Traduction - Translate

vendredi 15 janvier 2016

DES GOUVERNEMENTS CATASTROPHIQUES...

UNE ARNAQUE RADICALE

Le présent gouvernement du Québec, sous la gouverne de Philippe Couillard, le grand ami du défunt Arthur Porter, a versé aux médecins spécialistes un surplus injustifié de 416 millions de $ qu'il dit ne pas pouvoir (ou vouloir...) récupérer : déclaration en fin 2015. Pendant ce temps, notre gouvernement de médecins en congé coupe dans une foule de service essentiels, particulièrement en éducation et en santé.

De plus, il a récemment accordé 200 millions de $ aux ports fédéraux du Québec pour lesquels nous payons déjà largement sans recevoir les investissements appropriés. Peut-être n'avez-vous pas lu mon commentaire publié dans Le Nouvelliste à ce sujet, le 7 décembre dernier :  ICI.
En cas de disparition de l'article, vous le trouverez en annexe ci-dessous :
« Des cocus contents »

Tout récemment, la compagnie RER Hydro qui devait fabriquer des hydroliennes dans une grande usine avec 600 employés à Bécancour a fait faillite, causant une perte de près de 100 millions de $ au gouvernement et aux investisseurs québécois. De plus, le prototype montré dans tous les journaux n'aurait jamais pu fournir la puissance mentionnée, encore moins être installé dans le chenal du Saint-Laurent. C'est ce que je pense avoir démontré dans le bref document en annexe (Les hydroliennes). Le promoteur Imad Hamad, décrit comme un « charmeur » par le maire Dubois de Bécancour, semble être d'une espèce assez venimeuse d'aventuriers et escrocs qui s'agitent autour de nos gouvernements...
 
Quelques éléments de recherche sur ce sujet :

RER Hydro en faillite  (28 décembre 2015)
RER Hydro: plus de 49 M$ jetés dans le fleuve (28 décembre 2015)
RER Hydro, une entreprise sur laquelle on trouve des renseignements de base ici.
Les hydroliennes s'enfoncent
(28 mai 2014)
RER Hydro en courants contraires (23 avril 2014)
Un promoteur subventionné pour payer ses dettes (22 décembre 2013)
Usine d'hydroliennes: de grandes attentes à Bécancour (11 novembre 2013)
Comme on peut le constater, les activités de RER Hydro ont commencé bien avant que Pauline Marois prenne la succession de J.J. Charest à l'automne 2013. Comme on le devine dans la dernière référence, le gouvernement Marois a apparemment présumé que ce dossier avait été correctement monté par le gouvernement précédent en faisant une telle annonce pour compenser la fermeture annoncée de la centrale nucléaire qui avait déjà été décidée sous Charest, mais que ce dernier n'avait pas eu le courage de décréter. 

Le simple examen de ce prototype indique assez clairement qu'il s'agit d'une mise en scène pour profanes. En effet les pales sont beaucoup trop fines par rapport à la surface de l'appareil. De plus, ses dimensions indiquent qu'une hydrolienne parfaite de cette taille ne pourrait donner guère plus de 3 kW dans le chenal du fleuve Saint-Laurent où la vitesse de l'eau ne dépasse pas 1,5 m/s... C'est ce qui est démontré dans l'étude « Les hydroliennes ».



Le « prototype » d'hydrolienne de RER Hydro.
Le président-directeur général de RER Hydro, Imad Hamad, devant une hydrolienne.
http://affaires.lapresse.ca/economie/energie-et-ressources/201405/28/01-4770495-quebec-a-offert-de-racheter-rer-hydro-avant-les-elections.php

Maintenant, un SCANDALE parmi d'autres que le peuple ignore en général ou fait semblant d'ignorer parce qu'on n'a pas le courage d'agir.... Encore une perte de près de 2 MILLIARDS de $, par suite d'incompétence crasse ou de magouilles, ou des deux... Plutôt que de faire bénéficier nos producteurs de légumes des surplus d'électricité d'Hydro-Québec pour chauffer leurs serres, le gouvernement de John James Charest a accepté un contrat selon lequel on paie 150 MILLIONS de $ par année à Trans-Canada (gaz) pour la centrale au gaz de Bécancour qui ne fonctionne pas depuis sa construction en 2007 et qui ne consomme pas de gaz. Un article éloquent qui résument l'arnaque, dans Le Devoir du 11 janvier 2016.

Quelles sont les fripouilles ou les incompétents derrière cette affaire révoltante ???
Plus ou moins les mêmes qui n'ont pas été touchés après la Commission Charbonneau ???


Notre dépossession tranquille se poursuit dans le secteur minier dans le cadre d'un « plan Nord » qui profite essentiellement aux minières étrangères. Le vidage de notre sous-sol de ses riches minerais s'accélère sans qu'un seul gramme de nickel ou autre métal précieux ne soit produit au Québec par une industrie métallurgique moderne. Qu'attendent nos entrepreneurs et autres gens d'affaires pour agir et créer cette industrie essentielle ? 

De plus, non seulement les mines ne nous rapportent rien d'autres que des salaires de mineurs mais elles nous coûtent des millions par année du fait que l'État québécois s'oblige à nettoyer les sites laissés à l'abandon par les minières après avoir vidé le sous-sol. Sur l'implication de Philippe Couillard dans ces affaires :
« Le rachat de la petite société canadienne Goldbrook Ventures par son partenaire chinois Jilin Jien Nickel permettra à l'empire du Milieu de détenir l'entier contrôle sur le projet Nunavik Nickel, dans l'extrême nord du Québec. Le projet deviendra de ce fait la première mine québécoise à propriété 100% chinoise...»

« Jien Canada a passé des conventions de dépôt de titres le 15 octobre 2009 avec les directeurs et représentants officiels de Canadian Royalties détenant un total de 431 936 actions (0,4 % des actions émises et en circulation) : Bruce Durham, Bernard J. Guarnera, Hugh Blakely, Luciana Zannella, Bryan A. Coates, Michael H. Wilson, Dr Arthur T. Porter, Phillippe Couillard...» (CLIC) (Voir aussi plus bas).
On peut constater que ces deux grands copains avaient des activités assez diverses en plus du « Queen's privy council », du SCRS, etc...

Comme la plupart des minières ne paient pas de redevances, il s'agit d'une authentique situation coloniale, comme dans certains pays de misère, mais très riches, comme le Congo, entretenue par certaines 'élites' locales...

En avril dernier (2015), on apprenait ceci qui s'est confirmé depuis :
« Ressources Québec, une filiale d’Investissement Québec, s’apprête à verser 100 M$ à la société minière Canadian Royalties et à sa société mère Jien Canada, qui possèdent la mine de nickel Nunavik Nickel, dans le Grand Nord québécois.
Canadian Royalties avait besoin de capitaux pour poursuivre le développement de sa mine, a indiqué à l’Agence QMI Xiaoman Qi, une porte-parole de l’entreprise. Mme Qi n’a pas donné plus de détails sur le prêt, car une annonce officielle est prévue dans quelques jours.»
 Or,
«...le premier ministre (Couillard) avait siégé au conseil d’administration de Canadian Royalties lorsqu’il avait temporairement quitté la politique en 2009, en compagnie de son comparse le Dr Arthur Porter qui croupit actuellement dans une geôle du Panama en attendant d’être extradé pour répondre aux accusations qui pèsent contre lui ici pour son rôle dans le méga-scandale du CUSM... »  * Porter est décédé depuis.
Et, vers la fin de 2015, ce même Couillard voyait à ce le Québec accorde un 'prêt' de 100 MILLIONS DE DOLLARS à cette compagnie chinoise milliardaire, afin d'accélérer le vidage de notre sous-sol de son riche minerai, expédié en Chine à l'état brut, sans aucune transformation métallurgique au Québec...

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Des cocus contents

Le Nouvelliste -  Trois-Rivières, le 8 décembre 2015


Les principaux ports du Québec, y compris celui de Trois-Rivières, sont encore sous juridiction fédérale, c'est-à-dire canadienne. À ce titre, tout leur financement de projets doit se faire par l'État fédéral canadien auquel nous, Québécois, versons encore plus de 45 milliards de dollars d'impôts divers par année pour s'occuper correctement d'un certain nombre d'activités et d'infrastructures, dont les ports justement.


Nous savons tous que notre port de Trois-Rivières est particulièrement négligé depuis fort longtemps et qu'il dispose d'équipements d'un autre siècle qui limitent son attrait pour les échanges internationaux et autres.

Par ailleurs, nos impôts servent largement à la modernisation des ports de Vancouver, Toronto, Halifax, etc., par rapport auxquels les équipements de Trois-Rivières sont nettement dérisoires quand on les compare.

Or, Le Nouvelliste du 30 novembre dernier nous apprend avec éclat à la page 3 que le gouvernement du PLQ de Philippe Couillard, au moment où il coupe outrageusement dans tous les services essentiels, aurait décidé essentiellement de donner 200 millions de dollars aux ports fédéraux dans un geste dénué de tout bon sens car nous payons déjà largement pour des investissements qui vont ailleurs par le biais de nos taxes et impôts payés à Ottawa. 

Nous payons donc au moins en double, car Ottawa n'a investi que 16 millions de dollars dans le port de Trois-Rivières en 2015 selon ce que nous apprend le quotidien dans le même article. Alors, le moins qu'on puisse dire est que c'est vraiment absurde et désolant de voir des hommes publics locaux considérer comme «un beau cadeau de Noël» ce paiement en double qui serait plutôt le fait de «cocus contents» qui ne savent pas ou ne veulent pas exiger ce qui nous revient. 

C'est assez déprimant...Par conséquent, on ne peut qu'espérer qu'un prochain gouvernement du Québec assumera la pleine responsabilité de tous nos ports, avec toutes les sources de revenus d'un gouvernement qui se respecte.

Jean-Luc Dion, ingénieur et professeur retraité

Trois-Rivières

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-


-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

mardi 29 décembre 2015

L'AFFAIRE MICHAUD




L'affaire Michaud ou le complot des mous 

Matthias Rioux, ancien député du Parti Québécois 
-  L'Action Nationale  -  Mars 2011




NOTE : cette triste affaire est toujours une honte pour plusieurs
             membres de l'Assemblée nationale, en particulier
             tous les députés du PLQ à l'époque, qui n'ont toujours
             pas offert d'excuses à M. Yves Michaud.
 

Ce jour-là (le 15 décembre 2000), je me précipite à l’Assemblée nationale, de retour de la Gaspésie.

Un membre du personnel de l’Assemblée m’informe qu’un vote est sur le point de débuter. Il vérifie s’il m’est possible d’entrer. Mon pupitre étant tout près de la porte, il me fait signe d’y aller rapidement. Voyant le Président et un greffier debout, je m’enquiers auprès de mon voisin, Rosaire Bertrand, député de Charlevoix, de quoi il s’agit. Il m’informe d’une résolution concernant Yves Michaud. Sans plus. Le vote est en cours, impossible alors de demander au Président de relire la résolution. La procédure me confine à l’ignorance. Furieux, je me vois contraint d’appuyer la résolution ne sachant pas si elle était favorable ou défavorable à l’endroit de Yves Michaud.


Les députés péquistes se lèvent et votent. J’imagine un instant qu’elle lui est favorable. Du reste, une motion félicitant Michaud, le Robin des banques, pour sa lutte en faveur des droits des petits investisseurs eût été recevable. Rapidement, la réalité me rattrape lorsque j’entends le greffier prononcer : « Monsieur Charest, Sherbrooke » et ainsi de suite, sans que le président ait eu à demander « quels sont ceux qui sont contre la résolution ». Imitant leur chef, les députés libéraux se lèvent, opinant du bonnet, certains avec le sourire. Je comprends qu’il s’agit d’une motion sans préavis, négociée préalablement entre l’Opposition officielle et le Gouvernement.

Après la séance, je mets tout en œuvre pour me procurer le texte de la fameuse résolution. D’autant, qu’un collègue m’informe qu’elle blâme Michaud pour des propos offensants tenus à l’endroit de la communauté juive. Je lis attentivement le texte pour comprendre les motifs du blâme et pourquoi une telle résolution est présentée sans préavis, à l’insu des députés et votée sans débat.

Que dit la résolution :


Que l’Assemblée nationale dénonce sans nuance, de façon claire et unanime, les propos inacceptables à l’égard des communautés ethniques, et, en particulier, à l’égard de la communauté juive, tenus par Yves Michaud à l’occasion des audiences des États généraux sur le français à Montréal le 13 décembre 2000.
Pas un mot du libellé ne démontre que le citoyen Michaud a tenu des propos à ce point inacceptables qu’il mérite une dénonciation sans nuance et surtout unanime des membres de l’Assemblée nationale. Je sens qu’il y a anguille sous roche et que l’on veut tuer une mouche avec un kalachnikov.

Au caucus des parlementaires péquistes consécutif à la motion « scélérate », je constate que plusieurs députés semblent mal à l’aise. J’entends encore Bernard Landry, déambulant vers le buffet, dire discrètement à Louise Beaudoin : «On maltraite nos amis». Je me lève pour souligner au premier ministre qu’une résolution de cette importance, votée dans la précipitation, sans en avoir informé préalablement l’aile parlementaire était inacceptable. Visiblement irrité, il me répond que la situation était grave et qu’il fallait agir vite. La même logique que le commando qui frappe à l’aube ! Du reste, je cherche encore aujourd’hui les motifs de l’urgence qui a conduit des parlementaires à voter aveuglément une motion fondée sur le mensonge.

J’utiliserai la méthode interprétative pour expliquer ma compréhension de ce jour sombre du parlementarisme québécois. Certes, une certaine réserve est inhérente à la fonction parlementaire, mais, dans le cas qui nous occupe, rien ne peut empêcher un ancien parlementaire de réparer l’injure faite à Yves Michaud et redonner à notre Parlement national le lustre qu’il a perdu le 14 décembre 2000 en le transformant en peloton d’exécution.

Sans en avoir la preuve documentaire ou testimoniale, j’ai néanmoins la conviction que le complot ourdi contre Michaud a été conçu hors du Parlement et que son orchestration devant l’Assemblée nationale fut l’œuvre de deux complices : Lawrence Bergman, ancien président d’une section du B’nai Brith, député libéral de D’Arcy-Mc Gee, et André Boulerice, péquiste et représentant de la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques. Le premier, se croyant investi de la mission de représenter la communauté juive à l’Assemblée nationale, et le second disant posséder dans sa génétique une filiation avec le Peuple élu. Dans son excellent ouvrage, Chronique d’une exécution parlementaire, l’historien Gaston Deschênes ne lève pas le voile sur l’origine du complot.

Par ailleurs, son essai nourrit le doute qui m’habite depuis dix ans. Quel personnage ou quel groupe a instrumentalisé Bernard Landry et Sylvain Simard qui, lors de l’évènement, ont déclaré en conférence de presse que Michaud avait banalisé l’holocauste, alors qu’il n’a jamais prononcé le mot devant les États généraux sur la langue ? À moins d’une preuve irréfutable démontrant le contraire, je refuse encore aujourd’hui de croire que Bernard Landry ait influencé ou encouragé Lucien Bouchard dans sa colère folle et son misérable aveuglement. Appelé à commenter les propos de Yves Michaud tenus à l’émission de Paul Arcand, le premier ministre n’y avait d’abord vu aucune trace d’antisémitisme. D’où vient alors ce changement de cap aussi soudain que brutal de la part du chef ?

À qui profite le crime ?

Comme plusieurs, je me suis demandé à qui profitait le crime.

Les proposeurs de la résolution assassine évoquée plus haut ne sont pas les vrais acteurs du geste ignoble, du crime parlementaire posé par l’Assemblée nationale. Les deux députés étaient de simples porteurs de ballon qui ont exécuté, avec servilité, les ordres venus d’en haut. Il convient ici de féliciter André Boulerice d’avoir courageusement reconnu son erreur.

On imagine aisément la jubilation du chef de l’Opposition officielle de déposer une résolution accusant fallacieusement d’antisémitisme un militant séparatiste. Pour Jean Charest, c’était un moment béni, mieux, l’occasion inespérée de casser du sucre sur le dos de Michaud, ancien député libéral (1966-1969), devenu indépendant lors de l’adoption du « bill 63 ».En clair, un homme dérangeant, voire menaçant pour les « establishments » de tout acabit. L’occasion était belle également pour le chef libéral de démontrer à la communauté juive que son parti demeure son refuge assuré dans les tempêtes et le défenseur de ses intérêts. On serait tenté de qualifier le comportement politique de Jean Charest, en la circonstance, de machiavélique, évoquant de la sorte la mémoire du célèbre auteur du Prince. Cela serait injurier l’intelligence du grand philosophe florentin dont l’oeuvre théorique prônait l’avènement d’un « ordre nouveau » fondé sur la morale, la liberté et la laïcité.

L’autre acteur du complot est l’ancien premier ministre, Lucien Bouchard. Peut-on imaginer qu’il ignorait que la résolution sordide condamnant Yves Michaud était sans fondement ? Que les propos de Michaud lors des audiences des États généraux sur la langue ne comportaient aucune charge contre le peuple juif et l’holocauste ? Il savait sans doute que les parlementaires appelés à voter, par la force, une telle motion étaient privés de l’information nécessaire à la mise en contexte de l’évènement et, ce faisant, l’Assemblée devenait pour l’occasion un tribunal populaire sans droit d’appel. « Étrange paradoxe », écrira le juge Beaudoin dans son jugement sur l’Affaire Michaud. D’autant, que les autorités ont systématiquement refusé à l’accusé Michaud le droit élémentaire de s’expliquer devant une commission parlementaire.

Ce 14 décembre 2000, où étaient donc passées les règles de justice naturelle, quand notre Assemblée nationale bafoua, à la satisfaction de Lucien Bouchard, le juriste, une des plus importantes d’entre elles, l’audi alteram partem, si chère à Bernard Landry, garantissant à un accusé le droit strict de se faire entendre. Ce jour-là, l’Assemblée nationale devint un tribunal par la volonté de deux hommes, pour exécuter un citoyen sans preuve et sans droit d’appel. Un geste sans précédent dans l’histoire du parlementarisme des pays civilisés.

Le geste est d’autant plus répugnant qu’à de nombreuses occasions Yves Michaud a témoigné de ses liens d’amitié avec la communauté juive de Montréal. Il a loué le courage d’un peuple qui a fait naître un pays souverain au cœur du monde arabe. En déclarant que les Juifs n’avaient pas le monopole de la souffrance, il n’a pas voulu stigmatiser cette communauté, tant s’en faut. Il a choisi de rappeler, avec à propos, que d’autres peuples victimes de génocide (arménien, rwandais, etc.) vécurent l’ostracisme.

En confiant à l’Assemblée nationale la sale besogne d’assassiner politiquement Yves Michaud, le chef a voulu enlever de sa route un candidat pressenti dont l’élection dans la circonscription de Mercier était, selon les observateurs, une formalité. La présence possible d’un tel trouble-fête au sein de son caucus l’a conduit à opter pour l’exécution parlementaire. Un geste indigne de la part d’un premier ministre. Un chef de parti respectueux de sa base militante aurait laissé l’association locale choisir son candidat et ultimement refuser si besoin était de signer son bulletin de candidature, si tant est qu’il eût des raisons de le faire.

Il ne faut pas se surprendre du comportement autocratique de Lucien Bouchard. Pour mieux contraindre ses députés à la discipline, il a échappé un jour cette énormité : « pas de caucus, pas de gouvernement ». Une insulte à l’intelligence et la négation des prérogatives du pouvoir législatif et de la nécessité du contrôle parlementaire sur le pouvoir exécutif. Il aurait voulu faire de son caucus une secte en infantilisant ses députés qu’il n’aurait pas agi autrement. À cette époque, les péquistes ont connu les aberrations du centralisme démocratique. Une doctrine ayant sévi à une autre époque et en d’autres lieux.

Mais, le hasard fait bien les choses. Moins d’un mois après le vote de la honte dont il fut l’artisan, voilà que le grand chef, après avoir condamné les péquistes à tourner en rond pendant cinq ans sur la question nationale, annonce, le trémolo dans la voix, qu’il tire sa révérence, faute de n’avoir pu réunir les conditions gagnantes pour la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Peu de temps après son départ dramatique, le voilà qu’il annonce, tout bonnement, qu’il s’associe à une firme de juristes apparentée à la communauté juive, Davies Ward Philips & Vineberger, devenant ainsi « l’avocat aux honoraires les plus élevés à Montréal », écrit Bernard Descoteaux, directeur du journal Le Devoir, le 27 janvier 2011.

Comment interpréter tout le pathos entourant sa démission ? Il eût été préférable qu’il avoue franchement qu’il ne voulait pas Michaud dans son entourage ; qu’il n’avait plus la foi dans la cause souverainiste (si tant est qu’il l’eut) et que désormais il préférait la sécurité financière à l’éprouvant combat pour le pays. Il en serait sorti grandi s’il s’était exprimé comme un lucide. Surtout que lui, le nouveau riche devenu, dont « la propension à poser en donneur de leçons » a poussé l’effronterie jusqu’à demander aux Québécois de travailler plus et aux pauvres de se serrer la ceinture. On n’ose imaginer ce qu’il exigera de notre peuple au nom des magnats du pétrole et du gaz.

Aujourd’hui, je joins ma voix à celle de mes anciens collègues, maintenant fort nombreux (plus de cinquante) pour dénoncer le complot dont fut victime Yves Michaud le 14 décembre 2000 et lui présenter mes regrets les plus sincères. J’en profite pour dire la honte que j’éprouve d’avoir été roulé dans la farine par des manipulateurs. Difficile d’imaginer qu’une démocratie représentative puisse descendre aussi bas. Il est réconfortant que d’anciens parlementaires, 10 ans après le drame, dénoncent la mauvaise action, relèvent la tête et reconnaissent leur erreur. Ils sortent anoblis de cette contrition. Quant aux non-repentis, il faut les plaindre.


-o-o-o-o-o-o-




-o-o-o-o-o-o-