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samedi 7 mai 2011

LECTURES DIVERSES



* Technique...



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8 mars 2011

Des robots quadri(u)pèdes tout terrain

« Selon Marc Raibert, dans une dizaine d’années, les petits robots intelligents seront aussi banals que les jeeps : « Près de la moitié des terres émergées sont inaccessibles aux véhicules à roues et à chenilles. Mais hommes et animaux peuvent se déplacer presque partout à pied. » D’où l’idée de construire un robot qui se meut comme une créature vivante, qui détecte ce qui l’entoure, et qui peut courir, marcher et même sauter par-dessus les obstacles. «  Un tel robot à équilibrage automatique dynamique requiert des commandes informatiques de pointe et des conceptions structurelles et mécaniques avancées »  , explique Marc Raibert. « Il y a eu quelques robots à pattes dans le passé, mais BigDog et LS3 sont largement en avance en termes de comportement sur terrain accidenté et dans toutes sortes de conditions réelles ».»

* Deux poids, deux mesures...:

L’intervention saoudienne à Bahreïn et le silence complice des bourgeoisies occidentales.

Mohamed BELAALI

L’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont envahi le petit royaume de Bahreïn dans l’indifférence quasi générale. Pourtant l’évolution de la situation et les conséquences qui peuvent en découler sont d’une importance capitale non seulement pour la région, mais aussi pour le monde entier. Il y a trop de pétrole dans cette partie du monde et la moindre étincelle peut embraser tout le Moyen-orient.

 

La révolte des peuples de la région qui veulent se débarrasser des tyrans d’un autre âge peut constituer cette étincelle. A Bahreïn par exemple, la population mène depuis plus d’un mois, un magnifique combat pacifique contre le despotisme de la dynastie des Al-Khalifa au pouvoir depuis trois siècles.
Au Yémen « le peuple veut renverser le régime », c’est ce que réclament les manifestants depuis plusieurs semaines. Ali Abdallah Saleh, surnommé par son propre peuple le « boucher », est au pouvoir depuis 1978 (1978/1990 président du Yémen du Nord et depuis 1990 du Yémen réunifié).
Le même vent de révolte souffle également sur le sultanat d’Oman dirigé depuis 1970 par le sultan Qaboos qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs. Ses ancêtres dirigeaient ce petit royaume depuis 1749 !
Cette aspiration profonde au changement inquiète évidemment les pouvoirs autoritaires en place, mais surtout l’impérialisme américain et européen. Car des régimes démocratiques, au Yémen, à Bahreïn et à Oman peuvent donner des idées et servir d’exemple aux autres peuples de la région qui subissent la même oppression, les mêmes injustices et les mêmes régimes tyranniques.
(...)
L'article complet :  clic

* Le faux remède, ou encore deux poids deux mesures... :

Hausse des droits de scolarité
- Le faux remède au financement des universités

Martin Lavallée - Étudiant à la maîtrise en histoire à l'UQAM 
LE DEVOIR  -  21 mars 2011

Vouloir régler le problème du sous-financement des universités en répercutant la facture aux étudiants par une hausse des droits de scolarité est une solution de facilité qui ne s’attaque pas aux vrais problèmes.

À l'heure où des mesures doivent être prises pour contrer le problème du sous-financement des universités et où le budget Bachand préconise de hausser les droits de scolarité des étudiants pour remédier au problème, il importe de soulever certains points négligés par ceux qui recherchent des solutions au problème du sous-financement. D'autant plus que plusieurs acteurs publics, dont des professeurs et des recteurs d'universités, voient la hausse des droits de scolarité comme une panacée pour nos universités en manque d'argent et militent en sa faveur. Toutefois, tous ne sont pas d'accord avec les tenants de cette solution.
(...)
Dans un article intitulé «Les disparités du système québécois de financement des universités» paru dans l'Encyclopédie de la francophonie en mars 2008, le politologue Marc Chevrier soulignait le fait que les trois universités anglophones du Québec recevaient, pour l'année 2006, 27% des subventions du gouvernement du Québec alors que la population québécoise de langue anglaise représentait 8,2%.
(Donc, plus de 3 fois plus à la minorité de langue anglaise qu'à la majorité de langue française per capita) (*)
(...)
L'article :  clic
(*)
Il s'agit de la minorité d'origine britannique.
On peut facilement vérifier ces données sur le site du Ministère de l'Éducation du Québec : clic.

On sait que la situation est pire dans le domaine de la santé où 50% du budget pour un centre universitaire de recherche médicale a été attribué à la minorité anglaise pour un centre séparé qui fera double emploi, alors que nos moyens ne permettent que d'en construire un seul...


* Pourquoi la poussée vers la hausse des droits de scolarité ?

Verrouiller la porte du château
« La classe opulente devient une caste séparée de la société, qui se reproduit sui generis par transmission du patrimoine, des privilèges et des réseaux de pouvoir.»
(...)
...« le renforcement des mécanismes d'exclusion sociale et un fossé entre ceux qui prennent les décisions et définissent la culture, et la vaste majorité des travailleurs ordinaires.»
(...)
...« Un des moyens les plus efficaces pour verrouiller la porte du château est de rendre très onéreuses les études supérieures, par lesquelles les individus brillants peuvent normalement accéder aux postes de commande. Ainsi, les meilleures universités ou écoles requièrent-elles des frais d'inscription hors portée des classes pauvres et de plus en plus difficilement accessibles aux classes moyennes. À l'université Harvard, le revenu médian des familles des étudiants est de 150 000 dollars.»...
    « Comme les riches détruisent la planète », Hervé Kempf, Éditions du Seuil, 2007.
On comprend alors mieux pourquoi l'Université McGill qui est subventionnée bien au-delà de son poids par le gouvernement du Québec veut exiger 30 000$ de frais de scolarité par année pour son programme de maitrise en gestion des affaires ('MBA') : pour maintenir la caste oligarchique à nos dépens...

Sur un ton plus léger...

* Grand débat entre la droite et la gauche ?


    Un homme va chez le  docteur de famille car son testicule gauche  était enflammé, le docteur l'examina et lui dit que c'était une inflammation du  testicule gauche, que ce n'était pas grave et  qu'il devait voir un urologue. 

Alors il lui  donna le téléphone du spécialiste... mais il  y  eut  un problème :

le  docteur se trompa et lui donna le numéro de son avocat.

Le malade prit un rendez vous et parti voir le soi-disant médecin exactement  à l’heure prévue.

L’avocat lui demande : En quoi puis-je  vous servir Monsieur ? 

Le  malade baissa son pantalon et lui montra  son testicule en lui  disant : comme  vous voyez docteur, j’ai le testicule gauche  enflammé.

L’avocat le regarda hébété sans rien comprendre, après un silence lui dit  : 

Cher ami, excusez moi mais ma spécialisation c’est le droit !!!

Le malade  s’énerva :  C’est vraiment de la  merde dans ce pays, il y a maintenant un spécialiste pour chaque couille...   
   


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LE DEVOIR  -  1910-2010
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DEMAIN – Hymne au Québec
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« Ce qui nous laisse petits,
c'est la peur de devenir grands »
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mercredi 4 mai 2011

LES ÉVÈNEMENTS DU 2 MAI 2011...





Les opinions sont très diverses sur ce qui s'est passé au Québec le 2 mai dernier...

Une hypothèse assez juste :  la tentative d'évasion ! Il faut lire l'analyse de J.F. Lisée :

« Ils se sont évadés. Les électeurs québécois ont massivement tourné le dos au Bloc — puisqu’ils y étaient en plus grand nombre — tourné le dos aussi au Parti libéral et au Parti conservateur pour suivre la piste orange.

Évadés, oui, mais de quoi ? De la prison, justement. De la prison du statu quo.»
(...)
« Mais le fait reste. Même si 83% des Québécois ont voté contre les conservateurs, ce lundi, Harper sera encore au gouvernement. Majoritaire. Qui l’a élu ? Le Québec ? Non. C’est le Canada.

« Bien que plus de 80% de la population québécoise ait voté contre le Parti conservateur, cela ne l'empêchera pas de nous imposer d'autres missions guerrières (et les budgets militaires à l'avenant), des compressions massives dans la fonction publique et dans les transferts aux provinces, et une série de législations contraires aux valeurs chéries par les Québécoises et les Québécois. (...) » (source)
L’électeur Québécois a pris l’air.  Beaucoup d’air. Il s’est évadé de la routine, de l’habitude. Mais il est toujours prisonnier du Canada.»
Source :  clic.
Pour sa part, Benoît Roy, président du Rassemblement pour un pays souverain, écrit :
« Gardons le cap. Ne baissons pas les bras.
Regroupons nos forces, cessons de douter de nous-mêmes et de croire n’importe qui de sympathique avec un beau sourire et de belles paroles pour nous convaincre de demeurer dans le Canada.
Ayons confiance en nous et réalisons l'indépendance du Québec.»





TROISIÈME VOIE...

Dans Le Devoir du 4 mai 2011, le philosophe Michel Seymour se demande :
« Même si on a l'intime conviction que l'État fédéral est incapable de se réformer, il faut s'ajuster à la démarche de la majorité des Québécois. En appuyant le NPD, les Québécois disent qu'ils veulent à nouveau chercher un arrangement à l'intérieur du Canada.»
(...)
et esquisse d'une voie :
« Une offre de réforme constitutionnelle impliquant notamment la reconnaissance formelle du peuple québécois, un statut particulier pour la "province de Québec", un régime de fédéralisme asymétrique, une pleine maîtrise d'oeuvre en matière de langue, de culture, d'immigration et de télécommunications, et un droit de retrait avec pleine compensation financière, constitue une demande moralement irréprochable.» (Source :  clic)
Pour donner suite à sa demande, on peut certainement fournir quelques indications plus précises sur les prérogatives essentielles du Québec qui lui permettraient de former une véritable confédération avec le Royaume du Canada. En voici quelques-unes à la base :


--  La perception des impôts et des taxes de toutes sortes.
--  Le commerce, le développement économique et le soutien aux entreprises.
--  Les ressources naturelles en général : eau, mines, forêts, etc.
--  Les frontières du Québec dans ses limites de 200 milles.
--  La citoyenneté et l'immigration.
--  Les activités bancaires et services financiers.
--  La santé et les services sociaux.
--  La sécurité sociale et l'assurance chômage; prestations et services.
--  L'éducation à tous les niveaux.
--  L'agriculture, l'alimentation et l'inspection des aliments.
--  La protection des consommateurs.
--  La justice et les droits de la personne.
--  La sécurité publique et la police en général.
--  Le transport interne et international.
--  La gestion des lacs et cours d'eau.
--  La navigation interne et sur nos côtes; le pilotage.
--  Licences et permis en tous genres.
--  Les arts et la culture.
--  La radio, la télévision, le cinéma et les communications en général.
--  Les loisirs et les sports.
--  Les relations avec les autochtones.
--  La protection de l'environnement.
--  Les lieux historiques, les musées et les parcs naturels publics de toutes sortes.
--  Les réserves fauniques.
--  Le logement.
 D'ici le règlement de la question fondamentale, le gouvernement du Québec assumera provisoirement sa part des autres services offerts par le gouvernement du Canada, en proportion de sa population. Par exemple : douanes, postes, défense du territoire, etc.
Là-dessus, le Pr Michel Seymour déclare :
« Si le Canada dit non à cette réforme, la souveraineté assortie d'une offre de maintien de l'union économique dans une union confédérale constitue une autre option moralement irréprochable.» (Michel Seymour)
À défaut de quoi, c'est évidemment la déclaration unilatérale d'indépendance, comme l'a fait la Norvège vis-à-vis la Suède en juin 1905.







dimanche 24 avril 2011

CICÉRON - SUR LA CORRUPTION...



SUR LA MAUVAISE INFLUENCE DES ÉLITES CORROMPUES...

De tous temps, il y a eu des dirigeants corrompus qui ont exercé une très mauvaise influence sur le peuple.  

50 ans avant l'ère chrétienne, le grand auteur et homme d'État Cicéron avait constaté avec justesse la mauvaise influence des politiciens véreux sur les populations, et vice-versa.


Que pourrait-il conclure s'il pouvait observer aujourd'hui les combines de nos dirigeants québécois favorisant des intérêts particuliers et bradant nos ressources naturelles sans souci des conséquences ? Faut-il s'étonner du laxisme et de l'indifférence qui affectent tant de nos compatriotes ? Surtout quand nos dirigeants ne proposent pas de projet sensé, susceptible de solidariser tous les éléments de la nation pour un avenir prospère dans le monde.

En général, quand le peuple n'a pas de bons modèles à la tête de l'État, la moralité publique court de grands risques...

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« Si grave en effet que soit en lui-même le mal quand les grands commettent des fautes,
il l'est encore bien plus du fait qu'on les imite.


Si l'on déroule les souvenirs du passé, on peut voir que
tels furent les hommes occupant le premier rang dans la cité,
telle aussi fut la cité elle-même,
et que toute altération survenue dans leurs mœurs
a eu pour suite une altération pareille dans celles du peuple.


Cette remarque a un peu plus de vérité que celle de notre cher Platon,
qui dit qu'un changement dans la musique est une révolution dans l'État.
Pour moi, je pense que
ce sont les habitudes de vie des grands
qui changent les mœurs des cités.


C'est par là que les vices des grands sont particulièrement funestes à l'État ;
non seulement ils s'adonnent eux-mêmes à ces vices,
mais ils les répandent dans la cité et,
nuisibles par leur propre corruption,
ils le sont encore parce qu'ils corrompent les autres
;
leur exemple est plus funeste que leur faute.»


Peu, très peu de citoyens, revêtus de charges et de dignités,
suffisent pour corrompre ou redresser les mœurs d'une cité.»


CICÉRON - TRAITÉ DES LOIS   Livre III   ( 52 av. J.-C. )
(en latin Marcus Tullius Cicero), né le 3 janvier 106 av. J.-C., à Arpinum en Italie et assassiné le 7 décembre 43 av. J.-C. à Formia.
http://agora.qc.ca/dossiers/Ciceron
http://agora.qc.ca/Documents/Ciceron--La_vie_de_Ciceron_-_1e_partie_par_Plutarque



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« Le poisson pourrit toujours par la tête »
Proverbe breton
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DEMAIN – Hymne au Québec
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« Ce qui nous laisse petits,
    c'est la peur de devenir grands »
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L'ILLUSION NÉO-DÉMOCRATE




 IL NE FAUT PAS CÉDER À CETTE ILLUSION

Si j’étais un Canadien de langue anglaise vivant hors du Québec, je voterais probablement pour le NPD à l'élection du 2 mai 2011 à cause de ses politiques économiques et sociales. Toutefois, comme Québécois de langue française solidement enraciné ici et militant pour un Québec ouvert sur le monde, cela m’est impossible. Simplement du fait que je me souviens des nombreuses prises de position de ce parti à l’encontre des intérêts du Québec et des Québécois qu’il importe de rappeler.

Devant certains résultats de sondages récents plus ou moins fiables, il faut constater que la gentillesse de M. Layton peut faire oublier plusieurs gestes lourds de conséquences pour notre avenir, du moins pour quiconque connait l’histoire et croit à l’essor dans le monde d’un Québec maitre chez lui. Voici quelques extraits des rappels formulés récemment par l’analyste Jean-François Lisée, auteur de deux fameux livres sur l’histoire des vingt dernières années…

C’est le procureur général néo-démocrate de Saskatchewan, Roy Romanow, qui fit équipe avec Jean Chrétien pour isoler le Québec lors de la fameuse « nuit des longs couteaux », il y a bientôt 30 ans. Ensuite, les députés néo-démocrates en chambre adoptèrent sans broncher la constitution de 1982 qui allait isoler le Québec et réduire les pouvoirs de notre Assemblée nationale. Depuis ce coup de force unitariste, nous nous laissons imposer cette constitution non démocratique que nous n’avons pas rédigée ni votée.

Au cours de la tentative manquée de réparation qui suivit en 1992, le premier ministre néo-démocrate ontarien, Bob Rae, s’était directement opposé à ce que le Québec obtienne une quelconque autonomie sur la culture ou que soit réduite l’ingérence fédérale dans les affaires québécoise. Chargé de la rédaction de certains éléments clés, c’est lui qui demandait à ce qu’on exclue des discussions le ministre québécois Gil Rémillard, qu’il jugeait trop revendicatif. Il préférait n’avoir affaire qu’au membre le plus mou de la délégation québécoise, Robert Bourassa.

En 1998-1999, Row Romanow était devenu premier ministre de Saskatchewan et, à ce titre, il présidait la conférence des premiers ministres provinciaux. Les provinces anglophones avaient convaincu Lucien Bouchard de faire front commun avec elles contre les tentatives d’intrusion fédérales dans les programmes sociaux, dont la santé. Elles avaient même accepté d’insérer dans leur position conjointe le droit du Québec de se retirer des futurs programmes fédéraux avec compensation. Or c’est le néo-démocrate Romanow qui se fit le promoteur des positions de Jean Chrétien et de Stéphane Dion auprès des autres premiers ministres, jusqu’à faire en sorte que toutes les provinces renient leur position initiale, isolant le Québec. Elles acceptaient plutôt de signer un document qui donnait spécifiquement le droit à Ottawa de s’ingérer dans les affaires du Québec et reconnaissaient, pour la première fois de l’histoire, le pouvoir fédéral de dépenser.

Tout récemment, Jack Layton n’a pas accepté que les salariés québécois qui sont fonctionnaires fédéraux, soient protégés par notre Charte de la langue française. Jack défend les prérogatives fédérales. Peu importe la nation québécoise, mais il dit nous ‘aimer’…

Je me souviens aussi du libéral Thomas Mulcair devenu député NPD qui, après avoir mené campagne pour le NON aux côtés de Jean Chrétien, de Jean Charest et autres Sheila Copps, et appuyé l'odieuse « loi sur la clarté » des libéraux, a entretenu de façon vicieuse pendant plus de 10 ans le mensonge sur une soi-disant conspiration nationale du camp du OUI visant à faire annuler des bulletins de votes des partisans du NON…

Les néo-démocrates de Layton ont récemment appuyé l'intention du gouvernement Harper de financer la construction de lignes de transmission électriques sous-marines à Terre-Neuve afin d'exporter l'électricité terreneuvienne aux États-Unis, ce qui nous ferait compétition malhonnête du fait que le fédéral n'a JAMAIS aidé au financement de notre développement hydro-électrique.

Nous devons être solidaires plus que jamais, et ne pas céder aux boniments qui ne visent qu’à maintenir le gouvernement Harper au pouvoir en divisant le vote au Québec. Votons le 2 mai, et massivement pour le Bloc. Cela s’impose encore et toujours jusqu'à ce que nous ayons le courage de faire l'indépendance du Québec.

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« (…) Voici le premier impératif : gardons-nous bien de suivre, à la manière des moutons,
le troupeau de ceux qui précèdent en allant non pas vers où il faut aller,
mais simplement où vont les autres.
Car rien n’entraîne à de plus grands malheurs que de se conformer à la rumeur publique,
en estimant que les meilleurs choix sont ceux du plus grand nombre,
de se laisser conduire par la multiplicité des exemples –
cela parce que nous vivons non d’après la raison mais dans un esprit d’imitation. »
 
SÉNÈQUE, philosophe romain, 4 à 65 AD
« La vie heureuse » (De Vita Beata)
  Sénèque. La vie heureuse.  Traduit du latin par François Rosso, édition Arléa, Paris, 1989
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LE DEVOIR  -  1910-2010
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DEMAIN – Hymne au Québec
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« Ce qui nous laisse petits,
    c'est la peur de devenir grands »
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mercredi 20 avril 2011

RÉALITÉ « CANADIAN » - UN TÉMOIGNAGE...



Un de mes chers correspondants qui vit au Manitoba m'a transmis ce fait de la vie courante dans cette partie du Canada. Je vous laisse apprécier...



J'en ai une autre sacrée de bonne à te raconter...
 
Ce matin, j'ai conduit mon fils à l'aéroport international de Winnipeg pour un voyage en France organisé par son école franco-manitobaine.
 
On était un groupe d'environ 50 personnes, les enfants et leurs parents. Je connais tous ces gens. Ils sont tous des Franco-Manitobains de souche. La dame en charge du groupe est une enseignante de l'école. On suivait ses directives qui étaient en français. Elle parlait fort pour se faire entendre. Les employés de l'aéroport devaient sûrement savoir qu'on était un groupe francophone.
 
L'enseignante nous a dit de faire la file pour l'enregistrement des bagages. On s'est donc dirigé vers le préposé au comptoir d'Air Canada. Moi et mon fils étions environ au milieu de la file. Je pouvais entendre le préposé toujours parler que l'anglais avec tous les passagers et leurs parents. Ça m'a choqué car Air Canada est supposé avoir quelqu'un de bilingue. Quand est venu notre tour, j'ai exigé le service en français.
 
Le préposé a tout de suite changé vers le français, et tout s'est déroulé en français avec nous. Mais aussi tôt le prochain jeune et ses parents, tous se sont parlé en anglais, alors le préposé a parlé en anglais. Et ce fut comme cela pour le reste des passagers et parents.

Pourtant *tous* sont des francophones. Même l'enseignante en charge du groupe francophone s'est adressée en anglais au préposé.
 
Somme toute, sur les 50 personnes francophones dans la file du comptoir d'Air Canada, j'ai été le *seul* à m'adresser et donc recevoir le service en français!!
 
Je ne jette pas la faute au préposé de Air Canada. Les francophones se sont adressés en anglais, alors il les a servi en anglais. Non, mais, tabarnac, fait-il être assimilé au boutte pour refuser le service en français? Pourtant ce sont ces même francophones qui ont chialé pendant des années pour avoir leurs propres division scolaire francophone. Ce sont aussi ces mêmes francophones qui maudissent  les québécois parce que le Québec est, pour eux, trop français à cause de la Loi 101. Les Québécois qui se tiennent debout sont détestés ici.
 
N'est-ce-pas Emmanuel Kant qui avait dit «Si tu te fais ver de terre, ne te surprend pas si on t'écrase avec le pied.»? Jean-Luc, malgré les sentiments anti-français ici, les gouvernements provincial du Manitoba et municipal de Winnipeg ont une politique d'embauche d'emplois francophones. Mais les francophones ne s'adressent pas en français au gouvernements. Même pire, il se parlent souvent en anglais entre eux-même. Avec un tel complexe d'infériorité, les francophones hors-Québec ne méritent pas de survivre.
 
Pire encore, les francophones ici blâment les séparatistes québécois pour l'assimilation et les manques de services. Os... de ca... Qu'on offre une bonne job solide au Québec, et je sacre mon d'icitte. Car je commence en avoir assez...

Jean
P.S. Durant l'heure et demi que j'étais dans l'aéroport, je n'ai jamais entendu une seul annonce de vol en français à l'intercom. C'est anglais seulement. Pourtant c'est un aéroport international. Crisse, à l'aéroport de Dorval (maintenant Trudeau), les appels sont bilingues, et même à l'aéroport de la ville de Québec. Non, mais quand est-ce que les Québécois vont se réveiller et réaliser que le Québec est leur pays, pas le Canada? Et que le Canada fait tout pour angliciser le Québec?

Jean


Un témoignage qui démontre bien la précarité culturelle d'une minorité francophone sans métropole forte et indépendante à laquelle il est possible de se rattacher. La France et la Francophonie sont  bien loin pour les Franco-Manitobains dispersés dans ce pays britannique...  

Un Québec indépendant et maitre chez lui pourra sans doute inspirer plus de fierté aux francophones minoritaires du Canada au moyen de diverses ententes de réciprocité et de coopération, vu que le Québec compte une minorité historique d'origine britannique qui aimera normalement conserver des liens avec le Canada.
 
Merci Jean, et bon courage !

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LE DEVOIR  -  1910-2010
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DEMAIN – Hymne au Québec
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    c'est la peur de devenir grands »
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jeudi 14 avril 2011

EXCUSES DES ANGLAIS AU PEUPLE ACADIEN ?


À QUAND LES EXCUSES DES ANGLAIS
AU PEUPLE ACADIEN POUR SA DÉPORTATION ?

Sait-on que l'Angleterre a offert des excuses officielles au peuple afrikaner d'Afrique du Sud pour les atrocités commises envers ce peuple dans une répression au tournant de 1900 ?

Sait-on que l'Allemagne a fait de même envers le peuple héréro de Namibie qu'elle extermina vers les mêmes années ?

Quand l'Angleterre offrira-t-elle des excuses officielles pour avoir déporté nos frères Acadiens et séparé les familles aux quatre coins de l'Amérique au 18e siècle ?

Le 12 octobre 1999
LA GUERRE DES BOERS: LA HONTE DU ROYAUME-UNI
DOUBLE HONTE POUR QUÉBEC !

Au début d'octobre 1999, le Duc de Kent, cousin de la Reine Elizabeth d'Angleterre a participé à la commémoration du 100e anniversaire de la guerre des Boers en Afrique du Sud en reconnaissant les torts ignobles de son pays dans cette guerre coloniale. En compagnie du Président sud-africain Thabo Mbéki, il faisait une visite des cimetières Boers et noirs de la région de Bloemfontein. C’est ce que nous apprenait le site Internet de la BBC [clic].

Le Duc a dénoncé les atrocités commises sous la direction du commandant britannique Kitchener (qui a donné son nom à la ville d'Ontario...) dans les camps de concentration où sont morts des milliers de soldats afrikaners (20 000) et noirs (14 000) avec, en plus, des milliers de femmes et d’enfants. En emprisonnant les femmes et les enfants, les Britanniques voulaient démoraliser les combattants afrikaners. Les Afrikaners sont les descendants des premiers colons d’Afrique du Sud qui étaient néerlandais. Ces camps sont considérés par certains comme les premiers « camps d’épuration ethnique ».

Il a déclaré « Ceux qui connaissent l'histoire de cette guerre ne peuvent être que choqués et dégoûtés par la négligence honteuse envers les prisonniers, particulièrement les femmes et les enfants dans ces camps ». Cette guerre commencée le 11 octobre 1899 a fait rage pendant trois longues années. Il y a eu près de 70 000 morts, dont une forte proportion de Noirs: pourtant cette guerre fut qualifiée de « guerre entre Blancs ». Des milliers de Noirs avaient été enrôlés de force par les deux camps et se sont entre-tués.

Il faut savoir que le pouvoir colonial britannique au Canada a envoyé des troupes pour écraser les Boers, avec même la participation de quelques Québécois, eux-mêmes colonisés sous la férule des Anglais. Ce fut une honte pour le Québec d’alors. Ce l’est encore plus aujourd’hui!

Or, la bonne ville de Québec peut aussi avoir honte, car elle abrite un monument à la « gloire » des troupes anglaises qui perpétrèrent ces infamies. Ce monument se trouve sur le Chemin Saint-Louis, tout près de la Porte du même nom, à l’Est. On se doute que la plupart des Québécois et des étrangers passent devant sans y faire attention ou sans savoir ce qu’il représente. Nous ne pouvons plus l’ignorer.

Si la ville de Kitchener peut célébrer (?) le commandant britannique qui dirigeait ces « opérations » contre le peuple afrikaner et les Noirs du Transvaal, la ville de Québec, « Joyau du Patrimoine mondial » peut-elle tolérer encore longtemps la présence honteuse d’un tel monument dans ses vieux murs ? De toute évidence, il s'impose que, sans détruire ce monument historique, une plaque y soit ajoutée exposant clairement ce scandale. Aucune ville d’Europe n’a érigé de monument aux auteurs des camps de concentration de 1939-45, mais on conserve ces derniers pour l'histoire...
Pour en savoir plus sur la guerre des Boers :   Site Hérodote.

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 Le cas de l'Allemagne en Namibie.

Les excuses de l’Allemagne au peuple Héréro

Sur une population estimée de 60 000 à 80 000 personnes, avant les massacres, il ne restera qu'une quinzaine de milliers de survivants

 



  (Phot : DR) RFI - 16 août 2004

Sur une population estimée de 60 000 à 80 000 personnes, avant les massacres, il ne restera qu'une quinzaine de milliers de survivants.

L'Allemagne demande pardon pour le massacre des Héréros. Cela fait un siècle que cette communauté namibienne, décimée en 1904, par l'armée coloniale allemande attendait ces excuses officielles.

C'est l'un des premiers actes de résistance à  la colonisation. En août 1904, les Héréros, peuple du sud-ouest africain, se révoltent contre l'occupation allemande. L'armée coloniale du Reich, emmenée par le Général Lothar Von Trotha, se livre alors à  une impitoyable répression.

Puits empoisonnés, travaux forcés, camps de concentration : 65 000 Héréros sont décimés en trois ans, au cours de ce que certains historiens qualifient de premier génocide du 20e siècle.

Un siècle plus tard, l'Allemagne a fini par présenter des excuses aux Héréros, par la voix de sa ministre de la Coopération et du Développement. « Nous Allemands, acceptons notre responsabilité morale et historique, je vous demande de nous pardonner », a déclaré Heidemarie Wieczoreck-Zeul au cours d'une cérémonie commémorative organisée au nord de la Namibie.

Oui aux excuses, non aux réparations 

Ce geste sans précédent a été salué aussi bien par le gouvernement namibien que par les Héréros. Ce qui ne les a pas empêchés de réclamer à  nouveau des réparations.

Des poursuites contre l'Allemagne ont été engagées devant la justice américaine pour le versement de 4 milliards de dollars d'indemnités. Berlin s'est toujours refusée à  verser des compensations.

La ministre de la Coopération s'est en revanche engagée à  accroître son soutien financer à  la Namibie. Avec 12 millions d'euros par an, l'Allemagne est déjà  le premier fournisseur d'aide à  la Namibie, où vivent encore aujourd'hui 25 000 germanophones.
Sylvain Biville
SOURCE :  (Radio France Internationale - 16/08/2004)

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DEMAIN – Hymne au Québec
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« Ce qui nous laisse petits,
    c'est la peur de devenir grands »
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mercredi 13 avril 2011

CHAMPLAIN, NOTRE PÈRE À TOUS



Champlain révèle sa vraie nature !

Champlain est le père des Québécois, des Acadiens, des Métis, selon
l'historien américain David Hackett Fischer.
Dans une biographie exceptionnellement fouillée,
il nous fait découvrir un grand humaniste,
qui rêvait d'accommodements raisonnables bien avant l'heure.
par Georges-Hébert Germain
L’ACTUALITÉ – Avril 2011
Illustration de Gérard Dubois

Nos fils épouseront vos filles. Nous formerons ensemble une seule et même nation. » Ainsi parlait Samuel de Champlain aux Indiens d'Amérique, ses frères humains bien-aimés, ses indispensables partenaires d'affaires, ses complices admirés. On a compris, dès les premières pages du formidable livre de l'historien américain David Hackett Fischer, Le rêve de Champlain [1], quelle était la nature de ce rêve qu'entretenait le grand homme.
[1] « Le rêve de Champlain », David Hackett Fischer, Les Éditions du Boréal (2011), 1008 pages.
Il est facile, voire banal, de rêver d'un monde meilleur. Ce qui l'est moins, c'est de porter ce rêve, malgré les épreuves et les échecs de toutes sortes, pendant plus de 30 ans, d'y investir toute son énergie, tous ses espoirs, de savoir tirer les bonnes ficelles à la cour de France et créer de durables alliances avec les Indiens, et de traverser 27 fois l'Atlantique, de vivre avec la mort sans cesse à ses côtés, sans savoir qui frappera le premier, qui frappera le dernier, toujours absolument fidèle à son Roi et à sa Foi, mais plus encore à son grand et dévorant dessein...
Ce rêve, ce fut toute la vie de Champlain. On ne lui en connait pas d'autre. Il a fait un mariage de raison, dont on ne sait même pas s'il fut consommé.
David Fischer nous raconte comment Champlain a réalisé son rêve fou, mais aussi comment, tout jeune encore, il l'a conçu, comment lui est venue, à lui, guerrier de métier plongé dans les horreurs des guerres de religion en Europe et témoin des crimes contre l'humanité perpétrés par les nations européennes en Amérique, cette idée, nouvelle en son temps, de faire autrement, d'agir humainement et fraternellement, là où l'usage était d'asservir et d'exterminer.
Pour la très grande majorité d'entre nous, Champlain a fondé Québec dans le vague espoir de trouver un passage vers la Chine et afin de contrôler et de structurer le lucratif commerce des fourrures, que se disputaient, au début du 17e siècle, Anglais, Français, Basques et Néerlandais. Le Robert et le Larousse des noms propres ne nous disent à peu près rien de plus. Fischer, lui, nous apprend que Champlain avait ce vaste et noble dessein de créer, à la frontière des cultures européenne et américaine, une nouvelle humanité, rien de moins. Et que c'est ce qu'il a fait, nous assure l'historien. Le seul vrai « nouveau monde », créé en Amérique dans la mixité, le métissage, le mélange des cultures, des ethnies, des espoirs et des idées, c'est celui de Champlain.
L'expérience humaine vécue par les Français en Acadie et dans la vallée du Saint-Laurent a été très différente de celle menée par les Anglais et les Néerlandais sur la côte atlantique. La géographie y est pour beaucoup. La chaine des Alléghanys empêchait chez eux la pénétration du continent, que le Saint-Laurent et les Grands Lacs favorisaient chez nous. Mais il y eut dans cette histoire autre chose d'infiniment plus déterminant: le génie de ce grand humaniste qu'était Champlain.
Fischer fait d'abord le minutieux inventaire des expériences qu'a vécues le jeune homme rompu aux arts de la navigation, de la guerre, de la balistique, brillant dessinateur et cartographe, remarquable écrivain, le plus prolifique de tous les explorateurs de son époque. Champlain a toujours su et osé franchir des frontières culturelles, physiques, idéologiques, aimant vivre au cœur des plus sauvages sociétés d'Amérique autant que parmi les plus fins lettrés de Paris.
Au péril de sa vie, il a joué les espions en Espagne, s'est embarqué pour les Antilles en compagnie de sanguinaires conquistadors, qu'il a suivis jusqu'à Mexico. Il a assisté là-bas à des exécutions de masse, hommes, femmes et enfants brûlés vifs, pendus, noyés. En France, il a guerroyé aux côtés d'hommes qu'il admirait, comme Martin Frobisher, un héros à ses yeux, un maître qui avait mené des expéditions au bout du monde. Mais Frobisher, comme Francis Drake, comme les conquistadors espagnols, l'a déçu par sa brutalité, et plus encore par le peu d'intérêt et d'ouverture d'esprit qu'il manifestait à l'égard des peuples d'Amérique, que Champlain rêvait, lui, de connaître et de mêler à son grand œuvre.
Pourtant, les Anglais et les Espagnols, qui étaient selon Fischer hermétiquement fermés aux cultures amérindiennes et qui les ont bien souvent détruites, ont bâti en Amérique des empires infiniment plus importants par leur étendue, leur puissance et leurs populations que les Français. De ce point de vue, l'œuvre de Champlain semble avoir été une moins grande réussite, pour ne pas dire un échec.
« II ne faut surtout pas voir les choses ainsi, nous dit le grand historien. D'un point de vue humain, la Nouvelle-France a été un bien plus grand succès que la Nouvelle-Espagne ou que la Nouvelle-Angleterre ou que n'importe quelle colonie européenne en Amérique du Nord ou du Sud. En Acadie, dans la vallée du Saint-Laurent, dans les Grands Lacs, partout où a agi Champlain, les relations entre Français et Indiens ont été fusionnelles, intimes, créatrices. La Nouvelle-France n'a pas été un échec. Bien au contraire, c'est une formidable réussite, une leçon de vie et de savoir-vivre dont on n'a pas d'autre exemple dans toute l'histoire des Amériques. »
Fischer, qui a reçu le prix Pulitzer d'histoire en 2005 pour Washington's Crossing (Oxford University Press, 2004), s'intéresse aux moments charnières et aux idées fondatrices de l'histoire américaine. Il s'est documenté sur Champlain depuis qu'il sait lire, c'est-à-dire depuis près de 70 ans, et il en parle depuis 40 ans à ses étudiants de l'Université Brandeis, près de Boston. Il a tout vu, tout lu sur l'enfant de Brouage, dont bien sûr les historiens québécois, qu'il respecte au plus haut point, comme feu Marcel Trudel. Fischer sait tout sur l'époque de Champlain, sur ses associés, ses ennemis, ses doutes, ses idées...
« Champlain est le père des Québécois, des Acadiens, des Métis, dit-il. Mais aussi de cette idée toujours vivace que nous sommes tous frères. Je crois profondément que nous avons tous beaucoup à apprendre de lui si nous voulons mieux vivre ensemble. »
Champlain avait une façon unique d'entrer en contact avec les autres, quelles qu'aient été la couleur de leur peau, leur langue, leur religion, leur position sociale. Il accueillait les idées des Indiens avec la même considération que celles des rois, des cardinaux, des armateurs qu'il fréquentait dans son pays natal. C'est beaucoup par cette curiosité qu'il avait pour autrui et par la très grande tolérance qu'il a toujours manifestée, même envers les féroces Iroquois, que l'historien explique la constitution du rêve de Champlain.
Né protestant, converti au catholicisme, l'homme a toujours cherché à composer des équipages et des colonies mixtes de catholiques et huguenots. Ce n'est que plus tard, par la force des choses et la faiblesse des hommes, que Québec est devenue un fief rigoureusement catholique, longtemps contrôlé par les chevaliers de Malte.
Champlain pouvait, quand il croyait devoir le faire pour sauvegarder son rêve, être très dur et appliquer la loi française dans toute sa rigueur. Il a fait pendre et décapiter Jean Duval, qui, pendant le premier hivernement à Québec (1608), avait fomenté un complot contre lui. Avec les Indiens, cependant, il a sans cesse cherché à appliquer une justice qui satisfaisait tout le monde et tenait compte de la culture et de la morale de chacun — Algonquins, Micmacs, Montagnais, Français, nobles ou roturiers, catholiques ou huguenots... Cette justice exigeait, avec les « Sauvages », de longues palabres et maintes «tabagies», mais elle a été remarquablement efficace : elle a permis de créer entre eux et les Français des liens féconds et solides.
« Si nous faisons aujourd'hui des accommodements raisonnables, c'est que l'esprit de Champlain vit en nous », dit l'écrivain Daniel Poliquin, qui a traduit Champlain's Dream. « Ce livre parle de nous, comme s'il était, en même temps que le portrait d'un homme, celui d'un peuple qui lui ressemble de façon frappante, un peuple très tolérant, non violent, accueillant, très curieux des autres. »
Champlain n'était pas seul avec son rêve. En France, il a toujours évolué dans les cercles humanistes, les lointains ancêtres des Lumières et les initiateurs de ce courant philosophique qui traversera, jusqu'au siècle suivant, toute la pensée européenne. Henri IV (qui serait, selon certains historiens que Fischer ne prend pas trop au sérieux, le père biologique de Champlain, dont les origines sont très vagues) était un esprit progressiste, qui partageait et nourrissait le rêve de Champlain. Catherine de Médicis, qui assura la Régence après l'assassinat de son mari, et le cardinal de Richelieu, qui devient sous Louis XIII le ministre tout-puissant dont dépendait le sort et de la métropole et des colonies, étaient nettement moins favorables au rêve de Champlain.
S'il y avait eu un homme autrement éclairé, plus tolérant, plus ouvert aux idées neuves que l'intransigeant cardinal de Richelieu, le sort de la Nouvelle-France, après la mort de Champlain, aurait pu être tout autre. Et l'horrible petite phrase de Voltaire sur les « quelques arpents de neige », qui grouille dans notre histoire comme un ver dans une pomme, n'aurait peut-être jamais été proférée.
N'empêche, quand Champlain est mort, à Québec, le jour de Noël 1635, âgé de plus de 65 ans, les petites sociétés qu'il avait fondées étaient, malgré leur fragilité, solidement implantées.
Le rêve de Champlain est un magnifique objet de près de 900 pages, dont le tiers est constitué d'appendices réellement passionnants — même pour un profane —, de notes et de références critiques, d'un index de plus de 3 000 noms, d'une bibliographie de quelque 700 titres. Un ouvrage définitif, exhaustif, savant donc, mais en même temps très accessible.
Plus qu'accessible : séduisant, très attachant. L'œuvre d'un grand esprit sur un homme de génie, un sage, Samuel de Champlain, homme de cour et coureur des bois, le rêveur suprême, qui, nous dit Fischer, a réalisé le plus beau et le plus hautement civilisé des rêves que les Européens ont portés en Amérique au 17e siècle.
Et nous, aujourd'hui, habitants de cette partie du monde dont nous avons grâce à lui hérité le fleuve, son estuaire, ses îles et son golfe, nous baignons dans ce rêve, le rêve de Champlain, qui d'après Fischer fait de nous du « pas mal bon monde », qui rayonne tout autour de nous et qui, nous assurent l'auteur et le traducteur, devrait durer encore longtemps si nous en prenons soin.








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