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mardi 5 avril 2022

NOS GÉANTS ; NAÏM KATTAN

 

Naïm Kattan (1928-2021) est un écrivain qui vient de loin. Né à Bagdad au sein d’une famille irakienne de confession juive, il immigre au Québec en 1954 après avoir étudié à La Sorbonne à Paris où il a côtoyé les plus grands penseurs de son époque. Dès son arrivée à Montréal, le français est pour lui un choix de cœur qui définit toute son action. Il consacre son existence à la vitalité de la littérature francophone, notamment en publiant une trentaine d’ouvrages et en participant à l’émergence d’un écosystème de maisons d’édition. Pendant près de vingt-cinq ans, il occupe le poste de directeur du service des lettres et de l’édition au Conseil des arts du Canada. La carrière de Naïm Kattan a été couronnée par les plus prestigieuses distinctions, au Québec, au Canada et en France. 

VOIR LA VIDÉO MAINTENANT !
Les capsules de la série Nos géants sont disponibles en version intégrale sur le site de la Fondation, et diffusées en version abrégée sur les ondes de TVA et de MAtv. Merci à nos précieux partenaires: Gouvernement du Québec - Ministère de la Justice du Québec, Québecor, les Éditions CEC, Desjardins, Location d'outils Simplex et la CSN.
Ce mardi le 5 avril à 19h, vous avez rendez-vous à l'Auditorium de la Grande Bibliothèque avec Éric Bédard et son invité, l'historien Bernard Andrès. Cette rencontre de la série de grands entretiens Figures marquantes de notre histoire vous permettra d'en savoir plus sur le marchand et juge de paix Pierre Du Calvet, qui grâce à son engagement politique, a été un combattant des Lumières dans le Québec de l’après-Conquête.

Évènement gratuit et en public.
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La rencontre vous est également offerte en webdiffusion en direct sur notre page Facebook ou en cliquant ici.
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samedi 22 janvier 2022

CONSCIENCE et ACTION

En avril 2005, dans un échange avec un correspondant, 
je faisais ces réflexions que j'ose partager ici...

Dans « Au commencement était l'action », André Maurois écrit ceci avec quoi je suis profondément d'accord : 

« Le grand homme d'action ne suit pas les chemins battus. Parce qu'il voit ce que les autres ne voient pas, il fait ce qu'ils ne font pas. Sa volonté devient un raz de marée qui balaie les habitudes et les résistances. Conscient, plus que personne, des phénomènes particuliers à son époque, il devine ce qui va naître et en favorise la naissance. L'action politique doit être la sage-femme qui aide une société à mettre au monde le meilleur avenir possible. Son rôle est de sauver la mère et l'enfant.»

  Des hommes ou des femmes qui correspondent à  cette description sont rares dans un siècle. Au cours des deux derniers, on peut penser à Napoléon, à Lénine, à De Gaulle ?  De loin, je préfère ce dernier auquel s'applique parfaitement la phrase «Conscient, plus que personne, des phénomènes particuliers à son époque, il devine ce qui va naître et en favorise la naissance.» La France lui doit son salut en 1940 et sa renaissance formidable à partir de 1958 :  qu'on pense à tous les progrès qu'il a rendu possibles, ne serait-ce que le TGV et Airbus... De plus, il n'était pas un homme qui s'accrochait au pouvoir. Dès qu'il a senti que le peuple ne le suivait plus, il est parti, ce qu'il avait déjà fait d'ailleurs en 1945-46.

  On ne peut hélas ! pas en dire autant de nos politiciens, à de rares exceptions près, comme Jacques Parizeau par exemple. Mais, lui, a fait l'erreur de sa vie en partant après un certain soir d'octobre 1995... Avec ce qu'il savait, et un tel résultat serré, il aurait dû rester et déclencher une vaste enquête pour démontrer la scandaleuse arnaque des unitaristes canadians et french canadians. Je ne doute pas qu'il aurait eu un vaste appui populaire qui aurait pu déboucher sur une déclaration d'indépendance bien avant aujourd'hui. Il avait l'autorité morale pour faire de grandes choses. Il est malheureux qu'il n'ait pas vingt ans de moins... Je le considère un peu comme notre De Gaulle, bien qu'il n'ait pas tout à fait le charisme de ce dernier. Mais il en a plusieurs traits de caractère.

  Quant à Bernard Landry que j'estime pour son honnêteté et ses qualifications, il semble bien que le meilleur de sa carrière est derrière lui, à moins qu'il ne nous révèle dans les prochaines semaines des aspects révolutionnaires et charismatiques insoupçonnés de sa personnalité... Comme c'est peu probable et que nos De Gaulle ou Napoléon sont encore inconnus, nous risquons des périodes assez creuses et misérables.

  Mais, comme écrit encore Maurois : « Les révolutions les plus profondes sont spirituelles. Elles transforment des hommes qui, à leur tour, transforment le monde.» Et encore : « De grands mystiques ont demandé aux hommes de grandes actions et leur ont donné la force de les accomplir. On a dit que la véritable révolution est la révolution d'un seul homme. Plus exactement un seul homme, héros ou saint, peut proposer aux masses un modèle dont l’imitation bouleversera la planète. » 

  Toutefois, je ne vois guère les signes avant-coureur d'une révolution spirituelle à l'heure de «Walmart» et de «MacDo». Et je ne vois pas encore venir celui ou celle qui aurait la force de caractère et l'autorité morale pour provoquer une révolution spirituelle au Québec, qui ferait faire un virage à 180 degrés pour éviter le gouffre qui attend un peuple qui ne se reproduit plus et qui cultive l'égoïsme comme une vertu...

  Or, nos élites (zélites?), qu'elles soient «de gauche» ou «de droite», sont assez massivement retranchées dans leur confort et leur indifférence, comme vous vous plaisez à le souligner (et moi de même). D'ailleurs, qu'est-ce que signifie «gauche» et «droite» ici ?  Balivernes !  On se tient debout, on cherche et on lutte, ou on fait du verbiage comme il y en a trop. 

  Moi-même, j'ai trop souvent l'impression d'en faire avec la forme d'action que j'ai choisie : la diffusion d'informations et de commentaires à une liste de membres du PQ et du BQ, et d'autres personnes un peu partout, en espérant que la lumière jaillisse (je suis un idéaliste impénitent... :-[ ). Une forme d'action que j'ai choisie au cours des dernières années parce que : 

  • je suis encore occupé par un travail d'ingénierie dans l'entreprise que j'ai fondée pour mettre au point une de mes inventions, et que j'aimerais bien voir réussir (malgré que je sois parti officiellement à la retraite de l'entreprise en décembre 2003, et de l'université (depuis 1997) où j'ai fait carrière de professeur et chercheur : vous savez, la grande saignée des secteurs public et para-public... ); 

  • j'ai 67 ans et 45 ans de militantisme derrière moi; 

  • j'aspire à plus de tranquillité afin de m'occuper davantage de mes sept petits-enfants...

Et  je crois comme Jean Jaurès (clic) que 

« Il ne peut y avoir révolution que là où il y a conscience. » 

Ou encore :

« Tout progrès vient de la pensée et il faut donner d'abord
aux travailleurs le temps et la force de penser.
 »

  Voilà !  Excusez mon bavardage... ;-) 

  -o-o-o-o-o-o-o-


Vive le Québec libre !

-o-o-o-o-o-


jeudi 20 janvier 2022

BULLETINS DE LA RÉPUBLIQUE (extraits 2)

Extraits de quelques « Bulletins de la République » publiés au cours des dernières années...

* * * LE BULLETIN DE LA RÉPUBLIQUE

26 juillet 2005

* * *
* Une vision claire vaut mille personnalités... 
* Un texte historique par de grands Québécois. 
Un point de vue important à connaître.
POUR FAIRE UN PAYS, UNE VISION CLAIRE VAUT MILLE PERSONNALITÉS 
Claude Bariteau, Natacha Gagné, Jacques Lamothe, Marcel Lefebvre et Jean-Pierre Roy - RIQ 21 juillet 2005
Un pays naît parce que ses porteurs ont mis l’'épaule à la roue et l’ont fait cheminer à l’exemple des porteurs des pays existants. Au Québec, cette roue, ce sont les contours essentiels du pays et les porteurs, des Québécois et Québécoises de toutes origines et de toutes allégeances partisanes. Il faut simplement faire en sorte qu’ils poussent la roue à l’occasion d’une élection, la voie référendaire étant piégée. 
Extrait : « On ne fait pas un pays en pensant à l’accessoire, à sa carrière politique ou par dépit. On le fait d’abord après avoir précisé l’essentiel de ses contours (un régime politique, une citoyenneté, un territoire avec des frontières, une armée, une monnaie reconnue, des relations avec les autres pays, des traités, etc.), ensuite lorsqu’on a mis au point un plan de mobilisation de tous les porteurs du pays pour prendre le pouvoir et procéder en toute légitimité. C’est de cette façon que naissent les pays. Certains y sont parvenus par les armes, d’autres démocratiquement. Au Québec, la voie démocratique est incontournable. Là où elle fut déployée, la tenue de référendum n’initie pas le processus. Celui-ci est enclenché à la suite d’un vote des parlementaires ayant, dans la plupart des cas, un support majoritaire des électeurs. Aussi, les référendums, lorsqu’il y en eut, vinrent ratifier la décision prise, ce que Claude Bariteau révèle dans Pour sortir de l’impasse référendaire (Les Éditions des Intouchables, 2005).  
Source :  VIGILE.QUÉBEC
Un grand texte trop peu connu...

Déclaration de souveraineté 

Déclaration publique lue le 6 septembre 1995 

Texte écrit par le poète Gilles Vigneault, l'écrivaine Marie Laberge, le sociologue Fernand Dumont et le journaliste Jean-François Lisée

Voici venu le temps de la moisson dans les champs de l'histoire. Il est enfin venu le temps de récolter ce que semaient pour nous quatre cents ans de femmes et d'hommes et de courage, enracinés au sol et dedans retournés.
Voici que naît pour nous, ancêtres de demain, le temps de préparer pour notre descendance des moissons dignes des travaux du passé. 
Que nos travaux leur ressemblent et nous rassemblent enfin. À l'aube du XVIIe siècle, les pionniers de ce qui allait devenir une nation, puis un peuple, se sont implantés en terre québécoise. 
Venus d'une grande civilisation, enrichis par celle des Premières Nations, ils ont tissé des solidarités nouvelles et maintenu l'héritage français. La conquête de 1760 n'a pas brisé la ténacité de leurs descendants à demeurer fidèles à un destin original en Amérique. 
Dès 1774, par l'Acte de Québec, le conquérant reconnaissait le caractère distinct de leurs institutions. Ni les tentatives d'assimilation, ni l'Acte d'union de 1840 ne sont parvenus à mater leur endurance. La communauté anglaise qui s'est établie à leurs côtés, les immigrants qui se sont joints à eux ont contribué à former ce peuple qui, en 1867, est devenu l'un des deux fondateurs de la fédération canadienne. 
NOUS, PEUPLE D'ICI, 
Parce que nous habitons les territoires délimités par nos ancêtres, de l'Abitibi aux Îles-de-la-Madeleine, de l'Ungava aux frontières américaines, parce que depuis quatre cents ans, nous avons défriché, labouré, arpenté, creusé, pêché, construit, recommencé, discuté, protégé et aimé cette terre que le Saint-Laurent traverse et abreuve; 
Parce que cette terre bat en français et que cette pulsation signifie autant que les saisons qui la régissent, que les vents qui la plient, que les gens qui la façonnent; 
Parce que nous y avons créé une manière de vivre, de croire et de travailler originale; 
Parce que dès 1791, nous y avons instauré une des premières démocraties parlementaires au monde et que nous n'avons cessé de la parfaire; 
Parce que l'héritage des luttes et du courage passés nous incombe et doit aboutir à la prise en charge irrévocable de notre destin; 
Parce que ce pays est notre fierté et notre seul recours, notre unique chance de nous dire dans l'entièreté de nos natures individuelles et de notre coeur collectif; 
Parce que ce pays sera tous ceux, hommes et femmes, qui l'habitent, le défendent et le définissent, et que ceux-là, c'est nous, 
Nous, peuple du Québec, déclarons que nous sommes libres de choisir notre avenir. L'hiver nous est connu. Nous savons ses frimas, ses solitudes, sa fausse éternité et ses morts apparentes. Nous avons bien connu ses morsures. 
Nous sommes entrés dans la fédération sur la foi d'une promesse d'égalité dans une entreprise commune et de respect de notre autorité en plusieurs matières pour nous vitales. Mais la suite a démenti les espoirs du début. L'état canadien a transgressé le pacte fédératif en envahissant de mille manières le domaine de notre autonomie et en nous signifiant que notre croyance séculaire dans l'égalité des partenaires était une illusion. 
Nous avons été trompés en 1982, quand les gouvernements du Canada et des provinces anglophones ont modifié la Constitution en profondeur et à notre détriment, passant outre à l'opposition catégorique de notre Assemblée nationale. 
Deux fois depuis, on a tenté de réparer ce tort. En 1990, l'échec de l'accord du lac Meech a révélé le refus de reconnaître jusqu'à notre caractère distinct. En 1992, le rejet de l'accord de Charlottetown, et par les Canadiens et par les Québécois, a consacré l'impossibilité de tout raccommodement. 
Parce que nous avons perduré en dépit des tractations et des marchandages dont nous avons été l'objet; 
Parce que le Canada, loin de s'enorgueillir de l'alliance entre ses deux peuples et de la clamer au monde, n'a eu de cesse de la banaliser et de consacrer le principe d'une égalité factice entre provinces; 
Parce que depuis la Révolution tranquille, nous avons pris le parti de ne plus nous cantonner dans la survivance mais, désormais, de construire sur notre différence; 
Parce que nous avons l'intime conviction que persister à l'intérieur du Canada signifierait s'étioler et dénaturer notre identité même; 
Parce que le respect que nous nous devons à nous-mêmes doit guider nos actes; 
Nous, peuple du Québec, affirmons la volonté de détenir la plénitude des pouvoirs d'un état : prélever tous nos impôts, voter toutes nos lois, signer tous nos traités et exercer la compétence des compétences en concevant et maîtrisant, seuls, notre loi fondamentale. 
Pour les gens de ce pays qui en sont la trame et le fil et l'usure, pour ceux et celles de demain que nous voyons grandir, l'être précède l'avoir. Nous faisons de ce principe le coeur de notre projet. Notre langue scande nos amours, nos croyances et nos rêves pour cette terre et pour ce pays. 
Afin que le profond sentiment d'appartenance à un peuple distinct demeure à jamais le rempart de notre identité, nous proclamons notre volonté de vivre dans une société de langue française. Notre culture nous chante, nous écrit et nous nomme à la face du monde. 
Elle se colore et s'accroît de plusieurs apports. Il nous importe de les accueillir, pour que jamais ces différences ne soient considérées comme menaces ou objets d'intolérance. Ensemble, nous célébrerons les joies, nous éprouverons les chagrins que la vie mettra sur notre route. Surtout, nous assumerons nos succès et nos échecs, car dans l'abondance comme dans l'infortune nous aurons fait nos propres choix. 
Nous savons de quelles vaillances se sont construites les réussites de ce pays. Ceux et celles qui ont bâti le dynamisme du Québec tiennent à léguer leurs efforts aux vaillances de demain. Notre capacité d'entraide et notre goût d'entreprendre sont une force. Nous nous engageons à reconnaître et à encourager ce « coeur à l'ouvrage » qui fait de nous des bâtisseurs. 
Nous partageons avec les pays de même taille que le nôtre cette vertu particulière de s'adapter vite et bien aux défis mouvants du travail et des échanges. Notre aptitude au consensus et à l'invention nous permettra de prendre bonne place à la table des nations. 
Nous entendons soutenir l'imagination et la capacité des collectivités locales et régionales dans leur volonté de développement économique, social et culturel. Gardiens de la terre, de l'eau et de l'air, nous agirons avec le souci de la suite du monde. 
Gens de ce nouveau pays, nous nous reconnaissons des devoirs moraux de respect, de tolérance et de solidarité les uns envers les autres. Réfractaires à l'autoritarisme et à la violence, respectueux de la volonté populaire, nous nous engageons à garantir la démocratie et la primauté du droit. 
Le respect de la dignité des femmes, des hommes et des enfants et la reconnaissance de leurs droits et libertés constituent le fondement de notre société. Nous nous engageons à garantir les droits civils et politiques des individus, notamment le droit à la justice, le droit à l'égalité et le droit à la liberté. 
Le combat contre la misère et la pauvreté, le soutien aux jeunes et aux aînés, sont essentiels à notre projet. Les plus démunis d'entre nous peuvent compter sur notre solidarité et sur notre sens des responsabilités. 
Le partage équitable des richesses étant notre objectif, nous nous engageons à promouvoir le plein emploi et à garantir les droits sociaux et économiques : notamment le droit à l'éducation, le droit aux services de santé ainsi qu'aux autres services sociaux. Notre avenir commun est entre les mains de tous ceux pour qui le Québec est une patrie. 
Parce que nous avons à coeur de conforter les alliances et les amitiés du passé, nous préserverons les droits des Premières Nations et nous comptons définir avec elles une alliance nouvelle. 
De même, la communauté anglophone établie historiquement au Québec jouit de droits qui seront préservés. Indépendants, donc pleinement présents au monde, nous entendons oeuvrer pour la coopération, l'action humanitaire, la tolérance et la paix. 
Nous souscrirons à la Déclaration universelle des droits de l'Homme et aux autres instruments internationaux de protection des droits. Sans jamais renoncer à nos valeurs, nous nous emploierons à tisser par ententes et par traités des liens mutuellement bénéfiques avec les peuples de la terre. 
Nous voudrons en particulier inventer avec le peuple canadien, notre partenaire historique, de nouvelles relations nous permettant de maintenir nos rapports économiques et de redéfinir nos échanges politiques. 
Nous déploierons aussi un effort singulier pour resserrer nos liens avec les peuples des États-Unis et de la France et ceux des autres pays des Amériques et de la Francophonie. 
Pour accomplir ce projet, maintenir la ferveur qui nous habite et nous anime, puisque le temps est enfin venu de mettre en train la vaste entreprise de ce pays,
Nous, peuple du Québec, par la voix de notre Assemblée nationale, proclamons ce qui suit : 

Le Québec est un pays souverain.

* * * * * * * * * *
Source : http://quebeclibre.net/tcdeclaration.html

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DEMAIN – Hymne au Québec

* * *

mercredi 15 décembre 2021

RÉFLEXIONS TOUJOURS VALIDES...

    En novembre 2014, je transmettais à quelques correspondants les réflexions ci-dessous avec diverses références.... 

    Y a-t-il eu la moindre amélioration ? On ne peut qu'en douter devant l'actualité et la profonde division sur l'essentiel qui règne au Québec. Que feront nos brillants universitaires et tout le peuple ?

    Bonne lecture et salutaire réflexion !



9 novembre 2014

La présentation bien documentée ci-dessous, par un ingénieur et homme d'affaires dynamique, devrait être vue par tous les Québécois, particulièrement par mes collègues professeurs d'université...

On y apprend que l'étude des budgets démontre que 47% du montant des salaires des professeurs d'université versé par l'État québécois l'est aux professeurs des universités anglophones.

Or, la proportion d'anglophones de la minorité d'origine britannique n'est que de 7% environ selon les statistiques fédérales...

Ce qui est près de 7 (sept) fois plus que pour les professeurs des universités de langue française.

Et les dirigeants de nos universités seraient complices des coupures décrétées par les gouvernement de Philippe Couillard, dit d'Arabie ???


Cherchez l'erreur !

Faut-il rappeler que les trois (3) université de langue anglaise du Québec servent largement à angliciser les immigrés et à former en anglais, grandement à nos frais, des étudiants étrangers qui retourneront pratiquer en anglais chez eux après leurs études ? C'est le cas de plus de 50% des médecins formés à McGill...
Faut-il aussi rappeler qu'il n'y a aucune université exclusivement de langue française à l'ouest du Québec? (en 2014). Comme réciprocité, on peut trouver mieux...


Cette présentation est à écouter attentivement et à diffuser largement. Serions-nous de misérable cocus contents à perpétuité ???
https://www.youtube.com/watch?v=I4qktZK-V7s
Il s'en trouve, hélas ! pour courber la tête et accepter la soumission inconditionnelle. Dommage!...

Nous valons infiniment plus que ça. Heureusement !

Verrons-nous des professeurs d'université se mobiliser devant cette situation inacceptable? Il faut l'espérer si l'on est optimiste...


P.S.  D'autres détails ici :
... on peut commencer par lire cet éditorial du quotidien Le Devoir de Montréal :
« La Cour suprême et la loi 104 - Coup dur »
Commentaire :
Bien sûr, aucun Québécois qui se respecte ne peut accepter l'ingérence de cette cour dans nos affaires.

La raison essentielle étant qu'elle n'a formellement aucune légitimité. En effet, le Québec n'a jamais accepté la constitution imposée en 1982 par le gouvernement canadien qui réduit unilatéralement les pouvoirs du Québec.

Il faut même reconnaitre que le Québec, par le fait même, n'est plus formellement partie de cette « fédération » canadienne qui est de plus en plus unitaire et anglophone. C'est notre indétermination actuelle qui fait que nous nous comportons comme si nous en faisions partie.

La constitution d'un État démocratique doit être acceptée très majoritairement par les citoyens, sinon elle est invalide. Or, elle a été rejetée à la quasi unanimité par notre Assemblée nationale.

Malheureusement, le gouvernement actuel du Québec qui a été élu par moins de 25% des électeurs en 2008 se montre toujours prêt à accepter ce que lui impose l'oligarchie « ottawaise ».

Cette situation ne saurait durer beaucoup plus longtemps sans de graves conséquences sur l'avenir de notre nation et de notre État, les seuls de langue française en Amérique du Nord.

Il convient donc de dénoncer avec vigueur cette ingérence comme totalement inacceptable et insultante, car elle sape les fondements de la démocratie au Québec. Il faut surtout agir.

Toutefois, je suis d'avis que l'obligation pour les allophones et les francophones de fréquenter les cégeps de langue française ne règle aucunement le problème de fond du Québec.

En effet, le problème est que le français, bien que seule langue officielle, n'est pas actuellement ESSENTIEL pour vivre et travailler au Québec, au même titre que l'anglais dans les provinces anglaises ou aux États-Unis. Si tant d'immigrés vont grossir d'une façon tout à fait aberrante des institutions telles que le cégep Dawson, et les universités Concordia et McGill, c'est qu'ils ne perçoivent pas la connaissance et l'usage du français comme essentiels. D'autre part, beaucoup trop de francophones, par un malheureux réflexe d'aliénation culturelle, insistent pour leur parler anglais ! [*]

C'est même le message que leur envoie notre gouvernement en leur fournissant des services bilingues à tous, en violation de la Charte de la Langue française, une loi fondamentale.

Il est donc urgent que tous les francophones se comportent d'une façon digne en parlant poliment un français de qualité avec TOUS les Québécois et PARTOUT, en TOUTES CIRCONSTANCES.

Il est tout aussi urgent que notre gouvernement rétablisse la Charte de la Langue française dans son intégrité et surtout, la fasse respecter.
[*] À ce sujet, il faut lire le texte admirable d'un Québécois originaire d'Argentine, révolté par cette attitude servile et bête :
La loi rapaillée
Facundo Medina
Source : Le Devoir (clic), mardi 17 novembre 2009
Extrait :
« Il y a dix ans que je suis arrivé au Québec. Ce ne fut pas un choix fait au hasard. J'ai choisi le Québec parce qu'on y parle le français, et le Québec m'a choisi pour la même raison. En Argentine, j'avais aussi étudié l'anglais. En fait, j'ai fait une partie de mon éducation universitaire dans un établissement anglophone. Pour moi, parler l'anglais, c'est une richesse et un atout.

Mais je n'aurais jamais le culot de demander aux Québécois de payer de leur poche pour l'éducation de mes enfants dans une langue autre que la langue officielle instituée par la loi 101. Ma conception de la démocratie diffère alors foncièrement de celle de mes collègues et amis. Il ne s'agit pas de mettre à genoux un peuple et un gouvernement pour faire valoir un droit individuel, mais de respecter une loi et une langue choisies et valorisées par l'écrasante majorité des francophones. De toute évidence, les juges de la Cour suprême n'ont pas été du même avis. (...) »
Il faut aussi lire le texte de Louis Préfontaine qui lui fait suite : clic :
« (...) Je rêve du jour où l’exception ne sera pas un immigrant qui s’intègre à notre culture, mais le contraire.
Je rêve du jour où les Québécois, suffisamment fiers de ce qu’ils sont et insensibles aux critiques ancestrales dont on les affuble s’ils osent relever le menton, se donnent les moyens d’assurer la pérennité de leur langue en la parlant partout, en toutes circonstances.
Je rêve du jour où ils se donneront un pays non pas seulement pour avoir leur nom sur la « mappe », mais pour se débarrasser d’institutions contrôlantes et méprisantes de ce qu’ils sont.
Je rêve du jour où nous cesserons de financer avec nos deniers publics l’apprentissage d’une langue autre que le français.
Je rêve du jour où nous nous respecterons assez pour assurer notre survie.»
Et celui de ce journaliste anglophone qui vient de terminer un cours intensif de français à Montréal qui signale la servilité de nombreux francophones en présence d'un anglophone :
L'anglo de Saint-Pierre
Ean Higgins

Le Devoir -- lundi 24 août 2009, p. a6

Que dois-je faire pour persuader les Québécois francophones de parler en français lorsque je m'adresse à eux?
Même si c'est, dans la plupart des cas, une politesse, il devient gênant pour un Anglo qui vient de finir un cours de français de plus haut niveau, quand il essaye d'utiliser la langue nationale du Québec, de constater qu'un francophone lui réponde en anglais.

Je suis tout à fait d'accord avec ceux qui dénoncent le fait qu'il existe plusieurs entreprises sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal, où on ne peut pas être servi en français, car le propriétaire ou les employés ne le parlent pas. Mais il est ironique qu'un anglophone soit dérangé par cet illogisme.
Pour échapper à mon agacement, j'ai développé quelques tactiques. L'une d'entre elles est très simple: je continue mon boniment en français, quoi qu'il arrive.

Par exemple, l'autre jour, je suis allé au bureau de la Régie de l'assurance maladie du Québec, afin de renouveler ma carte, après avoir vécu trente ans en Australie. J'ai commencé à parler en français, mais la dame m'a répondu en anglais. J'ai fait semblant de n'avoir entendu que du français. C'était une petite victoire: elle a finalement daigné me parler dans la langue nationale.
«Est-ce que vous avez un bail?», m'a-t-elle demandé. «Je ne sais pas, Madame. Attendez, je vais consulter Le Petit Robert pour trouver le mot "bail"... Le voilà! Oui, bien sûr, Madame, j'ai un bail.»

Comme journaliste, je tiens au principe qu'il faut gêner les fonctionnaires le plus souvent possible, et c'était amusant de déranger cette femme ayant une fonction officielle. J'ai fait la même chose quand je suis rentré une fois de New York. À l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, j'ai insisté pour parler avec les agents de l'immigration en français. Alors, ils m'ont emmené dans une salle d'interrogatoire et m'ont cuisiné pendant une heure, mais, à contrecoeur, en français, la langue nationale du Québec.

Mais cette tactique est un tantinet trop agressive pour la soutenir dans la vie quotidienne. J'ai donc expérimenté d'autres stratégies. Quand, dans un dépanneur, par exemple, on m'a répondu en anglais, j'ai dit: «Désolé, Monsieur, mais je ne parle pas très bien l'anglais, car je viens d'Ukraine.»
C'était efficace, parce que rares sont ceux qui connaissent l'accent ukrainien. Aussi, en comparaison avec les Hollandais ou les Suédois, par exemple, il est crédible - grâce à la loi 101 - qu'un Ukrainien parle le français, mais pas l'anglais. Triste, mais personne n'a poussé la conversation pour me demander: «Comment c'est la vie en Ukraine?»

Donc, j'ai trouvé une autre stratégie, beaucoup plus satisfaisante. «Désolé, Mademoiselle, mais je ne parle pas très bien l'anglais; je viens de Saint-Pierre et Miquelon.» Je crois que cela va être plus utile pour développer des conversations avec les Québécois et Québécoises francophones dans les bars.

«Bien sûr, Mademoiselle, c'est un accent très étrange. Vous savez, nous descendons des Basques et des Bretons.» (J'ai trouvé cette explication sur Internet.) «Donc, Mademoiselle, même les Français de la métropole trouvent que c'est un accent bizarre.»

D'ailleurs, si on fait une erreur grammaticale, et que la Québécoise me corrige, on peut dire: «Mademoiselle, je trouve ça très intéressant; nous devons avoir quelques nuances en grammaire qui sont uniques à Saint-Pierre et Miquelon.»

J'ai l'intention de traîner avec moi un exemplaire du Monde, pour l'emporter aux bars, et - si j'en trouve un - un livre concernant Saint-Pierre et Miquelon avec beaucoup de grandes illustrations, pour rendre mon histoire plus crédible.

Comme ça, je pourrais aussi dire: «Alors, Mademoiselle, peut-être voudriez-vous me rendre visite pour voir cette excellente description de ces belles îles françaises où je vis? Je me présente: je m'appelle Alexis de Tocqueville.» Tout simplement - il faut le dire - pour pratiquer la langue nationale.

Ean Higgins : Journaliste qui vient de terminer un cours intensif de français à l'Université McGill
© 2009 Le Devoir. Tous droits réservés.
Numéro de document : news·20090824·LE·263881

Le correspondant européen à Paris du Devoir, Christian Rioux, a relevé des faits très intéressants sur la question...:

L'exception québécoise

Christian Rioux Le Devoir -- 30 octobre 2009

En février 2008, alors qu'il était chef de l'opposition, Mario Dumont avait fait escale à Paris avant de s'envoler pour Barcelone. C'était l'époque où il s'était mis dans la tête de prêcher le modèle catalan au Québec. Cette étrange idée lui avait probablement été soufflée par le brillant universitaire Guy Laforest, qui s'était lui aussi entiché de la Catalogne. Ceux qui connaissent cette région autonome du nord-est de l'Espagne savent pourtant que, depuis trois décennies, c'est plutôt la Catalogne qui s'est inspirée du Québec dans ses lois linguistiques ou pour le doublage des films.

Sans qu'on ait jamais vraiment compris pourquoi, Mario Dumont rêvait de renverser l'équation. Sur un ton espiègle, je l'avoue, j'avais donc posé la question suivante: «Si la Catalogne représente un exemple pour le Québec, quand proposerez-vous l'application de la loi 101 au cégep? Chacun sait qu'en Catalogne, l'enseignement est en catalan de la maternelle à l'université.»

Mesurant soudainement le terrain glissant sur lequel il s'était engagé, le chef de l'opposition avait eu un moment d'hésitation. Puis, il avait détourné le regard avant de trouver une esquive. Et pourtant, s'il est un domaine où la Catalogne pourrait nous inspirer, c'est bien celui-là. Même si les Catalans dits de souche ne représentent plus que 50 % de la population, le système scolaire, lui, est en catalan jusqu'à l'université. Dans un tel contexte, vous comprendrez que les largesses de nos collèges, qui permettent à 41 % des collégiens issus de l'immigration de s'angliciser aux frais de l'État, passeraient pour de la folie pure.

Lorsqu'on l'examine à partir de l'étranger, l'idée d'appliquer la loi 101 aux collèges est loin d'être l'hérésie que certains dénoncent chez nous. On pourrait même dire que cette façon de faire est devenue la norme dans les fédérations modernes où coexistent plusieurs nations.

Prenez la Belgique. Dans les années 80, le pays n'a retrouvé une certaine paix qu'en appliquant un strict régime de séparation linguistique. Je ne dis pas que la situation est aujourd'hui idéale, mais au moins on ne s'affronte plus dans les rues. À l'exception de certaines communes dites «à facilités», l'école est en néerlandais en Flandre et en français en Wallonie. Et ce régime s'étend jusqu'à l'université. En 1968, l'éclatement de l'Université de Louvain, entre sa partie francophone (maintenant à Louvain-la-Neuve) et sa partie flamande, avait fait grand bruit. Elle est aujourd'hui considérée comme normale et l'idée ne viendrait à personne de revenir au libre choix.

Seul Bruxelles, considéré comme un district bilingue, jouit de la liberté de choix. Or cette «liberté» a toujours joué contre les Flamands qui, en moins d'un siècle, y sont devenus une minorité. Malgré un certain regain des écoles flamandes ces dernières années, la plupart des immigrants qui vivent à Bruxelles choisissent la langue dominante, le français, contribuant ainsi à la minorisation des Flamands dans leur propre capitale. L'exemple n'est-il pas éloquent pour Montréal?

On pourrait aussi parler de la Suisse, où chaque canton administre ses écoles dans sa langue. Vue sous cet angle, la minorité anglophone du Québec est certainement la plus choyée du monde. Elle jouit de beaucoup plus d'«accommodements raisonnables» — que l'on me pardonne l'expression — que les Castillans en Catalogne, les Wallons en Flandres et les Suisses alémaniques en Suisse romande. Cette tolérance honore les Québécois, mais de là à pousser la naïveté jusqu'à financer l'anglicisation des immigrants qui fréquentent le cégep, il y a une marge que ni les Suisses, ni les Flamands, ni les Catalans ne seraient prêts à franchir.

Vu d'Europe, un dernier élément rend la situation des cégeps québécois parfaitement incongrue. Partout, l'enseignement collégial fait dorénavant partie de l'enseignement de base. En France, c'est 80 % d'une classe d'âge qui devrait bientôt obtenir le diplôme collégial. Il y a longtemps que le collège n'est plus considéré comme un niveau complémentaire, bien qu'il ne fasse pas entièrement partie de la scolarité obligatoire. C'est pourquoi, contrairement à l'université, le collège conserve dans de nombreux pays (dont le Québec) un fort tronc commun dispensant un enseignement jugé essentiel pour tous. Il ne viendrait pas à l'idée d'un Catalan ou d'un Flamand qu'un immigrant puisse s'intégrer correctement et occuper des postes de responsabilité sans avoir suivi, par exemple, les cours de littérature, d'histoire et de philosophie que dispensent les collèges catalans et flamands. Bref, sans communier à la culture de la majorité qui s'acquiert en bonne partie au collège. De plus, on ne fera croire à personne qu'un collégien qui étudie en anglais parle aussi bien notre langue que celui qui étudie en français. Le français parlé par nos élites est-il à ce point satisfaisant que nous puissions dispenser 41 % des immigrants et 4 % des francophones des cours et de la pratique du français offerts dans les cégeps francophones?

Dans le débat qui s'amorce, nombreux sont ceux qui brandiront la liberté de choix linguistique au collège comme un principe universel et intouchable. Sachons que, dans ce domaine, c'est plutôt le Québec qui fait figure d'exception.

crioux@ledevoir.com
Pr Jean-Luc Dion, ing. (retraité) D. Sc.
Titulaire retraité et professeur associé
Département de Génie électrique et Génie informatique
Université du Québec à Trois-Rivières

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« Aucun peuple digne de ce nom dans le monde
n'a jamais craché sur son indépendance.
   Le peuple québécois serait-il si différent des autres ?
   Son état de peuple annexé et soumis serait-il définitif ?»

Jean-Luc Dion

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vendredi 10 décembre 2021

GNL-QUÉBEC / ÉNERGIE SAGUENAY - IRRATIONNEL ET NON ÉCOLOGIQUE

 Texte transmis au quotidien Le Devoir et non publié, car trop détaillé et concret...

11 mars 2021

GNL-Québec / Énergie Saguenay (*)

Un projet irrationnel et non écologique

Jean-Luc Dion

   Le gaz naturel liquéfié (GNL) est produit à partir de gaz naturel, par cryogénie, et nécessite une température de −163 °C. C'est un procédé très consommateur d'énergie, même si son efficacité a été considérablement améliorée au cours des années [1]. On veut amener ce gaz dans un tuyau de Fort McMurray en Alberta sur plus de 4000 km jusqu’à Saguenay au Québec où une usine serait construite pour le liquéfier, de même qu’un port pour l’expédier à l’étranger par bateau méthanier.

   Un méthanier comporte plusieurs réservoirs et sa cargaison peut actuellement atteindre plus de 150 000 mètres cubes de GNL. Le volume du méthane à l'état gazeux est égal à 600 fois son volume à l'état liquide, à pression atmosphérique. 150 000 m3, c’est le volume d’une sphère de 66 m de diamètre, ou d’un cube de 53 m de côté… À l’état gazeux, c’est donc un cube de 445 m de côté, soit près de 90 millions de m3 ou 90 milliards de litres ! Un tel bateau qui s’enflammerait accidentellement sur la rivière Saguenay est presque comparable à une petite bombe atomique. Et il en circulerait près de 300 par année sur notre magnifique rivière.

   Comme bien d’autres, ce projet risque de nous coûter très cher de tous points de vue, alors que nous avons des projets énormément plus profitables à réaliser, en mines et métallurgie par exemple. Les gros intérêts américains qui sont largement derrière auraient récemment réussi à embarquer des investisseurs québécois pour plusieurs millions, sans parler de notre gouvernement et d’Hydro-Québec qui pourraient y engouffrer plusieurs centaines de millions de dollars, en plus de gaspiller nos réserves d’énergie électrique, sans considérations sérieuses pour notre territoire et notre avenir. Notons que ces investisseurs seront nécessairement amenés à devenir des lobbyistes dans le but de sauver leur mise, à l’exclusion de toute autre considération… [2]

   On pourrait sans doute démontrer que ce projet est fou du point de vue énergétique : l'énergie dépensée dans tout le processus, est très probablement bien supérieure à celle qu'on récupère par la combustion du gaz en bout de ligne ! Même le PLQ est maintenant opposé à ce projet ! Voici une liste incomplète de ces dépenses :

   C'est sans compter les diverses ressources naturelles requises pour fabriquer tous les autres éléments de cette chaine (métaux divers, etc.) et l'énergie dépensée pour les transformer... De plus, ce gaz est tout probablement extrait par fracturation hydraulique qui est, comme on le sait, une abomination pour les nappes phréatiques, sources d’eau potable.

   C'est aussi sans parler les fuites de gaz (surtout du méthane) toujours présentes et pratiquement incontrôlables dans ces installations, de la source au lieu d’utilisation. Or, ce gaz est au moins 20 fois pire que le gaz carbonique au plan du réchauffement climatique...

   C'est un des pires cas d'exploitation d'une ressource énergétique, avec un rendement négatif qu'on camoufle de toutes les façons possibles, en attribuant au gaz un valeur 'écologique' et même ‘bio-écologique’ en changeant le nom du projet de GNL Québec en Symbio Infrastructure [3]. Un mensonge éhonté dans les conditions décrites. Alors, qui est perdant dans ce projet ?

   Et, finalement, la pollution et les divers dégâts produits par tout ça, dont la perte de la magnifique rivière Saguenay comme site naturel incomparable, et la disparition probable des bélugas et autres espèces rares! Quelqu'un a déjà écrit : « la véritable énergie 'verte' est celle qu'on n'utilise pas ».

   Nous avons la chance au Québec d'avoir des barrages hydroélectriques qui nous fournissent vraiment l'énergie électrique la plus écologique possible. Mais il faut se préoccuper sérieusement en haut lieu que nos surplus ne soient pas dilapidés à rabais au profit de nos voisins du sud et de projets tordus, alors que nous avons la possibilité de l'utiliser beaucoup plus pour nous chauffer, chauffer des serres pour produire la majorité de nos fruits et légumes, au lieu de les importer du bout du monde... Etc... Tout un autre débat !

   Or, c'est tout le contraire dans ce projet que de puissants intérêts qui ne sont pas les nôtres veulent nous imposer sans aucune considération pour notre territoire et notre avenir. À la source, j'aurais aussi dû mentionner le fait que ce gaz est tout probablement extrait par fracturation hydraulique qui est une nécessairement amenés à devenir des lobbyistes dans le but de sauver leur mise, à l’exclusion de toute autre considération… [2]


   On pourrait sans doute démontrer que ce projet est fou du point de vue énergétique : l'énergie dépensée dans tout le processus, est très probablement bien supérieure à celle qu'on récupère par la combustion du gaz en bout de ligne ! Même le PLQ est maintenant opposé à ce projet ! Voici une liste incomplète de ces dépenses :

• L'énergie dépensée pour construire tout le matériel d'extraction à la source;

• L'énergie dépensée pour extraire le gaz et le comprimer;

• L'énergie dépensée pour fabriquer les tuyaux du gazoduc, les transporter, les installer, les souder, etc.;

• L’énergie de prétraitement ou purification;

• L'énergie et les ressources dépensée pour fabriquer les camions et les trains requis...

• L'énergie dépensée pour pomper le gaz et le faire circuler dans le gazoduc;

• L’énergie et les ressources dépensées pour construire l’usine et le port à Saguenay;

• L'énergie dépensée (énorme) pour liquéfier le gaz à la réception.

• L'énergie dépensée pour fabriquer le navire;

• L'énergie dépensée pour pomper le gaz dans le navire;

• L'énergie dépensée pour propulser le navire du départ à l'arrivée;

• L'énergie dépensée pour pomper le gaz liquéfié, du navire aux réservoirs;

• L'énergie dépensée pour réfrigérer le gaz liquéfié;

• L'énergie dépensée pour transporter le gaz liquéfié jusqu'aux lieux d'utilisation;

• L’énergie dépensée pour retourner le GNL à l’état gazeux;

   C'est sans compter les diverses ressources naturelles requises pour fabriquer tous les autres éléments de cette chaine (métaux divers, etc.) et l'énergie dépensée pour les transformer... De plus, ce gaz est tout probablement extrait par fracturation hydraulique qui est, comme on le sait, une abomination pour les nappes phréatiques, sources d’eau potable.

   C'est aussi sans parler les fuites de gaz (surtout du méthane) toujours présentes et pratiquement incontrôlables dans ces installations. Or, ce gaz est au moins 20 fois pire que le gaz carbonique au plan du réchauffement climatique... C'est un des pires cas d'exploitation d'une ressource énergétique, avec un rendement fortement négatif qu'on camoufle de toutes les façons possibles, en attribuant au gaz un valeur 'écologique' : un mensonge éhonté dans les conditions décrites. C'est pratiquement le cas seulement si on extrait le gaz et qu'on l'utilise dans le voisinage immédiat comme cela s'est fait dans notre région. Et encore, à cause des fuites mal colmatées !

Alors, qui est perdant dans ce projet ?

Jean-Luc Dion

Ingénieur et professeur retraité
Département de Génie électrique et Génie informatique
Université du Québec à Trois-Rivières.

1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_naturel_liqu%C3%A9fi%C3%A9#cite_note-He-3

2 https://www.equiterre.org/actualite/gnl-quebec-%E2%80%93-ce-que-vous-devez-savoir?gclid=EAIaIQobChMIlMX0xaK67wIVGOWzCh04KQ-wEAAYASAAEgLR4vD_BwE?gclid=EAIaIQobChMIlMX0xaK67wIVGOWzCh04KQ-wEAAYASAAEgLR4vD_BwE

3 https://www.ledevoir.com/societe/environnement/596575/gnl-quebec-se-cherche-des-allies

-o-o-o-o-o-o-

ANNEXE

    Le gaz naturel (constitué à plus de 90 % de méthane) est transporté par navires (méthaniers) à une température de −162 °C et à une pression voisine de la pression atmosphérique. Les réservoirs sont construits sur le principe de la bouteille isotherme et leur capacité peut aller jusqu'à 200 000 m3 de gaz liquide par réservoir. Un méthanier comportant plusieurs réservoirs, sa cargaison peut actuellement atteindre 154 000 m3 de GNL, Gaz Naturel Liquéfié. Les futurs méthaniers pourront transporter jusqu'à 260 000 m3 de GNL. Le volume du méthane à l'état gazeux est égal à 600 fois son volume à l'état liquide, à pression atmosphérique.

(chaque méthanier est une terrifiante bombe flottante…)

La combustion du méthane à 25 °C libère une énergie de 39,77 MJ/m3 (55,53 MJ/kg)a, soit 11,05 kWh/m3 (15,42 kWh/kg) (à TPN : température et pression normales).

https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thane#Inflammation_et_combustion

Considérons cette dernière valeur, 15,42 kWh/kg. Si cette énergie était sous forme d'électricité à 0,07$/kWh, 1 kg de gaz (0,716 kg) vaudrait environ 1,08$. Et combien dépenserait-on pour produire et utiliser ce kilogramme ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_naturel_liqu%C3%A9fi%C3%A9

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_naturel_liqu%C3%A9fi%C3%A9#Cycles_de_r%C3%A9frig%C3%A9ration_en_cascade

Quelques caractéristiques :

• Phase gazeuse :

o Masse volumique (1013,25 hPa, à 15 °C ) : 0,678 kg m3-1

                1 hPa = 1 hectopascal = 100 pascals (Pa) 

o Équivalent gaz/liquide (1013,25 hPa, 15 °C) : 1 m3 de gaz > 0,001587 m3 de liquide (1,587 litre)

o Volume Spécifique (1013,25 hPa, 21 °C) : 1,48 m3/kg

o Chaleur spécifique du gaz à pression constante (Cp) (1013,25 hPa et 25 °C) : 35 J/(mol.K)

o Chaleur spécifique du gaz à volume constant (Cv) (1013,25 hPa et 25 °C) : 27 J/(mol.K)

o γ = Cp/Cv = 1,296

o Viscosité (1013,25 hPa, 0 °C) : 0,0001027 poise

o Solubilité du gaz dans l'eau (1013,25 hPa) : 0,054 vol/vol à 2 °C.

• Phase liquide :

o Masse volumique (1013,25 hPa, au point d'ébullition de -161,6 °C) : 422,62 kg m3-1

o Équivalent liquide/gaz (1013,25 hPa, 15 °C) : 1 kg de liquide > 1,47 m3 de gaz, ou 1 m3 de liquide > 630 m3 de gaz

o Point d'ébullition (1013,25 hPa) : -161,6 °C (111,55 K)

o Chaleur latente de vaporisation (1013,25 hPa, au point d'ébullition) : 510 kJ kg-1

Source : http://pravarini.free.fr/gaz-methane.htm#:~:text=Volume%20Sp%C3%A9cifique%20(1013%2C25%20hPa,)%20%3A%2027%20J%2F(mol.

Compression polytropique adiabatique d'un gaz idéal:

o avec:

Wc : Energie apportée au gaz en J/mole Tasp :Température d'aspiration (K) Pref : Pression absolue au refoulement Pasp : Pression absolue à l'aspiration ηp : Rendement polytropique γ = Cp / Cv Z : facteur de compressibilité du gaz R = 8,3145 J/K/mole

EXEMPLE : Supposons que Pref/Pasp = 100, Tasp = 293 K, ηp = 1 et Z = 1 (pour simplifier). γ = Cp/Cv = 1,296

Alors : Wc = 1,987 x 104 J/mole = 1,987 x 107 joules/kilomole = 19,87 MJ/kmole

1 kmole de CH4 = 16 kg

Alors : Wc = 1,242 MJ/kg = 0,345 kWh/kg : l’énergie requise pour comprimer 1 kg de méthane, de 1 bar à 100 bars adiabatiquement.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_naturel_liqu%C3%A9fi%C3%A9#Pr%C3%A9-traitement_du_gaz

Liquéfaction

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_naturel_liqu%C3%A9fi%C3%A9#Cycles_de_r%C3%A9frig%C3%A9ration_en_cascade Le gaz naturel liquéfié est produit à partir de gaz naturel, par cryogénie, et nécessite une température de −163 °C. C'est un procédé très consommateur d'énergie, même si son efficacité a été considérablement améliorée au cours des années1. Dans les régions où il ne peut être injecté dans le réseau de gaz ni consommé sur place, le biométhane (ou biogaz raffiné) peut aussi être liquéfié, on le nomme alors parfois LBG pour liquefied biogas (biogaz liquéfié)2. Une demande nouvelle pourrait émerger dans le domaine de la motorisation de navires et péniches par des carburants verts de ce type2. Quel que soit le procédé cryogénique retenu, la liquéfaction du gaz naturel demande un important apport d'énergie mécanique pour actionner les pompes ou compresseurs. Ainsi les différents processus existants pour réaliser la cryogénisation sont souvent comparés du point de vue de leur consommation énergétique, souvent exprimée en kWh (mécaniques) consommés par kg de GNL produit3. « La consommation d'énergie dans le procédé en cascade est d'environ 0,255 kWh/kg de GNL produit (918 kJ/kg)» (une valeur qui me semble faible…)

Travail de compression :

http://processs.free.fr/Pages/VersionWeb.php?page=2110

(*)  https://energiesaguenay.com/media/cms_page_media/27/GNL%20101%20-%20Initiation%20au%20Gaz%20Naturel%20Lique%CC%81fie%CC%81.pdf