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lundi 22 décembre 2025

Le mythe des énergies vertes...

 LE NOUVELLISTE  -  Trois-Rivières, Québec

Opinions   -   Parole aux lecteurs

Le mythe des énergies vertes ou tout faire pour ne pas agir

Par Jean-Luc Dion  -  Carrefour des lecteurs

11 octobre 2024

L'énergie éolienne, vraiment efficace?

L'énergie éolienne, vraiment efficace? (Archives La Presse)

LA PAROLE AUX LECTEURS / Situation problématique: les génératrices ou turbines éoliennes se multiplient au Québec et ailleurs depuis près de 30 ans, grâce à de généreux contrats à diverses entreprises telles que Boralex, Innergex, Ganex, etc., en marge des responsabilités d’Hydro-Québec, notre société nationale qui doit fournir efficacement l’énergie électrique à tout le Québec, pour tous les usages. Pendant de nombreuses années, ces machines qui ont coûté des milliards de dollars étaient largement inutiles, vu que les surplus d’énergie étaient considérables (1).

    Mais depuis tout récemment, la demande de puissance et de quantité d’énergie électrique s’est envolée, particulièrement à cause de contrats de fourniture à des entreprises étrangères qui s’installent ici, à des contrats de vente aux États-Unis et à l’installation de quelque 75 centres de données informatiques TRÈS énergivores, dont plus de 80 % appartenant à des entreprises d’ailleurs (les GAFAM…) qui viennent bénéficier de tarifs très avantageux à nos dépens (2).

    C’est ainsi que le Projet éolien Arthabaska au Centre-du-Québec, TES Canada en Mauricie, et d’autres multiplient les démarches de toutes sortes afin de réussir à implanter des centaines d’éoliennes par de profitables contrats de fourniture avec Hydro-Québec. Dans le cas de TES Canada, il s’agirait principalement d’utiliser cette énergie électrique pour produire de l’hydrogène comme combustible pour les transports, ce qui est extrêmement inefficace d’après la plupart des spécialistes: en bout de ligne, beaucoup moins de 5 % de l’énergie initiale du vent serait utilisée ! 

    Après avoir investi près de 100 millions d’euros, « La société d’État allemande qui avait lancé en 2022 la première ligne ferroviaire fonctionnant entièrement à l’hydrogène dans le monde ne croit plus en cette technologie » (3). Comment peut-on s’en faire les promoteurs?

    En avril 2018, on apprenait que « Les quatre millions de clients d’Hydro-Québec devront absorber une facture de 23 milliards $ d’ici 2042 pour les parcs éoliens qui existent déjà…».

    Ces chiffres ont été révélés pour la première fois par Hydro-Québec, au lendemain de l’annonce de la nouvelle politique énergétique du gouvernement (4).

De sérieuses questions d’efficacité

    Quand on regarde l’évolution des turbines éoliennes au cours des 30 dernières années, un scientifique comme moi peut certainement s’interroger sur la fonctionnalité et le rendement de ces appareils gigantesques qui ont parfois des rotors ou hélices ayant plus de 150 mètres de diamètre qui tournent lentement, et dont les trois pales sont d’une finesse remarquable (photo). 

    On constate facilement que la plus grande partie de l’air qui traverse l’hélice n’agit pas sur les pales : facilement plus de 90 %. On peut ainsi se poser la question suivante : quelle peut être l’efficacité de ces machines ou quelle fraction de la puissance du vent qui traverse l’hélice est effectivement convertie en énergie mécanique, puis électrique ? 

    Or, on sait que la puissance ou énergie cinétique P du vent à la vitesse v qui traverse une surface S est donnée par la simple formule suivante où r est la masse volumique de l’air (5): P = ½ r S v3. Selon la mécanique des fluides, on sait de plus que, au maximum, seulement la fraction 16/27, soit environ 59% de cette puissance peut être produite par la turbine si le nombre de pales est très élevé d'après les lois de l'aérodynamique : la limite de Betz. Cette puissance idéale pour une turbine de surface S dans des conditions moyenne est donnée par 0,355 S v3.

    C’est ainsi que selon de nombreuses publications, une éolienne idéale, qui aurait plusieurs pales (une impossibilité) de 100 m de longueur, une surface de rotor S de 31 400 m², avec un vent de 40 km/h (11,11 m/s) devrait fournir une puissance mécanique maximale d'environ 15,3 MW (mégawatts) selon cette dernière expression. La question qui se pose : qu’en est-il en réalité avec ces éoliennes gigantesques à trois pales seulement ? D’après le raisonnement précédent, elle devrait être plutôt de l’ordre de 1,5 MW et moins (10 %, et moins).

    Or, dans les innombrables publications faisant la promotion ou la compilation des éoliennes, ces conditions essentielles sont très rarement toutes mentionnées. On se contente généralement de donner une puissance en mégawatts (MW), souvent sans préciser la vitesse du vent, sans plus… Le coût de fabrication de ces machines inefficaces est énorme, avec une durée de vie d’une vingtaine d’années, à condition d’un entretien régulier coûteux. Leur désinstallation coûte très cher si on daigne la faire et le matériau de pales est pratiquement impossible à recycler : des polymères fluorés appelés *polluants éternels*. De plus, elles sont assez bruyantes, dégradent le paysage et leur installation fait disparaitre à jamais de précieuses terres agricoles.

    Finalement, seuls de rigoureux programmes d’économie d’énergie peuvent éviter une catastrophe écologique et économique. Évidemment, cela passe en priorité par une importante réduction du nombre de véhicules individuels, qu’ils soient au pétrole ou électriques, les deux types consommant autant d’énergie, à condition de développer des transports en commun, urbains et interurbains, modernes et efficaces, qui font scandaleusement défaut dans le moment… (6)

En se souvenant que l’énergie la plus écologique et la moins chère est celle qu’on ne consomme pas !

Jean-Luc Dion

Ingénieur physicien et professeur retraité
Université du Québec à Trois-Rivières

1- https://energie.hec.ca/wp-content/uploads/2020/10/RAPPORT_SurplusElectQc.pdf

2- «Plus de 80% des centres de sonnées d’ici ne sont pas propriété d’intérêts québécois», Le Journal de Montréal, 20 juin 2024. https://www.journaldemontreal.com/2024/06/20/plus-de-80-des-centres-de-donnees-ici-appartiennent-a-des-interets-hors-quebec

3- «L’Allemagne lance les premiers trains à hydrogène au monde», Le Devoir, 24 août 2022.

4 https://www.journaldemontreal.com/2016/04/09/23-milliards--sur-25-ans-pour-leolien-deja-en-place (Bureau d’enquête) https://www.ledevoir.com/environnement/795918/energie-les-allemands-perdent-leurs-illusions-sur-le-train-a-hydrogene?

5- https://energieplus-lesite.be/ https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/l-energie-de-a-a-z/tout-sur-l-energie/produire-de-l-electricite/le-fonctionnement-d-une-eolienne

6- https://grandslabours.blogspot.com/2018/08/service-de-transport-electrique.html

https://www.youtube.com/watch?v=8AvQGJExago

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samedi 4 janvier 2025

POURQUOI DES ÉOLIENNES GIGANTESQUES ?

 POURQUOI DES ÉOLIENNES
GIGANTESQUES À TROIS PALES ?

Pr Jean-Luc Dion, ing. (retraité)
27 novembre 2024 – 3 janvier 2025

    Comme on peut le voir dans la figure 1, les turbines éoliennes installées ont des dimensions surprenantes qu’on ne cesse de vouloir augmenter. Bien sûr, c’est pour produire plus de puissance. Mais, pourquoi encore, considérant leur grande inefficacité apparente, vu que la plus grande partie du vent traverse le rotor sans agir sur les pales ? C’est ce qui est discuté ici.

     Il faut remarquer qu'il est pratiquement impossible, pour les éoliennes installées et celles des nouveaux projets, de trouver des détails tels que le diamètre des hélices et la vitesse du vent correspondant à la puissance mentionnée. On se limite à impressionner en termes de 'mégawatts' et 'gigawatts'. Des 'oublis' bien volontaires... 

Figure 1 – Les dimensions de turbines éoliennes en fonction.

    La réponse est finalement relativement simple. Considérons la turbine de rayon R de la figure 2 qui balaie la surface S à travers laquelle souffle un vent uniforme de vitesse v. On sait que la puissance du vent incident sur la turbine est donnée par cette simple expression où d est la densité de l’air, une moyenne de 1,2 kg/m3 [[1]] : 

                            Pv  =  (1/2)d S v3       (watts, W)                                                                              (1)

                           Pm = (16/27) (1/2)d S v3 = 0,296 d S v3 = 0,355 S v3      (W)                                  (2)

     On sait que la puissance mécanique que peut donner la turbine est une fraction G de la puissance maximale théorique déterminée par le nombre de pales, leur forme ou profil et la limite de Betz, 16/27, imposée par la mécanique des fluides :

                                                    Pe  =  0,355 G S v3        (W)                                                             (3)

    D’après la théorie, cette puissance ne peut être approchée que si le nombre de pales est très grand, avec un profil optimisé, ce qui est mécaniquement impossible avec cette technique de montage, vu le poids énorme des pales. Le secteur en vert de 12o dans la figure 2 représente pour les trois pales 10% de la surface du rotor et s’apparente à la surface d’action du vent sur les pales qui est apparemment encore bien inférieure : une hypothèse raisonnable.

   Ainsi, la puissance effective produite par la turbine est donnée par l'expression (3), où la valeur de la fraction G doit nécessairement se rapprocher du rapport de la surface totale des pales Sp3, une surface « d’action », à la surface S = S3 dans le cas présent :  

G3  ~ Sp3/S3  ~  0,1                                                                   (4)

Pe3  =  0,355 G3 S3 v3        (W)                                                (5)

           

Figure 2                                                                                    Figure 3

    Or, si on veut doubler le nombre de pales à 6, il faut nécessairement qu’elles soient plus étroites et plus courtes du point de vue de la résistance mécanique. En supposant une longueur de pale R/2, la surface du rotor est alors S6 S3/4. En conservant les proportions, la surface totale Sp6 des six pales sera donc la moitié de celle des trois pales de la figure 2 : Sp6 = Sp3/2Comme il y a deux fois plus de pales : G6 = 2 Gp3 ~ 0,2. La surface du rotor est S3/4. La puissance produite est donc : 

                                            Pe6  =  0,355 G6 S6 v3        (W)                                                           (6)

    Appliquons le même raisonnement au cas d’une turbine à 9 pales de rayon R/3 (figure 4). La surface du rotor est alors S3/9. S’il n’y avait que trois pales, leur surface Sp9 serait la fraction 1/9 de celles de la figure 2. Comme il y en a trois fois plus, Sp6 = Sp3/3. Comme il y a trois fois plus de pales : G9 = 3 Gp3 = 0,3 La surface balayée étant le neuvième de S, la puissance produite par l’éolienne à six pales sera donc la fraction 1/3 de celle à trois pales pour la même vitesse de vent. 

                                            Pe9  =  0,355 G9 S9 v3        (W)                                                           (7)

 

Exemples numériques

Supposons une vitesse de vent de référence de
40 km/h = 11,11 m/s, avec G3 = 0,1, G6 = 0,2, G9 = 0,3

1.     Turbine à trois pales avec R = 90 m,  S3 = 25 450 m2

La puissance du vent d'après (1) : 
     Pv
= Pm = (1/2)d S v3 = 20,95 MW

     La puissance idéale d'après (2) :

         Pm3 = 0,355 x 25 450 x 1372  =  12,40 MW

La puissance effective probable d'après (5) est donc :

         Pe3 =  G3 x Pm3  =  1,240 MW    ( ~  5,9% Pv3 )

2.     Turbine à 6 pales avec
    R = 45 m       S6 = 6362 m2

    La puissance idéale d'après (2) : 

         Pm6 = 0,355 x 6362 x 1372  =  3,099 MW

         Pe6 =  G6 x Pm6  =  0,6197 MW

Figure 4

3.     Turbine à 9 pales avec
    R = 30 m       S9 = 2827 m2

Puissance du vent :  Pv9  =  Pv3/9  =  2,328 MW

       La puissance idéale : 

                Pm9 = 0,355 x 2827 x 1372  =  1,377 MW

                Pe9 =  G9 x Pm9  =  0,4131 MW

       Comme  Pe3 / Pe9  =  3, il faudrait donc 3 petites génératrices à 9 pales pour remplacer une à 3 pales.

CONCLUSION

    En comparant les puissances produites par des turbines éoliennes de divers diamètres, il est possible de conclure qu’on les fait de plus en plus grandes afin d’en tirer une puissance significative car la plus grande partie du vent traverse les rotors sans agir sur les pales. 

    Considérant la *limite de Betz* qui impose un maximum théorique de 59% à la conversion de la puissance du vent en puissance mécanique par une turbine éolienne, et le coefficient G relativement élevé de 10% défini dans cette étude, le rendement effectif d’une éolienne courante devrait être en réalité moins de 6% de la puissance du vent traversant le rotor. Ainsi, dans l’exemple numérique 1, une éolienne de 90 m de rayon, avec un vent de 40 km/h d’une puissance de 21,0 MW (12,4/0,59), la puissance électrique obtenue de la turbine ne pourrait dépasser 1,24 MW, vu que le rendement des génératrices électriques est près de 95%. C’est donc la raison de leur gigantisme.

    Et, dans tous les cas, il faut considérer les coûts de fabrication de tout le matériel requis, la perte de territoire, le plus souvent agricole, les coûts d’aménagement de celui-ci, le raccordement au réseau électrique, et ceux de transport, les frais d’entretien et ceux de remplacement de l’équipement, la pollution considérable produite par l'enfouissement des pales défectueuses fabriquées avec un « polluent éternel » (polymères polyfluoroalkylés), etc. En bout de ligne, l’énergie électrique produite est de l’ordre 1,2 MW, soit 5,7% de l’énergie initiale du vent, et très probablement moins…

    Maintenant, si on se sert de l’énergie électrique produite par cette dernière éolienne à trois pales pour produire de l’hydrogène par électrolyse, on estime le rendement de la chaine *source électrique – hydrogène – charge électrique* à environ 25%. Dans ce dernier cas, 1,4% de la puissance du vent et moins donne une énergie électrique utile [[2]].

Voir :  https://grandslabours.blogspot.com/2024/03/un-nouveau-type-deolienne.html

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jeudi 12 décembre 2024

COMMENTAIRE - ARTICLE SUR LES ÉOLIENNES DANS *LE SOLEIL*

 Le Soleil   Éoliennes

Commentaires de Jean-Luc Dion, ingénieur et professeur retraité de l’UQTR

12 décembre 2024

Sur l’inefficacité des turbines éoliennes et leur coût

En référence à l’article « Les éoliennes fonctionnent à 32 % de leur capacité maximale » du 5 décembre 2024.

   Premièrement, la puissance de 400 MW énoncée du futur parc éolien Des Neiges dans le Secteur Charlevoix est ambiguë car la vitesse de vent correspondante n’est pas donnée. De plus, les dimensions et le nombre d’éoliennes ne sont pas précisés. Il importe aussi de distinguer entre « puissance », « énergie » et « facteur d’utilisation ».

   Il est aussi convenu d’évoquer la « puissance installée » et non « l’’énergie installée ». L’énergie totale annuelle fournie par une installation de génératrices éoliennes dépend de plusieurs facteurs dont leur nombre et leurs dimensions, tout comme de la variation de la vitesse du vent au cours de cette période dont dépend le « facteur d’utilisation » : à la limite, quand il ne vente pas, l’énergie produite est nulle…

   Selon une formule rigoureuse déduite des lois de la physique, une turbine éolienne qui aurait *un grand nombre de pales* ne pourrait convertir en puissance mécanique plus de 59% de la puissance du vent (la limite de Betz), une limite impossible à atteindre. Or, celles construites n’ont que trois pales.

   D’autre part, les trois pales des hélices ou rotors de ces machines gigantesques sont relativement très fines, avec une surface totale bien inférieure à 10% de celle du rotor. De plus, comme la vitesse de rotation est très faible, de l’ordre de 20 tours à la minute (3 secondes par tour), il s’ensuit que la plus grande partie du vent qui traverse le rotor n’agit pas sur les pales et ne transfère donc pas son énergie. Par conséquent, en supposant une surface d’action du vent de 10% de celle du rotor, la puissance électrique produite, environ 95% de l’énergie mécanique produite par le rotor, ne devrait guère en principe dépasser « 5% » de la puissance du vent ! Pourquoi aussi sont-elles tellement grandes, avec des diamètres de plus de 100 m ? Tout simplement parce qu’elles sont extrêmement lourdes et qu’il est mécaniquement impossible d’en installer plus de trois pour avoir quand même une puissance acceptable…

   On doit donc s’interroger très sérieusement sur la signification des 400 mégawatts mentionnés, car la vitesse du vent n'est pas spécifiée : sans ce détail essentiel, cette puissance n'a pas de sens... Tout comme sur les achats croissants d’énergie éolienne de ces entreprises par Hydro-Québec, depuis près de 25 ans, à des tarifs allant jusqu’à 0,15$ le kilowattheure... Jusqu’à récemment les éoliennes étaient presque totalement inutiles vu qu’on avait de gros surplus d’énergie électrique, disparus vers 2016. Et cela conduit à une privatisation importante de Hydro-Québec qui n’est certainement pas souhaitable.

   On est loin du rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec qui concluait en 2014 qu’il fallait suspendre les investissements dans La Romaine et dans l’éolien… Dans Le Devoir du 6 août 2014 on pouvait lire que :« Selon Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie, les gouvernements successifs ont essentiellement misé sur l’éolien pour une question d’image. « Encore aujourd’hui, une éolienne est associée à quelque chose de positif dans le grand public, donc les politiciens aiment s’y associer, juge-t-il. Ça permet de dire que des emplois sont créés dans les régions. »

   Pourquoi nos surplus d’électricité ont-ils disparu aussi rapidement ? Une des principales raisons en est la prolifération des *centres de données*, surtout étatsuniens, auxquels notre Hydro a consenti de généreux tarifs pour d’énormes besoins. Dans le JdeM du 21 mars 2022 on pouvait lire : « Le Québec est une contrée fertile pour les centres de données, qui ont poussé à vitesse grand V depuis 2015. Aujourd’hui, on en retrouve 54 à travers notre territoire, comparativement à 39 en 2019. Et plusieurs projets ont déjà obtenu le feu vert…» Et il y en a plus de 60 en 2024… Et nous allons très probablement y contribuer comme citoyens par des augmentations de tarif prévisibles.

   Finalement, cette prolifération de turbines éoliennes coûteuses et inefficaces un peu partout sur notre territoire, en plus d’avoir des effets néfastes sur des milieux naturels fragiles, ne pourra pas régler le problème fondamental de la consommation terriblement excessive et sans cesse croissante d’énergie sous toutes ses formes. Or, on sait qu’une des cause principales est le nombre sans bon sens de véhicules individuels sur les routes du monde entier, alors qu’on refuse de se donner des transports collectifs vraiment efficaces et rapides…

Pr Jean-Luc Dion, ing. (retraité)
Département de Génie électrique et Génie informatique
Université du Québec à Trois-Rivières

·       Projet éolien Des Neiges – Secteur Charlevoix à Baie-Saint-Paul et à Saint-Urbain   (BAPE)

·       https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/production-denergie-dans-le-monde

·       https://climat.cned.fr/formations/causes-et-attenuation/

 Ce qu'il faudrait faire pour éviter la catastrophe,
mais qu'aucun gouvernement n'osera faire, hélas !

VERS UNE CATASTROPHE PLANÉTAIRE INÉVITABLE S’IL N’Y A PAS UNE DÉCROISSANCE RAPIDE


 

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mercredi 11 décembre 2024

LE FINANCEMENT DÉSÉQUILIBRÉ DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR AU QUÉBEC...

 

Pourquoi évacuer du Sommet le déséquilibre linguistique
du financement de l’enseignement supérieur ?

21 Février 2013

Collectif -

  • - Libre opinion

  • LA PRESSE,  22 février 2013 - Courrier des lecteurs

 Depuis maintenant près d’un an, le mouvement étudiant a amené la société québécoise à se livrer à un exercice de réflexion sur la question de l’accessibilité et du financement de l’enseignement supérieur, ainsi que sur le rôle que doivent jouer nos universités aujourd’hui, sur les plans économique, social et culturel. Bien qu’effleuré par les étudiants, et évacué jusqu’à présent du sommet sur l’enseignement supérieur, l’enjeu linguistique mérite qu’on lui accorde la plus grande importance.

    En examinant le financement et la fréquentation universitaire, on s’aperçoit qu’il existe un déséquilibre marqué entre les établissements francophones et anglophones. En effet, les citoyens québécois ayant l’anglais comme langue maternelle représentent environ 8,3% de la population. En revanche, selon les données du Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) de 2011, 25% des étudiants fréquentent les universités de langue anglaise au Québec et 18% suivent une formation collégiale en anglais. En ce qui concerne le financement universitaire, les établissements anglophones reçoivent 29% de l’ensemble des revenus qui sont alloués aux universités. En comparaison, au Canada anglais, les établissements francophones sont financés en deçà du poids démographique des francophones. Alors que trop peu de gens osent remettre en question ce déséquilibre du financement universitaire, véritable vestige de l’époque d’avant la Révolution tranquille, les effets négatifs se font ressentir autant au niveau social, économique que culturel.

    Actuellement, les deux plus importantes universités anglophones, McGill et Concordia sont situées à Montréal, là où le déclin du français se fait le plus sentir. Ces établissements constituent des vecteurs de développement économique, social et culturel de premier plan et attirent un nombre important de francophones et d’allophones qui apprennent non seulement à pratiquer leur profession en anglais, mais qui baignent pendant quelques années dans la culture de l’université, enclave anglicisante qui s’étend bien au-delà des quatre murs de l’établissement.

    Le fait de financer de façon à ce point démesurée le réseau post-secondaire anglophone apparait pour le moins contradictoire avec l’aspiration de faire du français la véritable langue commune des Québécois. La plupart des intervenants du débat linguistique s’entendent sur le fait que la francisation du marché du travail est une condition sine qua non pour contrer le déclin du français et assurer sa pérennité. Il est cependant contre-productif de déployer des efforts et des ressources à franciser le marché du travail alors que les contribuables québécois paient pour former une part aussi disproportionnée de notre main-d’œuvre en anglais. En mettant en œuvre des mesures visant directement les milieux de travail, le gouvernement tente d’éteindre des feux tout en contribuant paradoxalement à les alimenter. Croire qu’un nouvel arrivant ayant étudié en anglais aura spontanément le réflexe de passer au français en intégrant un monde du travail où l’anglais occupe une place grandissante est illusoire. Il serait beaucoup plus logique et efficace d’agir en amont du marché du travail en finançant adéquatement l’éducation post-secondaire en français.

    Aux effets pervers du déséquilibre actuel du financement sur l’état de notre langue nationale, suffisants à eux seuls pour revoir en profondeur le financement post-secondaire, s’ajoutent des impacts économiques néfastes. Une étude réalisée par l’Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA), parue en 2010 a fait la lumière sur les taux de rétention des finissants de différents programmes et universités du Québec. Il en ressort que les diplômés issus des universités anglophones quittent le Québec dans une proportion cinq fois plus grande que les étudiants formés dans les universités francophones. Les universités anglophones forment donc une main-d’œuvre plus encline à travailler à l’extérieur du Québec. Cela s’explique en partie par le fait qu’au sortir de leur formation, plusieurs étudiants ne maîtrisent pas la langue de Molière et savent encore moins l’écrire, par conséquent, ils sont tentés, ou même forcés, de quitter le Québec.

    Par exemple, lorsqu’on examine le cas des facultés de médecine, environ 50% des médecins de l’université McGill travaillent au Québec tandis que c’est plus de 90% pour les finissants de l’Université de Montréal. Dans le cas de la santé, le gaspillage des ressources ne s’arrête pas là. Même avec un aussi faible pouvoir de rétention, l’université McGill s’est vue financer un « mégahôpital », le CUSM, qui a eu non seulement pour effet de priver les autres régions québécoises d’investissements considérables et essentiels en santé, mais aussi d’institutionnaliser l’anglicisation du réseau de santé au Québec. Ces dépenses faramineuses ne font que perpétuer aux frais de la collectivité les privilèges exagérés de la minorité anglophone.

    Est-il stratégiquement viable de financer autant un réseau d’éducation parallèle qui matérialise notre infériorisation nationale et perpétue inéluctablement l’anglicisation lente du Québec sous couvert d’une fausse équité et d’ouverture ?

Ont signé cette lettre :

Pr Michel Moisan, physicien, Université de Montréal

Pr Pierre-André Julien, économiste, Université du Québec à Trois-Rivières

Pr Louise Vandelac, professeure titulaire, département de sociologie, Université du Québec à Montréal

Pr Jean-Luc Dion, ingénieur, Université du Québec à Trois-Rivières

Pr Guy Rocher, sociologue, Université de Montréal

Pr Jacques Baillargeon, département de médecine, Université de Montréal

Pr Charles Castonguay, mathématicien, Université d’Ottawa

Pr Raymond Champagne, psychologue, Université du Québec à Trois-Rivières

Pr Paul Langlois, département de français, Université du Québec à Trois-Rivières

Pr Paul Gagné, philosophe, Université du Québec à Trois-Rivières

Pr Marc Beauregard, biochimiste, Université du Québec à Trois-Rivières

Pr Claude G. Genest, géographe, Université du Québec à Trois-Rivières

Pr Paul-André Courtois, ingénieur, Université du Québec à Trois-Rivières

Pr Micheline Labelle, département de sociologie, Université du Québec à Montréal

Pr Michel Neveu, pédagogue, Université du Québec à Trois-Rivières

Pr Gilbert Paquette, mathématicien, Université TÉLUQ à Montréal

Pr Serge Cantin, département de philosophie, Université du Québec à Trois-Rivières

Pr Jacques C. Martin, conseiller en gestion et ex-professeur à l’École polytechnique

Pr Danic Parenteau, département des humanités et des sciences sociales, Collège militaire royal de Saint-Jean

Pr Denis Monière, politologue, Université de Montréal

Pr Christelle Lison, département de pédagogie, Université de Sherbrooke

Pr Daniel Clapin-Pépin, écologiste, École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal

Pr Guilhème Pérodeau, département de psychoéducation et de psychologie, Université du Québec en Outaouais

Pr Robert Comeau, historien, professeur associé, département d'histoire, Université du Québec à Montréal

Pr Édouard Cloutier, professeur honoraire de science politique, Université de Montréal

Pr Ercilia Palacio-Quintin, psychologue, Université du Québec à Trois Rivières

Pr Louis Gill, économiste, Université du Québec à Montréal

Pr Pierre Lebuis, département de didactique, Université du Québec à Montréal

Pr Michel Bergeron, médecin, Université de Montréal

Pr Michel Dionne, directeur de programme en ventes-marketing, Université Laval

Pr Michel Richard, chargé de cours, Université de Montréal

Pr Gabriel Ste-Marie, chargé de cours en économique à l’Université du Québec à Montréal

Pr Gérald Paquin, chargé de cours en physique, École de technologie supérieure

Pr Sylvie Ménard, chargée de cours, département d'histoire de l'Université du Québec à Montréal

Pr Yan-Olivier Charest, chargé de cours en économie à l'UQÀM

 

NOTE :   L'initiateur de cette démarche était le Pr Jean-Luc Dion, ingénieur, Département de Génie électrique, Université du Québec à Trois-Rivières.

Voir aussi cette conférence dans le même mois : https://www.youtube.com/watch?v=cUk9rozcN7k 


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mercredi 27 novembre 2024

DES DÉCISIONS RUINEUSES...

 DES DÉCISIONS RUINEUSES...

  Une des raisons pour lesquelles les surplus d'énergie considérables d'Hydro-Québec sont disparus au cours des dernières années et que plusieurs entreprises privées implantent des centaines de turbines éoliennes pour vendre de l'énergie à notre société nationale d'électricité...

Ce sont les contrats de vente d'énormes quantités d'énergie à prix réduit par H-Q à des compagnies étatsuniennes, en grande majorité pour accumuler des quantités fantastiques de données informatiques en grande partie inutiles : les milliers de milliards de documents, photos, etc. que Microsoft, Google et cie vont chercher dans les ordinateurs du monde entier.
 
Cela se fait dans d'immenses édifices où se trouvent des milliers d'ordinateurs, particulièrement sur de bonnes terres agricoles de la rive sud du St-Laurent. C'est essentiellement ce qui oblige maintenant H-Q à acheter de l'électricité d'entreprises privées envahissantes qui font pousser des turbines éoliennes coûteuses et inefficaces par centaines depuis plusieurs années...
 
 
 
 Selon La Presse / Affaires du 16 mars 2023, il y avait alors 2212 turbines éoliennes en activité au Québec .
 
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lundi 4 mars 2024

CES ÉOLIENNES PARADOXALES

CES ÉOLIENNES PARADOXALES

 Jean-Luc DION, ingénieur et professeur retraité
Université du Québec à Trois-Rivières

Juin 2023 – mai 2024

1.      Une interrogation…

Quand on regarde l’évolution des éoliennes ou aérogénérateurs au cours des trente dernières années, un ingénieur peut certainement s'interroger sur la fonctionnalité et le rendement de ces appareils gigantesques qui ont parfois des rotors ou hélices ayant près de 150 mètres de diamètre, et dont les trois pales sont d’une finesse remarquable (figure 1). Leur coût de fabrication de tout point de vue est énorme, et de plus, elles sont bruyantes, dégradent le paysage et font disparaitre de précieuses terres agricoles. On peut penser qu’il y a là une situation au moins très paradoxale au plan de l’efficacité énergétique considérant cette configuration…


Figure 1  -  Les nouvelles éoliennes.

2.      Des machines démesurées…

    Les pales d'éoliennes atteignent actuellement des dimensions et des poids qui font sursauter, comme celles-ci :

« À 107 mètres et 110 tonnes métriques, il s’agit des plus grandes et des plus lourdes pales d’éoliennes fabriquées en Amérique du Nord et par le fait même, les plus imposantes jamais transbordées sur un navire[1] »

    Considérons l’hélice avec trois pales de cette dimension qui tourne à 20 tours/min avec un vent de 40 km/h. Ce qui limite la vitesse de rotation d'une telle éolienne et donc sa puissance est la vitesse en bout de pale u qui ne doit pas dépasser la vitesse du son, soit environ 344 m/s à 20oC ou 1238 km/h. Cette vitesse est donnée par :

ω est la vitesse angulaire de rotation en radians/seconde, f est la fréquence de rotation en tours/s et L la longueur de la pale. Soit f = 20/60 = 0,333 tour/s. Avec L = 107 m, on calcule u = 224 m/s, soit 806 km/h, alors que la vitesse du son est de 1238 km/h à 20oC. Sachant que la vitesse à l'extrémité des pales ne doit pas dépasser cette valeur, la fréquence de rotation dans ce cas ne doit pas dépasser (1240/806) x 20 tours/min ~ 30 tours/min. En pratique, elle est limitée à 20 tours/min Donc une période de rotation de 3 secondes/tour. D'où la lenteur apparente de rotation.

    Donc, une pale prend la place de la précédente en 1 secondes. Or, pendant presque tout ce temps, vue la finesse des pales la plus grande partie du vent traverse le plan de l'hélice sans agir sur les pales, ce qui est assez évident ! Alors, quelle est la véritable efficacité de ces machines ?

3.      Puissance maximale d’une éolienne

On sait que la puissance P du vent (énergie cinétique par seconde) à la vitesse v qui traverse une surface S est donnée par la simple formule suivante où d est la masse volumique de l’air qui est d'environ 1,2 kg/m3 à 20oC [2] :

P  =  ½ d S v3     watts (W)                                                          (2)

v est en mètres à la seconde (m/s) et S en mètres carrés (m2). On appelle densité de puissance du vent la puissance par unité de surface.

    Mais « la limite de Betz », est une loi physique qui indique que la puissance théorique maximale développée par un capteur éolien est égale à 16/27 (environ 59%) de la puissance incidente du vent qui traverse l'éolienne [2]. Cette limite ne peut être dérivée qu’à la suite d’une longue analyse théorique permettant de déterminer le nombre optimal de pales, leur forme, leur profil et leur surface. Donc la puissance mécanique maximale produite en théorie par une éolienne est donnée par l’expression suivante :

                            Pm =  (8/27) d S v3  =  0,296 d S v3  =  0,355 S v3                          (3)

    On voit que la puissance mécanique d'une éolienne sera comprise entre 0 et 0,59 fois la puissance du vent sur la surface de l'hélice. Elle dépend nécessairement du nombre de pales, de leur surface et de leur profil, d'une façon complexe qui est rarement explicitée. Une éolienne réelle produira donc toujours moins que 59% de la puissance du vent. Dans la figure 2 sont répertoriées les divers types d'éoliennes [3]. C'est ainsi qu'une éolienne idéale selon de nombreuses publications, avec des pales de 107 m, une surface d'hélice S de 3,60 x 104 m2, avec un vent de 40 km/h (11,11 m/s) devrait fournir une puissance mécanique maximale de 17,5 MW selon la formule (3). La question qui se pose : qu'en est-il en réalité avec ces éoliennes gigantesques à trois pales ? Mais, le rendement attribué aux rotors à trois pales semble nettement excessif…

    Cette figure montre l'efficacité d'un aérogénérateur en fonction de la vitesse en bout de pale. On note que la limite de Betz ne peut être atteinte théoriquement que si le nombre de pales est infini On voit clairement que le rendement augmente avec le nombre de pales, comme avec leur surface totale. Or, pratiquement aucune des publications consultées ne fait état de l'effet du nombre de pales et de leur surface sur la puissance produite, ce qui est très étonnant.

Figure 2  -  Rendement d'une éolienne en fonction de la vitesse en bout de pale.

    Une première évidence basée sur la théorie est que si le nombre de pales était doublé, la puissance produite devrait être environ deux fois plus grande. Or, bien sûr, des pales d'une telle longueur et d'une telle masse ne peuvent pas être doublées. C'est bien là un problème évident. Mais, cela est possible pour de petites éoliennes comme la suivante.

4.      Une expérience virtuelle

    Imaginons une hélice jouet avec des pales fines de longueur L, communément appelée vire-vent au Québec, qui tourne librement autour d’un axe, tel qu’illustré dans la figure 3, face au vent de vitesse v. On sait que l’hélice commence à tourner dès que le vent souffle et que la vitesse augmente proportionnellement à la vitesse du vent et peut devenir très grande selon l’inclinaison des pales et leur profil.

    On sait aussi qu’en appliquant sur l'axe des forces de freinage F croissantes à la main, représentées dans la figure 4, l’hélice tournera de moins en moins vite et cessera de tourner pour une certaine valeur du freinage qui augmente avec la vitesse du vent. Ce couple C de freinage est mesuré par le produit
F x r = C.   F s'exprime en newtons (N), r en mètres (m), et C en N-m.

    Pour une certaine vitesse du vent, la puissance P transmise à la main passe par un maximum en augmentant le couple de freinage C. Et, bien sûr, les forces en jeu augmentent avec le diamètre de l’hélice. Or, au cours de ce ralentissement, de plus en plus d’air traversera la surface S de l’hélice sans agir sur les pales et leur communiquer de l’énergie. La figure 5 montre de façon empirique la façon dont la puissance mécanique produite varie avec le couple de freinage appliqué, pour une vitesse donnée du vent.

    La vitesse de rotation étant ω radians/seconde (rd/s), on sait que la puissance mécanique produite P en watts (W) est donnée par le produit P = C ω. Elle est nulle quand il n'y a aucun freinage [Fig. 5]. Puis, en augmentant le freinage, puissance passe par un maximum Pm pour un couple Cm. Finalement, l'hélice s'arrêtera de tourner et de produire de l'énergie pour un couple de blocage Cb.

Figure 3  -  Éolienne jouet ou vire-vent.

 

 

 Figure 4  -  Couple de freinage

    C’est précisément le cas des éoliennes qu’on installe partout dans le monde, comme dans la
figure 1, auxquelles s’appliquent les mêmes lois de l’aérodynamique qu’au vire-vent. Maintenant, ne peut-on pas imaginer que si le
nombre de pales identiques du vire-vent était doublé, la force de freinage devra être à peu près deux fois plus grande pour maintenir la même vitesse de rotation pour la même vitesse du vent ?

    La puissance fournie par cette hélice devrait donc être environ 2 fois plus grande... Si le nombre de pales est triplé, à 9, la puissance ne devrait-elle pas être à peu près triplée ? C'est ce que la figure 5 représente, où Cm3 est le couple maximal et Cb3, le couple de blocage pour l'hélice à 3 pales, etc.

    Alors, la question qui se pose tout naturellement après cette conclusion qui semble plausible est celle-ci : comment les éoliennes installées actuellement qui ont seulement trois pales étroites peuvent-elles produire la puissance maximale prédite par la théorie dont la valeur est donnée par la formule (3) qui est rigoureuse et qui s'applique si le nombre de pales est théoriquement infini ?

Figure 5  -  Relation entre puissance et couple de freinage pour 3, 6 et 9 pales.

    En première approximation, ne pourrait-on pas dire que si près de 90% du vent passe à travers l’hélice sans exercer d'action sur les pales, il est impossible que l’éolienne transforme en énergie mécanique plus de 10% de l’énergie cinétique du vent si la surface totale des pales est moins de 10% de la surface de l'hélice ? Il y a là un étonnant paradoxe, auquel personne ne semble donner une réponse…

    Considérons maintenant une génératrice éolienne de profil courant dans la figure 6. Supposons que la surface d'une pale active dans le vent représente approximativement un secteur d'une ouverture de 10o, ce qui est plus que dans la figure 1. Il s'ensuit qu'une fraction de l'énergie du vent égale à (360 – 30)/360 = 92% n'agit pas sur les pales. Par conséquent, la puissance mécanique maximale produite par cette machine serait donnée par l'expression suivante, soit 8% de la puissance maximale théorique :

      Pm =  0,08 x 0,355 S v3  ~  0,0284 S v3          (4)

    La question qui se pose alors, dans toutes les installations : pour un nombre de trois et une longueur de pales donnés, avec une certaine vitesse de vent, quelle est la puissance mécanique réelle fournie à la génératrice électrique associée ?

 

Figure 6

    La puissance nominale des éoliennes spécifiée dans les publications le moindrement documentées semble essentiellement celle donnée par la formule (3) qui tient compte de la limite de Betz, sans préciser la surface des pales et la vitesse du vent [3], ce qui est vraiment étonnant. Même dans une publication de Alexander Kalmikov du prestigieux M.I.T. la question est passée sous silence [4].

    Alors, parmi les questions qui se posent, ne pourrait-on pas concevoir et réaliser des éoliennes plus petites et relativement plus efficaces ?

5.      Une éolienne plus efficace ?

    C’est ainsi que les anciens moulins à farines de nos ancêtres (figure 7-a), ainsi que tant d'autres installés sur les fermes pour pomper l'eau (Figure 7-b) qui rendaient efficacement de grands services peuvent donner une idée qui serait peut-être une amélioration : une éolienne qui occuperait beaucoup moins d’espace et serait probablement plus petite pour la même énergie électrique moyenne produite, grâce à des pales de grande surface. De plus, avec une fabrication plus simple à un coût sans doute inférieur.

    La figure 8 montre schématiquement la configuration essentielle de cette hélice ou turbine à 8 pales dont un avantage possible serait de se mettre en rotation pour de faibles vitesses de vent, et dont l’inclinaison des pales s’adapterait automatiquement à la vitesse du vent pour fournir une puissance maximale se rapprochant de la valeur nominale : elle est désignée comme une éolienne basse.

Figure 7  -  Anciens moulins à vent.

6.      Description d'une éolienne efficace

    La figure 8 représente de façon schématique une génératrice éolienne à 8 pales articulée qui devraient être relativement beaucoup plus efficace que les actuelles à 3 pales, mais aussi beaucoup plus petites pour la même puissance fournie. Deux couronnes A et B sont centrées sur l’axe, chacune par les barres 1, 2, 3… 8 et huit câbles ou haubans C. Des pales P1, P2, P3… P8 en matériaux composites, robustes et flexible, sont tendues par des rotules mobiles sur la couronne A et des rotules fixes sur B.

    L’inclinaison du sommet des pales est variable automatiquement selon la vitesse du vent par un mouvement axial de l’ensemble de la couronne A et des 8 barres qui produit une torsion des pales déterminé par un dispositifs électronique de commande pour maximiser la puissance captée : A et B s’écartent avec l’augmentation de la vitesse du vent. L’inclinaison des pales sur l’axe serait fixe et d’environ 45o. Des mécanismes probablement simples et robustes peuvent sans doute produire ces mouvements d’une façon optimale, selon la vitesse du vent. Ce type d'hélice entrera en rotation et fournira de l’énergie pour une vitesse de vent beaucoup plus faible que celle requise pour les éoliennes actuelles.

Figure 8  -  Éolienne compacte à 8 pales – Schéma de principe.

    La figure 9 schématise une installation typique. Imaginons l’éolienne de la figure 8, avec une hélice d’un rayon de 2 mètres dont l’axe se trouve à 20 m du sol. Il est intéressant d’évaluer la puissance mécanique maximale approximative que le système produirait selon l’expression (3) avec un vent de 40 km/h, par exemple. La masse volumique r de l'air est égale en moyenne à 1,204 kg/m3 pour de l'air sec à 20 °C et à la pression atmosphérique normale. On calcule une surface S égale à 12,6 m2, une vitesse v de 11,11 m/s, d’où une puissance nominale P = 6,12 kW, en supposant qu'elle atteigne la limite de Betz selon la formule (3).

    Si le diamètre est doublé à 4 m, cette puissance est alors 4 fois plus grande : 24,5 kW. Si en plus la vitesse du vent est de 60 km/h, cette puissance est multipliée par (60/40)3 = 3,375; d’où une puissance de 82,7 kW. Évidemment, sans vent c’est 0, d’où la nécessité assez générale d’avoir un système de
stockage de l’énergie ou le raccordement à un réseau électrique… De telles génératrices éoliennes seraient sans doute utiles, moins coûteuses et moins invasives dans le paysage pour alimenter de petites agglomérations…

     Figure 9  -  Aspect général de l’éolienne basse.                Figure 10  -  Turbine hydraulique Kaplan

    Les lois de la dynamique des fluides sont les mêmes qui s’appliquent aux liquides et aux gaz. Il s’ensuit que les géométries des pales de turbine devraient être comparables, que ce soit pour l’eau ou le vent. La figure 7 montre celles d’une turbine de Kaplan utilisée dans les centrales hydroélectriques. On voit que la surfaces des pales est considérable par rapport à celle de l’hélice, afin de fournir le maximum de puissance. Pourquoi les éoliennes ne suivraient-elles pas les mêmes lois ? C’est ce qui a inspiré l’auteur de la présente étude [[5]]…

    Le graphique de la figure 11 permet de comparer le rendement nominal d’une éolienne basse B décrite ici, d'un rendement de 90% avec une éolienne du type qu’on réalise actuellement, équipée de pales de 100 m de longueur, une éolienne fine pour laquelle on suppose un rendement de 8% selon l'expression (4).

    On constate, par exemple, qu’une telle éolienne ‘fine’ avec un rayon de 3 m produirait environ 2 kW de puissance mécanique par un vent de 40 km/h, tandis que la turbine du type proposé produirait près de 14 kW ! En pratique, on comprendra que le rayon d'une éolienne 'basse' ne pourrait guère dépasser 3 ou 4 m pour des raisons de résistance mécanique et de matériaux.

Figure 11  -  Puissance nominale en fonction du rayon R et de la vitesse v
        d’une éolienne basse B avec un rendement de 90%
         et d’une éolienne ‘fine’ F avec un rendement de 8%.

 Conclusion

    Bien sûr, mes commentaires sont largement basés sur l'intuition, mais aussi sur une assez longue pratique en physique appliquée. Il faudrait une étude approfondie hors de ma portée pour y apporter une réponse mathématique rigoureuse.

    Il faudrait évidemment qu’un bon travail d’ingénierie soit fait et qu’un prototype soient réalisés permettant des mesures afin de déterminer l’intérêt économique et énergétique que peut présenter l’éolienne basse décrite sommairement ici. De tels appareils seraient sans doute surtout utiles dans de petits établissements isolés, loin des réseaux électriques, vu leurs dimensions et haut rendement.

    Mais il importe de savoir qu’aucun parc d’éoliennes ni complexe photovoltaïque produisant de l’énergie supposée ‘verte’ ne permettra d’éviter la catastrophe écologique si on ne réduit pas radicalement la quantité d’énergie et de ressources consommées chaque année sur la planète. De même pour le mode de vie et de consommation en général…  (CLIC)

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En se souvenant que l’énergie la plus écologique et la moins chère
est celle qu’on ne consomme pas !

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ANNEXE

Dans l’étude théorique d'une éolienne qu’on trouve parmi d’autres [[6]], on trouve ces détails :

Où  le « coefficient de performance » change de nom :

Très étrangement, la surface S des pales ne figure pas dans ces expressions.

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Bibliographie

Aérodynamique des éoliennes, https://energieplus-lesite.be/theories/eolien8/aerodynamique-des-eoliennes/

https://www.energy.gov/eere/wind/how-wind-turbine-works-text-version

Théorie de l'élément de pale couplée à la théorie de Froude relative aux hélices motrices éoliennes et aéromoteurs  -  https://heliciel.com/helice/calcul-helice-aile/Theorie%20element%20de%20pale%20relative%20aux%20helices%20captrice%20motrices.htm#:~:text=La%20%22BEM%22%20(Blade%20element,le%20long%20de%20la%20pale.

Fluid Dynamics Simulation of an NREL-S Series Wind Turbine Blade - https://www.intechopen.com/online-first/83716

Wind Turbine Blade Design Review - https://core.ac.uk/download/pdf/211500881.pdf

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