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samedi 15 janvier 2011

UN MARCHÉ DE DUPES...

 

GAZ DE « SCHISTE »
UN MARCHÉ DE DUPES AUX LOURDES CONSÉQUENCES ?


On sait maintenant hors de tout doute que l'exploration et l’exploitation de puits de gaz de shale ou de schiste par « fracturation » utilisent des quantités phénoménales d’eau propre : chaque puits peut en requérir environ 20 millions de litres. À cette eau on ajoute jusqu’à plus de 200 composés chimiques plus ou moins toxiques et cancérigènes dont la quantité totale peut atteindre 200 tonnes pour chaque puits ! Chaque entreprise gazière utilise ses propres produits chimiques dont la liste est secrète pour des raisons techniques. Seulement quelques dizaines sont connus [1]. Selon le «U.S. Departement of Energy» : 

« Le plus grand volume de déchets, autour de 98%, est associé aux eaux usées de la production de pétrole et de gaz. On note aussi que les eaux usées provenant de l’extraction du gaz, comme à Dimock, Pennsylvanie, sont souvent 10 fois plus toxiques que celles provenant de la production de pétrole. Elles peuvent contenir de fortes concentrations de sels et acides divers, du benzène, toluène, éthylbenzène, xylène, polyéthylène glycol, etc., des produits radioactifs et bien d’autres composés hautement toxiques…» [2, 3].

Il est bien connu que les composés organiques toxiques tels que le toluène et le xylène en faibles proportions dans l’eau sont relativement difficiles à neutraliser ou décomposer sans moyens spéciaux. Du point de vue toxicité, après ingestion, inhalation ou contact, ils se distribuent dans tout le corps et se fixent dans divers organes, particulièrement le cerveau où les effets peuvent être très graves sur de longues périodes [4]. Pour des renseignements sérieux et une vidéo très intéressante, voir :      
http://www.endocrinedisruption.org/
Or, nous avons appris récemment avec surprise que des compagnies gazières, en majorité étrangères, s’apprêtent à creuser éventuellement des centaines sinon des milliers de puits sur les terres agricoles de chaque côté du Saint-Laurent, et sans que les municipalités soient consultées dans de nombreux cas. Chaque jour qui passe nous apprend des bribes de ce qui se préparait en coulisse entre ces entreprises et notre gouvernement. Plusieurs hauts fonctionnaires, anciens ministres ou députés libéraux sont même passés au service de ces gazières qui travaillent dans l’ombre depuis quelques années ! L’intérêt des citoyens ? Connait pas !
Mais ! Certains aveugles pourraient s’en réjouir, nous venons d’apprendre que le comité exécutif de Trois-Rivières a passé, il y a plus de trois ans, un contrat fort discret avec la gazière Talisman à l’effet de traiter dans nos installations des milliers de mètres cubes (16 000 ?) d’eau contaminée au cours de la « fracturation » du schiste (ou shale) sur la rive sud : même nos conseillers municipaux n’avaient entendu qu’une rumeur. On conviendra facilement que le montant 192 000$ est assez ridicule pour un tel travail spécialisé qui n’avait jamais été fait par nos services d’épuration. Or, il est bien connu que les systèmes d'épuration d'eau municipaux ne peuvent que dégrader la matière organique ordinaire : on ne peut pas neutraliser la quasi-totalité des centaines de composés chimiques que contiennent les eaux de fracturation...
Cette somme est probablement à l’image des maigres redevances hypothétiques que pourraient verser ces gazières qui nous exploitent en vertu de la même loi coloniale des mines datant de 1885. En effet, on sait depuis les révélations du Vérificateur général du Québec au printemps 2009 que, non seulement les millions de tonnes de minerais extraites chaque année sur le territoire québécois ne nous rapportent RIEN, mais elles nous COÛTENT cher en services de toutes sortes fournis par l’État. On aurait apprécié que nos « élites » municipales se comportent comme celles de la ville de Pittsburgh (Pennsylvanie) qui a interdit par règlement l’exploration des « gaz de schiste » sur son territoire considérant tous les impacts négatifs sur l’environnement et la santé publique après une étude sérieuse [5]
Exigeons un moratoire afin d’étudier sérieusement la question !



[2] Dr Peter Gleick, « What the frack? Poisoning our water in the name of energy profits »,
http://www.sfgate.com/cgi-bin/blogs/gleick/detail?entry_id=52322#ixzz17O4Ic3e2.
[3] « A White Paper Describing Produced Water from Production of Crude Oil, Natural Gas,, and Coal Bed Methane », U.S. Dept. of Energy, http://www.fossil.energy.gov/programs/oilgas/publications/environment_otherpubs/prodwaterpaper.pdf
[4] « Le toluène, l'éthylbenzène et les xylènes »,
http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/pubs/water-eau/toluene/index-fra.php
« Soil guideline values for toluene contamination », Agence environnementale, Royaume Uni, déc. 2004.
http://www.google.ca/url?sa=t&source=web&cd=1&ved=0CB8QhgIwAA&url=http%3A%2F%2Fwww.clarrc.ed.ac.uk%2Findex.php%3Foption%3Dcom_docman%26task%3Ddown%26bid%3D29&rct=j&q=tolu%C3%A8ne%20d%C3%A9contamination&ei=35r9TLyeLMKAlAf32YXRCA&usg=AFQjCNHeeCOqqmkJwQ1q1caVO7aab40ZuA&sig2=CnSE7-p76_0imz5jVRzDew&cad=rja
« Drinking Water Contaminants- Xylene », APEC Water Systems,
http://www.freedrinkingwater.com/water-contamination/xylene-contaminants-removal-water.htm
«Toxicity of topical polyethylene glycol »,
Toxicology and Applied Pharmacology, V. 65, num. 2, 1982, Pages 329-335
[5] « Pittsburgh dit non aux gaz de schiste », Le Devoir, 23 novembre 2010.


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LE DEVOIR  -  1910-2010
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DEMAIN – Hymne au Québec
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« Ce qui nous laisse petits,
c'est la peur de devenir grands »
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mercredi 12 janvier 2011

DIVERTISSEMENTS...


Une vidéo réaliste ?

« La machine libérale veut notre bien ! »

Mettez le son !
Finira-t-elle par l'avoir totalement ou aurons-nous le courage de la démonter ?...



Voyez Gustavo Dudamel qui dirige l'Orchestre Simon Bolivar des Jeunes (Orquesta Juvenil Simón Bolívar de Venezuela) au « Proms Festival.»

Une exécution magistrale d'une très plaisante composition du compositeur mexicain Arturo Márquez :  Danzón Nº 2
 
Les Proms (The Proms), plus formellement appelées les BBC Proms, ou encore les Henry Wood Promenade Concerts (d'où leur nom), présentés par la BBC, est une saison estivale de huit semaines de concerts d'orchestre classique et d'autres manifestations musicales qui se tiennent chaque année, principalement au Royal Albert Hall à South Kensington à Londres.

Gustavo Dudamel - Arturo Márquez
- Danzón Nº 2


On trouve plusieurs enregistrements de ce remarquable orchestre de jeunes sur YouTube...

On peut voir un jeune chef d'orchestre de grand talent qui communique son enthousiasme irrésistible à une foule de jeunes provenant en grand nombre de milieux très pauvres, qui  trouvent là une raison d'être, de s'éduquer et de sortir de la misère. Un programme appuyé énergiquement par le gouvernement du Vénézuéla de Hugo Chávez [*].

On trouve quelques autres bonnes vidéos avec Dudamel sur YouTube...

Un article intéressant sur Dudamel :

Gustavo Dudamel et sa flamboyante phalange

Christian Merlin (Figaroscope)
20/10/2009

...Sur 26 millions d'habitants, on espère atteindre en 2015 le chiffre de 500 000 jeunes pratiquant la musique classique, dans 136 écoles et conservatoires. Ce projet artistique est évidemment un projet politique et social, une leçon de vie, de partage et d'élévation (...).
 Visitez son site :  http://www.gustavodudamel.com/

Aussi :

                Göteborgs Symfoniker (1)
               
Chaine de Nationalorkestern


N'est-ce pas là un bel exemple pour le Québec ?


Quand aurons-nous la brillante idée de former des orchestres symphoniques de jeunes dans toutes nos régions ?


Bonne écoute !

J.L. Dion

[*] 
Voici ce qu'on peut lire au site http://es.wikipedia.org/wiki/El_Sistema :

La Fundación del Estado para el Sistema Nacional de las Orquestas Juveniles e Infantiles de Venezuela (FESNOJIV), también conocida como El Sistema, es un programa de educación musical en Venezuela, originalmente llamado Acción Social para la Música.
La Fondation d'État pour le Système national des Orchestres juvéniles et infantiles du Vénézuéla, aussi connue comme « El Sistema », est un programme de formation musicale au Vénézuéla, appelé au départ « Action sociale pour la Musique ».

En 1975, el economista venezolano y músico José Antonio Abreu fundó la Acción Social para la Música y se convirtió en su director. Él recibió el Premio Nacional de Música por este trabajo en 1979. En 1995, Abreu fue designado por la Unesco como Embajador Especial para el desarrollo de una Red Global de Orquestas y Coros Juveniles e Infantiles, también como representante especial para el desarrollo de la red de orquestas en el marco del «Movimiento Mundial de Orquestas y Coros Juveniles e Infantiles».
En 1975, l'économiste et musicien vénézuélien José Antonio Abreu fonde « L'Action sociale pour la Musique ». Il a reçu en 1979 le Prix national de la Musique pour son œuvre. En 1995, Abreu a été désigné par l'Unesco comme Ambassadeur spécial pour le développement d'un Réseau mondial d'Orchestres et de chœurs pour adolescents et enfants, aussi comme représentant spécial pour le développement du réseau d'orchestres dans le cadre du « Mouvement Mondial d'Orchestres et de chœurs d'adolescents et d'enfants ».

Su red de 120 orquestas juveniles y 60 orquestas infantiles, con un número de aproximadamente 100.000 jóvenes, más adelante estuvo bajo la supervisión del Ministerio de Familia, Salud y Deportes venezolano. Como EL Sistema, su meta es usar la música para la protección de la niñez por medio del entrenamiento, rehabilitación y prevención del comportamiento criminal.
Son réseau de 120 orchestres juvéniles et de 60 orchestres d'enfants, avec à peu près 100 000 jeunes, est maintenant sous la supervision du Ministère de Famille, la Santé et le Sport du Vénézuéla. Son but est d'utiliser la musique pour la protection de l'enfance au moyen de l'entraînement, la réhabilitation et la prévention du comportement criminel.

El proyecto se dio a conocer internacionalmente en 1995 con la actuación de la Orquesta Sinfónica Nacional Juvenil en el Kennedy Center de Washington (EE.UU.). Su destacada calidad artística ha llevado a las Orquestas del Sistema por todo el mundo, llegando a actuar en la sede de las Naciones Unidas, en Nueva York, y ante el Papa Juan Pablo II. Algunos de los más prestigiosos directores del mundo, como Claudio Abbado, Zubin Mehta, Sir Simon Rattle (de la Filarmónica de Berlín), Gustavo Dudamel, actual director de la Sinfónica de Gotemburgo (Suecia) y que se formó en este sistema, y el maestro Eduardo Mata han dirigido a estos jóvenes, que han tenido la oportunidad de actuar con figuras de la talla de Plácido Domingo, Mstislav Rostropóvich, Alicia de Larrocha, Montserrat Caballé o Vladimir Spivakov, entre otros muchos.
Le projet s'est fait connaître internationalement en 1995 avec la performance de l'Orchestre Symphonique National Juvénile au Kennedy Center de Washington (des États-Unis.). Sa remarquable qualité artistique a amené les orchestres du Système dans le monde entier, au siège des Nations Unies, à New York, et devant le Pape Jean-Paul II. Des directeurs parmi les plus prestigieux du monde, comme Claudio Abbado, Zubin Mehta, Sir Simon Rattle (de la Philharmonique de Berlin), Gustavo Dudamel, actuel directeur de la Symphonique de Gothembourg (Göteborg, Suède) qui s'est formé dans ce système, et le maître Eduardo Mata ont dirigé ces jeunes, qui ont eu l'occasion d'accompagner des vedettes du calibre de Plácido Domingo, Mstislav Rostropóvich, Alicia de Larrocha, Montserrat Caballé ou Vladimir Spivakov, et plusieurs autres...

El programa es conocido por rescatar a gente joven en circunstancias extremadamente empobrecidas del ambiente de abuso de drogas y el crimen en el que de otra manero ellos probablemente serían arrastrados. Participantes del programa que han comenzado carreras internacionales incluyen a Gustavo Dudamel y Edicson Ruiz
Le programme est connu pour avoir sauvé des jeunes gens vivant dans une situation d'extrême pauvreté, avec abus des drogues, et le crime dans lequel ils seraient probablement tombés. Les participants au programme qui ont commencé des carrières internationales incluent Gustavo Dudamel y Edicson Ruiz (...)

Jean-Luc Dion


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LE DEVOIR  -  1910-2010
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DEMAIN – Hymne au Québec
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« Ce qui nous laisse petits, c'est la peur de devenir grands »
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lundi 3 janvier 2011

LES MACHINES VOLANTES...



Pour faire changement, un sujet « historico-technique »...

Découvrez Jean-Marie Le Bris, l'inventeur de la première machine volante avec un homme à bord expérimentée en 1856


Elle était tirée par un cheval au galop...


Jean Marie Le Bris
L'homme, le marin et l'inventeur



(...)
Ses essais de la Barque Ailée
En 1856 il fut repris par l'idée de voler comme les grands oiseaux de mer. Sans doute aidé par son père, alors régisseur des travaux d'un chantier de chaloupes et, pour l'entoilage, par des amies de sa famille, il commence la construction de sa barque ailée. En fin d'année, elle est montée dans une grange de Tréfeuntec et, descendue sur la plage de Ste-Anne-la-Palud à bord de la charrette d'un meunier du village, elle est tirée face au vent par le cheval au galop, à l'aide d'un cordage progressivement relâché ; alors elle s'élève puis, libérée, fait une descente en vol plané, avec Jean Marie à bord de sa machine volante, ce qu'aucun homme n'avait réalisé jusqu'alors. Le 9 mars, il dépose un brevet " pour une voiture aérienne ", lequel, en seulement trois vues à l'échelle et huit lignes de commentaires, fait comprendre son invention avec précision. C'est la première fois qu'un brevet décrit le contrôle de vol d'une machine volante par une action indépendante de chacune des ailes et permet, comme il l'a écrit, de " se conduire dans les airs ". Cette qualité inventive n'a pas été comprise jusqu'à notre époque, ce qui nous a décidés à reconstruire la barque ailée de façon correcte. Le brevet lui est délivré le 5 avril, et il peut alors montrer l'appareil au public ; malheureusement, lors d'un essai tenté le 23 avril, à partir de la hauteur de Tréboul et vraisemblablement vers l'île Tristan, la Barque Ailée chute dans la carrière, est démolie, et Jean Marie est blessé à la jambe. Dans l'article de 1867, il dit aussi : " il y a 10 ans je quittais la marine et fis mes premières expériences qui m'ont complètement satisfait mais, comme mes idées étaient trop prématurées, j'ai du les abandonner car j'avais contre moi toute ma famille et mon pays, et mes idées paraissaient extravagantes. "
(...)
SOURCE :  CLIC

Les frères Wright, quant à eux, se sont inspirés des concepts du premier homme qui construisit et fit voler un avion, i.e. un appareil volant avec moteur : Clément ADER (cliquer sur le nom).

Comme dans le cas de Le Bris, les idées de Ader ont paru « extravagantes » et, comme bien des inventeurs précurseurs il n'eut pas la chance de réaliser pleinement son invention.

Voir aussi :

https://www.jstor.org/stable/25730861?seq=1#page_scan_tab_contents

http://en.wikipedia.org/wiki/L%27Aviation_Militaire

Les débuts de l'aviation sont l'oeuvre d'hommes exceptionnels. Parmi ces pionniers, Wilbur et Orville Wright se distinguent par une approche nouvelle du vol. Ayant assimilé les raisons des succès et des échecs de leurs prédécesseurs, ils étudient, dessinent et construisent des planeurs qu'ils dotent de dispositifs de contrôle de vol de leur invention. Après de nombreux essais qui leur permettent d'acquérir la «science du vol», ils construisent un aéroplane doté d'un moteur et d'hélices également de leur invention. Le 17 décembre 1903, ils effectuent, pour la première fois au monde, les premiers vols sustentés, pilotés et contrôlés. En 1905, certains de leur avance, ils cherchent à vendre leur invention. C'est avec la France, où se trouvent leurs principaux concurrents, que s'établissent de mystérieux contacts suivis d'une mission secrète du ministère de la Guerre et d'importantes contestations des milieux civils et militaires qui sont à l'origine des vols au Mans et à Pau où, en 1908-1909, les deux frères connaissent la fortune et la gloire.
Les complexes et souvent secrètes relations des Wright avec la France sont, pour la première fois, analysées dans le détail à partir des archives françaises et américaines. Leur vie et leur œuvre, celle d'hommes courageux, inventifs, minutieux, mais aussi austères et méfiants, est replacée dans le contexte d'une époque où des hommes se disputent l'honneur d'être les premiers à voler.
Claude CARLIER est docteur d'État ès Lettres et Sciences humaines (histoire contemporaine), directeur du Centre d'histoire de l'aéronautique et de l'espace et président de l'Institut d'histoire des conflits contemporains. Ancien professeur à la Sorbonne, il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'aéronautique et l'espace. 
Extrait du livre :
Le présent ouvrage a pour origine une demande de lecteurs d'un précédent livre intitulé Le Match France-Amérique - Les débuts de l'aviation paru en 2003 chez Économica. Ils souhaitaient en savoir davantage sur la vie et l'oeuvre des frères Wright, plus particulièrement sur leurs relations avec la France. La commémoration du centième anniversaire des vols de Wilbur Wright en France est l'occasion de retracer cette saga, mais aussi de rappeler celle des grands précurseurs qui ont directement ou indirectement joué un rôle dans leur oeuvre : Louis Mouillard, Octave Chanute, Otto Lilienthal, Ferdinand Ferber, Clément Ader, Hiram Maxim, Samuel P. Langley.
La conquête des cieux par un appareil plus lourd que l'air est un des plus importants événements de l'histoire de l'humanité, un de ceux qui ont marqué l'histoire des sciences et des techniques. Après avoir domestiqué le feu, dominé la terre et l'eau, l'homme conquiert la troisième dimension, d'abord avec le ballon et le dirigeable, puis avec l'aéroplane qui bouleverse l'art de la guerre, modifie les rapports humains et économiques. Cette conquête s'effectue essentiellement à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.
Le ciel, par l'immensité de son profond azur, a toujours séduit l'imagination vagabonde des hommes qui auraient voulu y évoluer. Cette séduction, que l'antiquité magnifie à travers le mythe d'Icare, ne peut se concrétiser malgré tous les efforts entrepris pour rivaliser de légèreté et de vitesse avec les oiseaux. C'est ainsi que, longtemps, l'atmosphère a semblé interdite à l'homme.
Jusqu'au XIXe siècle, les inventeurs ne possédaient que peu de connaissances scientifiques et techniques. L'observation des oiseaux était leur principale source d'inspiration, le vol en battant des ailes leur paraissait être la seule solution. D'autres chercheurs, observant les grands oiseaux voiliers, avaient néanmoins constaté qu'ils pouvaient se déplacer sans battre des ailes en utilisant les courants ascendants. Mais ce n'est qu'avec les progrès de la science aéronautique et la découverte du moteur à pétrole que de nouvelles perspectives se sont ouvertes.
Extrait de l'introduction
Source :  clic

Bonnes découvertes !

   Jean-Luc Dion



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« Ce qui nous laisse petits, c'est la peur de devenir grands »
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vendredi 17 décembre 2010

COMPLÈTEMENT DANS LE CHAMP...


Il faut lire cet article sur deux sujets importants que nos responsables politiques évitent comme la peste.

Pourtant, il faudra très prochainement rétablir la justice et l'équité : certains pays ont fait la révolution pour moins que ça !

Jeudi, 02 décembre 2010 | 
Écrit par Patrick Bourgeois   

Sortie fracassante aujourd’hui du député péquiste Sylvain Simard contre la décision de l’entêté et obstiné gouvernement Charest d’aller de l’avant avec son projet de PPP dans le dossier du CHUM.  Ni plus ni moins, le député Simard accuse le gouvernement d’avoir pipé les dés.
(...)
Dans ce dossier, le PQ ne cesse d’éviter le problème fondamental, et depuis des années maintenant. Parce qu’il est nécessaire de répéter et répéter, je vais le redire une nouvelle fois.  Il est proprement scandaleux que le Québec finance à même ses fonds publics la construction de deux méga hôpitaux universitaires à Montréal, l’un pour les anglophones et l’autre pour les francophones.  Le Québec n’a pas les moyens de financer ces deux projets qui devraient coûter, au bout du compte, au moins 5 milliards$ aux Québécois ;  et ce, sans considérer les dépassements de coûts qui surviennent toujours dans de tels chantiers.
(...)
Il faudra bien en finir un jour ou l’autre avec le surfinancement des institutions anglophones au Québec.  La communauté anglophone ne représente même plus 10% de la population au Québec.  La justice la plus élémentaire voudrait qu’on leur accorde 10% des budgets servant à financer les institutions du Québec.  Mais non !  Toujours, on coupe la poire en deux.  Et hop ! 50% du budget pour leur nouveau méga hôpital universitaire de McGill... Et on ne parle pas ici du -surfinancement- des universités anglophones du Québec! Un scandale que tout ça !
(...)
[Cliquer sur le titre ci-dessus pour lire l'article]
Un simple calcul en arrondissant les chiffres : si le 10% d'anglophones de la population reçoit 50% du budget pour une hôpital universitaire alors que le 90% de francophones reçoit aussi 50%, cela signifie tout simplement que la minorité canado-britannique récolte 9 fois plus par personne que la majorité, tout simplement !

Dans le cas du financement des université, cette minorité reçoit près de 2,9 fois plus que la majorité de langue française car elle reçoit régulièrement 23-24% du budget [*]... Et on parle d'augmenter les frais de scolarité ?

Pourtant, personne au parti n'ose parler de cette saloperie fondamentale.


Vraiment triste car nous n'allons nulle part de cette façon...


Trouverons-nous le courage élémentaire de faire bientôt cesser cette escroquerie scandaleuse ? 


Et dire que des groupes extrémistes anglo-saxons ont le culot d'accuser la majorité québécoise de nazisme, fascisme, fanatisme et de tous les « ismes »... (voir le site suivant pour être édifié par du vrai fanatisme  : -Hang French Nazis-.)

Note :  si ce dernier lien ne fonctionne pas, chercher parkavenuegazette.com avec votre outil de recherche, Google ou autre. Ce site est banni de certains serveurs...

[*] Les données budgétaires se trouvent sur le site du gouvernement québécois.

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« Le Québécois est une créature accommodante.
Toujours prêt à s’entendre, à faire un compromis.
Il ne parle ni de politique, ni de religion à la table.
Normal : il ne veut « pas de chicane dans sa cabane ».
Et s’il lui arrive de se fâcher en se disant qu’« il y a bien des limites »,
il se ravise peu de temps après pour se convaincre
qu’« il y a toujours moyen de moyenner ».

S’il y a une chose d’exaspérant dans la culture québécoise,
c’est bien cette sainte tiédeur qui passe pour une gentillesse proverbiale.
Elle vient avec une charmante douceur de vivre ? Peut-être.
Mais elle n’est pas étrangère à une certaine médiocrité
dans laquelle nous finissons par nous complaire.
Qu’est-ce qu’un débat au Québec ?
Une façon pimentée de mimer un désaccord avant de se réconcilier.

Tout cela s’explique historiquement.
Un peuple longtemps dominé a fait du consensus une seconde nature.
Il n’a jamais pris conscience du caractère
fondamentalement positif d’un conflit civilisé sainement assumé.
Il n’a jamais reconnu non plus que le consensus
qui le protège a tendance à l’asphyxier.
On aurait souhaité de la Révolution tranquille
qu’elle nous délivre de ce travers. »


La sainte tiédeur

Mathieu Bock-Côté, 24h, 8 décembre 2010, p.4

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LE DEVOIR  -  1910-2010
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DEMAIN – Hymne au Québec
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« Ce qui nous laisse petits,
c'est la peur de devenir grands »

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lundi 29 novembre 2010

LE POINT DE BASCULE


Un constat et une hypothèse aux lourdes conséquences...

« Le gouvernement de Jean Charest constitue le plus complet aboutissement de l’ère post-référendaire. Il nous donne là les fruits les plus toxiques de ce que devient la vie nationale quand elle perd son centre de gravité. Le Québec de la corruption, c’est celui de la dérive inévitable d’une nation qui s’étiole parce qu’elle n’a plus rien de ce qu’il lui faut pour tenir sa cohésion nationale: ni projet, ni valeurs suprêmes pour inspirer et maintenir sa vigilance démocratique, ni conscience forte d’elle-même pour soutenir la vitalité de ses institutions et leur faire porter l’intérêt supérieur de la nation. » (...)

Réagissons avant que ceux qui ne veulent pas d'un Québec debout tentent l'écrasement final.


LE POINT DE BASCULE
Robert Laplante
Éditorial

Novembre - Décembre 2010
Nous baignons dans ce que Gaston Miron appelait «notre empois de mort». Le Québec des libéraux, le Qué-Can du minoritaire cocu content, n’inspire plus qu’un immense haut-le-cœur. Notre premier sous-ministre aura donc réussi à surpasser tous les encanteurs qui l’ont précédé. Alors que ses thuriféraires s’acharnent à tapisser les murs des centres de congrès de photos de Robert Bourassa, c’est bien plutôt Alexandre Taschereau que l’indigne député de Sherbrooke surpasse, et de loin. On ne s’étonne même plus de l’entendre pérorer sur la corruption et les manquements à l’éthique pendant qu’il continue toujours de toucher son salaire du Parti libéral, à même un budget auquel on ne sait même pas s’il est le seul à émarger au bilan des bonnes œuvres des entrepreneurs en construction qui font la file aux portes de la permanence du Parti.
On ne s’étonne plus de rien, de fait, tant la réussite est complète. 


Le numéro
Novembre-Décembre 2010
paraîtra le 6 décembre 

Après le décrochage civique et le taux d’abstention record de la dernière élection, après la surréaliste campagne électorale de Montréal où l’on a vu primer le rejet féroce de tout ce qui a l’air d’avoir eu trace de loyauté au Québec sur tous les scrupules à l’égard de la corruption.
Après la multiplication des signaux dans le monde municipal où la démocratie n’est plus qu’un simulacre dans un nombre effarant de villes et villages.
Après les prouesses de Tomassi et de ses engeances au bord des pompes à essence et dans le réseau des garderies.
Après les ventes douteuses des droits d’exploration du gaz et pétrole dans le golf et pour Anticosti par des dirigeants d’Hydro-Québec qui prennent sur eux d’aliéner le patrimoine national.
Après la grande braderie des droits d’exploration sur le reste du territoire pour faire du gaz de schistes le plus odieux scandale et le moyen le plus sûr de nous jeter dans les griffes du grand capital qui ne reculera devant aucun saccage.
Après l’incroyable gâchis des deux mégacentres hospitaliers universitaires et la consécration des privilèges d’apartheid pour l’université McGill et son PPP pharmaceutique, pour ses diplômes à 30 000 $ par année et pour son surfinancement structurel.
Après toutes les pirouettes hypocrites pour continuer de vendre les droits linguistiques et maintenir les écoles passerelles.
Après la mascarade de la commission Bastarache qui n’aura servi qu’à détourner l’attention et masquer les scandales dans la nomination des juges.
Après tout ce qu’on nous prépare comme simulacre pour faire semblant de nettoyer le secteur de la construction et pour tout mettre en œuvre pour nier ou rendre opaque toute analyse des systèmes de collusion qui servent le financement des partis politiques.
Après l’inique budget Bachand et ses mesures régressives qui feront payer un impôt santé pour mieux accélérer la marchandisation des soins et l’accroissement des inégalités.
Après les attitudes démissionnaires et le refus de faire une vraie bataille pour toucher les 2,4 milliards de dollars qu’Ottawa devrait nous verser au titre de l’harmonisation de la taxe de vente.
Après toutes les manœuvres pour hausser les frais de scolarité et réduire les horizons de la jeunesse à instruire.
Après tous les renoncements à se tenir debout devant Ottawa pour mieux consentir à retourner contre les Québécois eux-mêmes les conséquences des injustices que ce gouvernement choisit de ne pas combattre.
Après la démission devant l’odieuse lâcheté qui a laissé Ottawa soutenir à même nos impôts l’industrie automobile ontarienne et laissé des miettes aux travailleurs de l’industrie forestière.
Après le silence coupable devant les choix de Stephen Harper qui augmente les budgets militaires à coups de dizaines de milliards pendant que nos finances souffrent.
Après tous les après, il ne restera plus que cette grande réussite, le plus haut fait de l’autodénigrement: la nausée comme projet de société.
Le gouvernement de Jean Charest constitue le plus complet aboutissement de l’ère post-référendaire. Il nous donne là les fruits les plus toxiques de ce que devient la vie nationale quand elle perd son centre de gravité. Le Québec de la corruption, c’est celui de la dérive inévitable d’une nation qui s’étiole parce qu’elle n’a plus rien de ce qu’il lui faut pour tenir sa cohésion nationale: ni projet, ni valeurs suprêmes pour inspirer et maintenir sa vigilance démocratique, ni conscience forte d’elle-même pour soutenir la vitalité de ses institutions et leur faire porter l’intérêt supérieur de la nation.
C’était là un objectif de la guerre idéologique lancé contre notre peuple autour du référendum de 1995 et surtout après. Pour casser le Québec, il fallait brouiller ses repères identitaires, semer le doute sur ses réalisations en salissant ses institutions pour mieux saper la confiance en soi. C’est à quoi aura servi le programme des commandites et tout ce que la commission Gomery – fabuleux succès de désinformation – aura permis de ne pas savoir des manœuvres du Conseil de l’unité canadienne et autres instances encore plus douteuses lancées à coups de dizaines de millions sur le sabotage sociétal.
Pour casser le Québec, il fallait surtout instrumentaliser toutes les forces qui avaient fini par renoncer au Québec lui-même en se faisant les inconditionnels du Canada. Il fallait pouvoir compter sur une élite qui n’hésiterait devant rien pour éroder tout ce qui peut ressembler à la formulation de l’intérêt national. Et surtout pour déclencher la curée c’est-à-dire pour légitimer tous les affairismes. Car le rapport de domination qui pèse sur notre peuple passe nécessairement par la régression dans les logiques minoritaires et par le recours à la création de fiefs de toutes sortes sur lesquels peuvent régner les barons ethniques essentiels aux  engrenages de la normalisation provinciale. C’est d’une logique qu’il s’agit ici, d’un effet de domination dont la corruption n’est qu’une composante, un simple débordement de l’instrumentalisation d’une élite qui s’engraisse à gérer la dépendance.
La régression minoritaire ne peut se traduire ici que par l’instrumentalisation des partis politiques qui servent à casser l’expression de la nation comme entité démocratique. Le canadian nation building ne peut se réaliser sans l’érosion de la vie nationale comme foyer de notre démocratie. C’est pourquoi la lutte à la corruption ne suffira pas. Si elle se déploie si salement ici, ce n’est pas seulement comme expression d’une perversion propre à n’importe quelle société normale en proie au laxisme moral et au relâchement éthique, c’est aussi parce qu’elle consacre un étrange et bien odieux mariage, celui de l’adhésion à un régime qui pour tenir a besoin de faire jouer à fond les distorsions de ses institutions démocratiques.
Le Parti libéral ne peut être utile au maintien du carcan canadian qu’à la condition de tout mettre en œuvre pour créer et entretenir les logiques sociales, culturelles et économiques susceptibles de faire jouer les minorités de blocage. C’est là plus que n’importe où ailleurs qu’il faut chercher ses féroces résistances à toute modification du mode de scrutin. Pierre Serré a montré en nos pages à de nombreuses reprises comment le mode de scrutin, et la concentration des votes ethniques qu’il rend possible, sert à fausser l’expression politique de la majorité et du coup, à installer la gouverne et les débats qu’elle entretient dans un univers qui décroche de plus en plus des courants et tendances qui devraient faire la vitalité de notre démocratie.
La corruption ne sera pas le plus sale héritage du gouvernement Charest. Le plus lourd des pertes que nous vaudra ce noir épisode est à venir. Sur le plan matériel évidemment puisque ce parti n’a désormais plus rien à perdre, il faut s’attendre à le voir pratiquer la terre brûlée: les idéologues du marché, qui s’y font instrumentaliser par ignorance ou consentement à la logique de domination dans laquelle ils servent, ne reculeront devant rien pour achever de liquider tout ce qui pourra rester d’incarnation de l’intérêt national et les inconditionnels du Canada, qui font primer le lien canadian sur toute loyauté au Québec, n’en finiront plus de s’étendre sous la carpette pour laisser le champ libre à Ottawa. Ce que ce gouvernement laissera, c’est le dégoût de nous-mêmes, le doute sur nos institutions dont il aura perverti la logique nationale au point de ne laisser qu’un champ dévasté par la médiocrité, les mauvaises performances et les résultats désastreux. Il aura accompli sa mission historique de normalisation, il aura moulu les aspirations nationales et nous aura enlisés dans un gâchis matériel et psychologique qui accaparera l’essentiel des énergies.
Gouverner la province ne signifiera plus désormais que combattre le chaos au beau milieu d’un réseau de combines en tous genres montées pour dresser, contre l’intérêt national, un conglomérat d’intérêts particuliers plus ou moins légitimement instaurés à grand renfort de contrats à long terme et PPP toxiques. L’inextricable écheveau tissé à même les institutions effilochées tiendra lieu désormais de cadre de gestion et ils seront nombreux parmi ceux-là mêmes qui auront laissé faire pour ne pas rompre avec le Canada à se tourner vers Ottawa pour tenter d’échapper à l’asphyxie de la vie provinciale que la destruction de la cohésion nationale aura transformée en nid de vipères.
C’est cela qu’avait entrevu Pierre Vadeboncoeur dans ses derniers écrits alors qu’il évoquait la nécessité à laquelle les Québécois seront confrontés de jouer leur destin dans un contexte qui ne laissera de place qu’à la radicalisation des choix. La louisianisation ne se fera pas dans l’allégresse. Pour y échapper, il faudra rompre avec l’ordre et les logiques qui nous y poussent. C’est dire qu’il faudra enfin se résoudre à trancher dans certaines de nos ambivalences les plus confortables, les plus nocives. Le rendez-vous qui se pointe à l’horizon n’est pas référendaire, il est existentiel.
Avec son acharnement – et la jubilation toute provinciale d’une trop grande partie de sa députation qui trépigne à la vue des limousines ministérielles – le Parti québécois s’en tient encore à se penser dans l’alternance du pouvoir. C’est une erreur stratégique majeure: qu’il le veuille ou non, il est condamné à s’inscrire dans l’alternative sans quoi il risque de périr avec ses idéaux dans l’atmosphère chargée des cendres de la politique de la terre brûlée que pratique ce gouvernement du renoncement national. Le prochain mandat électoral ne sera pas celui de l’assainissement des mœurs et du nettoyage qu’on s’imagine. S’il n’est pas celui de la mise en œuvre des conditions d’affranchissement, il conduira inéluctablement un éventuel gouvernement péquiste velléitaire dans les marécages putrides de la politique des lamentations, du rapetissement de nos moyens et du rétrécissement de nos horizons. C’est à cela que le condamne le cadre provincial du paysage dévasté que lui laissera le gouvernement Charest.
Dès le premier jour, la «gouvernance souverainiste» sera sous perfusion. Parce que l’action combinée des mesures de déstabilisation qu’Ottawa va poursuivre et de l’accumulation des problèmes induits par un héritage libéral empoisonné placeront le Québec tout entier dans une insoutenable tension. Et l’on sait déjà comment cela va tourner: il s’en trouvera toujours pour dire que les «vraies affaires» commandent de répondre d’abord aux urgences et gouverner ne signifiera plus que se désâmer à tenter de colmater les brèches. Ce qu’il faut regarder en face dans le prochain mandat électoral, ce n’est pas une gouvernance à conduire parallèlement à une entreprise de nettoyage, mais bien un projet de gouvernement pour casser le régime et les logiques dans lesquelles il a fini par amener même les plus généreux et les plus convaincus à se penser dans l’incohérence des logiques tordues qu’ils confondent avec le pragmatisme.
Il faudra s’arracher. Il faudra rompre. Il faudra une politique qui conduise à la radicalisation requise. Cela se prépare. Il faudra trimer infiniment plus dur que ne le fait ce parti avec la matière de son congrès. Il lui faudra s’accorder avec une lecture intransigeante de notre situation nationale, réaliser enfin que sans un effort de démocratisation radicale, il restera prisonnier de la logique dans laquelle les idéaux de la majorité sont captifs d’un système de représentation qui les étouffe en rendant impossible la réalisation de toute politique nationale. Il faudra établir le scrutin proportionnel dans les plus brefs délais, c’est le seul moyen de casser la machine infernale qu’a mis en place le Parti libéral, ce parti ethnique ouvert à toutes les compromissions pour maintenir le carcan canadian en entretenant les minorités de blocage que produit l’actuel mode de scrutin. Ce serait un geste fondateur: l’établissement d’une logique nationale au cœur même du politique. Il y a fort à parier que le Parti libéral ne s’en remettrait pas. Ce ne serait pas le moindre des effets bénéfiques, mais là n’est pas l’essentiel.
Car ce n’est là qu’une condition préalable à réaliser pour que le nettoyage soit réellement efficace et pour que la vigilance démocratique puisse devenir fonctionnelle. Il faut découpler les escrocs des amis du régime. Les élites corrompues se retrouvent trop majoritairement dans le même camp, cela ne correspond à rien de ce que nous savons de la déviance dans les sociétés «normales». La corruption ici, est une affaire de régime au moins autant que de mœurs.
Il faudra plus. Beaucoup plus. À commencer par une vérité du propos que rien dans le babillage médiatique ne laisse entrevoir et qui ne manquera pas de choquer, de heurter. Pour faire appel au dépassement, il faudra en finir avec la pensée molle et les idées reçues. Les Québécois ne prennent pas bien la mesure des périls qui les guettent et des lendemains que leur ont préparés les sept années de la grande braderie libérale. Et cela n’a rien à voir avec ce que nous servent les courtiers en morosité et autres savants déclinologues du futur provincialisé. Redonner la perspective nationale ne se fera pas sans douleur, certes, mais là n’est pas le plus névralgique. L’essentiel, il se trouve dans la redéfinition des possibles, dans une relecture de notre situation qui nous fera voir que notre énorme potentiel n’est menacé que par notre propre consentement à la servitude.
Retrouver la confiance en soi pour relever les plus grands défis, cela ne peut se faire dans les imprécations et les appels à se soumettre à la fatalité d’un prétendu réel. N’en déplaise à tous ceux-là qui jouent les Cassandre, c’est par un programme législatif et de grands projets qui forceront le jeu que cela pourra advenir. Il ne s’agit pas ici de s’imaginer des lois conçues exprès pour provoquer et nourrir la confrontation, comme le laissent trop candidement entendre nombre de ténors péquistes. Il faut plutôt d’authentiques réponses aux aspirations, conçues non pas en fonction de la logique hétéronome (qui se base sur des règles reçues de l'extérieur) des relations fédérales provinciales et des conflits de juridiction, mais bien en phase avec les exigences nationales elles-mêmes. Il faut donc des projets audacieux et pensés pour eux-mêmes, sans arrière-pensée de négociation, servis par des idéalistes déterminés et capables de faire appel à ce qu’il y a de meilleur en chacun. Des projets pour réaliser le Québec et non pour le mettre en tension avec le Canada ou encore pour préparer un quelconque ressac utile au marketing pré-référendaire.
Ces projets doivent matérialiser des appels au dépassement pour s’inscrire dans le registre de la transformation du monde. Il y en a, il y en a même de grands qui se formulent un peu partout dans le Québec qui ronge son frein en s’échinant à réduire l’échelle de ses propres réalisations. Ce Québec qui ronchonne en se disant qu’on pourrait faire tellement plus, tellement mieux si seulement on, si encore il y avait, à condition que, que cela serait bien, mais que les politiciens n’oseront jamais… Ce Québec de l’audace rentrée et de l’inutile retenue, c’est celui-là que la gouverne d’un authentique gouvernement souverainiste devrait délester de la résignation minoritaire que les libéraux ont inscrite dans les finances de l’État, dans le rétablissement des privilèges des institutions anglophones et dans la désarticulation des logiques institutionnelles qui rend de moins en moins possible l’action concertée et l’effort national.
Nous avons le talent, nous sommes capables. Nous savons aussi que ceux et celles qui doutent ne demandent pas mieux que de contribuer à quelque chose qui les affranchira et du doute et de ce qui les a conduits à douter et d’eux-mêmes et de nous. Il faut en convenir, c’est là une voie étroite. Le Québec est engagé, qu’il le veuille ou non, sur le chemin des passes dangereuses, pour reprendre ce merveilleux titre de la pièce de Michel-Marc Bouchard. On ne s’en désolera pas. C’est à ce prix que nous devons conquérir ce qui nous poussera à la hauteur des idéaux qui ont conduit notre peuple jusqu’ici. L’abnégation de la survivance aura au moins servi à cela: nous avons toujours su grandir contre l’improbable.
Mais la difficulté avec l’autodénigrement et le décrochage civique, c’est que l’érosion de la confiance dans le politique et dans la classe politique brouille les distinctions qui devraient permettre de séparer la formulation des problèmes de l’élaboration des solutions. C’est un défi redoutable qui est ici posé au Parti Québécois dont les hésitations, la faible ardeur au combat et les maladresses ne cessent de saper la crédibilité, même s’il a de fortes chances de former le prochain gouvernement. Le passé n’étant pas à cet égard la meilleure des références, il reste à souhaiter que la situation propulse les acteurs à la hauteur des rôles qu’ils seront appelés à jouer. 

Le Québec approche d’un point de bascule.
 

 SOURCE :  L'Action Nationale 


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