ma femme visite un « bar à ongles » dans le centre-ville. Toutes les informations sur les produits et les services offerts sont en anglais seulement, et la vendeuse n’est pas capable de dire un seul mot en français.

Nous allons stationner notre auto. Le préposé est incapable de me parler dans ma langue, et pique une colère quand je lui demande pourquoi il ne parle pas un traître mot de français alors qu’il travaille avec le public.

Nous nous rendons dans un centre d’activités pour enfants avec notre fils de 20 mois. Toutes les comptines diffusées pendant l’atelier sont en anglais, et 80% des indications données par la monitrice sont dans la langue de Mordecai.

IN ENGLISH ONLY

Ma femme se pointe à un cours de yoga. Le prof ne parle pas un mot de français, même si 75% des personnes présentes sont francophones.

La semaine dernière, les Montréalais étaient conviés à une expo de jeunes designers branchés. Nom de l’événement ? The Smart Design Mart, « une estrade unique comprise d’une variété de jeunes designers talentueux », disait (en klingon ?) le carton d’invitation.

Le site Internet est unilingue anglais.

Il y a deux semaines, je me suis présenté à un événement-bénéfice au profit d’un organisme d’aide pour jeunes en difficulté. Les indications étaient en anglais seulement et les organisateurs ne parlaient pas un mot de français.

Je vais dans un resto italien : l’hôtesse est incapable de me parler dans ma langue. Je vais dans un resto du quartier chinois : incapable de me faire servir dans ma langue.

Je vais dans une boutique de meubles : service en anglais seulement.

Tout ça dans l’espace de quelques jours.

Une guerre contre l’anglais, maître Grey ? Vraiment ?

QUEBEC IS RACIST !

Avez-vous lu l’enquête que nous avons publiée sur le monde du travail à Montréal ? Vous êtes unilingue anglais : vous n’éprouvez aucun problème à décrocher un emploi. Vous êtes unilingue français : on refuse de vous embaucher, car vous ne parlez pas anglais.

Avant-hier, ma femme s’inscrit à un cours de vélo stationnaire dans un gym. Le prof ne parle qu’en anglais, même si les 12 clients sont francophones. Ma femme va voir la fille à la réception pour se plaindre : la fille est unilingue anglophone.

De retour à la maison, ma femme raconte cette anecdote sur Twitter.

Lesley Chesterman, journaliste au quotidien The Gazette, lit son entrée et pète les plombs.

« I stopped following a Quebec media person on Twitter because of all her anglo bashing », écrit-elle.

Puis : « It’s the only thing I hate about living in this province. It’s racist and it drives me crazy. J’en ai marre ! »

C’est raciste, maintenant, de vouloir être servi en français ? Hé bien.

AUCUN PROBLÈME

Pendant ce temps, André Pratte de La Presse écrit que « l’érosion du français à Montréal est une vue de l’esprit », et Julius Grey affirme que le temps est venu « d’arrêter la bataille contre l’anglais ».

Vous voulez rire, ou quoi ?

Source
http://fr.canoe.ca/infos/chroniques/richardmartineau/archives/2009/12/200912 (...)

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À ce sujet, il faut relire

« NOUVELLE INGÉRENCE INACCEPTABLE...» (clic) dans ce blogue.

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