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vendredi 12 novembre 2021

LA CATASTROPHE - AUTOUR D’UN GRAPHIQUE...

Le 6 novembre 2021

TEXTE POUR : LE DEVOIR  --  IDÉES

AUTOUR D’UN GRAPHIQUE

Jean-Luc DION

    À chaque jour qui passe, les cris de détresse se multiplient devant les désastres climatiques qui s’annoncent, terribles, et qui sévissent déjà en divers points de la planète. Devant cette inquiétante réalité, nos politiciens, à la fois sous l’emprise contradictoire de très gros intérêts et de militants écologistes, se réunissent de temps à autre dans des conférences mondiales comme la présente COP-26 de Glasgow et rivalisent de promesses. Même notre Premier Ministre Legault se faisait rassurant en y arrivant, déclarant que « même s’il partage le sentiment d’urgence face aux changements climatique, il ne faudrait tout de même pas devenir anxieux », comme le rapporte Aurélie Lanctôt dans Le Devoir du 6 novembre. Il s’est même permis d’annoncer un investissement de 5 milliards de dollars pour remplacer les autobus polluants par des autobus électrique ! Mais on sait bien que cela ne changera rien s’il n’y a aucune incitation sérieuse à utiliser les transports en commun… On en reparle plus bas. 

    Dans la même édition, un lecteur convaincu de la nécessité de la décroissance émet l’opinion que « l’on peut arrêter le système en quelques jours à peine si l’urgence pointe », la présente pandémie le démontrant. Bien sûr, d’autres évoqueront les supposées « énergie vertes » et les voitures électriques sans savoir ou avouer que ça ne réglera strictement rien sans des mesures draconiennes. En effet, les voitures électriques consomment au total à peu près autant d'énergie et de ressources que les voitures avec moteur thermique. Les supposées 'énergies vertes' sont abordées plus bas. Et puis, quoi penser des déclarations des ministres du Canada quand on lit dans La Presse « Les principales sociétés pétrolières opérant au Canada prévoient augmenter leur production de presque 30 % d’ici 2030 et n’ont aucun plan détaillé pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. »?

La situation

    Des mesures draconiennes ? Pourquoi ? Pourtant, le graphique suivant dit essentiellement tout si on sait l’interpréter correctement. Il est très détaillé.

    Ce graphique de source très sérieuse, car il est de British Petroleum, montre la consommation totale d’énergie sur la planète, de toutes les sources, en térawattheures (térawattheure est une unité de mesure d'énergie correspondant à 1012 (10 puissance 12) wattheures, le wattheure étant l'énergie consommée par un appareil d'une puissance d'un watt fonctionnant pendant une heure. Il dit essentiellement ceci :

1.      Pendant longtemps la consommation a augmenté de façon exponentielle, c’est-à-dire en doublant à tous les 30 ans, à peu près.

2.      À partir de 1990, la croissance est devenue à peu près linéaire jusqu’en 2019, apparemment sous l’effet d’une prise de conscience écologique; et elle a doublé depuis 1975.

3.      En 2020 jusqu’à maintenant, à cause de la pandémie de Covid-19, il y a eu une légère diminution d’environ 4%, mais la croissance a maintenant repris.



4.      Le charbon, le pétrole et le gaz constituent environ 80% des sources d’énergie actuelles.

5.      Les autres sources dites ‘ vertes et modernes’, hydraulique, solaire, éolienne, nucléaire, etc. contribuent environ 17%.

6.      En ce qui concerne les plastiques, le principal sous-produit du pétrole, on a pu lire récemment (*) que : « L’industrie pétrolière a déjà une stratégie de défense parfaitement au point, qui consiste à stimuler la production de plastique pour maintenir et faire croître la consommation mondiale d’hydrocarbures. » La production a pratiquement doublé depuis 25 ans et atteint actuellement près de 400 millions de tonnes par année pour fabriquer, chaque jour, des milliards de bouteilles et autres babioles inutiles qui vont finir dans des dépotoirs débordant sur les villes et dans les océans où le volume, dit-on, pourrait prochainement dépasser celui des poissons…

Les acteurs

    Or, il n’y a aucun indice que cette croissance ne se poursuivra pas, à moins d’une prise de conscience très rapide et des gestes efficaces à partir de maintenant, idéalement au cours de la conférence en cours COP-26 de Glasgow, de la part de toutes les nations, surtout de celles qui polluent le plus : Amérique du Nord, Europe, Chine, Inde…  En effet, la principale cause de cette croissance est l’augmentation continuelle du nombre de véhicules automobiles de plus en plus gros, surtout en Amérique du Nord. C’est sans parler du gaspillage d’énergie sous toutes ses formes, particulièrement le plastique.

    De toute évidence, rien d’autre que des mesures radicales, draconiennes, sur toute la planète, ne pourront produire un effet réel, avec une certaine chance d’éviter la catastrophe indescriptible qui semble autrement inévitable pour toute vie sur notre planète. Mais, pouvons-nous même en rêver, tellement le dogme de la sacrosainte « croissance » est enivrant et toxique pour tous les spéculateurs de la planète !

    Or, on le sait maintenant, les sources d’énergie hydraulique ont pratiquement atteint un plafond de possibilité dans le monde. D’autre part, la mise en œuvre des énergies solaire et éolienne requiert des ressources considérables pour une efficacité effective maximale très réduite : moins de 25% pour le solaire et moins de 40% pour l’éolienne (**); et zéro quand il n’y a ni soleil ni vent… Dans ce dernier cas, les moyens de stockage coûtent très cher et réduisent de beaucoup le rendement global. L’efficacité est définie comme le rapport entre la puissance électrique produite et la puissance de la lumière ou du vent reçue.

    Par ailleurs, la production de combustibles tels que l’éthanol et l’hydrogène pour remplacer le pétrole est une illusion technique, quel que soit le mode de production et d’utilisation car il faut une sources d'énergie pour les produire, et le rendement global est faible. Quant à l’énergie nucléaire, une civilisation humaine responsable n’aurait jamais dû y toucher, du fait des terribles conséquence à long terme des déchets dont on ne sait encore que faire : l’ingestion de 20 microgrammes de plutonium 239, un sous-produit des centrales nucléaires où on en trouve des kilos, suffit à tuer un être humain à coup sûr…

Les moyens

    Alors! Quel espoir reste-t-il ? De toute évidence, cela passe essentiellement par une diminution radicale de la consommation d’énergie à court terme sous toutes ses formes, et son corollaire, la simplification du mode de vie des sociétés les plus développées et le partage équitable avec les autres. Quelles tournures cela pourrait-il prendre ? Ce qui vient le plus naturellement à l’esprit devrait être ceci…

1.         Les gouvernements des pays, surtout les plus polluants, prennent à très court terme des mesures pour décourager l’usage des voitures individuelles de toutes sorte en visant, par exemple, une réduction de 30% à 50% en 5 ans. Cela passe nécessairement par :

2.         Des campagnes massives d’information sur les mortels dangers du gaspillage des ressources causant la pollution et le réchauffement climatique qui entrainent des catastrophes naturelles; de même que sur la consommation de produits inutiles.

3.         L’encouragement du covoiturage par tous les moyens et de l’utilisation des taxis. Bien sûr, la marche et le vélo aussi…

4.         La mise en œuvre de réseaux de transport en commun vraiment modernes et rapides pour toutes les villes et régions prenant, par exemple, la forme de nombreux minibus électriques très mobiles, avec ou sans chauffeur, pour 12 à 16 passagers (figure), gérés par une intelligence artificielle qui contrôle aussi tous les feux de circulation pour supprimer les arrêts inutiles. Ce système étroitement intégré aux divers moyens de transport, incluant les taxis, doit permettre à tout citoyen qui dispose d’un téléphone, et qui désire aller du point A au point B, sur des distances d’un kilomètre et plus, de le faire beaucoup plus vite qu’en automobile actuellement, avec un temps d’attente de 5 à 10 minutes (***). Un tel système est parfaitement possible à l’heure actuelle, considérant qu’on fabrique déjà des minibus électriques au Québec et que nous avons les ingénieurs et techniciens capables d’établir et programmer des systèmes d’intelligence artificielle,

    Cela inclus le transport interurbain entre les principales villes par un système ultra-rapide tel que le TGV ou le monorail à moteurs-roues suspendu, qui est à réaliser depuis 1995 au Québec, lequel permettrait de faire le trajet Québec-Montréal en moins de 1 heures (***).

Le minibus électrique autonome de 12 à 16 places pouvant rouler à plus de 60 km/h. 

Le financement

    Forcément, la réalisation de tels moyens de transport nécessite un financement considérable. Au Québec, nous pouvons considérer deux solutions à court terme :

1.      L’abandon de projets tels que la construction de tunnels, afin d’investir dans l’efficacité et de véritables solutions, tout en favorisant un sage développement industriel.

2.      La taxation équitable et pondérée des véhicules automobiles individuels en fonction de diverses variables telles que le poids, le prix d’achat, la consommation d’essence…

        On sait que la ville de Québec et notre gouvernement considèrent dépenser quelque 10 milliards de dollars dans un « 3e lien », un tunnel qui relierait les villes de Québec et de Lévis pouvant permettre la circulation d’un nombre encore plus grand de véhicules et davantage de pollution atmosphérique. De plus, dans le cadre de la conférence sur le climat « COP26 », le Premier Ministre Legault annonçait un investissement éventuel de 5 milliards de dollars pour acheter des autobus électriques qui remplaceraient les autobus au mazout dans nos villes. Dans ce dernier cas, on sait très bien que ce remplacement ne réglerait aucunement un problème de fond qui est le fait que ce type de transport en commun n’est pas utilisé par une grande majorité de citoyens qui préfèrent trop souvent être assis seuls dans leur auto coincée dans le trafic, pour laquelle ils paient généralement de grosses mensualités…

    En toute logique, ces 15 milliards de dollars, devraient plutôt permettre de mettre au point de façon très sérieuse le système décrit plus haut, en étroite coopération avec les industriels québécois qui ont la capacité de le faire.

    Actuellement, la taxation des véhicules ne permet pas une véritable équité, ni un signal dissuasif fort, ni un financement adéquat de projets de transports modernes. Or, il importe que le pouvoir dissuasif augmente avec le poids du véhicule, son prix d’achat, sa consommation d’essence, etc.

    Les moyens actuels en informatique permettent très facilement d’améliorer l’équité de la façon indiquée dans le graphique adjacent où le taux de taxation varie de façon continue. Les taux indiqués sont tout à fait arbitraires, mais indicatifs. Par exemple, les valeurs Co et Cm doivent dépendre du poids du véhicule, de son prix d’achat et de sa consommation de pétrole. Il est très facile d’établir des équations linéaires pour le faire.

   Méthode de taxation équitable 

    De plus, selon la façon dont les citoyens peuvent utiliser les transports en commun, leurs taux de taxation seront adaptés : plus ils seront favorisés par les transports rapides, plus leur taxation sera réduite : cela est facilement pris en compte avec les moyens informatiques actuels.

Conclusion

L’humanité sur Terre est actuellement rendue à une limite que lui indique clairement la Nature : elle n’en peut plus de ses agressions ! Les humains doivent agir en êtres responsables de la planète Terre, la seule que nous avons; tout simplement…

Jean-Luc Dion, ingénieur physicien (retraité)

Notes biographiques : https://app.box.com/s/t56w928k66f05vgxzb15jkib6clcfgca

(*)       https://energieetenvironnement.com/2019/02/10/le-plastique-avenir-de-lindustrie-petroliere/

(**)    https://lenergie-solaire.net/energie-solaire-photovoltaique/efficacite-solaire , https://www.cleanenergyreviews.info/blog/most-efficient-solar-panels ,
https://eolienne.f4jr.org/eolienne_etude_theorique ,
https://medium.com/the-future-is-electric/what-is-the-most-effective-and-efficient-design-for-a-wind-generator-6ccf100fc793

(***) Le STRÉLOP : https://grandslabours.blogspot.com/2018/08/service-de-transport-electrique.html
Le monorail à moteurs-roues :
https://www.youtube.com/watch?v=8AvQGJExago



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samedi 23 octobre 2021

LES NOUVEAUX MAÎTRES DU MONDE...

 

LES NOUVEAUX MAÎTRES DU MONDE et ceux qui leur résistent

Par Jean Ziegler chez Fayard. 2002.

RÉSUMÉ DU LIVRE

Source : http://www.consciencedupeuple.com/Nouveau_maitres_du_monde.doc (disparu...)

    Aujourd’hui dans le monde, toutes les sept secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Le plus souvent victime d’un impératif et d’un seul, celui des maîtres du monde : le profit sans borne. Ces nouveaux maîtres du monde, ce sont les seigneurs du capital financier mondialisé. Qui sont-ils et d’où tirent-ils leur pouvoir ? Comment les combattre ? Au cœur du marché globalisé, le prédateur. Banquier, haut responsable de société transnationale, opérateur du commerce mondial : il accumule l’argent, détruit l’État, dévaste la nature et les êtres humains. 


    Ce livre révèle son visage, analyse son discours, dénonce ses méthodes. Des mercenaires dévoués servent l’ordre des prédateurs au sein de l’Organisation mondiale du commerce, de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international. Ce livre suit à la trace les satrapes de ces institutions au-dessus de tout soupçon, démonte l’idéologie qui les inspire et jette une lumière crue sur le rôle joué en coulisses par l’empire américain. Mais un peu partout dans le monde, la résistance s’organise au sein de l’extraordinaire front qui fédère tant de refus locaux porteurs d’espérance. 


    C’est la nouvelle société civile planétaire, dont Jean Ziegler montre ici la richesse, la diversité et la détermination. La puissance de ce livre engagé ne doit pas surprendre : les gens dont il brosse le portrait, Jean Ziegler les a bien souvent croisés ; les institutions qu’il critique, il les connaît de l’intérieur. Tous ces mouvements de résistance, il les fréquente et les estime. Et puis il y a l’urgence. Jean Ziegler est Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Auteur de nombreux ouvrages sur le tiers-monde, il a notamment publié La Suisse lave plus blanc (1990), La Suisse, l’or et les morts (1997) et Les Seigneurs du crime (1999).

 Voici le résumé :

     Le Nouvel Ordre Mondial semble avoir débuté en l’an 1991, suite à la Guerre du Golfe et la fin de l’URSS. Pour la sécurité collective, le capital financier mise sur la superpuissance américaine. Le droit cède à la force, la diplomatie à la guerre ; le cartel des Maîtres du monde se servent des USA pour réaliser leurs intérêts privés ; il se sert aussi de la force de frappe militaire et policière. Le dogme ultra-libéral de Washington : un formidable égoïsme, un refus presque total de toute solidarité internationale, une volonté absolue de proposer sa seule vision du monde. Les USA - ou son gouvernement - sont opposés au principe même de la justice internationale contre le CPI - Cour Pénale Internationale

    Concernant la Commission des Droits de l’homme des Nations Unies, les USA votent contre toute mesure pour les droits économiques, culturels, contre le droit à l’alimentation, à l’habitat, à l’éducation, à la santé, à l’eau potable. Le président Bush a annulé le Protocole de Kyoto qui prévoit la réduction graduelle et le contrôle des émissions de CO2 dans l’atmosphère- les USA émettent 24% des gaz.

    Les dépenses militaires et les profits des sociétés d’armements explosent ; en 2003, le budget ordinaire de Pentagone s’élève à 379 milliards. L’objectif des USA n’est pas de réduire le terrorisme mais de l’utiliser comme un argument moralement et politiquement pour organiser le monde à sa manière ; pour se démettre de certains traités encombrants ; imposer leur justice sommaire sur la terre ; écarter des concurrents commerciaux gênants. Peut-on avoir du secours de l’Europe ? Non ; même si elle est une grande puissance économique, elle n’a ni politique étrangère ni défense crédible. Et plusieurs dirigeants se complaisent dans la servilité à l’égard de l’empire.

    Le Consensus de Washington, en quoi consiste-t-il ? il est un ensemble d’accords informels entre les grandes sociétés, Wall Street, les banques, la FED, la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC. Nous y reviendrons. Il vise la privatisation du monde. Le tout passe aussi par la mondialisation ; quelles sont les raisons « officielles » pour montrer le côté positif de cette dernière :

  1. La Mondialisation profite à tous - entre 1992 et 2002, le revenu par tête d’habitant a chuté dans 81 pays.
  2. La Globalisation des marchés financiers unifie la planète - les démunis ne sont pas aidés dans leur exode vers des pays plus prometteurs, la majorité tombent en chemin.
  3. La paix du monde est garantie par le commerce mondial - plusieurs gouvernements tyrannisent leurs travailleurs avec des conditions difficiles et ce, au profit du capital étranger.

    Comme il se doit, les dirigeants d’un empire financier ne peuvent se permettre d’agir selon la morale. Les prédateurs ne se rattachent à une aucune école de pensée et ils sont dépourvus de solidarité et de compassion humaine. On y parle même de la mort de l’État. La privatisation du monde affaiblit la capacité normative des États ; elle met sous la tutelle Parlements et Gouvernements ; elle tue la loi. Pour plusieurs États occidentaux les moyens de transport publics, la poste, etc. sont déjà privatisés ; la 2e vague se prépare (écoles, collèges, universités, hôpitaux, prisons, polices,). Un citoyen livré sans protection à des risques sociaux majeurs perd sa qualité de citoyen. Quand on a peur pour ses droits, on n’est pas libre.

 LA DESTRUCTION DES HOMMES

    Les États du Tiers Monde se battent entre eux pour attirer les investissements productifs contrôlés par des compagnies de services étrangers ; afin de gagner, des États vont réduire la protection sociale, les libertés syndicales, etc…

    Beaucoup d’entreprises procèdent à la délocalisation de leurs équipements au profit d’endroit où les salaires sont bas et la protection des travailleurs presque inexistante. Les travailleurs de tous les pays entrent en compétition et cela provoque la concurrence entre les travailleurs. Chacun veut s’assurer un emploi et la solidarité des travailleurs est rompue.

    Exemple : les produits financiers dits « dérivés » (futures, options, warrants), c’est de la spéculation à l’achat ou à la vente ( d’un produit comme le pétrole, le blé, etc… si la Bourse indique un prix inférieur à celui que je fixe, je perds ; à l’inverse, je gagne. La folie est la suivante : on peut investir que 5% avec de l’argent réel, le reste c’est du crédit. Les traders sont dévorés par le pouvoir du profit et la volonté d’écraser le concurrent. Leur folie rapporte de l’argent. Le cauchemar des responsables des banques centrales : que le système capitaliste puisse être balayé par les effondrements des pyramides de crédits. Les banques centrales tentent de réguler le marché financier par la fixation des taux de change et des taux d’intérêts ; mais ce qui gouverne le monde, ce sont les intuitions, les désirs, le goût du jeu et des profits. Environ 1000 milliards de l’argent ont été échangés chaque jour ouvrable en 2001. 135 de cette somme seulement à correspondu à de vrais règlements ( achat d’un terrain) mais 87% du montant a relevé de la pure transaction monétaire, sans création de valeur. La bulle spéculative enfle. L’économie virtuelle prend le pas sur l’économie réelle.

LA DÉVASTATION DE LA NATURE

    La main invisible du marché globalisé ne détruit pas seulement les sociétés humaines, mais aussi la nature. EX : la dévastation des forêts vierges de la planète ; en les surexploitant, les sociétés transnationales du bois les détruisent. Le monde agro-industriel est toujours à la recherche de nouvelles terres pour étendre leurs plantations ou accroître l’élevage extensif des bœufs. On parle de la forêt africaine, océanique et asiatique, latino-américaine. Mais il y aussi les bouleversements climatiques provoqués par la destruction des forêts tropicales. En conclusion, les prédateurs sont en train de détruire la planète.

L’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE (OMC)
COMME MACHINE DE GUERRE

    Il est plus grave aujourd’hui de violer une règle du commerce international qu’un droit de l’homme. L’OMC sert les prédateurs ; elle inventorie plus de 60 000 sociétés transnationales dans le monde mais 500 compagnies dominent le commerce mondial. Les stratégies sont empruntées à la vision du monde des seigneurs du capital mondialisé. L’objectif avoué de l’OMC est la réduction du pouvoir de l’État et du secteur public en général. La déréglementation et la privatisation en sont les leviers. La charte de l’OMC ne contient pas une « clause sociale et une clause écologique » qui permettrait d’exclure de la libre circulation les marchandises produites dans des conditions sociales ou écologiques intolérables. 

EXEMPLE : des enfants qui produisent des biens dans des conditions misérables avec un salaire dérisoire ; le travail est dur et affecte leur santé et rien n’est prévu pour les soigner. Par ailleurs, les pays dominateurs de l’OMC subventionnent massivement la production et l’exportation de leurs propres biens agricoles. Ces produits excédentaires se déversent dans le tiers-monde et provoquent la destruction des fragiles structures agricoles autochtones ( ne sont plus compétitives en qualité et en prix).

LA BANQUE MONDIALE

    La Banque Mondiale et le Fonds monétaire international s’occupent des flux financiers. Mettons les choses au clair : LA BANQUE MONDIALE s’appelle plutôt « THE WORLD BANK GROUP » ; elle comprend la Banque Internationale pour la reconstruction et le développement, l’Association internationale pour le développement, la Compagnie financière Internationale, l’Agence multilatérale pour la garantie des investissements et le Centre international pour la gestion des conflits relatifs aux investissements. Les deux premiers sont les principaux.

    La BM alloue des crédits aux pays les plus démunis et finance des centaines de projets de développement. Elle est le prêteur de dernière instance. Sa Charte exclut tout conditionnalité politique ou autre. Mais sa pratique est déterminée par un concept totalisant d’origine non bancaire et idéologique : le Consensus de Washington. (voir ce qui précède). La BM impose le consensus de Washington qui vise la privatisation des biens publics et des États ; elle impose l’empire des nouveaux maîtres du monde. En janvier 2000, Joseph Stiglitz, économiste en chef et premier VP de la BM démissionne en dénonçant la stratégie de privatisation à outrance et l’inefficacité des instituts de Bretton Woods. Il a publié « La Grande Désillusion »- Paris, Fayard, 2002.

    Afin de paraître plus crédible, la BM a crée le Département social. Ceux qui y collaborent sont des membres d'organisations internationales non gouvernementales réputées « crédibles ». Mis à part Amnesty International, Terre des Hommes, Greenpeace, Human Rights Watch, Oxfam, Médecins du monde, Médecins sans frontières, le Mouvement des travailleurs sans terre (MTS), qui sont des ONG très crédibles, d’autres ONG sont de composition douteuse, car plusieurs sont financées par des sociétés transnationales. Les dirigeants de ces ONG ne sont élus par aucune assemblée publique. Leurs sources de financement sont couvertes par le secret des affaires. Voici comment les choses se passent avec la Banque Mondiale. Elle confie la gestion de ces programmes à des organisations non gouvernementales dites « crédibles » et le degré de crédibilité est fixé par le président de la BM. Voici un effet de la manipulation de certaines ONG. Plusieurs dirigeants de ONG sont intégrés plus tard à la Banque Mondiale.

LE FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL ( FMI)

    Les 183 États-membres actuels du FMI votent chacun selon leur pouvoir financier respectif. One dollar, One vote- et les USA détiennent 17% des droits de vote. Le FMI fait des prêts aux pays déjà endettés ; EX : suite à une dette accablante, en 2002, en Argentine, 2 personnes sur 5 vivent dans une extrême misère. Phénomène semblable au Brésil . En 2001, on notait plus de 40 000 assassinats ou de morts violentes. A la misère, le gouvernement répond par la répression, sa justice est inhumaine.

    Arrêter et Enfermer est sa devise. Pour obtenir une rallonge du crédit, la méthode est la même- le FMI obtient la vente aux sociétés transnationales (américaines ou européennes), des industries, entreprises de services (assurances, transport) relevant d’un secteur rentable. Les secteurs non rentables de l‘économie du pays restent entre les mains du gouvernement local.

    Le FMI crée les crises financières : par exemple, prenons la crise financière en Thaïlande en juillet 1997. Le bath, la monnaie nationale perd de sa valeur et les capitaux spéculatifs quittent le pays- pour faire face à la situation, la Banque centrale de Bangkok prélève des centaines de millions sur ses réserves pour racheter des baths et soutenir la monnaie nationale ; en pure perte. Ensuite, la Thaïlande se trouve en cessation de paiement de sa dette). Vite, cette crise entraîne dans sa chute les économies de l’Indonésie, Taiwan, Corée du Sud et d’autres pays de la région. Le FMI offre des prêts d’argent pour régler la situation.

    L’origine de la crise ? ces pays avaient refusé l’entrée et la sortie des capitaux étrangers. Mais ce nouvel afflux de capitaux a perverti l’économie de ces pays. Les prix montèrent en même temps que la spéculation immobilière. L’Offre dépassa la Demande et la bulle immobilière creva. Les capitaux étrangers quittèrent le pays et l’économie s’effondra. Les gouvernements de ces pays demandèrent l’aide du FMI, des prêts en retour de l’austérité budgétaire et monétaire, la réduction drastique des dépenses sociales et des crédits aux entreprises. Les conséquences : des milliers d’emploi perdus, suppression des repas scolaires, la sous-alimentation s’aggrava. Le FMI se dit apolitiques ; c’est faux ; dans la pratique, il est au service constant de la politique extérieure des USA.

LES POPULATIONS NON RENTABLES

    On appelle les PMA ( pays les moins avancés), les 49 pays les plus pauvres du monde. En 2002, ils totalisaient une population de 640 millions d’humains, soit 10% de la population mondiale. Ces populations non rentables génèrent moins de 1% du revenu mondial. 34 pays se trouvent en Afrique, 9 en Asie, 5 dans le Pacifique et 1 dans les Caraïbes. La dette extérieure de ces 49 pays représente 124% du PNB. La plupart d’entre eux affectent par année plus de 20% de leurs dépenses budgétaires au service de la dette. L’ordonnance du FMI du 5 juin 1983 a proclamée que « la terre appartient à la Nation » (L’ État) ; il a dressé des cadastres puis divisés les terres en lots privés. Le nouveau système a fait faillite, les familles ne pouvant assurer seules la mise en valeur de leur lot. 

    Quant à l’État, il lui a manqué les moyens financiers nécessaires pour bien équiper tous les cultivateurs . La majorité de ces propriétaires individuels ont été contraints de vendre leurs terres aux hommes d’affaires de grandes sociétés agro-alimentaires étrangères. Il s’ensuit la concentration entre quelques mains. En quoi consiste la lettre d’Intention comme l’arme du FMI ? Elle contient une liste de réformes intérieures, réductions budgétaires, ajustements fiscaux que le FMI propose au gouvernement qui de demande de l’aide. Aucun des PMA n’y échappe.

LE PRINCIPE DE GÉNÉROSITÉ

    L’Idéologie néo-libérale pratique un grand lavage de cerveaux. Elle comble les nantis et désavoue les pauvres qui revendiquent le droit à la vie. La Russie avec son communisme a nié la dignité humaine, le collectif (État) primant sur l’individu. Les besoins spirituels ont été niés pendant que toute la discussion philosophique ou politique libre était rendue difficile. Les bolcheviks ont inventé la culture prolétarienne qui a étouffé toute créativité autonome ; ils ont supprimé le marché, étouffant la libre circulation des biens. La planification s’est substituée à l’initiative individuelle. L’idéologie communiste a été la référence. Le 10 mars 1985 Gorbatchev proclamait la « glasnost et la pérestroïka » comme politique d’ouverture et de démocratisation limitée. L’espoir se levait. 

    En août 1991, l’union soviétique s’est désagrégée. La vitalité des bandes de mafia a explosé ; elles dominent tous les secteurs et confrontent l’Occident. Le citoyen ordinaire est insécurisé tout en subissant l’effondrement des anciennes institutions. Sur les ruines de L’URSS les prédateurs achètent tout ce qu’ils peuvent ; ils désarment même leurs concurrents locaux grâce à des alliances comme Eltsine et Poutine. Entre 1991 et 1995, le FMI a versé plus de 31 milliards de crédit aux gouvernements et sociétés d’ État, dont une grande partie s’est retrouvée sur des comptes privés des paradis fiscaux. Un nouveau mensonge pointe ; l’idéologie néo-libérale des Maîtres veut nous faire croire qu’elle s’ouvre à l’individualité. Mais l’individu fabriqué par le capital mondialisé ne possède ni identité ni liberté d’aucune sorte. Cet individu est très loin de ce qui a été conçu par les Pères de la Révolution Française.

LES FRONTS DE RÉSISTANCE

    Les luttes s’inventent sur le terrain ; il faut donc construire des ponts ; c’est la méthode qu’applique la nouvelle société civile planétaire. Ce sont de nombreux mouvements qui agissent sur les 5 continents et qui se coalisent. On peut identifier 6 fronts :

  1.  les organisations ouvrières et syndicales ;
  2.  les mouvements paysans ex : José Bové ;
  3.  les femmes luttant contre la discrimination sexuelle ;
  4.  les peuples autochtones et leurs sociétés traditionnelles ;
  5.  les mouvements, associations et partis écologiques ;
  6.  les grands mouvements sociaux comme les ONG.

    Exemple : ATTAC- née en 1997 en France- elle relance aussi l’idée-force de James Tobin, prix Nobel de l’Économie : taxer par des intérêts négatifs (gradués selon le temps d’investissement en un lieu déterminé) les capitaux spéculatifs. Le produit de cette taxe alimenterait un fonds mondial, géré par les Nations Unies, destiné à financer des projets d’infrastructures sanitaires et scolaires dans les régions les plus démunies de la planète. Les sites Internet D’ATTAC proposent documents, analyses, informations diverses. Son objectif est de « se réapproprier ensemble l’avenir de notre monde ».

 Voici les noms de quelques organisations :

 -       Jubile 2000

-       Forum des pauvres

-       Third World network

-       Amnesty International

-       Association contre la Faim

-       Oxford Committee for famine relief ( Oxfam)

-       Public citizen

-       Fifty years is enough

-       Jobs with justice

-       Focus on the global south.

    La nouvelle société civile planétaire est une société en projet, une société en gestation, qui n’est pas comparable à aucune des formations sociales qui l’ont procédée. Trois convictions unissent les fronts en question :

  1.  la nécessité d’instaurer la démocratie de base ;
  2.  le refus des inégalités sociales ;
  3. la nécessité de préserver la nature, l’air, l’eau, l’environnement sanitaire et psychologique de chaque être humain.

    Quelles sont les armes de la lutte de chaque côté ? Noam Chomsky évoque les trois formes de pouvoir totalitaire connu : le bolchevisme, le nazisme, et le TINA (there is no alternative) ou « il n’y a pas d’alternative. Le pouvoir du TINA est au fondement de l’empire des prédateurs. De plus, l’empire du capital mondialisé est quasiment invisible ; ces personnes immortelles sont des sociétés anonymes. Pour briser l’invisibilité et le silence de l’adversaire, il existe deux méthodes :

  1. organisation d’un Forum alternatif dans la même ville et la même date que les Sommets mondiaux annoncés, par Le Sommet des Amériques,,,
  2.  l’organisation de grandes marches ex : les marches mondiales contre la guerre d’Irak.

Conclusion de l’auteur du livre :

Pour certains philosophes des Lumières dont J.J. Rousseau, une société naturelle a précédé la société civile, qui à son tour, donne naissance à la société politique ou l’État. Pour lui, c’est un progrès continu. Est-ce vraiment le cas ? Mais quand les fonctions normatives de l’État sont paralysées et que s’affirme le capital financier, la société elle-même se défait. Ainsi, la société politique et civile est battue par l’empire du capital. Il y a apparence de gouvernement par l’État, mais ce sont les Maîtres du capital financier qui ont ce nouveau pouvoir (stat less global governance).

Ce sont les États qui nomment les gouverneurs qui administrent, mais c’est l’apparence des choses. Les prédateurs ont en horreur la norme d’ État, même s’ils utilisent le vocabulaire étatique. Leur « parlement virtuel », c’est le marché libéralisé. Cette nouvelle souveraineté conquise n’a que faire des droits de l’homme, des libertés publiques, de l’autonomie des citoyens ; elle engendre l’aliénation et l’esclavage. Mais l’espoir et le rêve de liberté ne sont pas sapés. La voie est libre pour la nouvelle société civile planétaire. Tout ce qui empêche l’éclosion immédiate, concrète et sans entraves de la vie est son ennemi. Cette nouvelle société est en voie de création.

    Des millions d’être à travers le monde sont à présent réveillés. Le flambeau de la liberté va embraser le monde.

CONCLUSION ET COMMENTAIRES 

    Ce livre rapporte plein de vérités essentielles à savoir, à moins de vouloir rester manipulé et ignorant. Il ne s’agit pas seulement d’y voir un combat entre le Bien et le Mal et de contempler le tout du haut de sa tour d’ivoire. Il s’agit avant tout d’ouvrir les deux yeux et aussi les oreilles, comprendre ce qui se passe, exercer son discernement et tirer les conclusions qui s’imposent. C’est la responsabilité de chaque personne de voir à ses droits et sa liberté.

    Le capital mondialisé entre les mains des maîtres de ce monde n’est plus un secret pour personne. Les activités de la BM, du FMI et de l’OMC sont de plus en plus connues. On reconnaît un arbre à ses fruits et la personnalité d’un individu à son comportement. Rien de trop compliqué.

    Il est évident qu’il faut s’organiser de plus en plus et de mieux en mieux car nous le voyons, nous sommes abandonnés par les grandes religions, les partis politiques et les grandes organisations commerciales. Il ne reste que l’individu, il ne reste que vous en union avec les autres. Nous ne pouvons plus affirmer que nous n’avons plus le temps de nous occuper de nos droits car nous ferions alors le jeu de ceux qui ne veulent pas que nous pensions et agissions sainement. Il se fait tard mais il n’est pas trop tard. Oublions la survie et occupons nous de la vie elle-même.

Un fait d’actualité paru à cette époque dans le journal :

John Brady Kiesling, conseiller politique américain à l’ambassade d’Athènes, dans sa lettre de démission au secrétaire d’ État, Colin Powell, le 27 février 2003 avait raison de dire :

« Jusqu’à l’arrivée au pouvoir du président G.W. Bush, je pouvais croire qu’en soutenant aussi les politiques de ce dernier, je soutenais aussi les intérêts du peuple américain. Ce n’est plus le cas. Les politiques qu’on nous demande de défendre sont incompatibles avec les valeurs américaines et les intérêts américains. »

    Les Pères fondateurs de la Révolution française et les Pères fondateurs des USA seraient désagréablement surpris de voir ce qui existe maintenant.

    L’heure de la rhétorique se termine ; le moment de l’action arrive ; l’heure de la vérité va bientôt sonner ; nous pouvons entendre les bruits en étant attentif.

Que devons-nous faire ?

    Un moyen parmi d'autres : faire connaître ces textes d’information, soit en les imprimant, soit en les transférant à d’autres personnes. Nous avons le grand privilège de tirer parti de la crise mondiale à venir, pourquoi ne pas en profiter ? N’attendons pas que le roman « 1984 » de Orwell passe de la fiction à la réalité ; quand l’auteur l’a écrit, il ne pensait pas que ce serait de la fiction, vous comprenez. Non seulement il est nécessaire de le faire, mais il est urgent de le faire.

>>> Les nouveaux maitres du monde - Jean ZIEGLER

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jeudi 26 août 2021

ÉCHANGES SUR L'ÉNERGIE

Jean-Luc Dion

St-Mathieu-du-Parc  -  25 août 2021

Dernièrement, je recevais d’un collègue et ami, impliqué dans le domaine de l’hydrogène, des liens vers les documents suivants qui exposent les projets des gouvernements québécois et canadien au sujet de l’hydrogène comme supposée « énergie verte ».

https://transitionenergetique.gouv.qc.ca/fileadmin/medias/pdf/expertises/Etude_hydrogene_Sommaire.pdf

https://www.rncan.gc.ca/sites/www.nrcan.gc.ca/files/environment/hydrogen/NRCan_Hydrogen-Strategy-Canada-na-fr-v4.pdf

Après la lecture de ces documents, voici mes commentaires comme scientifique qui ose dire…

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(…) Pour ma part, je reconnais dans ces documents un volumineux verbiage pour camoufler l'échec, ou le refus de notre société technologique évoluée à reconnaitre les véritables causes de la catastrophe écologique qui arrive rapidement, et les prises de décisions courageuses qu'il faudrait adopter de toute évidence.

En effet, pour moi et beaucoup d'autres scientifiques, la dangereuse situation actuelle a quelques causes essentielles comme les suivantes :

·       Le gaspillage sans restriction de ressources non renouvelables dont le pétrole et les métaux.

·       La multiplication exponentielle du nombre des véhicules automobiles individuels.

·       La production sans restriction de milliards de produits inutiles, particulièrement à base de plastique, qui remplissent les dépotoirs et polluent les océans sur toute la planète.

UN GRAPHIQUE TRÈS ÉLOQUENT...

    Et rien ne semble devoir arrêter cette croissance quasi-exponentielle.
    Comme dans la chanson : « Paroles, paroles »...

Source :  https://iris-recherche.qc.ca/blogue/les-technologies-propres-au-service-de-la-relance-d-un-capitalisme-vert?utm_source=Liste%20de%20diffusion&utm_campaign=6314ea33e7-INFOLETTRE%20du%20vendredi_non%20membre_25juin2021&utm_medium=email&utm_term=0_831b3c6b78-6314ea33e7-126401733&fbclid=IwAR1z2tWJgPP1cmkCyC-8yBjR5VchZ7QNzKl1vCLB2fSzWJFs9uhP_U1ukvs

RAPPEL DE DÉCISIONS COÛTEUSES

Comme complément d'information, je me permets de copier ci-dessous ce que j'envoyais récemment à un collègue économiste bien connu qui a réagi en disant qu'il était bien d'accord, mais sans plus de commentaires...

Bonjour cher ... et merci pour tes remarques...

   Sur ces questions d'efficacité énergétique, je ne pense pas avoir fait d'erreur sérieuse. J'oserais dire que ma formation et mon expérience d'ingénieur physicien m'aident à les éviter et à pressentir les erreurs de fond qui animent divers projets comme ceux que tu évoques. Depuis toujours, je pense avoir un souci quasi-inné du respect de la Nature en toutes choses sur la base d'une certaine connaissance des lois naturelles que je m'efforce de vérifier, comme tu le dis. Ainsi, je t'invite à cliquer sur les liens fournis.

   En effet, jusqu'à maintenant il n'y a aucune volonté politique sérieuse de s'attaquer au problème fondamental qui est celui de la consommation terriblement excessive d'énergie sous toutes ses formes et des ressources non renouvelables (1), accompagnée de la destruction de nombreux milieux de vie et d'une pollution catastrophique, particulièrement par les plastiques et pesticides de toutes sortes qui sont des dérivés du pétrole. La croissance inouïe du nombre de véhicules individuels, de plus en plus gros, en est une belle preuve... Et les véhicules électriques n'y changeront rien car les sources d'énergie électrique resteront très inefficaces en général. Et ces véhicules consomment des ressources non renouvelables.

   Tu sais sans doute que ces pesticides empoisonnent dangereusement notre nourriture, avec des conséquences génétiques particulièrement, sous la pression de puissants fabricants tels que Bayer/Monsanto qui forcent les cultivateurs à acheter leurs semences génétiquement modifiées pour résister à ces poisons... Tout cela étant aggravé pour une population de la Terre qui double en 50 ans actuellement, et augmente exponentiellement depuis des siècles.

   Dans notre réalité planétaire, cela ne saurait durer encore bien longtemps avant une catastrophe dont l'actuelle pandémie est probablement un signe avant-coureur...

   Bien sûr, beaucoup de brillants dirigeants sont conscients de ces très graves conditions, dans nos gouvernements, universités et autres organismes. Mais il semble bien qu'ils sont mis dans un état de léthargie par les puissants 'lobbies' entretenus par tous ces géants qui font des profits fabuleux grâce au laisser-faire actuel. On les endort particulièrement avec des généreuses subventions à des projets de recherche qui font miroiter la possibilité de se soulever littéralement par ses lacets de soulier... Vraiment très peu on le courage de simplement se prononcer : c'est un gros problème.

   Par exemple, les dernier projets lancés ou appuyés par Hydro-Québec sont des miroirs aux alouettes : les inutiles éoliennes 'Apuiat' pour créer des emplois temporaires sous la pression des Innous de la Côte Nord, et deux premières centrales solaires photovoltaïques (clic) inutiles auxquelles on va sacrifier des terres agricoles dans les meilleurs territoires au Québec (on a depuis longtemps bazardé les meilleures qui étaient situées sur les iles de Montréal et de Laval...

   Comme si les précédentes constructions de génératrices éoliennes sous la pression d'entreprises privées assoiffées de profit rapide (Boralex...) n'avaient pas suffi à la démonstration (sans parler de toutes les autres dans le monde...). C'est sans parler d'autres projets lancés par H-Q, comme sa filiale Argo-Tech de Boucherville où notre magnifique société d'État a englouti près de 1 milliard de $ pour mettre au point des piles au lithium d'avant-garde dont la propriété intellectuelle est apparemment disparue au cours de deux 'avatars' dont la dernière trace est Bolloré, que tu dois connaitre... (qui est Vincent Bolloré?). Une piste ICI sur ce désastre…

Il faut aussi se souvenir des projets de « mini-centrales » pistonnés par des entreprises privées qui se sont dépêchées de s'en départir après avoir empoché les subventions et les profits, comme à St-Paulin... Or, ce n'est pas fini, comme on l'apprenait récemment...

« Malgré d’importants surplus énergétiques, Hydro-Québec prévoit acheter pour 460 millions $ d’électricité (avec frais de branchement) dans trois nouveaux projets de petites centrales hydro-électriques…
Ces nouveaux projets iront de l’avant alors que le premier ministre François Legault avait pourtant dit mettre un frein en novembre dernier à tout nouveau développement énergétique au Québec. 

En raison d’importants surplus énergétiques, Hydro-Québec a déversé l’équivalent de 10 térawattheures (TWh) d’eau de ses grands réservoirs l’an dernier. Une perte de revenus potentiels estimés à plus de 700 millions $. »  SOURCE

   En bref, le coût de construction et le coût des ressources de toutes sortes dans ces techniques, de même que le faible rendement énergétique font que, globalement, dans l'état actuel des connaissances, elles ne sont avantageuses que dans de rares cas, surtout pas si on dispose d'énergie hydroélectrique comme ici.

   Pendant ce temps, Hydro-Québec aura dépensé et dépensera encore des dizaines de millions de $ (sinon des centaines) pour vendre nos surplus d'électricité aux 'Amaricains' à prix réduit, au lieu de les utiliser, par exemple, pour alimenter une véritable industrie métallurgique, particulièrement sur la Côte-Nord, au lieu de projets inutiles comme Apuiat, à la hauteur de notre production minérale plutôt que de la laisser filer à l'étranger comme dans ce cas particulièrement scandaleux de la mine Raglan dans notre extrême-Nord, ce qui nous coûte des milliards de $ chaque année qui passe, du fait que ces minerais ne sont pas vendus, mais donnés en vue de redevances qui sont rarement payées : CLIC. Ces surplus pourraient évidemment servir à chauffer plus d'édifices et maisons, améliorer radicalement les transports en commun, chauffer des serres pour viser largement notre autosuffisance en fruits et légumes, etc., etc.

DU GAZ INUTILE ET INUTILISÉ CHÈREMENT PAYÉ

  Et c’est sans parler des affaires de centrale au gaz où il s’agit aussi de milliards volatilisés ! La centrale au gaz naturel du Suroît fut un cas de dilapidation de fonds publics pour des causes jamais clairement élucidées. Un autre triste cas dans ce domaine est celui de la centrale au gaz naturel de Bécancour :

« …Concrètement, la société d’État a donc versé, de 2008 à 2013, soit sur une période de six ans, une somme évaluée à 804 millions de dollars à TransCanada. Pour la période allant de 2014 à 2026, la somme devrait plutôt atteindre 1,56 milliard de dollars, si on calcule une période de 13 ans. La somme totale versée à la pétrolière albertaine pour la période 2008-2026 pourrait donc atteindre près de 2,4 milliards de dollars… » (…)

  Fait à noter, pendant toute cette période, il est bien possible que la centrale au gaz naturel de Bécancour ne produise jamais d’énergie pour le réseau de distribution d’Hydro-Québec. Cette centrale privée, construite au coût de 500 millions de dollars, a été utilisée pour produire de l’énergie uniquement de septembre 2006 à décembre 2007. Depuis cette date, elle est demeurée essentiellement à l’arrêt, puisque la société d’État dispose d’importants surplus d’énergie.

  Malgré cette situation, Hydro-Québec a négocié une nouvelle entente avec TransCanada en 2015, dans le but d’utiliser la centrale lors de périodes de pointe de consommation d’électricité de 2016 à 2036. Il était alors question de verser près de 400 millions sur 20 ans à la multinationale, EN PLUS de « frais fixes » annuels de plusieurs millions de dollars.                SOURCE

  Les années se suivent et se ressemblent pour la centrale au gaz de TransCanada Énergie (TCE), à Bécancour. Pour la garder fermée de nouveau l'an prochain, Hydro-Québec versera 150 millions $ à TCE. La centrale, qui n'a jamais produit un électron depuis 2008, aura ainsi coûté plus de 1 milliard$ à la société d'État.

  Aux prises avec d'importants surplus d'électricité - 13,4 térawattheures (TWh) -, Hydro-Québec a déposé, devant la Régie de l'énergie, une demande pour suspendre l'an prochain les activités de production de la centrale de 550 mégawatts (MW) située à Bécancour.

Il faut dire que depuis 2008, la centrale au gaz de Bécancour «tourne» au neutre. Hydro-Québec dit avoir ainsi versé en moyenne 150 millions $ par année à la société albertaine pour suspendre son contrat ferme d'approvisionnement.

A-t-on une idée de l’identité des brillants eunuques qui ont négocié un tel contrat !!!

L'ILLUSION VERTE

   Incidemment, as-tu eu l'occasion de voir le film de Michel Moore « Planet of the Humans » qui est très révélateur de l'approche que j'ai décrite plus haut. Remarque bien le 'non-dit' des grands promoteurs d'énergies dites 'vertes'... Bien sûr, ce film a beaucoup été attaqué parce qu'il révèle les véritables intentions de certains puissants, tels que Al Gore...

   En compilant mes vérifications, sinon mes 'erreurs', j'arrive facilement à la conclusion qui est une « vérité de la Palice » : l'énergie la plus économique et la plus écologique est celle qu'on n'utilise pas !

   C'est ainsi que pense, avec d'autres que si, à l'échelle planétaire, on n'est pas capable de réduire de 50% la consommation d'énergie et de produits inutiles au cours des 10 prochaines années, on s’en va sûrement vers une catastrophe écologique qui fera disparaitre une grande partie de la vie sur Terre...

   Qu'en penses-tu ? Je sais que je t'impose pas mal de lecture... :(

   J'espère que ta santé est toujours bonne et que nous aurons l'occasion de nous revoir prochainement ! Donne-moi de tes nouvelles.

    Avec mes amitiés,

            Jean-Luc

(1)  Le cas du pétrole est bien connu... Par ailleurs, nos compatriotes ne connaissent pas l'ampleur du vol de nos ressources minérales depuis toujours qui se mesure en milliards de dollars par année tellement notre territoire est riche et que nous finançons même ce vol, en ne vendant pas nos minerais, mais en percevant une fraction occasionnelle des redevances sur les profits nets (selon une vieille loi coloniale) des multinationales qui en revendiquent même la propriété, comme sur la richissime mine Raglan ! On leur construit même des routes et on leur accorde en plus des crédits d'impôt, sans bien sûr leur réclamer le nettoyage de leurs sites après les avoir vidés, car c'est à nos frais.... 

  Les forêts sont dites « ressources renouvelables », mais la façon dont on les laisse exploiter depuis des décennies, avec des machines de plus en plus monstrueuses, est désastreuse : c'est « la coupe à blanc » partout, comme ici dans le territoire de lac Mastigouche, par exemple. Dans une perspective écologique, c'est d'une bêtise incommensurable car on s'oblige à accorder toujours de nouveaux territoires aux exploitants sans scrupules qui ne visent que le profit maximal. Or, on parle actuellement de « La pénurie mondiale du papier ». Une pénurie qui entraine des pressions plus fortes, comme on le constate, sur notre gouvernement pour 'ouvrir' de nouveaux territoires, même notre Ile d'Anticosti… Et c’est sans parler de la Centrale nucléaire de Gentilly, à laquelle j’ai été associé indirectement, par mes étudiants qui y ont travaillé comme ingénieurs à partir de 1967. Encore là, une réflexion la moindrement sérieuse aurait démontrée que nous n’avions AUCUN intérêt à dépenser des centaines de millions dans ce domaine. C’est ce que la suite des choses a clairement démontrée… Ayant déjà fait une maitrise en physique nucléaire, j’étais sensible aux conséquences à l’époque.

Voilà ! C'était ma façon de dire que les solutions apparemment simples ne seraient pas les meilleures, simplement du fait des lois de la conservation de l'énergie qui sont inviolables. Et, l'automobile individuelle est un fléau dont la solution sera terriblement difficile...

    Amitiés,

        Jean-Luc

P.S.  Voir cette proposition d'une solution réalisable :

Voir aussi :
  • Y a-t-il une limite à la démesure inefficace ???

                            Les Chinois dévoilent l'éolienne la plus grande du monde

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