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lundi 22 août 2011

PÉRIL EN LA DEMEURE...

Une courte mais percutante conférence présentée à la réunion du Nouveau Mouvement Québécois au cégep Saint-Laurent le 21 août dernier (2011) à la veille de la Commission sur la question des ressources naturelles du Québec. Daniel Breton, fondateur de MCN21 Maitre chez nous 21e siècle fait un rappel de la question énergétique pour en arriver à un constat inquiétant de ce qui se passe sous le gouvernement Charest aujourd'hui.

    Voir :  « Péril en la demeure » (ce site est malheureusement disparu).

On se fait voler au grand jour, et à grande échelle !



Daniel R. Breton, président de MCN21 Maitres chez Nous

Autres documents qui démontrent l'urgence de prendre les moyens qui s'imposent pour arrêter la dépossession...

Mines - Porteurs d'eau
Jean-Robert Sansfaçon
Le Devoir -- Édition du mercredi 08 avril 2009
Ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal, veut l'adage. Dans le cas des ressources naturelles dont regorge le sous-sol du Nord québécois, il y en a qui savent et qui en profitent pour se remplir les poches sans se soucier de ce qu'ils laissent derrière eux. Et ils le font avec la complicité du gouvernement du Québec.

Les compagnies minières qui exploitent les ressources du sous-sol québécois se comportent comme des prédateurs au service de leurs seuls actionnaires. Si les minières agissent de la sorte, c'est parce que Québec, qui prétend vouloir créer de l'emploi, leur accorde des privilèges indus en délaissant son rôle de fiduciaire de nos richesses collectives. Il y a quand même une différence entre développer l'économie et épuiser la ressource, mais on ne semble pas l'avoir compris à Québec.
(...)
Pour lire la suite :  CLIC
Découvrez aussi la mine Raglan qui se trouve dans l'extrême Nord du Québec et que pratiquement personne ne connait. On y extrait pourtant depuis une douzaine d'années des millions de tonnes de minerais de cuivre, nickel, cobalt, palladium, platine, etc. qui sont parmi les plus riches au monde.
Et pas un seul gramme de ces minerais n'est transformé en métal dans une usine au Québec


Voir la photo satellite : clic.

On pouvait lire ceci en 2006 sur un site spécialisé en mines, avant que la Falconbridge Ltd soit achetée par la multinationale Xstrata :
« All but a couple of the approximately 6 known PGM-Ni-Cu (*) deposits and 20 mineralized bodies at Raglan are owned by Falconbridge Limited the western world's third largest and perhaps, lowest cost, nickel producer. Primarily because they alone have been developing the area for nearly 20 years. It is expected that there is presently well in excess of 30 million tons of very high grade ore proven in the camp. The grades at the existing Falconbridge deposits are notably rich in Platinum and Palladium and high in Nickel. Our estimate is that Falconbridge's net cost of nickel at Raglan is near $0.00/lb, after PGM and other credits are factored in. PGM values for Raglan are very high, especially for Platinum, palladium and Rhodium and are known to assay as high as 9.3 g/t Platinum, 26.76 g/t Palladium and 24% Nickel. Exact PGM numbers for Falconbridge's Raglan Mine are a closely guarded secret (**).
(*) PGM : « platinum group metals » - Métaux du groupe platine : platine, palladium, rhodium, ruthénium, iridium et osmium : tous des métaux très précieux
         Exemples de prix de vente de ces métaux le 22 août 2011 :
Platine : 1915 $/once (troy) = 61 575 $/kg (1)
Palladium : 765 $/once (troy) = 24 598 $/kg
Rhodium : 1875 $/once (troy) = 60 289 $/kg
Or : 1907 $/once (troy) = 61 318 $/kg
Argent : 44 $/once (troy) = 1 415 $/kg

    (1)  1 150 $/once en 2006 ( 36 977 $/kg ).
          1 once de troy = 31,1 grammes.
(**) Dans le dernier rapport annuel de Falconbridge (2005),
        les revenus tirés du platine ne sont pas révélés !!! Voir ci-dessous. 

Ces rapports annuels sont maintenant introuvables. Je les avais toutefois téléchargés avant qu'ils disparaissent en 2006... Par la suite, les nouveaux exploiteurs ne fournissaient plus autant de détails compromettants. 

Valeurs tirées de ce rapport annuel :

MINE RAGLAN
Nouveau Québec
Produit annuel brut 2005
À partir des prévisions de production au site
http://www.mining-technology.com/projects/raglan/
           Extraction prévue en 2007 :    1 200 000 tonnes de minerais (au moins)

 Nickel à 2,98% : 35 800 tonnes   Valeur à 14,3 $ÉU/kg : 512 M$ÉU
 Cuivre à 0,91% : 10 920 tonnes   Valeur à 3,76 $/kg :    41 M$ÉU
Métaux de la famille du platine (platine, palladium, rhodium, osmium...) :
production inconnue...
En mai 2007, le prix du nickel est monté à près de 50$/kg (Source)
Mais on estime à 1 g/t la teneur minimale en platine du minerai (on a mesuré jusqu'à 9,3 g/t !), ce qui donne environ 1,2 millions de grammes, soit 1200 kilogrammes au minimum... 
En 2006, le platine se vendait environ 41 000 $can./kilogramme (Source). Le produit annuel minimal du platine pouvait être d’environ 49,2 millions de $. Mais, le rapport annuel de Falconbridge en 2005 est très très discret sur ce point : les revenus associés aux métaux précieux de la famille du platine ne sont pas mentionnés, par rapport au nickel qui a rapporté 512 millions de $ÉU...!
    Valeurs tirées du rapport annuel 2005 de Falconbridge :
http://archive.xstrata.com/falconbridge/www.falconbridge.com/documents/annual_reports/Fal_2005_AR.pdf
Note : ce dernier document PDF de 100 pages, bourré de données comme on n'en donne plus, que j'ai toujours, est disparu de l'internet au cours de 2006...
    Il importe de savoir que pas un seul gramme de ce minerai n'est transformé en métaux précieux au Québec : les transformation secondaires sont faites à Sudbury dans le nord de l'Ontario après un long parcours par bateau et train via Québec. À son retour à Québec, le minerai raffiné est transporté en Norvège pour la transformation finale en cuivre, nickel, etc., les opérations les plus lucratives... (document : http://www.xstratanickel.com/EN/Publications/Publications/Brochure%20Xstrata%20Nickel.pdf)

    D'où la pollution par les poussière de nickel dans la basse-ville de Québec, ce qu'on se garde bien de dire et répéter...

Il importe aussi de savoir ce que le vérificateur général du Québec a révélé en avril 2009 : les millions de tonnes de riches minerais extraites chaque année du sous-sol québécois ne nous rapportent essentiellement rien d'autre que des salaires de mineurs et autres personnels :

Laxisme dans les mines

Radio-Canada - jeudi 2 avril 2009 à 15 h 14
Le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, constate du laxisme dans le contrôle de l'exploitation des mines.
Dans son rapport déposé mercredi, M. Lachance estime que les mécanismes de contrôle de l'exploitation minière au Québec sont inexistants.
Il constate aussi qu'entre 2002 et 2008, 14 entreprises minières n'ont versé aucun droit minier au gouvernement. Durant la même période, ces entreprises produisaient pour 4,2 milliards de dollars en exploitant les ressources minières.
« C'est des entreprises qui ne paient pas de droits miniers parce qu'elles profitent d'un paquet de déductions, d'allocations, dans le calcul des droits miniers. Donc, pendant un certain nombre d'années, elles retirent des ressources, mais elles n'ont jamais payé de droits miniers », explique M. Lachance.
Le vérificateur général déplore également que des entreprises minières aient abandonné des sites miniers sans les nettoyer, ce qui a coûté 264 millions de dollars aux contribuables québécois.
« Il existe des mécanismes de contrôle pour s'assurer que les sociétés minières supportent idéalement 70 % des coûts de la restauration. 
Or, ces mécanismes-là ne fonctionnent pas », dit-il.
M. Lachance constate aussi que l'exploitation de certaines mines s'est faite sans que leurs plans aient été approuvés par le ministère de l'Environnement. Enfin, on peut lire que dans la quasi-totalité des dossiers, on ne retrouve aucune trace de collaboration entre les inspecteurs du ministère des Ressources naturelles et ceux du ministère du Développement durable favorisant « la cohérence, l'efficience et l'efficacité des activités d'inspection ».
Le vérificateur général formule une série de recommandations au ministère des Ressources naturelles pour mieux encadrer le secteur minier. Il propose entre autres de réévaluer les droits miniers et de mener à terme l'élaboration d'une stratégie minérale, prévue depuis 2007.
En somme, nous sommes les dindons de la farce sur tous les plans, ou presque ! Des colonisés dociles.

Autres textes :

Le Bulletin de la République - 14/10/2006
ET LE PILLAGE DE NOTRE SOUS-SOL ?
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Un reportage pertinent de R-C :

Se réapproprier les ressources :
nostalgie ou stratégie?

Gérald FILION  -  Radio-Canada, 4 mars 2011
Loin de s'opposer à l'exploitation des ressources du Québec, des personnalités politiques, des milieux universitaires, syndicaux et communautaires ont lancé un appel pour la reprise de possession des ressources par l'État. Ils refusent la privatisation du gaz et du pétrole, qui s'est déroulée de 2005 à 2008.  

Les Québécois ont été dépossédés de leurs richesses disent-ils. « Volés », selon Gérald Larose, l'un des signataires de la déclaration présentée aux médias jeudi matin à l'UQAM.
C'est Daniel Breton, président de l'organisme « Maîtres chez nous XXIe siècle » (MCN21) qui a orchestré cette déclaration. Ce que la coalition qu'il chapeaute demande, c'est un virage à 180 degrés, un retour en arrière qui exigerait un changement de cap idéologique total du gouvernement Charest.

Plutôt que de céder les droits sur l'exploration et l'exploitation des ressources du Québec à des entreprises privées, les signataires de la déclaration de MCN21 sont d'avis qu'il faut que l'État reprenne une place prépondérante dans l'actionnariat et le processus de décision. Surtout, ils réclament un débat sur la question.
Pour lire la suite :  CLIC. [Cette page n'existe plus, 
http://radio-canadapodcast.com/nouvelles/carnets/2011/03/04/132445.shtml?auteur=2062 ]
Voir aussi :

L’incroyable mais véridique histoire du « free mining » au Québec


Jean-Luc Dion

22 août 2011 

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Caricature de Robert La Palme - Vers 1950.

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« On va toujours trop loin pour les gens qui vont nulle part »

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« Aucun peuple digne de ce nom dans le monde
n'a jamais craché sur son indépendance.
   Le peuple québécois serait-il si différent des autres ?
   Son état de peuple annexé et soumis serait-il définitif ?»

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Texte de réflexion dans Le Devoir, 22 août 2011 :

Pour des États généraux du mouvement souverainiste

Marc Laviolette et Pierre Dubuc
Respectivement président et secrétaire du SPQ Libre
 
LE DEVOIR  -  22 août 2011  Québec

Parti québécois, Québec solidaire, Parti indépendantiste, Option-Québec, le mouvement souverainiste se fractionne. Le résultat de ce fractionnement est prévisible. Face aux forces fédéralistes, la dispersion va se transformer en débandade, la désunion en déroute.

La responsabilité de Mme Marois

La responsabilité de ce gâchis est certes partagée, mais Mme Marois, en tant que chef des forces souverainistes, doit en assumer la plus grande part. Elle n'a pas été la rassembleuse que ses antécédents laissaient espérer. Sous sa gouverne, nous avons eu droit à des expulsions contrevenant aux statuts (le SPQ Libre est bien placé pour en parler), au filtrage des délégués et des propositions dans la préparation du dernier congrès, à la manipulation au congrès de la priorisation des propositions (le programme du parti ne comprend aucune référence au mouvement syndical parce qu'on a donné priorité à une proposition sur les haltes routières!) et à la reconsidération du vote, lorsqu'une proposition déplaisait à la direction du parti, comme ce fut le cas avec la proposition en faveur de l'unilinguisme dans l'affichage.

Mme Marois a triomphé au congrès. Elle a obtenu la confiance de 93 % des délégués et l'adoption de ses propositions sur la gouvernance souverainiste. Mais, force est de réaliser aujourd'hui que ce fut une victoire à la Pyrrhus. On se rappellera que ce général avait perdu tellement de troupes dans sa victoire contre les Romains que l'historien Plutarque lui prêta cette phrase: «Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus.»

Cependant, à son crédit, nous savons maintenant que Mme Marois peut reconnaître une erreur. Elle l'a fait lors des événements entourant le vote sur l'amphithéâtre de Québec en permettant un vote libre de ses députés sur le projet de loi 204. Bien sûr, elle l'aurait permis plus tôt, elle aurait empêché la démission de membres de son caucus.

Aujourd'hui, Mme Marois promet une large consultation avec les citoyens. On ne peut s'y opposer. Mais ce n'est pas ce que les événements exigent. Nous assistons à l'éclatement des forces souverainistes et à la multiplication des regroupements, mouvements et partis. Aucun parti actuel n'est en mesure de contrer l'effet de ces forces centrifuges. Même Françoise David en fait le constat, devant la création du Nouveau Mouvement pour le Québec, dont l'élément fondamental de son manifeste est un copié-collé du programme de Québec solidaire.

Pour la tenue d'États généraux

Nous pouvons bien discuter aujourd'hui s'il vaut mieux tenir une constituante avant ou après un référendum sur la souveraineté, mais, chose certaine, afin de pouvoir convoquer une véritable constituante, il faut d'abord prendre le pouvoir!

Devant cette situation d'éparpillement des forces indépendantistes, le SPQ Libre croit qu'il faut un point de ralliement au-delà des partis politiques et que celui-ci ne peut être que la convocation des États généraux du mouvement souverainiste.

Mme Marois pourra y défendre sa gouvernance souverainiste, Québec solidaire et le Nouveau Mouvement pour le Québec leur projet de constituante, le député Jean-Martin Aussant pourra y mesurer l'appui que recueille sa proposition de déclaration d'indépendance par suite d'une simple victoire électorale, et ainsi de suite. Les États généraux permettront de confronter les points de vue dans le but de clarifier les objectifs, les stratégies et les formes organisationnelles de la lutte pour l'indépendance du Québec dans le présent contexte québécois, canadien et mondial.

La multiplication des regroupements souverainistes est un signe de la vitalité de l'idée de l'indépendance du Québec. La flamme souverainiste est partout présente. Notre tâche est de la transformer en flambeau. Pour ce faire, la tenue d'États généraux du mouvement souverainiste s'impose. À Mme Marois, la chef actuelle de la plus importante organisation souverainiste, de les convoquer.
Source :  clic.

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Aussi dans Le Devoir du 22 août :

Crise au PQ - Il y a 30 ans, Pierre Bourgault faisait le même constat

Robert Comeau - Historien  -  Le Devoir, 22 août 2011

Pierre Bourgault en 1983, deux ans après sa démission du Parti québécois<br />
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Pierre Bourgault en 1983, deux ans après sa démission du Parti québécois

Denis Monière, dans Le Devoir du 17 août dernier, affirme que «le Parti québécois a connu sa première dérive idéologique en 1985 lorsqu'il a remplacé la souveraineté par la logique autonomiste de l'affirmation nationale». Je pense qu'il faut effectuer un bref rappel historique pour comprendre que la crise actuelle du projet indépendantiste est contenue en germe dès la création du Parti québécois en 1968.

Il y a trente ans, le franc-tireur de l'indépendance Pierre Bourgault, après sa démission du Parti québécois en 1981, avait fait le même constat que les démissionnaires d'aujourd'hui. Il faut relire le bilan qu'il fait de ses vingt ans de vie politique active, dans ses Écrits polémiques, La politique, tome 1, ouvrage publié une première fois en 1982 chez VLB éditeur et réédité en 1996 chez Lanctôt éditeur.

D'abord le fait que, dès 1967, René Lévesque, en fondant le mouvement Souveraineté-association (MSA), n'ait pas voulu s'unir aux indépendantistes du Rassemblement pour l'indépendance nationale dirigé par Pierre Bourgault contient en germe la crise actuelle. Bourgault milite pour l'indépendance depuis le début des années 60, s'impose comme le principal porte-parole du mouvement et devient président du RIN de 1964 à 1967. Ce tribun indépendantiste exceptionnel, qui s'exprime dans des discours colorés sans la retenue habituelle des politiciens et la crainte des excès de langage, abandonne la direction de son parti dans l'espoir de réaliser l'unité des indépendantistes dans un seul grand parti, alors que Lévesque, quittant le Parti libéral et fondant le MSA, se méfie du RIN clairement décidé à briser le lien fédéral et à mettre fin à notre statut politique minoritaire au Canada et résolument pour la création d'un pays indépendant et progressiste.


Lévesque a un autre projet en tête et se tient loin du radicalisme des indépendantistes. Il cherche même à se faire excuser de son option séparatiste. Il fera d'ailleurs toujours coïncider la naissance du mouvement souverainiste avec la fondation du MSA, exprimant par ce fait même une rupture avec le mouvement indépendantiste.


L'indispensable indépendance


Bourgault adhère pourtant au PQ et tente de s'y faire une place malgré l'opposition de Lévesque et des souverainistes étapistes qui considèrent maintenant les indépendantistes comme des radicaux «purs et durs». Il réussit à se faire élire à l'exécutif du PQ malgré Lévesque en 1971, mais démissionne après un an, désillusionné, car marginalisé par Lévesque au sein du parti et ne pouvant intervenir comme il le souhaitait pour mettre en avant l'indépendance du Québec.


Ses arguments pour l'indépendance se retrouvent dans le programme électoral du RIN de 1966, qui n'est pas un programme de bon gouvernement provincial. Bourgault est très clair: «On s'apercevra vite à la lecture de ce programme que les solutions sont presque toutes irréalisables sans cet instrument essentiel qui s'appelle l'indépendance. C'est l'indépendance qui nous fera récupérer les pouvoirs et l'argent nécessaires pour appliquer notre programme, dans tous les domaines. Sans cet instrument, toute bataille devient futile, tout effort est vain.» (Écrits polémiques, tome 1, réédition 1996).


À ceux qui disaient alors qu'il fallait attendre les conditions gagnantes, Bourgault répondait: «Ceux qui le disent s'imaginent que l'indépendance est une récompense pour les peuples parfaits. Bien au contraire, l'indépendance est l'instrument des peuples faibles, des peuples qui n'ont pas de pouvoirs, des peuples qui manquent de moyens. C'est parce que nous ne sommes pas prêts qu'il faut faire l'indépendance. Elle vient non pas à la fin de la vie d'un peuple, mais au début: c'est-à-dire au moment où ce peuple entend assurer sa pleine liberté et assumer ses pleines responsabilités. Non, l'indépendance n'est pas une récompense, c'est un effort. Non l'indépendance, n'est pas un extrémisme, c'est la chose la plus normale au monde.» (Écrits polémiques, 1996).


En 1973, dans un article qui a pour titre «René Lévesque n'a jamais voulu l'unité des indépendantistes», il tient à réaffirmer que «c'est nous [du RIN] qui avons fait l'unité des indépendantistes, contre la volonté de René Lévesque»; dans un autre article de 1973 intitulé «L'intolérance de René Lévesque», Bourgault affirme ne pas comprendre l'acharnement que mit le politicien à nous empêcher de nous intégrer au Parti québécois.


«Avaler les indépendantistes»


Dès le congrès de 1971, Bourgault se permet un percutant discours critiquant l'orientation mise en avant par Lévesque: «Si nous sommes sérieux avec ce que nous avançons, on devrait parler moins de sécurité et pas mal plus de liberté! L'indépendance, ce n'est pas la sécurité, le statu quo. Je pense que nous avons le devoir de ne rien cacher à la population de ce que nous croyons nécessaire et vrai. Combien de fois reculons-nous devant l'exposé de notre programme? À quoi ça sert les meilleures solutions si toujours nous gardons le silence de crainte d'effrayer les électeurs? La vraie respectabilité, c'est ce à quoi on arrive quand, après des années, on se retrouve fidèles à ses objectifs et à ses principes. Et souvent le parti qui n'est pas respectable aujourd'hui peut le devenir demain s'il est resté fidèle à ses rêves de jeunesse».


En 1978, il réagira à une déclaration de Lévesque sur l'objectif du référendum: «Comme Duplessis avec l'Action libérale, René Lévesque est en train d'avaler les indépendantistes. Faire de l'association une nécessité est un recul par rapport au programme du PQ et par rapport à l'action des indépendantistes depuis une vingtaine d'années, c'est un recul idéologique, un recul stratégique et aussi un recul par rapport à la démocratie au sein du Parti.»


Sans renoncer


Dans Le Devoir du 20 août 1980, après la défaite du premier référendum, et à la veille des élections de 1981, il rompt avec le parti et dénonce «l'homme qui a incarné depuis vingt ans les espoirs de toute une génération de Québécois». Il avoue que «c'est la mort dans l'âme que je romps avec le meilleur homme politique que le Québec ait jamais produit». Pour Bourgault, le non majoritaire de 1980 n'impliquait pas de renoncer à la lutte. «Moi aussi je m'incline, mais je ne renonce pas à convaincre une majorité de la valeur de la cause que je défends.»


Revenant sur la question référendaire de 1980 qui demandait aux Québécois s'ils voulaient que leur gouvernement négocie une nouvelle entente avec le reste du Canada, basée sur la souveraineté-association: «Quoi qu'en dise Lévesque, cela veut dire que tout est négociable, y compris notre droit à l'autodétermination. Quelle stratégie inouïe! Si j'étais fédéraliste, cette question me ravirait.» Il ajoute que «ce n'est pas pour cela que le mouvement séparatiste existe, ce n'est pas pour cela que le Parti québécois a été créé, ni ce pour quoi des dizaines de milliers de militants se battent depuis plus de vingt ans».


Alors que Lévesque fait campagne en 1981 pour un bon gouvernement provincial, comme en 1976, Bourgault lui reproche de n'avoir jamais rompu avec une vision provincialiste des choses:


«Le mouvement indépendantiste, à son origine, avait rompu avec la Révolution tranquille; non pas qu'on n'y voyait pas quelques progrès par rapport à la situation précédente, mais bien parce qu'elle se voulait à l'intérieur du cadre provincial. Or, monsieur Lévesque n'a jamais rompu avec la Révolution tranquille.»
Et de conclure: «Or, il m'a toujours semblé que nous n'étions pas là pour faire mieux que les autres, mais autre chose. Si l'exercice du pouvoir pour les souverainistes ne conduit pas à l'exercice de la souveraineté, alors ce pouvoir est vain et illusoire. Il constitue un piège dans la mesure où il occulte les véritables enjeux en les reportant à plus tard, au risque de les voir disparaître de nos préoccupations collectives. C'est ce processus, déjà largement entamé, qu'il faut à tout prix stopper. Voilà l'objectif de ma sortie contre René Lévesque. Je dis qu'il est le premier responsable de tout ce vasouillage qui entoure l'option de la souveraineté.»


Jusqu'à la fin de sa vie, le 16 juin 2003, Bourgault a continué à promouvoir l'indépendance du Québec et à critiquer le PQ chaque fois qu'il n'en a pas fait sa priorité. Toujours en 1981: «Moi, je dis qu'il est suicidaire pour les souverainistes d'abandonner leur idée — tout en disant qu'on ne l'abandonne pas — au moment où cette idée a atteint sa plus grande force depuis vingt ans. Il faut en parler de plus en plus, quitte à nous retrouver dans l'opposition, là où se trouve notre idée, de toute façon.
Même si l' étapisme ne consiste qu'à abandonner notre idée par étapes, alors qu'on ait le courage de nous le dire. Si cette idée, acceptée et défendue par plus de 40 % de Québécois, ne vaut pas la peine d'être prônée ouvertement, alors que le Parti québécois et ses chefs aient le courage de la retirer du programme. Car à qui fera-t-on croire qu'on y tient quand elle ne sert plus qu'à masquer notre volontaire impuissance?»

Source :  clic.
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LE DEVOIR  -  1910-2010
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DEMAIN – Hymne au Québec
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« Ce qui nous laisse petits,
    c'est la peur de devenir grands »
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« On va toujours trop loin pour les gens qui vont nulle part »
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« Aucun peuple digne de ce nom dans le monde
n'a jamais craché sur son indépendance.
   Le peuple québécois serait-il si différent des autres ?
   Son état de peuple annexé et soumis serait-il définitif ?»
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vendredi 19 août 2011

AVANT DE DISPARAITRE...



En classant mes archives, je suis tombé sur cette lettre publiée il y a près de quarante ans dans le quotidien Le Jour, malheureusement disparu. 

L'auteur de la lettre cite un texte qui décrit très bien le mécanisme de l'assimilation linguistique par le biais du bilinguisme imposé par un groupe dominant. 

Ce mécanisme, qui fonctionne depuis la défaite sanctionnée par le traité de Paris de 1763, produit toujours ses effets néfastes sur le peuple québécois comme on peut l'observer surtout dans la région de Montréal, malgré ce qui reste de la loi 101...


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Avant de disparaître, on devient bilingue!


André Longpré  -  LE JOUR  -  13 août 1974

Je ne peux résister au désir de vous envoyer un extrait du livre d'un linguiste réputé. A. Meillet, « Esquisse d'une histoire de la langue latine ». Comment ne pas faire des rapprochements troublants entre la situation linguistique qui prévalait en Gaule dans les années qui ont suivi sa conquête par Rome et celle que le... Québec connaît depuis 1760 et vit actuellement d'une façon dramatique?
À noter surtout dans ce texte comment Meillet fait ressortir clairement le danger, d'autant plus grave qu'il est plus insidieux, que représente la « bilinguisation » d'une nation, étape qui précède immédiatement celle de la complète assimilation. Voici donc ce texte:

Je ne peux résister au désir de vous envoyer un extrait du livre d'un linguiste réputé. A. Meillet, « Esquisse d'une histoire de la langue latine ». Comment ne pas faire des rapprochements troublants entre la situation linguistique qui prévalait en Gaule dans les années qui ont suivi sa conquête par Rome et celle que le... Québec connaît depuis 1760 et vit actuellement d'une façon dramatique? À noter surtout dans ce texte comment Meillet fait ressortir clairement le danger, d'autant plus grave qu'il est plus insidieux, que représente la « bilinguisation » d'une nation, étape qui précède immédiatement celle de la complète assimilation. Voici donc ce texte:

« Sur la manière dont s'est faite l'extension du latin, on n'a aucun détail précis. À en juger par ce qui se passe en général, il faut se représenter que les populations atteintes ont d'abord été bilingues: les gens qui voulaient se cultiver, ceux qui voulaient servir Rome ont appris le latin.

L'ancienne langue du pays n'a plus eu que des usages locaux, inférieurs. La seule langue de prestige étant le latin, la langue locale a pris un caractère de plus en plus étriqué; elle n'a, plus servi aux relations hors de la localité : Elle n'a été utilisée que pour la vie courante la plus humble. Elle a perdu sa valeur, et la grave incommodité du bilinguisme a fini par disparaître: le latin... est seul demeuré.

Au moment où elle s'éteint, une langue n'a plus de dignité: elle s'est en général chargée de mots de la langue de « prestige » qui la pousse dans le néant: elle n'en est presque plus qu'une ombre.

L'extension d'une langue se fait d'abord par la pénétration du vocabulaire de cette langue dans la langue qu'elle remplace: le jour où, dans un village de Bretagne, tous les jeunes parlent français, on enregistre simplement la fin d'un large procès de francisation du breton : à ce moment, pour la culture de la jeunesse, le breton était vidé de sa substance. » (p. 231).

Il serait peut-être utile de faire paraître dans LE JOUR cet extrait, qui pourrait ouvrir les yeux de plusieurs et renforcer les convictions des autres. Sachez que je suis avec vous de tout cœur dans la lutte.
André Longpré, Montréal
Tant que le Québec sera annexé au Canada et se comportera en colonie (sens original du mot 'province'), le bilinguisme institutionnel continuera de faire ses ravages et la majorité francophone continuera de décliner. 

C'est maintenant devenu très clair que seule l'accession à l'indépendance du Québec, République de langue française, peut permettre une inversion de cette tendance et assurer le progrès de notre langue.

Plus que jamais, c'est devenu une urgence nationale !


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                           UNE CAPITALE OCCUPÉE

La Capitale nationale du Québec, TERRITOIRE OCCUPÉ ?
   Le pouvoir « canadian » marque fortement son occupation
   du territoire québécois, particulièrement dans notre capitale
   en encerclant les lieux du pouvoir québécois par un barrage
   de drapeaux rouges insolents.

   De la Gare du Palais  aux Plaines d'Abraham
   en passant par toutes les installations du port
   qui enserrent le lieu même de naissance du pays québécois.
   La terrasse du Château et les lieux avoisinants en sont couverts.
   Le tout surplombé par le grand « red maple » dominant la Citadelle.

   Oui! Quiconque observe cela du Grand Fleuve ne peut que
   conclure à l'occupation du pays québécois par d'autres...
              Jean-Luc Dion

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