Traduction - Translate

jeudi 26 août 2021

ÉCHANGES SUR L'ÉNERGIE

Jean-Luc Dion

St-Mathieu-du-Parc  -  25 août 2021

Dernièrement, je recevais d’un collègue et ami, impliqué dans le domaine de l’hydrogène, des liens vers les documents suivants qui exposent les projets des gouvernements québécois et canadien au sujet de l’hydrogène comme supposée « énergie verte ».

https://transitionenergetique.gouv.qc.ca/fileadmin/medias/pdf/expertises/Etude_hydrogene_Sommaire.pdf

https://www.rncan.gc.ca/sites/www.nrcan.gc.ca/files/environment/hydrogen/NRCan_Hydrogen-Strategy-Canada-na-fr-v4.pdf

Après la lecture de ces documents, voici mes commentaires comme scientifique qui ose dire…

-o-o-o-o-o-

(…) Pour ma part, je reconnais dans ces documents un volumineux verbiage pour camoufler l'échec, ou le refus de notre société technologique évoluée à reconnaitre les véritables causes de la catastrophe écologique qui arrive rapidement, et les prises de décisions courageuses qu'il faudrait adopter de toute évidence.

En effet, pour moi et beaucoup d'autres scientifiques, la dangereuse situation actuelle a quelques causes essentielles comme les suivantes :

·       Le gaspillage sans restriction de ressources non renouvelables dont le pétrole et les métaux.

·       La multiplication exponentielle du nombre des véhicules automobiles individuels.

·       La production sans restriction de milliards de produits inutiles, particulièrement à base de plastique, qui remplissent les dépotoirs et polluent les océans sur toute la planète.

UN GRAPHIQUE TRÈS ÉLOQUENT...

    Et rien ne semble devoir arrêter cette croissance quasi-exponentielle.
    Comme dans la chanson : « Paroles, paroles »...

Source :  https://iris-recherche.qc.ca/blogue/les-technologies-propres-au-service-de-la-relance-d-un-capitalisme-vert?utm_source=Liste%20de%20diffusion&utm_campaign=6314ea33e7-INFOLETTRE%20du%20vendredi_non%20membre_25juin2021&utm_medium=email&utm_term=0_831b3c6b78-6314ea33e7-126401733&fbclid=IwAR1z2tWJgPP1cmkCyC-8yBjR5VchZ7QNzKl1vCLB2fSzWJFs9uhP_U1ukvs

RAPPEL DE DÉCISIONS COÛTEUSES

Comme complément d'information, je me permets de copier ci-dessous ce que j'envoyais récemment à un collègue économiste bien connu qui a réagi en disant qu'il était bien d'accord, mais sans plus de commentaires...

Bonjour cher ... et merci pour tes remarques...

   Sur ces questions d'efficacité énergétique, je ne pense pas avoir fait d'erreur sérieuse. J'oserais dire que ma formation et mon expérience d'ingénieur physicien m'aident à les éviter et à pressentir les erreurs de fond qui animent divers projets comme ceux que tu évoques. Depuis toujours, je pense avoir un souci quasi-inné du respect de la Nature en toutes choses sur la base d'une certaine connaissance des lois naturelles que je m'efforce de vérifier, comme tu le dis. Ainsi, je t'invite à cliquer sur les liens fournis.

   En effet, jusqu'à maintenant il n'y a aucune volonté politique sérieuse de s'attaquer au problème fondamental qui est celui de la consommation terriblement excessive d'énergie sous toutes ses formes et des ressources non renouvelables (1), accompagnée de la destruction de nombreux milieux de vie et d'une pollution catastrophique, particulièrement par les plastiques et pesticides de toutes sortes qui sont des dérivés du pétrole. La croissance inouïe du nombre de véhicules individuels, de plus en plus gros, en est une belle preuve... Et les véhicules électriques n'y changeront rien car les sources d'énergie électrique resteront très inefficaces en général. Et ces véhicules consomment des ressources non renouvelables.

   Tu sais sans doute que ces pesticides empoisonnent dangereusement notre nourriture, avec des conséquences génétiques particulièrement, sous la pression de puissants fabricants tels que Bayer/Monsanto qui forcent les cultivateurs à acheter leurs semences génétiquement modifiées pour résister à ces poisons... Tout cela étant aggravé pour une population de la Terre qui double en 50 ans actuellement, et augmente exponentiellement depuis des siècles.

   Dans notre réalité planétaire, cela ne saurait durer encore bien longtemps avant une catastrophe dont l'actuelle pandémie est probablement un signe avant-coureur...

   Bien sûr, beaucoup de brillants dirigeants sont conscients de ces très graves conditions, dans nos gouvernements, universités et autres organismes. Mais il semble bien qu'ils sont mis dans un état de léthargie par les puissants 'lobbies' entretenus par tous ces géants qui font des profits fabuleux grâce au laisser-faire actuel. On les endort particulièrement avec des généreuses subventions à des projets de recherche qui font miroiter la possibilité de se soulever littéralement par ses lacets de soulier... Vraiment très peu ont le courage de simplement se prononcer : c'est un gros problème.

   Par exemple, les dernier projets lancés ou appuyés par Hydro-Québec sont des miroirs aux alouettes : les inutiles éoliennes 'Apuiat' pour créer des emplois temporaires sous la pression des Innous de la Côte Nord, et deux premières centrales solaires photovoltaïques (clic) inutiles auxquelles on va sacrifier des terres agricoles dans les meilleurs territoires au Québec (on a depuis longtemps bazardé les meilleures qui étaient situées sur les iles de Montréal et de Laval...

   Comme si les précédentes constructions de génératrices éoliennes sous la pression d'entreprises privées assoiffées de profit rapide (Boralex...) n'avaient pas suffi à la démonstration (sans parler de toutes les autres dans le monde...). C'est sans parler d'autres projets lancés par H-Q, comme sa filiale Argo-Tech de Boucherville où notre magnifique société d'État a englouti près de 1 milliard de $ pour mettre au point des piles au lithium d'avant-garde dont la propriété intellectuelle est apparemment disparue au cours de deux 'avatars' dont la dernière trace est Bolloré, que tu dois connaitre... (qui est Vincent Bolloré?). Une piste ICI sur ce désastre…

Des faits particulièrement troublants sont rapportés dans cet article avec de nombreuses références ICI

 Il faut croire que tous ces renseignements ont été soigneusement camouflés car notre gouvernement à Québec aurait fait allusion à des centaines de millions de dollars qui seraient investis dans les piles au lithium, car nous n'aurions jamais fait de recherche dans le domaine ici... !

« Québec s’apprête à sortir l’artillerie lourde pour justifier un investissement de 2 milliards de fonds publics d’ici 5 à 10 ans dans sa filière électrique, si l’on se fie à l’étude de McKinsey, commandée par Investissement Québec (IQ), dont Le Journal a obtenu copie...» (ICI).

«Filière batterie : Québec n’est pas certain de réaliser la « chaîne au complet »» (ICI).

Il faut aussi se souvenir des projets de « mini-centrales » pistonnés par des entreprises privées qui se sont dépêchées de s'en départir après avoir empoché les subventions et les profits, comme à St-Paulin... Or, ce n'est pas fini, comme on l'apprenait récemment...

« Malgré d’importants surplus énergétiques, Hydro-Québec prévoit acheter pour 460 millions $ d’électricité (avec frais de branchement) dans trois nouveaux projets de petites centrales hydro-électriques…
Ces nouveaux projets iront de l’avant alors que le premier ministre François Legault avait pourtant dit mettre un frein en novembre dernier à tout nouveau développement énergétique au Québec. 

En raison d’importants surplus énergétiques, Hydro-Québec a déversé l’équivalent de 10 térawattheures (TWh) d’eau de ses grands réservoirs l’an dernier. Une perte de revenus potentiels estimés à plus de 700 millions $. »  SOURCE

   En bref, le coût de construction et le coût des ressources de toutes sortes dans ces techniques, de même que le faible rendement énergétique font que, globalement, dans l'état actuel des connaissances, elles ne sont avantageuses que dans de rares cas, surtout pas si on dispose d'énergie hydroélectrique comme ici.

   Pendant ce temps, Hydro-Québec aura dépensé et dépensera encore des dizaines de millions de $ (sinon des centaines) pour vendre nos surplus d'électricité aux 'Amaricains' à prix réduit, au lieu de les utiliser, par exemple, pour alimenter une véritable industrie métallurgique, particulièrement sur la Côte-Nord, au lieu de projets inutiles comme Apuiat, à la hauteur de notre production minérale plutôt que de la laisser filer à l'étranger comme dans ce cas particulièrement scandaleux de la mine Raglan dans notre extrême-Nord, ce qui nous coûte des milliards de $ chaque année qui passe, du fait que ces minerais ne sont pas vendus, mais donnés en vue de redevances qui sont rarement payées : CLIC. Ces surplus pourraient évidemment servir à chauffer plus d'édifices et maisons, améliorer radicalement les transports en commun, chauffer des serres pour viser largement notre autosuffisance en fruits et légumes, etc., etc.

DU GAZ INUTILE ET INUTILISÉ CHÈREMENT PAYÉ

  Et c’est sans parler des affaires de centrale au gaz où il s’agit aussi de milliards volatilisés ! La centrale au gaz naturel du Suroît fut un cas de dilapidation de fonds publics pour des causes jamais clairement élucidées. Un autre triste cas dans ce domaine est celui de la centrale au gaz naturel de Bécancour :

« …Concrètement, la société d’État a donc versé, de 2008 à 2013, soit sur une période de six ans, une somme évaluée à 804 millions de dollars à TransCanada. Pour la période allant de 2014 à 2026, la somme devrait plutôt atteindre 1,56 milliard de dollars, si on calcule une période de 13 ans. La somme totale versée à la pétrolière albertaine pour la période 2008-2026 pourrait donc atteindre près de 2,4 milliards de dollars… » (…)

  Fait à noter, pendant toute cette période, il est bien possible que la centrale au gaz naturel de Bécancour ne produise jamais d’énergie pour le réseau de distribution d’Hydro-Québec. Cette centrale privée, construite au coût de 500 millions de dollars, a été utilisée pour produire de l’énergie uniquement de septembre 2006 à décembre 2007. Depuis cette date, elle est demeurée essentiellement à l’arrêt, puisque la société d’État dispose d’importants surplus d’énergie.

  Malgré cette situation, Hydro-Québec a négocié une nouvelle entente avec TransCanada en 2015, dans le but d’utiliser la centrale lors de périodes de pointe de consommation d’électricité de 2016 à 2036. Il était alors question de verser près de 400 millions sur 20 ans à la multinationale, EN PLUS de « frais fixes » annuels de plusieurs millions de dollars.                SOURCE

  Les années se suivent et se ressemblent pour la centrale au gaz de TransCanada Énergie (TCE), à Bécancour. Pour la garder fermée de nouveau l'an prochain, Hydro-Québec versera 150 millions $ à TCE. La centrale, qui n'a jamais produit un électron depuis 2008, aura ainsi coûté plus de 1 milliard$ à la société d'État.

  Aux prises avec d'importants surplus d'électricité - 13,4 térawattheures (TWh) -, Hydro-Québec a déposé, devant la Régie de l'énergie, une demande pour suspendre l'an prochain les activités de production de la centrale de 550 mégawatts (MW) située à Bécancour.

Il faut dire que depuis 2008, la centrale au gaz de Bécancour «tourne» au neutre. Hydro-Québec dit avoir ainsi versé en moyenne 150 millions $ par année à la société albertaine pour suspendre son contrat ferme d'approvisionnement.

A-t-on une idée de l’identité des brillants eunuques qui ont négocié un tel contrat !!!

L'ILLUSION VERTE

   Incidemment, as-tu eu l'occasion de voir le film de Michel Moore « Planet of the Humans » qui est très révélateur de l'approche que j'ai décrite plus haut. Remarque bien le 'non-dit' des grands promoteurs d'énergies dites 'vertes'... Bien sûr, ce film a beaucoup été attaqué parce qu'il révèle les véritables intentions de certains puissants, tels que Al Gore...

   En compilant mes vérifications, sinon mes 'erreurs', j'arrive facilement à la conclusion qui est une « vérité de la Palice » : l'énergie la plus économique et la plus écologique est celle qu'on n'utilise pas !

   C'est ainsi que pense, avec d'autres que si, à l'échelle planétaire, on n'est pas capable de réduire de 50% la consommation d'énergie et de produits inutiles au cours des 10 prochaines années, on s’en va sûrement vers une catastrophe écologique qui fera disparaitre une grande partie de la vie sur Terre...

   Qu'en penses-tu ? Je sais que je t'impose pas mal de lecture... :(

   J'espère que ta santé est toujours bonne et que nous aurons l'occasion de nous revoir prochainement ! Donne-moi de tes nouvelles.

    Avec mes amitiés,

            Jean-Luc

(1)  Le cas du pétrole est bien connu... Par ailleurs, nos compatriotes ne connaissent pas l'ampleur du vol de nos ressources minérales depuis toujours qui se mesure en milliards de dollars par année tellement notre territoire est riche et que nous finançons même ce vol, en ne vendant pas nos minerais, mais en percevant une fraction occasionnelle des redevances sur les profits nets (selon une vieille loi coloniale) des multinationales qui en revendiquent même la propriété, comme sur la richissime mine Raglan ! On leur construit même des routes et on leur accorde en plus des crédits d'impôt, sans bien sûr leur réclamer le nettoyage de leurs sites après les avoir vidés, car c'est à nos frais.... 

  Les forêts sont dites « ressources renouvelables », mais la façon dont on les laisse exploiter depuis des décennies, avec des machines de plus en plus monstrueuses, est désastreuse : c'est « la coupe à blanc » partout, comme ici dans le territoire de lac Mastigouche, par exemple. Dans une perspective écologique, c'est d'une bêtise incommensurable car on s'oblige à accorder toujours de nouveaux territoires aux exploitants sans scrupules qui ne visent que le profit maximal. Or, on parle actuellement de « La pénurie mondiale du papier ». Une pénurie qui entraine des pressions plus fortes, comme on le constate, sur notre gouvernement pour 'ouvrir' de nouveaux territoires, même notre Ile d'Anticosti… Et c’est sans parler de la Centrale nucléaire de Gentilly, à laquelle j’ai été associé indirectement, par mes étudiants qui y ont travaillé comme ingénieurs à partir de 1967. Encore là, une réflexion la moindrement sérieuse aurait démontrée que nous n’avions AUCUN intérêt à dépenser des centaines de millions dans ce domaine. C’est ce que la suite des choses a clairement démontrée… Ayant déjà fait une maitrise en physique nucléaire, j’étais sensible aux conséquences à l’époque.

Voilà ! C'était ma façon de dire que les solutions apparemment simples ne seraient pas les meilleures, simplement du fait des lois de la conservation de l'énergie qui sont inviolables. Et, l'automobile individuelle est un fléau dont la solution sera terriblement difficile...

    Amitiés,

        Jean-Luc

P.S.  Voir cette proposition d'une solution réalisable :

Voir aussi :
  • Y a-t-il une limite à la démesure inefficace ???

                            Les Chinois dévoilent l'éolienne la plus grande du monde

-o-o-o-o-o-o-




jeudi 19 août 2021

LE «GÉNOCIDE» DES AUTOCHTONES

 LE «GÉNOCIDE » DES AUTOCHTONES

Jacques Rouillard
Professeur émérite à la retraite,
Département d’histoire, Université de Montréal

Musée de la Neufve-France

LE 19 AOÛT 1652, massacre à Trois-Rivières

   Les attaques récentes, les cadavres de colons trouvés chaque jour dans leur champ, et surtout la mort de quatre habitants du Cap, révoltent le gouverneur Du Plessis-Kerbodot qui décide une sortie massive pour exterminer les hordes iroquoises. Le capitaine Boucher s’y oppose, redoutant un échec, et lui-même reste à l’intérieur du fort avec quelques hommes valides. Ce conflit d’autorité se soldera par une hécatombe, alors que 22 colons et soldats, y compris le gouverneur, sont massacrés dans les bois environnants. 

   À la suite de cette défaite, les habitants croient la situation désespérée. La plupart hommes ont péri. Des 40 premiers habitants trifluviens, il n’en reste pas 10. Toute la colonie, surtout la population de Québec, est aux abois. Les autorités se demandent s’il ne faudra pas quitter le pays. La panique gagne même ceux qui ont mis leur foi en la Providence. La mère Catherine de Saint-Augustin écrit, au nom de sa communauté : « Nous ne nous pressons pas pour achever le reste de nos bâtimens à cause de l’incertitude où nous sommes si nous demeurerons long-temps icy ». 

   Marie de l’Incarnation est plus explicite encore : « L’on projette de tout quitter, écrit-elle, et de faire venir des vaisseaux de France pour sauver ceux qui ne seraient pas tombés en la puissance de nos ennemis ». Pierre Boucher lui-même fait écho à cette possibilité. Une ordonnance qu’il émet le 10 août 1653 renferme ces lignes : « Malgré l’incertitude des temps causée par l’ennemi, étant en doute si on doit vider le pays ou non... ».

COMMENTAIRE 

   La direction de la Société historique du Canada (SCH), qui dit représenter 650 historiens professionnels au Canada, vient de cautionner une affirmation délirante voulant que « la longue histoire de violence et de dépossession des peuples autochtones » justifie pleinement l’emploi du mot « génocide » pour caractériser le traitement qui leur a été fait (Steven High, «Le mot “génocide” est justifié», Le Devoir, 2 juillet 2021).

   Elle prend soin de bien préciser le sens du mot génocide provenant de la définition des Nations unies de 1946, dans le sillage de l’Holocauste. Le génocide commis par le Canada correspondrait à cette définition : « le meurtre de membres du groupe ; des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; des mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe […] ».

   L’intention génocidaire aurait été amplement établie par la recherche historique. La récente découverte de tombes non marquées sur le site d’anciens pensionnats s’inscrirait dans l’histoire plus vaste « d’effacement physique des peuples autochtones du Canada ». En fin de compte, les politiques canadiennes à l’égard des autochtones seraient l’équivalent de la volonté des nazis d’éliminer le peuple juif.

RESPONSABILITÉ

   Le point de vue de la SHC va beaucoup plus loin que le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada de 2015 et les recherches historiques substantielles sur lesquelles il s’appuie. Le Rapport caractérise de « génocide culturel » les politiques du Canada à l’égard des autochtones, mais écarte clairement le génocide physique et biologique.

   Les mesures, peut-on lire, visaient « à éliminer les peuples autochtones comme peuples distincts et à les assimiler contre leur gré à la société canadienne ». L’éducation offerte dans les pensionnats avait pour objectif d’effacer la culture originale des Autochtones et d’intégrer ces communautés rapidement à la culture occidentale en obligeant les jeunes à fréquenter les pensionnats.

   Ces pensionnats dirigés par des communautés religieuses ne sont pas des camps de concentration destinés à commettre des meurtres et à assurer la destruction physique des Autochtones. L’objectif assigné par le gouvernement aux communautés est de faire rapidement de ces jeunes Autochtones des citoyens ayant les mêmes valeurs et identité que les autres jeunes Canadiens.

   Comme on peut le lire dans le Rapport, « les écoles sont considérées comme des moteurs de changements culturels et spirituels » : les « sauvages » deviendront des « hommes blancs chrétiens ». Pour ce faire, le gouvernement a décidé d’une méthode radicale, inhumaine : arracher à leur famille contre leur gré les jeunes en âge de scolarisation.

   La responsabilité de cette tragédie incombe entièrement aux gouvernements canadiens qui se sont succédé et qui ont financé les pensionnats, et non aux communautés religieuses qui répondaient aux objectifs de scolarisation fixés par le ministère des Affaires indiennes.

MARTYRS

   Le premier ministre Justin Trudeau tente depuis quelque temps de faire dévier la culpabilité du gouvernement vers les communautés religieuses où il y aurait eu parfois des « actes criminels ». Le gouvernement fédéral a fait appel aux communautés religieuses pour diriger les pensionnats comme les commissions scolaires catholiques et le gouvernement au Québec ont requis leurs services pour prendre en charge l’éducation, la santé et les services sociaux.

   Jusqu’à la Révolution tranquille, elles jettent les fondements d’écoles et de collèges, d’hôpitaux, d’asiles pour vieillards, infirmes, orphelins, pauvres, etc. On voit mal pourquoi les religieuses et religieux affectés auprès des Autochtones se seraient employés à les « martyriser » comme une chroniqueuse d’un journal vient de l’écrire à la suite de l’opinion de la Société historique.

   Près de 150 000 jeunes métis, Inuits et autres peuples des Premières Nations ont fréquenté les pensionnats de 1867 à 2000. 

   De ce nombre, la Commission a relevé qu’environ 3200 décès y sont survenus de 1921 à 1965. La recherche historique qu’elle a fait effectuer montre que, de la Deuxième Guerre mondiale à 1965, le taux de mortalité dans les pensionnats était comparable à la moyenne canadienne pour les jeunes de 5 à 14 ans, résultat fort probable de l’inoculation des vaccins qui s’est effectuée dans les pensionnats comme dans les autres écoles canadiennes.

   Pour la période antérieure, de 1921 à 1950, le taux de mortalité dans les pensionnats était de plus du double de la moyenne canadienne, toujours pour les jeunes de 5 à 14 ans. Ce taux représente en moyenne environ quatre élèves par année pour 1000 jeunes fréquentant les pensionnats. Leur décès était surtout attribuable à la tuberculose selon la recherche de la Commission. On est loin d’un génocide physique des jeunes Autochtones.

MOYENS DE COMMUNICATION

   Selon son rapport, 46 % des décès des jeunes ayant fréquenté les pensionnats de 1867 à 2000 sont survenus au pensionnat même, 26 % dans un hôpital/sanatorium et 23 % à la résidence même des parents. En général, le gouvernement ne voulait pas payer pour rapatrier les jeunes décédés dans leur famille. Sans vouloir l’excuser, il faut bien préciser que les moyens de communication jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale étaient rudimentaires. L’usage du téléphone ne se répand qu’à la fin des années 1930, et les routes sont impraticables en hiver.

   Rappelons que plusieurs orphelinats se trouvent en régions fort éloignées. Comme on ne conserve pas des corps longtemps, les enfants qui mouraient à l’école étaient pour la moitié inhumés dans le cimetière attenant ou dans celui de la paroisse, et leurs tombes étaient souvent à peine indiquées, nous dit la Commission.

   Elle en a repéré plusieurs qui ont été abandonnées après la fermeture des écoles. Selon les historiens Jim Miller et Brian Gettler, qui ont fait porter leurs recherches sur les Premières Nations, des croix de bois étaient placées là où les enfants étaient enterrés dans des cimetières selon les rites catholiques. Elles se sont évidemment rapidement désagrégées.

   Dans l’édition du 2 juillet, la chronique de Christian Rioux du Devoir (Histoire et Mémoire) tombe à point, faisant état du « délire victimaire qui s’est emparé de nos sociétés ». Il relève le choc qui se produit entre l’histoire, qui se veut scientifique, et la mémoire véhiculée par des groupes de militants en mal de sensationnalisme.

   Faisant référence à l’histoire des pensionnats, il écrit que « le regard complexe de l’Histoire » « n’a pas pour but de conforter ni les vainqueurs ni les vaincus ». Eh bien, la direction de la principale association d’historiens au Canada vient de succomber à la psychose médiatique teintée de la perspective woke en décrétant que le Canada est responsable, contre toute évidence, du « génocide physique » des nations autochtones.

Jacques Rouillard

Professeur émérite à la retraite, Département d’histoire, Université de Montréal







mardi 27 avril 2021

LA FLEUR DE LYS, L’HISTOIRE ET NOTRE FAMILLE

LA FLEUR DE LYS, L’HISTOIRE ET NOTRE FAMILLE

Jean-Luc DION (*)

Article publié dans « Les Dion en Amérique », Bulletin de liaison et d’information de l’Association des Dion d’Amérique, volume 13, numéro 4, décembre 1995.

(*) De Trois-Rivières-Ouest, Québec. Alors président de l’Association. 

Les emblèmes du Québec

Mon emblème personnel : la  fleur-de-lys acérée.

Elle est piquante pour ceux qui ne l'aiment pas...
« Qui s'y frotte s'y pique » (*)

(*) https://fr.wikipedia.org/wiki/Qui_s%27y_frotte_s%27y_pique_(devise) 

»» Une devise à la fin du Moyen Âge est un emblème figuré accompagné d'une courte sentence. Louis d'Orléans qui fonda en 1394 l'ordre chevaleresque du Porc-Épic adopta la sienne : une figure de porc-épic avec la sentence en latin Cominus et eminus ce qui signifie «de près et de loin». On prêtait en effet au Moyen Âge à ce mammifère des valeurs guerrières, capable non seulement de se défendre de près mais aussi de lancer ses piques au loin pour en atteindre son adversaire. Devenue la devise des ducs d'Orléans, elle fut conservée par le petit-fils de Louis Ier et fils du poète Charles d'Orléans quand il devint roi de France sous le nom de Louis XII, succédant en 1498 à son cousin issu de germain Charles VIII, mort sans héritier. (*). 

« Tout groupement humain animé d’un vouloir-vivre collectif et possédant des caractéristiques nationales adopte un symbole propre à l’identifier parmi les autres peuples. Il recourt ipso facto au mode d’expression le plus naturel qui soit: la figuration graphique...» [1]. La fleur de lis, ou la fleur-de-lys héraldique, comme symbole est étroitement associée à l’histoire de notre famille, de notre peuple et des francophones d’Amérique. Et, il ne faut pas l’oublier, notre histoire, pendant deux mille ans et plus, s’est essentiellement confondue avec celle de la France. Nos origines se retrouvent dans ce creuset exceptionnel de la Gaule où se côtoyèrent plus ou moins rudement et se fusionnèrent de nombreux peuples européens: Gaulois, Celtes, Romains, Normands, Basques,  

   De tout temps, depuis la plus haute antiquité, la fleur de lis fut un symbole constamment utilisé par nos ancêtres. De plus, les fleurs de lis ont été employées par plusieurs grandes familles des pays d’Europe, par des villes et des communautés [2,3], de même que par les corporation de métiers et des provinces de France [4,5]. Ce fut à l’époque de Charles VI et de Louis XII (1380-1515) que l’on fit de ce symbole le plus abondant usage dans les arts décoratifs en France.

   L’utilisation de la fleur de lis en France remonte aux temps de l’Empire romain. On la retrouve à travers les différentes dynasties qui l’ont gouvernée. C’est ainsi que les Capétiens l’ont utilisée à partir du chef de leur lignée, Hugues Capet (proclamé roi de France en 987), qui portait une couronne de fleurs de lis. Le sceptre, la couronne et les habillements des rois mérovingiens (première dynastie des rois de France: 420 à 752) étaient ornés de fleurs de lis [6]. Clovis (466-511), un des premiers mérovingiens et considéré comme le premier roi de France par sa conversion au christianisme, aurait reçu les fleurs de lis de Anastase Ier, empereur d’Orient (430-518), avec le titre de consul. Charlemagne (742-814) portait un écu orné de fleurs de lis [5]. De même pour son père, Pépin le Bref (714-768).

1 Le drapeau québécois, Jacques Archambault et Eugénie Lévesque, Éditeur Officiel du Québec, 1974.
2 Manuel du blason, D.L. Galbreath, SPES, Lausanne, 1942.
3 L’art héraldique, H. Gourdon de Genouillac, Gründ, Paris, 1900.
4 Armoiries des provinces et villes de France, Jacques Meurgey, Bosse, Paris, 1929.
5 Pour un drapeau indépendantiste, Raoul Roy, L es Éditions du Franc-Canada, Montréal, 1965.
6 Histoire du drapeau, des couleurs et des insignes de la monarchie française, M. Rey, Téchener, Paris, 1837.

   L’encyclopédie [7] rapporte que «Le Père Caussin croyait que le lis était, même avant Clovis, le symbole de la Gaule. Il fondait cette opinion sur une médaille d’Hadrien, empereur romain de 117 à 138 de notre ère, où l’on voit la Gaule tenant à la main un objet assez semblable à une fleur de lis qu’elle présente à l’empereur, qualifié sur la médaille de restaurateur de la Gaule». Toutefois, les fleurs de lis n’étaient pas particulières aux rois de France. Elles étaient utilisées par la plupart des dirigeants. Les fleurs de lis ont orné des couronnes royales en Allemagne, en Espagne, en Lombardie, en Angleterre, etc. [5,8].

Fig. 1 Armoiries de Louis XIV arborées à Québec au 18e s.

Fig. 2 - Armoiries officielles du Québec (1939)

   Ce symbole de grande importance fut naturellement introduit en Nouvelle-France. Jacques Cartier raconte qu’il fit planter une croix de treize pieds de haut à Gaspé et qu’il y fit apposer un écu où furent gravées trois fleurs de lis [5,9]. Depuis lors, ce symbole a marqué l’établissement de nos ancêtres en Amérique du Nord et toute notre histoire des trois derniers siècles. La figure 1 montre “les armoiries que Gaspard Chaussegros de Léry, ingénieur des fortifications, avait commandées à Noël Levasseur en 1727. Cette sculpture sur bois ornait l’une des portes de Québec...” [1]. Il est important de remarquer que la fleur de lis des rois de France n’était pas blanche: elle était jaune or. On peut ainsi affirmer que la fleur de lis (ou fleur-de-lys) du drapeau québécois n’est pas un symbole royaliste, mais bien un symbole national, un signe de ralliement non seulement de tous les Québécois, mais aussi de tous les francophones nord-américains. C’est un symbole qui rappelle nos origines françaises et dont nous devons être fiers. Un noble symbole qui commande le respect, tout comme nos amis des États-Unis respectent leur bannière étoilée ( Star spangled banner ).

7 Encyclopédie du XIXe siècle, Librairie de l’Encyclopédie, 1877, à « Lis ».
8 Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Larousse, Paris, 1872, à « fleur ».
9 La grande aventure de Jacques Cartier, J. Camille Pouliot, H. Michelant et A. Ramé, Paris, 1934, p. 42.

 



 

mercredi 14 avril 2021

SCIENCE ET FRANCOPHONIE - Correspondance DION - MITTERRAND

Une des actions que j'ai menées pour notre langue auprès des autorités françaises...

  Un des fondateurs de la revue Science et Francophonie qui a été publiée pendant plusieurs années vers 1980-1990 était le Pr Pierre Demers, éminent physicien de l'Université de Montréal, pionnier de la physique nucléaire au Québec. Il en était l'éditeur.

Source du document : Bibliothèque et Archives nationales du Québec

https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2398784?docref=SPb6SxGYM01XfKTp0mIcQA&docsearchtext=Jean-Luc%20Dion






















vendredi 26 mars 2021

LE BULLETIN DE LA RÉPUBLIQUE 2006-12-30

UN SOUVENIR DE 2006...
LE BULLETIN DE LA RÉPUBLIQUE

Le statut de nation ne se quémande pas, ni ne se donne :
il s'acquiert par le courage, la solidarité, le travail, les convictions,
le respect des traditions, et des gestes concrets d'appropriation du territoire.


Que l'année 2007 soit celle
d'un renforcement de l'unité nationale des Québécois
et d'une véritable prise en main de notre avenir.
Bonne et heureuse année à tous !


CONTENU

«» Encore plus d’hydrolingots -- Le Devoir
«» Sur l’attentisme et ses effets délétères -- Robert Laplante, L'Action nationale
«» L'identité québécoise n'est pas à vendre -- Juge André Marceau, Le Devoir
«» Le Québec à l'UNESCO: une savoureuse plaisanterie -- Jean-Marc Léger, Le Devoir
«» Où en est la pensée québécoise telle qu'on la publie ?
«» Le beau texte de Tania Kontoyanni : MA PATRIE
«» Divertissements
«» Les pensées du jour
«» Liens utiles


Encore plus d’hydrolingots

Jean-Robert Sansfaçon
Éditorial - Le Devoir - lundi 18 décembre 2006

Source : clic

(...) Ce sont les dénonciateurs de « l’immobilisme » qui seront contents : grâce à l’argent des contribuables, Alcan agrandira ses installations d’Alma (ou d’Arvida) et construira une usine pilote équipée d’une technologie moderne susceptible d’être exportée. Grâce à ces deux projets qui s’échelonneront sur une dizaine d’années, 740 emplois seront créés auxquels s’ajouteront les postes créés pendant la construction et ceux des PME invitées à fournir des équipements et des services exportables.

Voilà d’ailleurs l’élément le plus intéressant de cette entente : pour chaque usine équipée de la nouvelle technologie dite AP-50 qui sera exportée dans le monde par la suite, Alcan laisse miroiter des retombées potentielles de 500 millions chez les fournisseurs d’équipements et de services du Québec.

Cela dit, il n’y a rien de gratuit en ce bas monde. Pour qu’Alcan accepte d’investir ces 2,1 milliards au Québec, il a fallu que le gouvernement Charest y mette du sien... ou du nôtre. D’abord, un prêt de 400 millions sans intérêt pour trente ans. L’argent prêté étant emprunté par Québec, il faudra ajouter cette somme à la dette publique.

Deuxième concession : une aide fiscale de 110 millions à laquelle se grefferont des crédits d’impôt de recherche et développement dont le montant est inconnu. Troisième élément : la prolongation jusqu’en 2058 du bail qui autorise Alcan à produire elle-même de l’électricité sur la rivière Péribonka. Québec a aussi accepté de rouvrir un autre contrat pour prolonger une entente qui force Hydro-Québec à fournir un bloc de 348 MW de puissance jusqu’en 2045 au tarif de grande puissance indexé selon une formule qui place Alcan à l’abri d’éventuels chocs tarifaires. En d’autres mots, si nos « lucides » parvenaient à convaincre un gouvernement de hausser le prix de l’électricité pour alimenter quelque fonds des générations, les alumineries seraient à l’abri.

Dernière concession, majeure celle-là : Hydro-Québec devra fournir un nouveau bloc de 225 MW d’électricité à tarif préférentiel pour un minimum de 35 ans à partir de 2010. Or, comme le tarif L est inférieur aux coûts de production des kWh d’électricité qui seront produits à l’avenir, on aura compris que nous voilà repartis dans les hydrolingots à forte valeur fiscale ajoutée !

Au total, l’aide publique directe dépassera le demi-milliard. Et en ajoutant le manque à gagner causé par les tarifs d’électricité inférieurs au prix du marché des exportations, on peut déduire que les contribuables du Québec prendront à leur charge annuellement la masse salariale totale des 750 nouveaux employés d’Alcan, voire davantage. Comme disait Confucius : « Faut c’qu’il faut ! »

(...)

Noël s’en vient, à chacun de faire parvenir sa liste de cadeaux à l’adresse suivante : Père Noël, Colline du parlement, Québec-en-mouvement, Ho-Ho-Ho !
Jean-Robert Sansfaçon

Article complet : clic

[ NdJLD ] N'est-ce pas là une bonne démonstration de l'irresponsabilité et de l'incompétence de nos dirigeants, tous genres confondus, depuis de nombreuses années ? Dans cette affaires, comme dans tellement d'autres, c'est cette bonne poire de Québécois qui paye et ce sont d'autres qui empochent les véritables profits.
Un gouvernement responsable et compétent verrait à ce qu'une grande compagnie québécoise, privée ou d'État (la Société générale de Financement, par exemple), fasse un investissement en échange d'actions et devienne partenaire de l'aluminerie plutôt que de donner bêtement l'argent des citoyens
Un autre exemple est le secteur des ressources minières où le Québec ne retire pas le centième des profits qui sont faits par de grandes compagnies étrangères en vidant notre sous-sol.

Ceci me rappelle que dans ses « Dialogues et fragments philosophiques », Ernest RENAN a écrit :

« La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l'infini. »

Albert Einstein a, par la suite, dit quelque chose de semblable, mais j'ignore s'il connaissait la pensée de Renan...


Sur l’attentisme et ses effets délétères
L'Action nationale - Décembre 2006 -- Éditorial de Robert Laplante
Il s'est écrit et dit beaucoup de choses ces derniers temps sur la morosité et l'immobilisme dont souffrirait le Québec. Nous avons eu droit à beaucoup de lieux communs, à de pseudo-débats et surtout, à des exercices d'autoflagellation qui ont permis à quelques notables de blâmer encore toute une société parce qu'on ne les a pas laissés piger dans les fonds publics pour se donner l'impression qu'ils entreprennent de grandes choses. Le peuple a le dos large, c'est bien connu. (...)
Lire la suite...


L'identité québécoise n'est pas à vendre
Le Devoir, 8 décembre 2006
À Cambridge en 1992, devant Pierre Elliott Trudeau et un fort groupe de juges canadiens dont j'étais, le professeur Yoram Dinstein, alors président de l'Université de Tel-Aviv, en Israël, une autorité incontestable en droit international, avait affirmé tout haut que le Québec constituait de toute évidence un peuple (en anglais, people signifie «nation»), sinon, il n'y avait aucun peuple sur Terre. («If Quebec is no people, there is none on Earth.»)
***
André Marceau
Juge retraité de la Cour du Québec et vice-président de la Société historique de Québec
Québec, le 3 décembre 2006
***
M. Trudeau, contrarié par cette affirmation, leva la main et lui demanda ironiquement: «Et les Palestiniens du Golan, M. le professeur, constituent-ils un peuple eux aussi?» Et le savant professeur lui répondit devant tout le groupe: «Certainement, M Trudeau, et je dois ajouter qu'ils le sont encore plus depuis que nous avons créé l'État d'Israël.»

Les Canadiens juifs, qui sont très nombreux aux alentours des libéraux et dont les ancêtres ont parcouru le monde pendant des siècles avant de s'apercevoir, avec l'Israël d'aujourd'hui, qu'il est extrêmement difficile de se refaire un vrai pays à soi-même, devraient expliquer au nouveau chef du Parti libéral du Canada qu'il est sur une fausse piste s'il croit que le peuple québécois continuera d'accepter longtemps le joug du Canada.

L'identité de notre peuple repose depuis Champlain sur 399 ans de vie commune, sur des vagues d'immigration d'origines diverses, sur une vie tricotée serré aux alentours du grand fleuve, sur l'humanisme de l'Évangile, et son histoire commune est pleine d'énormes injustices et de spoliations de toutes sortes. C'est sa patience séculaire et la nécessité de perdurer comme tel en français qui ont réussi à cimenter sa résistance à l'assimilation. Son identité n'est pas à vendre.


Le Québec à l'UNESCO: une savoureuse plaisanterie

Jean-Marc Léger, Le Devoir, le 21 décembre 2006

Je trouve à la fois savoureux et affligeant que nombre de nos médias, et non des moindres, aient pris au sérieux la véritable mystification que constitue l'annonce de l'entrée éventuelle du Québec à l'UNESCO. Comment des rédacteurs et des commentateurs en principe sérieux et informés ont-ils pu une fois encore se laisser duper par les effets d'annonce de l'affabulateur Stephen Harper, qui poursuit sa cour effrénée du Québec? Comment ont-ils pu oublier la vieille leçon de la fable: «Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute»?

L'UNESCO, comme toute autre organisation de la famille des Nations unies, ne peut accepter en son sein que des États indépendants quel que soit le statut qui leur est attribué, membres à part entière ou observateurs. Par ailleurs, chaque État peut composer sa délégation comme il l'entend, que ce soit lors de la conférence biennale ou lors de toute autre manifestation. Et chaque État membre ne dispose que d'un siège au sein de cette organisation. Ce qui est arrivé, c'est que le gouvernement central, dans le cadre d'une entente Ottawa-Québec, a décidé d'attribuer formellement une place clairement identifiée au Québec lors de chaque conférence de l'UNESCO, avec droit pour le Québec de désigner lui-même son représentant au sein de la délégation canadienne. C'est ce dernier élément qui constitue la seule innovation. Encore une fois, cela concerne strictement les relations Ottawa-Québec et nullement les prétendus rapports Québec-UNESCO, qui ne sauraient exister... tant que le Québec n'aura pas le courage d'assumer son indépendance et d'apparaître sur la scène internationale comme État souverain.



Où en est la pensée québécoise telle qu'on la publie ?

Vous le saurez toujours si vous vous abonnez aux Cahiers de lecture de L'Action nationale.

J'ai le plaisir de vous annoncer que le tout premier numéro des Cahiers de lecture de L'Action nationale sortira le 25 janvier 2007. En fichier joint, vous trouvez reproduite l'attrayante page couverture de ce numéro 1.

Les Cahiers de lecture, ce sont 32 pages, format tabloïd, qui recensent les essais québécois, à raison de 2 numéros par année. Les Cahiers ratissent large, en même temps qu'ils sondent certains essais plus en profondeur. Signalements de parution complets et précis, comptes rendus rigoureux, notes critiques allumées permettent de saisir rapidement où en est la pensée québécoise telle qu'on la publie. Le tout accompagné de photos des pages couverture des livres, de données bibliographiques exhaustives, d'un éditorial et d'articles de circonstance ou d'approfondissement.

Afin d'asseoir cette publication sur une bonne base et en assurer l'avenir, nous l'offrons en pré-lancement aux amis et connaissances à un prix de circonstance. Voyez :

L'achat d'un numéro en kiosque coûte 8,95 $, soit, pour deux numéros, 17,90 $.

L'abonnement annuel régulier (2 numéros) coûte 15 $.

En pré-lancement, l'abonnement annuel est à seulement 12 $.

Apprenez-en plus en ligne et abonnez-vous :

http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_leboutique&Itemid=65&task=product_list&catid=8

N'hésitez pas à transmettre cette offre aux amis et aux proches.

Le cadeau des Fêtes que vous cherchiez est peut-être trouvé !...

Au plaisir de vous compter parmi les abonnés, historiques !, de cette nouvelle publication.


Richard Gervais

Secrétaire de rédaction

Cahiers de lecture de L'Action nationale

rivais@cgocable.ca



Le beau texte d'une jeune Québécoise

MA PATRIE par Tania Kontoyanni

Je m’appelle Tania KONTOYANNI.
Mon nom et mon visage vous renvoient tous les jours mes origines étrangères
Et souvent vous oubliez que je suis, jusque dans mes trippes, une QUÉBÉCOISE.

Je suis née dans la ville de Québec.
Alors qu’au même moment, une cruelle dictature éclatait au pays de mes parents,
moi, j’avais la chance de naître dans un Québec au bord de « la révolution TRANQUILLE »…
À peine venue au monde, ma patrie m’enseignait que les bains de sang ne sont pas nécéssaires au changement. Ici, on allait faire les choses autrement.

Je suis entrée dans l’adolescence au moment où le peuple québécois revendiquait son identité distincte et tentait pour la première fois de se donner un pays. DÉMOCRATIQUEMENT.

J’ai grandi en ayant le privilège et le droit de célébrer la culture de mes parents, de m’éduquer, de me tromper, de changer de voie, de devenir ce que je souhaitais…
Le Québec a fait de moi une femme libre de ses choix et je me battrai toujours pour qu’il le soit aussi.

Quand je voyage à l’étranger et qu’on me demande : « c’est comment le Québec? »… mon cœur explose de fierté.
Parce que je l’aime!
J’aime ses vastes territoires qui inspirent la liberté.
J’aime me baigner dans l’eau claire de ses lacs.
J’aime emprunter les premières routes de son histoire, en canot.
J’aime le parfum de ses forêts.
J’aime m’apaiser devant son fleuve.
J’aime avoir le vertige de ses hautes gorges, de ses falaises et de sa beauté.
J’aime connaître le Québec de fond en comble, parce que l’on n’aime bien que ce que l’on connaît.
J’aime ses saisons, ses étés luxuriants, ses automnes flamboyants,
ses hivers durs et longs qui nous renvoient à la maison, à l’introspection et…
Oh combien j’aime ses printemps! Quand ça sent le lilas dans les ruelles de Montréal, tous les espoirs sont permis…

Et c’est en ma patrie que je fonde mes plus grands espoirs.
Parce que je vois la jeunesse Québécoise revendiquer sa place dans le choix de nos orientations,
Je la vois se préoccuper d’écologie, d’altermondialisme, d’éducation, de commerce équitable
Je la vois se conscientiser.
J’ai espoir parce que de plus en plus de Québécois troquent leur auto pour leur vélo, recherchent des aliments sains et décrient la surconsommation.
Parce que de plus en plus de Québécois comprennent que la démocratie c’est pas un X tous les quatre ans,
Si ça répond pas à nos aspirations, on prend les rues puis on le critique le gouvernement.
J’ai espoir parce que j’entends encore résonner, sur le sol gelé, les pas de centaines de milliers de Québécois manifestant contre la guerre.
J’entends résonner les pas de la solidarité envers les femmes d’ici et du monde entier.
J’entends encore et toujours notre générosité répondre aux grands drames humains.

J’ai espoir parce que nous sommes une poignée d’irréductibles,
Parce que notre langue est encore vivante,
Parce que la chanson populaire reprend ses propos révolutionnaires,
Parce que nos créateurs, malgré la pauvreté de leurs moyens, sont assez passionnés pour que nos arts et nos lettres fleurissent ici et ailleurs
J’ai espoir parce que nous sommes un « nouveau monde » et que tout est à faire…

Oui, j’ai l’espoir toujours vivant, qu’un très grand courant va se déployer comme le St-Laurent et prendra sa source ici, au Québec.
J’ai espoir que nous élèverons notre voix parmi toutes les nations de la terre et que nous saurons les inspirer.
J’ai espoir que nous préparons à notre manière, « tranquillement », notre prochaine révolution.

Nos forces vives,
C’est la sagesse des Premières Nations et le respect sacré qu’elles vouent à la nature,
C’est la détermination du peuple qui, abandonné à son sort, a réussi à défricher une contrée surhumaine, et fonder notre patrie : le Québec.
C’est le courage de tous ces immigrants qui ont quitté leur terre natale pour un avenir meilleur…
Oui, je le sais que c’est difficile de résister au courant dominant d’un capitalisme sauvage. Je l’entends bien, quand on me dit : « Utopie ! Illusions ! Idéalisme ! »
Mais si le Québec m’a appris une chose, c’est qu’on ne baisse pas les bras, même après la déception !

Chefs et décideurs d’aujourd’hui et de demain,
Entendez-vous la voix du Québec?
La politique du mensonge et du faux-semblant,
La manipulation des masses,
L’indifférence face au destin de l’humanité,
Le Québec ne veut plus les endosser.
Pensez-y dans votre projet de société!

Nous devons, aujourd’hui, rassembler toutes les cultures qui se côtoient chez nous, autour d’un avenir commun.
Nous devons concevoir son image en puisant notre inspiration dans la source même de cette civilisation que les Québécoises et les Québécois ont bâtie.
Et surtout, nous devons plus que jamais continuer notre marche vers un Québec qui soit le seul maître de son destin!

Source : Bulletin du CSQ, oct. 2006



DIVERTISSEMENTS

Un spectable renversant de Jérôme Murat : clic
Un mystérieux lecteur de pensées : clic



Les pensées du jour

Cliquez sur les noms...

« Les vrais hommes de progrès
sont ceux qui ont pour point de départ
un respect profond du passé. »

Ernest RENAN, philosophe et écrivain français (1823-1892)

*****

« Trop de Québécois ont le nez collé sur l'arbre

autour duquel ils piétinent frileusement,

et ne voient pas l'immensité de la forêt où ils devraient évoluer,

en étant pleinement maîtres de leur destin !...»

Sénèque



(Ancienne fin de chronique)
Vigile.net
a besoin de notre appui financier.

N'hésitez pas à contribuer à la production du seul quotidien indépendantiste du Québec.
Une oeuvre extraordinaire de Bernard Frappier.
Une énorme source de documents variés
facilement repérables.

WWW.VIGILE.NET (clic)
Faites votre part,
Contribuez à la formation d'un
nouveau « Groupe Vigile-République » (clic, clic)

Actuellement (2021) :  https://vigile.quebec/




mardi 23 mars 2021

UN PROJET IRRATIONNEL ET NON ÉCOLOGIQUE

 GNL-Québec / Énergie Saguenay (*)

Un projet irrationnel et non écologique

   Le gaz naturel liquéfié (GNL) est produit à partir de gaz naturel, par cryogénie, et nécessite une température de −163 °C. C'est un procédé très consommateur d'énergie, même si son efficacité a été considérablement améliorée au cours des années [[1]]. On veut amener ce gaz dans un tuyau de Fort McMurray en Alberta sur plus de 4000 km jusqu’à Saguenay au Québec où une usine serait construite pour le liquéfier, de même qu’un port pour l’expédier à l’étranger par bateau méthanier.

   Un méthanier comporte plusieurs réservoirs et sa cargaison peut actuellement atteindre plus de 150 000 mètres cubes de GNL. Le volume du méthane à l'état gazeux est égal à 600 fois son volume à l'état liquide, à pression atmosphérique. 150 000 m3, c’est le volume d’une sphère de 66 m de diamètre, ou d’un cube de 53 m de côté… À l’état gazeux, c’est donc un cube de 445 m de côté, soit près de 90 millions de m3 ou 90 milliards de litres ! Un tel bateau qui s’enflammerait accidentellement sur la rivière Saguenay est presque comparable à une petite bombe atomique. Et il en circulerait près de 300 par année sur notre magnifique rivière.

   Comme bien d’autres, ce projet risque de nous coûter très cher de tous points de vue, alors que nous avons des projets énormément plus profitables à réaliser, en mines et métallurgie par exemple. Les gros intérêts américains qui sont largement derrière auraient récemment réussi à embarquer des investisseurs québécois pour plusieurs millions, sans parler de notre gouvernement et d’Hydro-Québec qui pourraient y engouffrer plusieurs centaines de millions de dollars, en plus de gaspiller nos réserves d’énergie électrique, sans considérations sérieuses pour notre territoire et notre avenir. Notons que ces investisseurs seront nécessairement amenés à devenir des lobbyistes dans le but de sauver leur mise, à l’exclusion de toute autre considération… [[2]]

On pourrait sans doute démontrer que ce projet est fou du point de vue énergétique : l'énergie dépensée dans tout le processus, est très probablement bien supérieure à celle qu'on récupère par la combustion du gaz en bout de ligne ! Même le PLQ est maintenant opposé à ce projet ! Voici une liste des principales dépenses d’énergie :

·       L'énergie dépensée pour construire tout le matériel d'extraction à la source;

·       L'énergie dépensée pour extraire le gaz et le comprimer;

·       L'énergie dépensée pour fabriquer les tuyaux du gazoduc, les transporter, les installer, les souder, etc.;

·       L’énergie de prétraitement ou purification;

·       L'énergie dépensée pour pomper le gaz et le faire circuler dans le gazoduc;

·       L’énergie et les ressources dépensées pour construire l’usine et le port à Saguenay;

·       L'énergie dépensée (énorme) pour liquéfier le gaz à la réception.

·       L'énergie dépensée pour fabriquer le navire;

·       L'énergie dépensée pour pomper le gaz dans le navire;

·       L'énergie dépensée pour propulser le navire du départ à l'arrivée;

·       L'énergie dépensée pour pomper le gaz liquéfié, du navire aux réservoirs;

·       L'énergie dépensée pour réfrigérer le gaz liquéfié;

·       L'énergie dépensée pour transporter le gaz liquéfié jusqu'aux lieux d'utilisation;

·       L’énergie dépensée pour retourner le GNL à l’état gazeux;

·       L'énergie et les ressources dépensée pour fabriquer les camions et les trains requis...

   C'est sans compter les diverses ressources naturelles requises pour fabriquer tous les éléments de cette chaine (métaux divers, etc.) et l'énergie dépensée pour les transformer... De plus, ce gaz est tout probablement extrait par fracturation hydraulique qui est, comme on le sait, une abomination pour les nappes phréatiques, sources d’eau potable.

   C'est aussi sans parler les fuites de gaz (surtout du méthane) toujours présentes et pratiquement incontrôlables dans ces installations, de la source au lieu d’utilisation. Or, ce gaz est au moins 20 fois pire que le gaz carbonique au plan du réchauffement climatique...

   C'est un des pires cas d'exploitation d'une ressource énergétique, avec un rendement négatif qu'on camoufle de toutes les façons possibles, en attribuant au gaz un valeur 'écologique' et même ‘bio-écologique’ en changeant le nom du projet de GNL Québec en Symbio Infrastructure [[3]].  Un mensonge éhonté dans les conditions décrites. Alors, qui est perdant dans ce projet ?

   Et, finalement, la pollution et les divers dégâts produits par tout ça, dont la perte de la magnifique rivière Saguenay comme site naturel incomparable, et la disparition probable des bélugas et autres espèces rares! Quelqu'un a déjà écrit : « la véritable énergie 'verte' est celle qu'on n'utilise pas ».

   Nous avons la chance au Québec d'avoir des barrages hydroélectriques qui nous fournissent vraiment l'énergie électrique la plus écologique possible. Mais il faut se préoccuper sérieusement en haut lieu que nos surplus ne soient pas dilapidés à rabais au profit de nos voisins du sud et de projets tordus, alors que nous avons la possibilité de l'utiliser beaucoup plus pour nous chauffer, chauffer des serres pour produire la majorité de nos fruits et légumes, au lieu de les importes du bout du monde... Etc... Tout un autre débat !