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lundi 22 août 2011



Texte de réflexion dans Le Devoir, 22 août 2011 :

Pour des États généraux du mouvement souverainiste

Marc Laviolette et Pierre Dubuc
Respectivement président et secrétaire du SPQ Libre
 
LE DEVOIR  -  22 août 2011  Québec

Parti québécois, Québec solidaire, Parti indépendantiste, Option-Québec, le mouvement souverainiste se fractionne. Le résultat de ce fractionnement est prévisible. Face aux forces fédéralistes, la dispersion va se transformer en débandade, la désunion en déroute.

La responsabilité de Mme Marois

La responsabilité de ce gâchis est certes partagée, mais Mme Marois, en tant que chef des forces souverainistes, doit en assumer la plus grande part. Elle n'a pas été la rassembleuse que ses antécédents laissaient espérer. Sous sa gouverne, nous avons eu droit à des expulsions contrevenant aux statuts (le SPQ Libre est bien placé pour en parler), au filtrage des délégués et des propositions dans la préparation du dernier congrès, à la manipulation au congrès de la priorisation des propositions (le programme du parti ne comprend aucune référence au mouvement syndical parce qu'on a donné priorité à une proposition sur les haltes routières!) et à la reconsidération du vote, lorsqu'une proposition déplaisait à la direction du parti, comme ce fut le cas avec la proposition en faveur de l'unilinguisme dans l'affichage.

Mme Marois a triomphé au congrès. Elle a obtenu la confiance de 93 % des délégués et l'adoption de ses propositions sur la gouvernance souverainiste. Mais, force est de réaliser aujourd'hui que ce fut une victoire à la Pyrrhus. On se rappellera que ce général avait perdu tellement de troupes dans sa victoire contre les Romains que l'historien Plutarque lui prêta cette phrase: «Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus.»

Cependant, à son crédit, nous savons maintenant que Mme Marois peut reconnaître une erreur. Elle l'a fait lors des événements entourant le vote sur l'amphithéâtre de Québec en permettant un vote libre de ses députés sur le projet de loi 204. Bien sûr, elle l'aurait permis plus tôt, elle aurait empêché la démission de membres de son caucus.

Aujourd'hui, Mme Marois promet une large consultation avec les citoyens. On ne peut s'y opposer. Mais ce n'est pas ce que les événements exigent. Nous assistons à l'éclatement des forces souverainistes et à la multiplication des regroupements, mouvements et partis. Aucun parti actuel n'est en mesure de contrer l'effet de ces forces centrifuges. Même Françoise David en fait le constat, devant la création du Nouveau Mouvement pour le Québec, dont l'élément fondamental de son manifeste est un copié-collé du programme de Québec solidaire.

Pour la tenue d'États généraux

Nous pouvons bien discuter aujourd'hui s'il vaut mieux tenir une constituante avant ou après un référendum sur la souveraineté, mais, chose certaine, afin de pouvoir convoquer une véritable constituante, il faut d'abord prendre le pouvoir!

Devant cette situation d'éparpillement des forces indépendantistes, le SPQ Libre croit qu'il faut un point de ralliement au-delà des partis politiques et que celui-ci ne peut être que la convocation des États généraux du mouvement souverainiste.

Mme Marois pourra y défendre sa gouvernance souverainiste, Québec solidaire et le Nouveau Mouvement pour le Québec leur projet de constituante, le député Jean-Martin Aussant pourra y mesurer l'appui que recueille sa proposition de déclaration d'indépendance par suite d'une simple victoire électorale, et ainsi de suite. Les États généraux permettront de confronter les points de vue dans le but de clarifier les objectifs, les stratégies et les formes organisationnelles de la lutte pour l'indépendance du Québec dans le présent contexte québécois, canadien et mondial.

La multiplication des regroupements souverainistes est un signe de la vitalité de l'idée de l'indépendance du Québec. La flamme souverainiste est partout présente. Notre tâche est de la transformer en flambeau. Pour ce faire, la tenue d'États généraux du mouvement souverainiste s'impose. À Mme Marois, la chef actuelle de la plus importante organisation souverainiste, de les convoquer.
Source :  clic.

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Aussi dans Le Devoir du 22 août :

Crise au PQ - Il y a 30 ans, Pierre Bourgault faisait le même constat

Robert Comeau - Historien  -  Le Devoir, 22 août 2011

Pierre Bourgault en 1983, deux ans après sa démission du Parti québécois<br />
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Pierre Bourgault en 1983, deux ans après sa démission du Parti québécois

Denis Monière, dans Le Devoir du 17 août dernier, affirme que «le Parti québécois a connu sa première dérive idéologique en 1985 lorsqu'il a remplacé la souveraineté par la logique autonomiste de l'affirmation nationale». Je pense qu'il faut effectuer un bref rappel historique pour comprendre que la crise actuelle du projet indépendantiste est contenue en germe dès la création du Parti québécois en 1968.

Il y a trente ans, le franc-tireur de l'indépendance Pierre Bourgault, après sa démission du Parti québécois en 1981, avait fait le même constat que les démissionnaires d'aujourd'hui. Il faut relire le bilan qu'il fait de ses vingt ans de vie politique active, dans ses Écrits polémiques, La politique, tome 1, ouvrage publié une première fois en 1982 chez VLB éditeur et réédité en 1996 chez Lanctôt éditeur.

D'abord le fait que, dès 1967, René Lévesque, en fondant le mouvement Souveraineté-association (MSA), n'ait pas voulu s'unir aux indépendantistes du Rassemblement pour l'indépendance nationale dirigé par Pierre Bourgault contient en germe la crise actuelle. Bourgault milite pour l'indépendance depuis le début des années 60, s'impose comme le principal porte-parole du mouvement et devient président du RIN de 1964 à 1967. Ce tribun indépendantiste exceptionnel, qui s'exprime dans des discours colorés sans la retenue habituelle des politiciens et la crainte des excès de langage, abandonne la direction de son parti dans l'espoir de réaliser l'unité des indépendantistes dans un seul grand parti, alors que Lévesque, quittant le Parti libéral et fondant le MSA, se méfie du RIN clairement décidé à briser le lien fédéral et à mettre fin à notre statut politique minoritaire au Canada et résolument pour la création d'un pays indépendant et progressiste.


Lévesque a un autre projet en tête et se tient loin du radicalisme des indépendantistes. Il cherche même à se faire excuser de son option séparatiste. Il fera d'ailleurs toujours coïncider la naissance du mouvement souverainiste avec la fondation du MSA, exprimant par ce fait même une rupture avec le mouvement indépendantiste.


L'indispensable indépendance


Bourgault adhère pourtant au PQ et tente de s'y faire une place malgré l'opposition de Lévesque et des souverainistes étapistes qui considèrent maintenant les indépendantistes comme des radicaux «purs et durs». Il réussit à se faire élire à l'exécutif du PQ malgré Lévesque en 1971, mais démissionne après un an, désillusionné, car marginalisé par Lévesque au sein du parti et ne pouvant intervenir comme il le souhaitait pour mettre en avant l'indépendance du Québec.


Ses arguments pour l'indépendance se retrouvent dans le programme électoral du RIN de 1966, qui n'est pas un programme de bon gouvernement provincial. Bourgault est très clair: «On s'apercevra vite à la lecture de ce programme que les solutions sont presque toutes irréalisables sans cet instrument essentiel qui s'appelle l'indépendance. C'est l'indépendance qui nous fera récupérer les pouvoirs et l'argent nécessaires pour appliquer notre programme, dans tous les domaines. Sans cet instrument, toute bataille devient futile, tout effort est vain.» (Écrits polémiques, tome 1, réédition 1996).


À ceux qui disaient alors qu'il fallait attendre les conditions gagnantes, Bourgault répondait: «Ceux qui le disent s'imaginent que l'indépendance est une récompense pour les peuples parfaits. Bien au contraire, l'indépendance est l'instrument des peuples faibles, des peuples qui n'ont pas de pouvoirs, des peuples qui manquent de moyens. C'est parce que nous ne sommes pas prêts qu'il faut faire l'indépendance. Elle vient non pas à la fin de la vie d'un peuple, mais au début: c'est-à-dire au moment où ce peuple entend assurer sa pleine liberté et assumer ses pleines responsabilités. Non, l'indépendance n'est pas une récompense, c'est un effort. Non l'indépendance, n'est pas un extrémisme, c'est la chose la plus normale au monde.» (Écrits polémiques, 1996).


En 1973, dans un article qui a pour titre «René Lévesque n'a jamais voulu l'unité des indépendantistes», il tient à réaffirmer que «c'est nous [du RIN] qui avons fait l'unité des indépendantistes, contre la volonté de René Lévesque»; dans un autre article de 1973 intitulé «L'intolérance de René Lévesque», Bourgault affirme ne pas comprendre l'acharnement que mit le politicien à nous empêcher de nous intégrer au Parti québécois.


«Avaler les indépendantistes»


Dès le congrès de 1971, Bourgault se permet un percutant discours critiquant l'orientation mise en avant par Lévesque: «Si nous sommes sérieux avec ce que nous avançons, on devrait parler moins de sécurité et pas mal plus de liberté! L'indépendance, ce n'est pas la sécurité, le statu quo. Je pense que nous avons le devoir de ne rien cacher à la population de ce que nous croyons nécessaire et vrai. Combien de fois reculons-nous devant l'exposé de notre programme? À quoi ça sert les meilleures solutions si toujours nous gardons le silence de crainte d'effrayer les électeurs? La vraie respectabilité, c'est ce à quoi on arrive quand, après des années, on se retrouve fidèles à ses objectifs et à ses principes. Et souvent le parti qui n'est pas respectable aujourd'hui peut le devenir demain s'il est resté fidèle à ses rêves de jeunesse».


En 1978, il réagira à une déclaration de Lévesque sur l'objectif du référendum: «Comme Duplessis avec l'Action libérale, René Lévesque est en train d'avaler les indépendantistes. Faire de l'association une nécessité est un recul par rapport au programme du PQ et par rapport à l'action des indépendantistes depuis une vingtaine d'années, c'est un recul idéologique, un recul stratégique et aussi un recul par rapport à la démocratie au sein du Parti.»


Sans renoncer


Dans Le Devoir du 20 août 1980, après la défaite du premier référendum, et à la veille des élections de 1981, il rompt avec le parti et dénonce «l'homme qui a incarné depuis vingt ans les espoirs de toute une génération de Québécois». Il avoue que «c'est la mort dans l'âme que je romps avec le meilleur homme politique que le Québec ait jamais produit». Pour Bourgault, le non majoritaire de 1980 n'impliquait pas de renoncer à la lutte. «Moi aussi je m'incline, mais je ne renonce pas à convaincre une majorité de la valeur de la cause que je défends.»


Revenant sur la question référendaire de 1980 qui demandait aux Québécois s'ils voulaient que leur gouvernement négocie une nouvelle entente avec le reste du Canada, basée sur la souveraineté-association: «Quoi qu'en dise Lévesque, cela veut dire que tout est négociable, y compris notre droit à l'autodétermination. Quelle stratégie inouïe! Si j'étais fédéraliste, cette question me ravirait.» Il ajoute que «ce n'est pas pour cela que le mouvement séparatiste existe, ce n'est pas pour cela que le Parti québécois a été créé, ni ce pour quoi des dizaines de milliers de militants se battent depuis plus de vingt ans».


Alors que Lévesque fait campagne en 1981 pour un bon gouvernement provincial, comme en 1976, Bourgault lui reproche de n'avoir jamais rompu avec une vision provincialiste des choses:


«Le mouvement indépendantiste, à son origine, avait rompu avec la Révolution tranquille; non pas qu'on n'y voyait pas quelques progrès par rapport à la situation précédente, mais bien parce qu'elle se voulait à l'intérieur du cadre provincial. Or, monsieur Lévesque n'a jamais rompu avec la Révolution tranquille.»
Et de conclure: «Or, il m'a toujours semblé que nous n'étions pas là pour faire mieux que les autres, mais autre chose. Si l'exercice du pouvoir pour les souverainistes ne conduit pas à l'exercice de la souveraineté, alors ce pouvoir est vain et illusoire. Il constitue un piège dans la mesure où il occulte les véritables enjeux en les reportant à plus tard, au risque de les voir disparaître de nos préoccupations collectives. C'est ce processus, déjà largement entamé, qu'il faut à tout prix stopper. Voilà l'objectif de ma sortie contre René Lévesque. Je dis qu'il est le premier responsable de tout ce vasouillage qui entoure l'option de la souveraineté.»


Jusqu'à la fin de sa vie, le 16 juin 2003, Bourgault a continué à promouvoir l'indépendance du Québec et à critiquer le PQ chaque fois qu'il n'en a pas fait sa priorité. Toujours en 1981: «Moi, je dis qu'il est suicidaire pour les souverainistes d'abandonner leur idée — tout en disant qu'on ne l'abandonne pas — au moment où cette idée a atteint sa plus grande force depuis vingt ans. Il faut en parler de plus en plus, quitte à nous retrouver dans l'opposition, là où se trouve notre idée, de toute façon.
Même si l' étapisme ne consiste qu'à abandonner notre idée par étapes, alors qu'on ait le courage de nous le dire. Si cette idée, acceptée et défendue par plus de 40 % de Québécois, ne vaut pas la peine d'être prônée ouvertement, alors que le Parti québécois et ses chefs aient le courage de la retirer du programme. Car à qui fera-t-on croire qu'on y tient quand elle ne sert plus qu'à masquer notre volontaire impuissance?»

Source :  clic.
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LE DEVOIR  -  1910-2010
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DEMAIN – Hymne au Québec
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« Ce qui nous laisse petits,
    c'est la peur de devenir grands »
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« On va toujours trop loin pour les gens qui vont nulle part »
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« Aucun peuple digne de ce nom dans le monde
n'a jamais craché sur son indépendance.
   Le peuple québécois serait-il si différent des autres ?
   Son état de peuple annexé et soumis serait-il définitif ?»
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vendredi 19 août 2011

AVANT DE DISPARAITRE...



En classant mes archives, je suis tombé sur cette lettre publiée il y a près de quarante ans dans le quotidien Le Jour, malheureusement disparu. 

L'auteur de la lettre cite un texte qui décrit très bien le mécanisme de l'assimilation linguistique par le biais du bilinguisme imposé par un groupe dominant. 

Ce mécanisme, qui fonctionne depuis la défaite sanctionnée par le traité de Paris de 1763, produit toujours ses effets néfastes sur le peuple québécois comme on peut l'observer surtout dans la région de Montréal, malgré ce qui reste de la loi 101...


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Avant de disparaître, on devient bilingue!


André Longpré  -  LE JOUR  -  13 août 1974

Je ne peux résister au désir de vous envoyer un extrait du livre d'un linguiste réputé. A. Meillet, « Esquisse d'une histoire de la langue latine ». Comment ne pas faire des rapprochements troublants entre la situation linguistique qui prévalait en Gaule dans les années qui ont suivi sa conquête par Rome et celle que le... Québec connaît depuis 1760 et vit actuellement d'une façon dramatique?
À noter surtout dans ce texte comment Meillet fait ressortir clairement le danger, d'autant plus grave qu'il est plus insidieux, que représente la « bilinguisation » d'une nation, étape qui précède immédiatement celle de la complète assimilation. Voici donc ce texte:

Je ne peux résister au désir de vous envoyer un extrait du livre d'un linguiste réputé. A. Meillet, « Esquisse d'une histoire de la langue latine ». Comment ne pas faire des rapprochements troublants entre la situation linguistique qui prévalait en Gaule dans les années qui ont suivi sa conquête par Rome et celle que le... Québec connaît depuis 1760 et vit actuellement d'une façon dramatique? À noter surtout dans ce texte comment Meillet fait ressortir clairement le danger, d'autant plus grave qu'il est plus insidieux, que représente la « bilinguisation » d'une nation, étape qui précède immédiatement celle de la complète assimilation. Voici donc ce texte:

« Sur la manière dont s'est faite l'extension du latin, on n'a aucun détail précis. À en juger par ce qui se passe en général, il faut se représenter que les populations atteintes ont d'abord été bilingues: les gens qui voulaient se cultiver, ceux qui voulaient servir Rome ont appris le latin.

L'ancienne langue du pays n'a plus eu que des usages locaux, inférieurs. La seule langue de prestige étant le latin, la langue locale a pris un caractère de plus en plus étriqué; elle n'a, plus servi aux relations hors de la localité : Elle n'a été utilisée que pour la vie courante la plus humble. Elle a perdu sa valeur, et la grave incommodité du bilinguisme a fini par disparaître: le latin... est seul demeuré.

Au moment où elle s'éteint, une langue n'a plus de dignité: elle s'est en général chargée de mots de la langue de « prestige » qui la pousse dans le néant: elle n'en est presque plus qu'une ombre.

L'extension d'une langue se fait d'abord par la pénétration du vocabulaire de cette langue dans la langue qu'elle remplace: le jour où, dans un village de Bretagne, tous les jeunes parlent français, on enregistre simplement la fin d'un large procès de francisation du breton : à ce moment, pour la culture de la jeunesse, le breton était vidé de sa substance. » (p. 231).

Il serait peut-être utile de faire paraître dans LE JOUR cet extrait, qui pourrait ouvrir les yeux de plusieurs et renforcer les convictions des autres. Sachez que je suis avec vous de tout cœur dans la lutte.
André Longpré, Montréal
Tant que le Québec sera annexé au Canada et se comportera en colonie (sens original du mot 'province'), le bilinguisme institutionnel continuera de faire ses ravages et la majorité francophone continuera de décliner. 

C'est maintenant devenu très clair que seule l'accession à l'indépendance du Québec, République de langue française, peut permettre une inversion de cette tendance et assurer le progrès de notre langue.

Plus que jamais, c'est devenu une urgence nationale !


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                           UNE CAPITALE OCCUPÉE

*  La Capitale nationale du Québec, TERRITOIRE OCCUPÉ ?
   Le pouvoir « canadian » marque fortement son occupation
   du territoire québécois, particulièrement dans notre capitale
   en encerclant les lieux du pouvoir québécois par un barrage
   de drapeaux rouges insolents.

   De la Gare du Palais  aux Plaines d'Abraham
   en passant par toutes les installations du port
   qui enserrent le lieu même de naissance du pays québécois.
   La terrasse du Château et les lieux avoisinants en sont couverts.
   Le tout surplombé par le grand « red maple » dominant la Citadelle.

   Oui! Quiconque observe cela du Grand Fleuve ne peut que
   conclure à l'occupation du pays québécois par d'autres...
              Jean-Luc Dion

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lundi 1 août 2011

LA VRAIE FOLIE...



C'est un grand éditeur étatsunien qui le dit...


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La vraie folie

John R. MacArthur - éditeur de Harper's Magazine.
LE DEVOIR  -  1 août 2011

Confronté par les fous furieux de la droite américaine dans le «débat» sur la hausse du plafond de la dette et le possible effondrement du crédit national, Barack Obama se trouve en assez bonne posture. Pour l'instant, le président tient le rôle de l'adulte stable face à la conduite enfantine et têtue des radicaux anti-taxe du Tea Party et des sursauts tactiques du président de la Chambre des représentants, John Boehner.

Cependant, le scénario d'un Obama raisonnable assiégé par des imbéciles républicains est bien trop simpliste, puisqu'une des sorties évidentes de la crise — une réduction draconienne des dépenses militaires coordonnée à un retrait total des troupes de l'Afghanistan et l'Irak — ne fait aucunement partie du débat politique en cours à la Maison-Blanche, au Congrès ou dans les médias. Conseillé par ses propres fous (notamment son nouveau directeur de la CIA, le général David Petraeus, et la secrétaire d'État Hillary Clinton), Obama joue également le rôle d'un chef de guerre acharné décidé à aller jusqu'au bout, même si sa stratégie s'avère autodestructrice.

Alors que les deux partis politiques s'affrontent autour du «droit» à l'assistance publique et de l'imposition des riches, les coffres du Trésor continuent à se vider en raison de la poursuite de trois guerres qui ne peuvent être gagnées et dont on ne voit pas la fin. Pendant ce temps, les preuves de la futilité des engagements en Afghanistan, en Irak et en Libye s'accumulent.


La plus récente de ces preuves a été révélée dans Le Monde par l'ancien ambassadeur britannique à Kaboul, Sir Sherard Cowper-Coles.
Ultraprudent dans ses écrits et constats, diplomate jusqu'au bout des ongles, Cowper-Coles a néanmoins confié au journal que la guerre en Afghanistan « va accentuer le déclin relatif des États-Unis, notamment aux yeux des populations musulmanes ». D'après cet ami déclaré de l'Amérique, «l'effet sera similaire à celui produit sur l'image de la France et de la Grande-Bretagne après leur intervention militaire avortée à Suez en 1956».

Cowper-Coles est tout aussi franc concernant le général Petraeus — supposé être, avec ses tactiques de «
surge », l'architecte de «la paix» en Irak et de la «victoire» prévisible en Afghanistan —, qui a grimpé aux plus hauts niveaux dans l'administration démocrate et qui a une forte influence sur Obama. «Selon moi, le général Petraeus incarne l'erreur stratégique commise dans ce pays [l'Afghanistan] depuis des années. Qu'y a-t-il de nouveau depuis qu'il est aux commandes? Une augmentation du niveau de violence et un formidable accroissement du nombre d'opérations des forces spéciales pour tuer des talibans. Il affaiblit les chances de sortie politique en tuant des commandants talibans avec qui on devrait parler. On ne fait que retarder la résolution du problème.»

Et l'Irak? Un «problème» résolu par le génie de Petraeus et Obama? En principe, Obama a promis de retirer toutes les troupes américaines à la fin de 2011. Mais le New York Times du 14 juillet raconte que le premier ministre Nuri Kamal al-Maliki «dit en privé aux fonctionnaires américains qu'il veut que leur armée reste après cette année».


Certains Américains (surtout les faucons libéraux de la faction Clinton et les légionnaires du néo-empire romain comme Petraeus) voudraient bien rester, sauf que la rivalité entre insurgés chiites et insurgés sunnites, tous deux ciblant les soldats de l'occupant, complique beaucoup la situation. Il semblerait que Maliki, qui fait partie de la majorité chiite, est plus clément envers ses camarades religieux qui soulèvent des objections à la présence américaine qu'il ne l'est envers ses rivaux des factions antiaméricaines sunnites.


Le fait que, selon le Times, «le même gouvernement irakien qui veut garder les Américains tolère tacitement les attaques par les milices chiites contre les troupes américaines» suggère peut-être que le projet obamanien souffre d'un déficit de réalisme. Néanmoins, on peut facilement prédire que l'armée américaine restera en Mésopotamie au-delà du 30 décembre et que les dollars, ainsi que le sang américain, vont continuer à couler à flots.


À propos de la Libye, on ne voit pas non plus la sortie ou la chute du régime. Kadhafi a l'air de tenir bon et les alliés occidentaux ne trouveront pas de réconfort dans
les fantaisies triomphalistes de Bernard-Henri Lévy. Ni la «philosophie», ni l'«ingérence humanitaire» ne vont régler les conflits antiques des tribus arabes. Déjà les frais de ce dernier rêve romantique de BHL dépasse 1 milliard de dollars pour Washington. On dira que ce n'est pas grand-chose au regard des mille milliards de dollars (au moins) dépensés en Irak et des 450 milliards en Afghanistan... mais quand même.

Il est vrai qu'Obama vient d'annoncer le retrait progressif de 33 000 soldats d'Afghanistan à la fin de 2012, mais 68 000 resteront sur place, à peu près le double du nombre de ceux qu'il a hérités de George W. Bush. Soustraire ce qu'il a ajouté il y a deux ans, c'est seulement battre les cartes. La majorité démocrate au Sénat a beau dire que la diminution des forces militaires outre-mer au cours des prochaines années va entraîner d'énormes économies, mais c'est un leurre.


La question qui se pose donc est de savoir pourquoi un président censé être sain d'esprit risquerait la santé fiscale de son pays pour la poursuite d'une folie guerrière à l'étranger. Pour comprendre cela, il faut comprendre la logique politique de Barack Obama, qui s'est toujours adapté aux désirs du pouvoir établi et qui cherche à se protéger contre les accusations de faiblesse, de sentiments pro-islam et de pacifisme caché. Mieux vaut mener campagne pour la réélection en tant que commandant en chef farouche et grandiose — tueur d'Oussama Ben Laden et des talibans — que parier sur la paix et l'équilibre économique des États-Unis. C'est fou, non?


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John R. MacArthur est éditeur de Harper's Magazine. Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.
Dernières nouvelles :

Obama a cédé aux privilégiés...

Pour l'heure, cet accord ne prévoit aucune hausse des revenus, qui était pourtant souhaitée par le président et surtout par l'aile gauche de son parti. En revanche, les républicains ont obtenu d'importantes baisses des dépenses sans céder sur une hausse des impôts des ménages les plus riches ou la suppression de niches fiscales, comme celle qui profite aux propriétaires d'avions d'affaires, et qui a été dénoncée à de nombreuses reprises par le président lui-même. (...)
Le Devoir, 1er août 2011.

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D'autre part, il est intéressant de lire et entendre le Pr Bernard Lugan,
spécialiste de l'Afrique et de son histoire :

Il décrit une foule de réalités sur l'Afrique que la bête « rectitude politique » et la dictature des médias interdisent...

On se rend compte que c'est un ami des peuples d'Afrique mais qu'il ne verse pas dans la complaisance en décrivant les choses comme elles sont. On ne peut certes pas le classer dans  la « gauche caviar » à la BHL, mais il connait indiscutablement son domaine...

Il n'est certainement pas un partisan du « multiculturalisme » culpabilisant... Il est plutôt pour la coexistence pacifique, la coopération et le respect des différences entre les peuples.

Une bonne introduction est cette entrevue : 

Bernard Lugan interviewé par Novopress

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« La vérité est si obscurcie en ces temps et le mensonge si établi,
qu'à moins d'aimer la vérité, on ne saurait la reconnaître.»

Blaise PASCAL


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dimanche 31 juillet 2011

AFGHANISTAN ET CORRUPTION


Plusieurs de nos soldats québécois en sont quand même morts...

Traduction :

« La récolte de cette année est si bonne que nous serons en mesure de payer les rebelles libyens, syriens, vénézuéliens, cubains, tibétains... et même islandais! Vous allez 'capoter' ! »
« En noviembre de 2009, el ministro afgano de lucha contra los estupefacientes General Khodaidad declaró que la mayoría de las drogas son almacenadas en dos provincias controladas por las tropas de los EE.UU., el Reino Unido y Canadá. También dijo que las fuerzas de la OTAN están cobrando impuestos por la producción de opio en las regiones bajo su control y que las tropas extranjeras están ganando dinero con la producción y comercio de drogas en Afganistán.»
Source :  clic
Traduction : «  En novembre 2009, le ministre afghan de la lutte contre les stupéfiants, le général Khodaidad a déclaré que la plupart des drogues sont stockées dans deux provinces contrôlées par les troupes américaines, le Royaume-Uni et au Canada. Il a également déclaré que les forces de l'OTAN  taxent la production d'opium dans les zones sous leur contrôle et que les troupes étrangères font de l'argent avec la production et le commerce de drogue en Afghanistan.»
Autre source :  clic.
On peut vérifier que cette déclaration a réellement été faite au N.Y. Times ?


CICÉRON - SUR LA CORRUPTION...

SUR LA MAUVAISE INFLUENCE DES ÉLITES CORROMPUES...

De tous temps, il y a eu des dirigeants corrompus qui ont exercé une très mauvaise influence sur le peuple.  

50 ans avant l'ère chrétienne, le grand auteur et homme d'État Cicéron avait constaté avec justesse la mauvaise influence des politiciens véreux sur les populations, et vice-versa.

Que pourrait-il conclure s'il pouvait observer aujourd'hui les combines de nos dirigeants québécois favorisant des intérêts particuliers et bradant nos ressources naturelles sans souci des conséquences ? Faut-il s'étonner du laxisme et de l'indifférence qui affectent tant de nos compatriotes ? Surtout quand nos dirigeants ne proposent pas de projet sensé, susceptible de solidariser tous les éléments de la nation pour un avenir prospère dans le monde.

En général, quand le peuple n'a pas de bons modèles à la tête de l'État, la moralité publique court de grands risques...

Jean-Luc Dion

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« Si grave en effet que soit en lui-même le mal quand les grands commettent des fautes,
il l'est encore bien plus du fait qu'on les imite.


Si l'on déroule les souvenirs du passé, on peut voir que
tels furent les hommes occupant le premier rang dans la cité,
telle aussi fut la cité elle-même,
et que toute altération survenue dans leurs mœurs
a eu pour suite une altération pareille dans celles du peuple.


Cette remarque a un peu plus de vérité que celle de notre cher Platon,
qui dit qu'un changement dans la musique est une révolution dans l'État.
Pour moi, je pense que
ce sont les habitudes de vie des grands
qui changent les mœurs des cités.


C'est par là que les vices des grands sont particulièrement funestes à l'État ;
non seulement ils s'adonnent eux-mêmes à ces vices,
mais ils les répandent dans la cité et,
nuisibles par leur propre corruption,
ils le sont encore parce qu'ils corrompent les autres
;
leur exemple est plus funeste que leur faute.»


Peu, très peu de citoyens, revêtus de charges et de dignités,
suffisent pour corrompre ou redresser les mœurs d'une cité.»


CICÉRON
- TRAITÉ DES LOIS   Livre III   ( 52 avant J.-C. )
(en latin Marcus Tullius Cicero),
né le 3 janvier 106 av. J.-C., à Arpinum en Italie et assassiné le 7 décembre 43 av. J.-C. à Formia.
http://agora.qc.ca/dossiers/Ciceron
http://agora.qc.ca/Documents/Ciceron--La_vie_de_Ciceron_-_1e_partie_par_Plutarque


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« Le poisson pourrit toujours par la tête »
Proverbe breton

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Publié au site « Les grands Labours »



Composé avec le courrieleur « Thunderbird » de Mozilla

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LE DEVOIR  -  1910-2010
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« Ce qui nous laisse petits,
c'est la peur de devenir grands »
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 « Aucun peuple digne de ce nom dans le monde
n'a jamais craché sur son indépendance.
   Le peuple québécois serait-il si différent des autres ?
   Son état de peuple annexé et soumis serait-il définitif ?»
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mardi 26 juillet 2011

UNE RÉPONSE CLAIRE DE J.M. AUSSANT



Une réponse claire à André Pratte
(éditorialiste à La Presse, Montréal)

Réponse à André Pratte – À l’intelligence de déterminer l’insulte

Un Québec en plein contrôle de ses ressources fiscales et légales pourra mieux agir en période trouble et mieux progresser en période de prospérité.

Dans son éditorial du 23 février dernier, André Pratte affirme que le Parti Québécois insulte l’intelligence des Québécois en suggérant qu’un Québec souverain se tirerait mieux d’affaires qu’une simple province. Il y dit qu’aucune statistique ne démontre qu’un État souverain peut mieux gérer son économie qu’un État sous tutelle fédérale.

Sans vouloir le décevoir, aucune statistique ne pourra aider à faire cette analyse de façon valable non plus, puisqu’une province ne contrôle pas tous ses leviers économiques. Toute comparaison avec un pays normal manquerait donc quelque peu de rigueur, voire d’intelligence, puisqu’il aime le mot.

La réalité est que nous ne contrôlons actuellement que la moitié des impôts que l’on paie chaque année. Et dans ce que nous contrôlons, environ 80% est alloué aux trois grands secteurs que sont la santé, l’éducation et la famille. Ça veut tout simplement dire que la marge de manœuvre pour se développer au-delà de ces secteurs essentiels se trouve dans les impôts que nous envoyons à Ottawa. Or, les priorités d’Ottawa en matière de développement sont diamétralement opposées aux nôtres. Je crois qu’aucune intelligence ne sera froissée de lire cela.

Sur le plan industriel, Ottawa a décidé d’aider les voitures au pétrole de l’Ontario et les sables bitumineux empoisonnés de l’Alberta. Les intérêts du Québec, on le sait, sont bien ailleurs : dans l’aéronautique, dans le forestier, dans le manufacturier, dans les technologies de pointe.

Sur le plan environnemental, la priorité d’Ottawa réside dans le camouflage de la pollution actuelle au lieu de l’aide au développement d’énergies vertes. Encore ici, les forces et les intérêts du Québec sont ailleurs : dans l’hydroélectrique et bientôt dans le solaire (Bécancour) et l’éolien.

La planète entière juge que c’est une insulte à l’intelligence de nier l’urgence d’une réforme verte et le projet souverainiste s’inscrit parfaitement dans ce virage nécessaire. Pour sa part, le Canada a non seulement renié Kyoto, il fait figure de dernier de classe au niveau mondial en la matière.

Le Québec, comme pays, tirerait de substantiels bénéfices provenant des bourses de carbone à venir. Comme simple province du Canada, le Québec paiera plutôt pour la pollution canadienne de l’Ouest. Entre d’autres termes, il faut négocier en notre propre nom au lieu de s’en remettre à l’un des plus grands pollueurs de la planète pour se faire entendre.

Sur le plan du développement régional, alors que le projet souverainiste compte donner une plus grande place aux régions et aux MRC dans le développement économique du Québec, Ottawa a récemment décidé de couper l’aide financière aux organismes régionaux de développement économique. Était-ce là un geste intelligent envers les Québécois ?

Et on pourrait poursuivre la liste. C’est pourtant avec ce genre de divergences d’intérêts que le Québec devra composer tant et aussi longtemps que la moitié de ses ressources financières seront contrôlées par un autre gouvernement que le sien et qui, souvent, empiète même sur ses compétences de façon inefficace et coûteuse.

La prospérité passe par la formation de la main-d’œuvre, des investissements massifs en recherche et développement et une préoccupation environnementale dans tout développement futur. Le projet souverainiste mise fortement sur ces trois éléments.

Monsieur Pratte nous rappelle que le Québec se classe déjà de façon respectable parmi les nations du monde en termes de niveau de vie et de développement. Ce que nous disons, c’est qu’il pourrait faire encore mieux s’il contrôlait tous ses impôts et s’il discutait lui-même de ses intérêts avec ses partenaires internationaux, plutôt que d’en laisser la gestion à un gouvernement canadien qui ne partage pas ses valeurs.

Les arguments pour faire la souveraineté ne changent pas. Ils seront toujours les mêmes pour expliquer le bien-fondé d’être libres chez nous. Ce qui change par contre, ce sont les contextes économiques et politiques dans lesquels on doit expliquer notre projet. Un Québec en plein contrôle de ses ressources fiscales et légales pourra mieux agir en période trouble et mieux progresser en période de prospérité.

Le temps nous donnera raison. Mais le temps, ça peut être long, et ça peut coûter cher. La souveraineté, il faut la faire maintenant. J’ai la plus grande confiance au monde que notre projet de souveraineté est nécessaire et bénéfique pour l’avenir du Québec. Je sais aussi que le peuple québécois est un peuple intelligent. C’est donc à nous de les convaincre de la validité du projet si nous avons raison.

Rappelons-nous que jamais un pays ayant obtenu librement sa souveraineté n’a regretté son choix et demandé à son ancien pouvoir colonial de le reprendre sous sa tutelle.

Et le modèle de l’Union européenne qu’on nous présente souvent en soi-disant contradiction avec le projet souverainiste ne l’est pas du tout. Il s’agit de pays politiquement souverains qui ont créé une zone économique. Le Québec applaudit à cela. Nous sommes une nation de commerçants et nous le resterons, seulement nous pourrons enfin décider de ce que nous ferons chez nous avec notre argent.

Si André Pratte trouve le moyen de contredire tout cela pour bien remplir son mandat, c’est aux Québécois de déterminer qui insulte vraiment leur intelligence.

Jean-Martin Aussant
Membre de l'Assemblée nationale du Québec


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LE DEVOIR  -  1910-2010

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« Ce qui nous laisse petits,
c'est la peur de devenir grands »
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 « Aucun peuple digne de ce nom dans le monde
n'a jamais craché sur son indépendance.
   Le peuple québécois serait-il si différent des autres ?
   Son état de peuple annexé et soumis serait-il définitif ?»
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lundi 25 juillet 2011

FUKUSHIMA ET GENTILLY-2


Voici un document qui traite du terrible accident à la centrale nucléaire de Fukushima, suivi d'un autre portant sur la centrale nucléaire de Gentilly que certains s'entêtent à vouloir reconstruire malgré qu'elle soit inutile, avec toutes les indications que ce serait un désastre financier qui paralyserait les investissements productifs en recherche.

Jean-Luc Dion, ing.



TECHNIQUES DE L'INGÉNIEUR
11 juillet 2011

Fukushima : des répercussions mondiales, en silence

Alors que la catastrophe de Fukushima ne fait plus la une de l'actualité, la contamination des milieux naturels se poursuit au Japon, sur terre comme en mer. Le niveau d'irradiation est aujourd'hui jugé inacceptable à plus de 60 km de la centrale, sans que l'évacuation soit obligatoire. Le point sur la situation. 
Le laboratoire de la CRIIRAD a effectué une mission au Japon du 24 mai au 3 juin 2011. Voici les constatations issues des premiers résultats d’analyse : les dépôts de césium radioactif sur les sols ont été très importants. Ils génèrent, et vont générer pendant longtemps, un flux de rayonnements gamma responsable de l’irradiation de la population sur des très vastes étendues. En l’absence de mesures de protection, des centaines de milliers de personnes vont recevoir, du fait de cette seule exposition externe, des doses de rayonnement très supérieures à la limite de 1 mSv/an. Il faut ajouter à cela l’exposition interne (du fait notamment de l’ingestion d’aliments contaminés) et surtout toutes les doses reçues depuis le 12 mars dernier, des doses qui ont été ont pu être extrêmement élevées au cours de la première semaine du fait de la quasi absence de mesures de protection.

Importance de la contamination à plus de 60 km : l’exemple de la ville de Fukushima

Les mesures de terrain et analyses de sol effectuées par le laboratoire de la CRIIRAD sur la ville de Fukushima, située à 60-65 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, indiquent que les retombées de césium 134 et 137 radioactif sont de plusieurs centaines de milliers de Bq/m² : 490.000 Bq/m² sur la pelouse de l’école primaire Moriai ; plus de 700.000 Bq/m² dans le quartier Watari.

En se désintégrant, les atomes de césium émettent des radiations gamma très pénétrantes. Elles peuvent parcourir dans l’air plus de 60 mètres, c’est ce qui a permis aux américains d’établir une carte des retombées au moyen de sondes héliportées. Ces radiations traversent également les murs et les fenêtres des habitations et irradient les gens dans leur domicile.

Fin mai 2011, les débits de dose relevés par la CRIIRAD dans la ville de Fukushima, à 1 mètre du sol, en extérieur, étaient typiquement plus de 10 fois, voire plus de 20 fois supérieurs à la normale (supérieurs à 1 et 2 μSv/h). L’irradiation est encore mesurable dans les étages des bâtiments. Des mesures effectuées au 4ème étage d’un immeuble ont montré un excès de radiation qui augmente lorsqu’on se rapproche des fenêtres (même fermées). A l’intérieur d’une maison individuelle du quartier Watari, la CRIIRAD a mesuré un débit de dose plus de 3 fois supérieur à la normale au contact du tatami dans la chambre des enfants (0,38 μSv/h) et 6 fois supérieur dans le salon à 1 mètre du sol (0,6 μSv/h). Devant la maison, on mesure, 2,2 μSv/h dans le jardin d’agrément et 2,9 μSv/h au niveau de la pelouse d’une école proche (mesures à 1 mètre du sol).

Cette irradiation ne diminuera que très lentement. Elle est due en effet principalement au césium 137 et au césium 134 dont les périodes physiques sont longues (30 ans et 2 ans respectivement). Cela signifie que la radioactivité du césium 137 sera divisée par 2 dans 30 ans. On peut estimer que dans les douze mois à venir, la radioactivité du césium 134 ne sera abaissée que de 30 % et celle du césium 137 de 3 %. La radiation ambiante ne sera réduite que de quelques dizaines de pourcents.

Si rien n’est fait, les habitants de la ville de Fukushima pourraient subir dans les douze mois à venir une irradiation externe de plusieurs milliSieverts alors que la dose au-delà de laquelle le risque de cancer mortel est jugé inacceptable par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) est de 1 milliSievert par an, ce qui correspond à 5 décès pour 100.000 personnes exposées.
(...) Voir la suite.

Par Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire,
responsable du laboratoire CRIIRAD

Source : 
TECHNIQUES DE L'INGÉNIEUR

Un grave accident à Gentilly-2 ?

On peut se demander quel serait l'effet d'un accident à la centrale nucléaire de Gentilly s'il était du même genre que celui de Fukushima...

La carte ci-dessous montre la zone d'environ 60 km de rayon (comme à Fukushima) où l'exposition aux radiations aurait des effets mortels ou néfastes sur des centaines de milliers de Québécois et toutes les formes de vie.

Une bonne partie de la zone en rouge deviendrait invivable pendant des décennies et dangereuse pendant des siècles après un accident du genre Fukushima. Cette zone serait beaucoup plus grande si la centrale explosait...

Faibles rendements

On sait que cette centrale est relativement fiable, mais c'est à condition d'y investir des sommes fabuleuses pour le fonctionnement et l'entretien. Alors, on peut se demander quel est le rendement d'une centrale nucléaire ?  Les diverses sources indiquent qu'il est de l'ordre de 30%. Cela signifie que 70% de l'énergie nucléaire issue de la fission de l'uranium est gaspillée en chaleur dans l'eau du fleuve Saint-Laurent par notre centrale. En France, on se sert de tours de refroidissement dans l'air (source).

Pour une centrale d'environ 650 MW (mégawatts) électriques (puissance installée, ou puissance utile maximale, Gentilly-2), ceci correspond à une perte thermique de l'ordre de 1520 MW et à une puissance nucléaire de 2170 MW.

Chaleur gaspillée

Ces 1520 MW de chaleur inutile sont « évacués » dans l'eau du fleuve qui est ainsi plus ou moins réchauffée. Le débit de cette eau est d'environ 2 millions de mètres cubes par jour (source), soit environ 23 m3/seconde. Cette chaleur entraine une élévation de température de l'eau d'environ 66°C ! Cette énorme quantité d'eau chaude a un effet néfaste sur la vie marine en aval sur une distance de plusieurs kilomètres, mais on n'en parle plus... Ce gaspillage de chaleur est de 13,3 milliards de kWh par année...

Sachant que la consommation électrique annuelle moyenne d'une maison québécoise chauffée à l'électricité est de 28000 kWh (kilowatts-heures) (source). La chaleur perdue par Gentilly-2 correspond au chauffage de plus de 475 000 maisons !!! Cela illustre bien l'inefficacité des centrales thermiques. Cette chaleur est irrécupérable : on a déjà pensé chauffer des maisons et des serres dans le voisinage, mais la volonté et l'imagination ont fait défaut.

Les déchets radioactifs

Mais le principal problème des centrales nucléaires reste celui des déchets radioactifs pour lequel on n'entrevoit aucune solution d'une sécurité absolue qui serait acceptée par tout le monde. Jusqu'à maintenant, la centrale Gentilly-2 a produit environ 2500 tonnes de déchets radioactifs, dont suffisamment de plutonium 239 pour fabriquer plus de 100 bombes atomiques comme celles qui ont détruit Hiroshima et Nagasaki... (source).

Il ne faut pas oublier que le plutonium 239, un des déchets les plus dangereux d'une centrale nucléaire, a une demi-vie de plus de 24 000 ans : après ce temps il en reste la moitié; après le double de ce temps il en reste encore le quart, etc... Quelques microgrammes (millionièmes de gramme) de Pu239 logés dans les poumons sous forme de poussière suffit à causer un cancer mortel à cause de la désintégration de type « alpha » qui détruit les cellules voisines. De plus, le Pu239 est un terrible poison.

Le Pu239 qui sert à fabriquer des armes infernales peut aussi servir dans un autre type de centrale nucléaire qui l'utiliserait comme source d'énergie de fission. Mais le retraitement des déchets radioactifs pour en extraire le Pu239 est un procédé long et couteux (source), et d'autres déchets dangereux sont ensuite produits après l'utilisation du plutonium...

Notre chance au Québec

Quand on sait que nous avons la chance de produire suffisamment d'énergie hydroélectrique pour satisfaire tous nos besoins et en exporter, il n'y a aucune raison sérieuse de vouloir reconstruire la centrale de Gentilly, si ce n'est pour éviter de faire de vrais efforts vers une solution acceptable et profitable à long terme.

Il importe de savoir que Gentilly ne peut produire qu'environ 1,4% de notre énergie électrique d'après le ministères des Ressources naturelles. Voyez le graphique ci-dessous
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    La source :  clic

Il faut de la vision...

Il semble que le manque de vision et d'imagination de nos décideurs serait la principale cause de cette obstination à vouloir engloutir pas moins de 10 milliards de dollars à moyen terme dans cette aventure.

Ces milliards seraient sans aucun doute bien mieux investis dans des programmes sérieux d'économie d'énergie, dans la recherche sur les techniques de pointe d'utilisation de l'énergie solaire sous toutes ses formes, où de nombreux ingénieurs et techniciens de Gentilly peuvent se recycler. D'ailleurs, on sait que la fermeture de la centrale va requérir un nombreux personnel pendant de nombreuses années. Alors ? Un peu d'imagination, d'intelligence et de volonté !

Jean-Luc Dion, ing. 

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LE DEVOIR  -  1910-2010
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« Ce qui nous laisse petits,
c'est la peur de devenir grands »
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