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mercredi 24 novembre 2010

LE DOMAINE DU MAITRE...



Le domaine Sagard, du Maitre de Jean Charest et de Nicolas Sarkozy, et sans doute de nombreux autres.......





Une histoire à vous faire rêver,
rédigée par un journaliste de La Malbaie.

Cette bicoque appartient à Paul Desmarais !
George Bush père, Bill Clinton, Jean Chrétien, Lucien Bouchard, Paul Martin, Nicolas Sarkozy, Sarah Fergusson, Martin Cauchon, Paul Martin et Juan Carlos sont invités au domaine de Paul Desmarais de Sagard, dans Charlevoix. L'accès est interdit aux journalistes ; alors on se rend voir les autochtones maires et hommes d'affaires relatant les bienfaits de la présence de Paul Desmarais dans la région.
Vraiment indigeste. Bien sûr, pas d'enquête de Michel Morin ou d'autres journalistes de Radio Canada sur les dessous de cette propriété. Il ne faut pas déranger Paul Desmarais, le maître de Power Corporation, si l'on veut garder son emploi. Mais, question combien peut bien coûter un domaine de 21 000 acres ? Très cher, sans doute. Pourtant...
L'histoire est simple et on peut en trouver le détail dans les archives publiques et les journaux
• La Canada Steamship Lines achète le domaine de Sagard, le 8 janvier 1974 en l'échange de « considérations ».
• La Canada Steamship Lines cède à son tour la propriété à Power Corporation le 10 novembre 1976 au coût de 1 $. - évidemment la CSL appartient alors à Power Corporation depuis 1966 et son président est Paul Martin (un invité !) depuis 1974 .
• Puis, le 18 juillet 1988, Power Corporation en cède la propriété à Paul Desmarais au coût, encore une fois, de 1 $.
• Mais, en 1990, Paul Desmarais vend à son tour la propriété à une obscure société, Polprim Inc., cette fois au coût de 1 028 000 $. Les membres du conseil d'administration ne sont nuls autres que Paul Desmarais (président), André Desmarais (trésorier), Paul Desmarais Jr. (secrétaire) et Jacqueline Desmarais (administratrice).
En somme, un territoire de 21 000 acres qui n'aura rien coûté.
Les habitants de Montréal se plaignent de la hausse des taxes municipales avec le nouveau rôle d'évaluation. Faites comme Paul Desmarais achetez pour un 1 $ un domaine de 21 000 acres érigé sur un territoire non organisé (TNO), exempt de toutes les taxes municipales. En 1998, avant les « rénovations », la valeur de la propriété était estimée à 7 746 000$. Aujourd'hui on parle de près de 40 millions de dollar. Des revenus de taxes non perçus et que la MRC de Charlevoix-Est ne cherche même pas à percevoir qui seraient bienvenus au petit village limitrophe de Saint Siméon où le taux de chômage en période hivernale atteint 40%.
Bravo pour l'égalité et l'équité ! Et le maire de Saint Siméon est tout heureux de la situation !
Autre élément intéressant, l'aéroport de Saint Irénée communément appelé « aéroport Paul Desmarais ». Alors qu'un aéroport comme celui de Saint-Hubert a toutes les difficultés du monde à obtenir des fonds, le petit aéroport de rien du tout de Saint Irénée obtient des subventions du gouvernement fédéral, du ministre Martin Cauchon (un invité !), alors ministre du Développement régional, afin de se revamper au coût de 5 millions de dollars. Il faut bien un aéroport pour les invités !
Bien sûr, la fille de Jean Chrétien (un invité !) est mariée au fils de Paul Desmarais. Il n'y a évidemment aucun rapport entre les deux éléments. De plus, notons que des avions gouvernementaux ont été réquisitionnés pour la circonstance afin de transporter les invités de Paul Desmarais et, il va de soi, aux frais des contribuables.
À tous ces gens, je dirais les mots de Sylvain Lelièvre :

    « Votre intérêt n'est pas le nôtre. Et sachez bien que nous savons »
CHRISTIAN HARVEY (journal Le Couac)
Voici ce qu'on trouve sur la Toile :
Paul Desmarais a fondé Power Corporation en achetant l'entreprise familiale de transport pour 1 $. Au premier trimestre de 2010, Power a déclaré des revenus de 8,99 milliards$ et un bénéfice net de 224 millions$.
* Il y a quelques années, la famille Desmarais a fait un impressionnant don de deux millions de dollars à la Fondation du Centre hospitalier Saint- Joseph de La Malbaie, le plus important de l'histoire de cet hôpital.
Ne perdez pas de vue que son domaine fut exempté de taxes à la municipalité de St Siméon, aujourd'hui, y a-t-il eu des amendements, je l'ignore.






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 UN EXTRAIT DE « DERRIÈRE L'ÉTAT DESMARAIS », par ROBIN PHILPOT
© Les Éditions des Intouchables, Robin Philpot, 2008
ISBN: 978-2-89549-336-5 
 Chapitre 10
La poule aux œufs d'or : la Consolidated-Bathurst
Chaque marigot a son crocodile.
Monsieur crocodile a toujours faim.
Proverbe africain

Avril 1982 : ouverture d'un sommet économique, la situation économique est grave, très grave. Le secteur public était très mobilisé, et au moins un syndicaliste de la CSN a dépassé les bornes dans les manifestations en traitant René Lévesque de « boucher de New-Carlisle ». Au moment où il se faisait affubler de cette insulte suprême l'assimilant au boucher nazi de Lyon, Klaus Barbie, alors en procès en France, l'ancien premier ministre du Québec était dans les faits en train de diriger une partie du budget québécois vers la relance de l'économie québécoise et notamment de l'industrie des pâtes et papiers, dont, en première ligne, la Consolidated-Bathurst, propriété de Power Corporation. Avec le recul, on peut dire que rarement l'adage Le malheur des uns fait le bonheur des autres n'a eu autant de pertinence.
Laissons à René Lévesque le soin de décrire la situation économique dans les années 1982-1983·:
«Les experts des Finances et du Trésor ont mis au point un impitoyable constat étayé de statistiques à travers lesquelles on perçoit l'angoissante ampleur de la dégringolade. On aura bientôt perdu 200 000 emplois, soit tout l'acquis des années fastes. Faillites et fermetures accélèrent leur ronde infernale. À l'exception des mieux nantis, est-il encore dans tout le secteur privé une seule famille qui ne soit plongée dans une insécurité sans précédent? »
(…) Lors de la création de la Consolidated-Bathurst en 1966, l'entreprise était un chef de file du célèbre trust de la forêt jouissant d'énormes concessions forestières. Au Québec seulement, la nouvelle entreprise fusionnée pouvait compter sur des concessions forestières d'une superficie de 19 974 milles carrés ainsi que sur d'autres concessions détenues à perpétuité ayant une superficie de 3 650 milles carrés, dont toute l'île d'Anticosti! De plus, l'entreprise fusionnée détenait 15 850 milles carrés de forêts domaniales cédées par les provinces, ainsi que des concessions importantes au Nouveau-Brunswick et en Ontario par le truchement de filiales. En tout, cela lui donnait des concessions à exploiter d'une superficie supérieure à 42 000 milles carrés ou près de 110 000 kilomètres carrés. Pour en saisir l'envergure, cela fait plus de trois fois la superficie de la Belgique qui est de 30 528 kilomètres carrés, pays du grand ami européen de Paul Desmarais, Albert Frère, ou un cinquième de la superficie de la France !
Ce régime de pillage forestier, qui, pendant des décennies, a fait les beaux jours des grandes entreprises de pâtes et papiers contrôlées par des intérêts anglo-américains qui dominaient, a été vivement critiqué tout au long de son histoire. Premiers au créneau figuraient les coopératives forestières, les petits exploitants, les municipalités régionales, les syndicats, certains partis politiques et même parfois l'Église. Avec le recul, on s'aperçoit que les contestataires de l'époque opposaient au pillage, à la coupe à blanc et à la politique de la «terre brûlée» pratiquée par les grandes entreprises de pâtes et papiers un développement durable avant l'heure, un développement qui permettrait non pas de «subvenir aux besoins des grandes compagnies », comme l'a écrit en 1963 l'abbé Villeneuve de la paroisse Notre-Dame-du-Rosaire au Saguenay, mais qui permettrait un «développement de la forêt intégré pour la population ». Par ailleurs, à chaque rendez-vous électoral ou presque, et notamment lors de la campagne électorale de 1962 où le slogan «Maîtres chez nous» résonnait partout, on réclamait des changements profonds, lesquels ne venaient qu'au compte­-gouttes vu le pouvoir politique et le chantage économique des dirigeants des entreprises de pâtes et papiers. La forêt, qui est ou devrait être du domaine public, a été honteusement (pillée).
Fort de ce constat et malgré l'inaction et le désintéressement d'Ottawa, même si le gouvernement fédéral, grâce à la banque centrale, aurait pu alléger la crise économique en réduisant ses taux d'intérêt, le gouvernement Lévesque a mis en œuvre un plan de compressions budgétaires dans le secteur public qui lui a attiré de fortes contestations, surtout au sein de son propre électorat, sans parler des insultes innommables. De plus, il a mis en branle un programme visant à rétablir l'équilibre budgétaire. Mais surtout, il a lancé une batterie de programmes de relance économique et a poursuivi des programmes existants en les enrichissant et en les améliorant, ce qui était le cas de l'industrie des pâtes et papiers. Et de toutes les entreprises de pâtes et papiers québécoises, c'est la Consolidated-Bathurst qui a profité le plus du vaste programme de modernisation des équipements québécois lancé en 1979 ~t renforcé pendant la crise de 1982-1983. La Consolidated­-Bathurst que, dans la plus importante transaction de l'histoire du Canada, Paul Desmarais vendrait à une société américaine en 1989 pour la mirobolante somme de 2,6 milliards de dollars, mais non sans avoir d'abord obtenu du Québec la garantie de l approvisionnement en bois pour 25 ans ni sans avoir refusé de participer à la création d'un géant québécois de l'industrie par la fusion de la Consol avec la Domtar, entreprise contrôlée par la Caisse de dépôt et de placement.
La Consolidated Paper, fondée en 1931, a acquis le contrôle. de la Bathurst Paper en 1966 pour former, sous les auspices de Power Corporation, la nouvelle entreprise de pâtes et papiers qui, dans les années 1970, figurait au troisième rang des entreprises de pâtes et papiers au Canada. D'une participation déterminante de 15,6 % des actions de la Consolidated-Bathurst lorsque Paul Desmarais en a pris le contrôle en 1968, Power Corporation a fait passer sa partici­pation progressivement à 40 %, d'abord en 1970, quand elle a voulu en prendre le contrôle absolu, et ensuite dans quelques
(...)  Quand on explique l'origine de la richesse de Power Corporation et de son patron, on se doit donc de tenir compte de cette richesse patrimoniale dont ils ont hérité en prenant le contrôle de Power Corporation. Encore une fois, il ne s'agit pas là du fruit du travail d'un entrepreneur créatif ni d'un travailleur acharné, mais du fruit provenant de ressources publiques. Sans parler encore de l'apport énorme des travailleurs et des travailleuses et de l'aide incessante de l'État. Mais ce n'est pas tout!
Aux prises avec de graves problèmes financiers en 1970, provoqués notamment par un programme d'expansion trop ambitieux et une conjoncture nettement défavorable pour l'industrie, la Consolidated-Bathurst s'est vu imposer un président, W.I.M. Turner, jusque-là président de Power Corporation. Sa tâche consistait à se départir de certaines divisions et à restructurer les emprunts bancaires pour remettre l'entreprise sur les rails. Entre 1970 et 1975, la Consolidated-Bathurst a réussi à rétablir son niveau de bénéfices. Mais dans ce retour à la rentabilité, deux événements méritent d'être mentionnés. D'abord, en 1974, des négociations autour de la prise de contrôle de la société papetière Price, dopées par une certaine surenchère, ont permis à Power Corporation, même si elle a dû se retirer à la dernière minute au profit de l'entreprise de pâtes et papiers Abitibi, d'empocher 24,2 millions de dollars.
Mais surtout, la Consolidated-Bathurst, ou plus exactement Paul Desmarais, a vendu l'île d'Anticosti au gouvernement du Québec pour la somme de 23,8 millions de dollars alors que la valeur comptable de l'île, selon les livres de la Consol elle-même, était de 4,9 millions. Une belle surenchère! Selon le rapport annuel de la Consolidated-Bathurst, l'entreprise a obtenu un «gain net provenant de l'expropriation de l'île d'Anticosti pour la province de Québec» de 18 484 000 dollars. Lors de cette expropriation de velours, le gouvernement. Bourassa n'a heureusement pas acquiescé à la demande de l'ami Paul Desmarais de conserver ses privilèges de pêche sur la formidable rivière à saumon, la Jupiter. L'île d'Anticosti avait approvisionné la Consol en bois et l'a enrichie pendant des décennies alors que l'entreprise n'y investissait que le strict minimum. Mais on apprécie l'envergure de cette injection de fonds provenant de la vente de l'île d'Anticosti en la comparant à la moyenne du revenu d'exploitation net de la Consol de 1966 à 1975, soit la période pendant laquelle Power était associée à cette entreprise de pâtes et papiers. La moyenne de son revenu était de 26,6 millions de dollars la vente de l'île d'Anticosti lui en a rapporté 23,8 millions, Bien sûr, les bénéfices par action ordinaire, dont Power détenait près de 4%, et la valeur de dividendes versés ont connu un beau bond proportionnel en 1974 (17,7 millions de dollars en dividendes comparés à une moyenne de 6,7 millions de 1966 à 1974).
Pour compenser sa triste perte de l'île d'Anticosti, Paul Desmarais a mis la main la même année sur les 75 kilomètres carrés qui deviendraient son domaine de Sagard dans Charlevoix. Cette prise s'est effectuée par le truchement de la Canada Steamship Lines, qui lui appartenait. Le coût: un dollar! La Canada Steamship Lines a cédé le territoire à Power Corporation en 1976, qui l'a cédé à Paul Desmarais en 1988 pour un autre dollar.
Au portrait du capitalisme sauvage qu'illustre le pillage des forêts s'ajoutent une pratique de conspiration pour fixer les prix et un refus constant de réinvestir les profits dans la modernisation des équipements de production. Il arrivait, selon Robert Kerton, professeur de l'Université de Waterloo cité par Diane Francis, que les capitaines de !'industrie papetière au Canada s'organisent pour fixer les prix du papier a laide d'une méthode appelée «la conspiration par déduction », ou le parallélisme conscient. «Le président d'une entreprise prononçait un discours à un endroit sur le besoin d'obtenir un meilleur prix pour son papier. Il s'agissait d'un signal codé qu'il envoyait aux autres. Parfois, il donnait même publiquement le pourcentage d'augmentation prévu.» C'est un délit où, selon Kerton, il est plus difficile d'obtenir une conviction au Canada qu'aux États-Unis.
Quant aux équipements de production, l'industrie des pâtes et papiers au Québec, en particulier, ne brillait pas non plus par le réinvestissement de ses profits dans la modernisation au début des années 1970, même si les machines à papier qui comptaient pour plus de 80 % de la capacité de production dataient d'avant 1945. À titre de comparaison, aux États-Unis, presque toute la capacité de production datait d'après 1945. Avec du bois en masse et de vieux équipements qui roulaient à plein régime, cette industrie, même si elle reconnaissait que ses équipements étaient vétustes, semblait satisfaite de retirer des profits énormes tout en implorant les gouvernements de financer la modernisation des équipements.
C’était le cas de la Consolidated-Bathurst, dont les immobilisations au début des années 1970 ont été rachitiques. Or, en 1972, elle a lancé, avec d'autres entreprises de pâtes et papiers, un plaidoyer pour obtenir de l'aide et des investissements en vue de moderniser leurs équipements de production.
La manne a fini par tomber et, comme d'habitude, Paul Desmarais était là pour la récolter, même si cette manne venait de - ses adversaires politiques acharnés -. En 1978, alors que le gouvernement fédéral ne faisait qu'accoucher d'un rapport d'un nième groupe de travail sur l'industrie, le gouvernement de René Lévesque a annoncé en juin 1978 qu’il lançait un programme de modernisation des équipements de production des pâtes et papiers qui s'étalerait sur cinq ans et qui entraînerait des investissements de plus de 450 millions de dollars. Ce programme comprendrait des subventions, des emprunts subventionnés et la création d'un fonds d'investissement. Malgré l'imminence du référendum de 1980, le gouvernement Lévesque et son ministre des Ressources naturelles Yves Bérubé ont convaincu l'Ontario de leur emboîter le pas, suivi d'Ottawa en 1979. À la suite des négociations, il a été convenu que, au Québec, tout investissement gouvernemental devait passer par le gouvernement du Québec puisque la forêt relevait de sa compétence exclusive. Le programme avait pour objet de moderniser les équipements en vue de réduire les coûts de production pour, par la même occasion, augmenter la productivité et mettre en place des équipements de protection de l'environnement et d'économie d'énergie. Selon le programme, les projets devaient être ceux qui ne se feraient pas sans l'aide gouvernementale et qui n'auraient pas pour effet d'augmenter la capacité de production du papier journal puisque l'industrie avait besoin de se diversifier afin d'être moins exposée aux crises cycliques. Aussi, les concepteurs du programme souhaitaient que chaque dollar gouvernemental investi dans le cadre du programme engendre un investissement équivalent de la part des entreprises de pâtes et papiers.
Ce programme, jumelé aux éléments ajoutés en cours de route, a eu un impact remarquable sur la productivité et la compétitivité des sociétés papetières québécoises. Mais l'objectif d'incitatif du programme n'a pas été atteint parce que les industries n'ont pas investi à la hauteur ciblée, soit de un dollar d'investissement privé pour chaque dollar de subvention gouvernementale. Voici quelques indicateurs: de 1980 à 1984, la croissance annuelle de la productivité était de 2,8 % (11,4 % en quatre ans) alors qu'entre 1970 et 1980, la productivité n'a augmenté en moyenne que de 1,7 % par année; en 1986, le Québec a bénéficié de 45,6 % des investissements canadiens en modernisation alors qu'en 1970, il n'a reçu que 20 % de ce genre d'investissements; et de 1981 à 1986, les expéditions de papiers spéciaux, autres que le papier journal, ont augmenté de 225 %. Rappelons que, dans les années 1970, la Consolidated-Bathurst était la plus importante entreprise de pâtes et papiers au Québec. En somme, grâce à ce programme lancé par le gouvernement de René Lévesque, l'industrie des pâtes et papiers au Québec a diversifié sa production, pris de l'expansion sur de nouveaux marchés et augmenté sa productivité. Ce programme mené par le gouvernement Lévesque s'est poursuivi avec plusieurs ajouts malgré la terrible crise économique qui avait frappé à partir de 1981 et qui avait valu à René Lévesque les pires insultes. Parmi les ajouts, le reboisement massif. René Lévesque a décrit la situation en 1983:
« Le programme de modernisation des pâtes et papiers, lancé quatre ans plus tôt et tenu à bout de bras par Yves Bérubé... avait fini par toucher toute une industrie qui, de décrépite qu'elle était au départ, était redevenue compétitive. À quoi nous devions maintenant ajouter une accélération phénoménale du reboisement. Sachant que nos forêts avaient été si longtemps et si outrageusement pillées, nous avions déjà multiplié par quatre la plantation de nouveaux arbres. C'était loin d'être suffisant. [ ... ] Nous décidâmes de porter avant 1988 le rythme annuel du reboisement de 65 à 300 millions d'arbres et d'assurer ainsi le renouvellement perpétuel du patrimoine forestier, à la scandinave. »
Et Paul Desmarais là-dedans? De la vingtaine d'entreprises de pâtes et papiers au Québec, ce sont les usines de la Consolidated-Bathurst, donc de Paul Desmarais, qui, avec celles de MacLaren, ont reçu les plus importantes subventions pour la modernisation, avec un total d'environ 43 millions de dollars!
Avec des usines modernes et diversifiées et de nouveaux marchés, il ne restait ainsi, pour finir de polir le bijou, qu'à sécuriser l’approvisionnement en matière première. Le régime des concessions forestières qui avaient fait la richesse des entreprises de pâtes et papiers ne pouvait plus tenir. À la fin du deuxième mandat du gouvernement Lévesque, en juin 1985, le ministre délégué des Forêts a enfin déposé un Livre vert sur la forêt en vue de l'adoption d'une nouvelle politique forestière. Témoin tardif de la grogne dans tout le Québec au sujet de la gestion des forêts, cette politique visait à forcer les industriels à prendre leurs responsabilités, notamment en plantant autant d'arbres qu'ils en coupaient pour assurer la survie et la durabilité des forêts.
Elle n'a, toutefois, jamais été mise en œuvre en raison de la défaite électorale du Parti québécois de novembre 1985. En effet, il s'agissait de faire la quadrature du cercle: protéger la ressource et assurer un développement durable de la forêt au bénéfice. de la population et des divers intérêts régionaux, qui englobaient petits exploitants, coopératives forestières, municipalités et syndicats, tout en satisfaisant l'appétit insatiable du cartel des grandes sociétés papetières, jusque-là maîtres de la forêt québécoise. On ne sait pas si cette politique si tardivement proposée aurait réussi, mais le problème s'est réglé, du moins pour les entreprises de pâtes et papiers, dont la Consolidated­-Bathurst, avec le retour d'un gouvernement libéral sous Robert  Bourassa.
Le nouveau ministre délégué des Forêts, le libéral Albert Côté, et son sous-ministre Robert Tessier, futur dirigeant de Gaz Métropolitain, ont ainsi pris le projet de loi déposé par le gouvernement du Parti québécois et l'ont libéralisé à la faveur des sociétés papetières en maintenant « l'approvisionnement de l'industrie forestière à un niveau susceptible de lui permettre de profiter des opportunités de développement», pour reprendre les mots du ministre Côté. Adopté en septembre 1986 pour entrer en vigueur en avril 1987, le nouveau régime forestier a remplacé celui des concessions forestières par le Contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier, le CAAF, d'une durée de 25 ans. Ce contrat a assuré aux entreprises de pâtes et papiers et aux autres exploitants qu'ils obtiendraient tout le bois nécessaire à condition d'effectuer sur le territoire visé certains travaux d'aménagement qui permettraient d'assurer la régénération de la forêt. Contesté par les syndicats, les coopératives forestières et les MRC, mais applaudi par le cartel de la forêt, ce régime forestier n'aurait jamais pu être adopté par le Parti québécois, qui se serait aliéné ses appuis traditionnels. En revanche, le Parti libéral n'a jamais caché son allégeance au grand capital, dont le chef de file au Québec était et demeure Power Corporation/Desmarais, alors propriétaire de la Consolidated-Bathurst.
Fin des années 1980: l'industrie papetière connaît de très belles années, le tout Québec politique et économique veut créer un géant mondial de l'industrie papetière pouvant concurrencer les- plus grands sur les marchés internationaux. Dans un geste politique inusité, voire surréel, le premier ministre libéral Robert Bourassa a demandé à l'économiste Jacques Parizeau, qui était aussi, depuis mars 1988, chef du Parti québécois et du mouvement souverainiste, d'intervenir auprès de Paul Desmarais afin de favoriser la fusion de la Consolidated-Bathurst et de la Domtar, qui était contrôlée par la Caisse de dépôt et de placement du Québec depuis 1981. Cette rencontre à La Malbaie à la fin de 1988, reconstituée par Pierre Duchesne à partir d'entrevues avec Paul Desmarais et Jacques Parizeau, a fait chou blanc, car Paul Desmarais n'accepterait la fusion des deux entreprises « qu'à condition que ce soit lui qui mène ». On aurait pu ajouter aussi qu'à condition qu'il en profite grassement, car son refus venait du prix que la Caisse exigeait de plein droit pour les actions qui lui donnaient le contrôle de la Domtar.
En effet, selon un ancien dirigeant de la Caisse de dépôt et de placement qui désire garder l'anonymat, le projet de fusion de la, Consolidated-Bathurst et de la Domtar a avorté parce que Paul Desmarais a refusé de payer à la Caisse la prime de 30 % qui revient à l'actionnaire de contrôle. Comme la Consol était plus grande que la Domtar, il était dans l'ordre des choses, selon ce dirigeant, que ce soit la première qui se porte acquéreur de la seconde. Possédant environ 40 % des actions de la Domtar, la Caisse était tout à fait en droit d'exiger et de recevoir une prime de 30 % sur le cours de l'action en bourse. Si l'action vaut 10 dollars, l'actionnaire de contrôle peut exiger et recevoir 13 dollars pour chaque action lors d'une prise de contrôle.
Cela tient compte du fait que si l'acquéreur devait acheter ces actions sur le marché, la rareté croissante des actions et la forte demande feraient monter la valeur des actions disponibles même plus haut que 30 %. Cette règle, Paul Desmarais l'a toujours respectée et a toujours exigé qu'elle le soit. Or, selon l'ancien dirigeant de la Caisse, le patron de Power Corporation tout comme d'autres entrepreneurs québécois pensent que la Caisse de dépôt et de placement, à titre de société d'État appartenant à tous les Québécois, doit leur faire des cadeaux. Dans le cas qui nous concerne, pour satisfaire M. Desmarais, la Caisse aurait dû lui vendre les actions de la Domtar au prix du marché sans la prime de 30 %. Pour la Caisse, a poursuivi l'ancien dirigeant, il n'en était pas question, « car nous savions que si Paul Desmarais devenait le patron de la société fusionnée, il pourrait se retourner et la vendre en touchant pleinement cette prime de 30 ».
Cette crainte était justifiée, car dans les deux mois suivant la rencontre Parizeau- Desmarais, soit le 26 janvier 1989, dans la plus importante transaction financière de l'histoire canadienne, Paul Desmarais a vendu la Consolidated-Bathurst à la Stone Container de Chicago pour 2,6 milliards de dollars. Qui plus est, il a reçu 25 dollars l'action alors que le titre de la Consol se transigeait à 16 dollars. La prime de 30 % de l'actionnaire de contrôle qu'il a refusée à la Caisse, il l'a reçue presque en double. Elle était de plus de 50 %! Par ailleurs, Paul Desmarais n'a jamais participé à l'industrie papetière que pour engraisser sa propre fortune. À Peter C. Newman, il a déclaré:
« J'ai étudié les maudits cycles de la Consol-­Bathurst. Chaque fois que le flux de trésorerie et les profits montaient, les ingénieurs de la Connie-Bathurst prenaient le dessus, en disant qu'il fallait faire ceci ou cela à une telle usine et prendre de l'expansion là-bas, et si nous voulions être un joueur mondial nous devions faire ceci ou cela. L'argent était dépensé avant que je ne mette la main dessus. Alors, j'ai dit au diable. Si j'ai une offre que je ne peux refuser, je la prends.»
Voilà son attitude à l'égard de la modernisation de l'industrie des pâtes et papiers au Québec.
À partir du 26 janvier 1989, Paul Desmarais ne serait plus un capitaine de l'industrie au Québec. Le temps où on ne pouvait rien faire ni rien acheter sans enrichir la famille Desmarais était révolu. Finis les jours où Paul Desmarais pouvait dire que cela ne faisait rien si les convives invités à une fête au Ritz à Montréal cassaient les vitres, car elles seraient remplacées par des vitres fabriquées par sa filiale la Dominion Glass. Il ne pouvait plus dire en boutade aux syndicalistes de l'industrie papetière venus manifester contre lui lors du sommet économique de mai 1977, qui réunissait René Lévesque, Louis Laberge et Paul Desmarais, qu'ils l'enrichissaient quand même puisqu'ils avaient fait le trajet jusqu'à la manifestation dans des autobus qui lui appartenaient. Quand Paul Desmarais a pris le contrôle de Power Corporation en 1968, plus de 60 % de ses avoirs étaient au Québec. À partit de 1989, ce pourcentage est tombé à moins de 10 % et la chute s'est poursuivie avec la vente du Montréal Trust en mars 1989.
En effet, la Consolidated-Bathurst, cette poule aux œufs d'or, gavée de billes de bois du patrimoine forestier québécois, vivifiée par des milliers de travailleurs et de travailleuses et embellie par les largesses de l'État, qui a tant enrichi son propriétaire, serait vendue avant qu'elle n'agonise, procurant plus de un milliard de dollars de liquidités à celui qui s'en servirait pour s'implanter sous des cieux européens et, dans une moindre mesure, asiatiques. Le Québec deviendrait dorénavant une sorte de basse-cour à tenir en place et à regarder du haut de son domaine de Sagard. Au moins, à Sagard, il investirait ... dans une petite église.

Conclusion
Le livre est le grand lieu de la contestation et le restera.
JACQUES FERRON
L'État Desmarais exerce une influence totalement disproportionnée sur la vie politique et économique du Québec et, dans une moindre mesure, sur celle du Canada. Au cours des dernières années, il a tissé une toile - les moins généreux la qualifient de pieuvre tentaculaire - par laquelle il est en mesure de faire la pluie et le beau temps.
Dès 1975, le président de la commission royale d'enquête sur les groupements de sociétés a dit en audience publique à Paul Desmarais que l'opinion était très répandue selon laquelle il jouissait « de relations étroites avec le gouvernement à Ottawa et avec le gouvernement du Québec» et qu'il n'avait «aucune difficulté» à s'assurer que ses opinions et celles de Power Corporation soient connues et comprises, autant à Ottawa qu'à Québec. Si ces relations étaient étroites en 1975, on peut dire qu'elles frôlent l'inceste en 2005. Avec de telles relations, pas besoin de lobbyistes à la Karl-Heinz Schreiber. Voilà la première façon dont la famille Desmarais exerce son influence.
Deuxième façon: grâce à l'empire médiatique de Gesca.
L'état actuel du cartel médiatique au Québec où un homme, J" une famille, possède 70 % de la presse écrite n'existe, à notre connaissance, nulle part ailleurs. Le pouvoir que ce cartel lui donne est immensurable: tous les hommes et toutes les femmes politiques au Québec le savent fort bien.
Troisième façon: par une présence dominante au sein d'une kyrielle d'instituts et d'organismes essentiels au développement de la pensée politique et économique au Québec. Un membre de la famille Desmarais préside le conseil d'administration, par exemple, de chacune des organisations suivantes: la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (Hélène Desmarais), l'Institut économique de Montréal (Hélène Desmarais), le Forum économique international des Amériques/Conférence de Montréal (Paul Desmarais fils) et HEC Montréal (Hélène Desmarais, présidente du conseil d'administration, et Paul Desmarais fils, président du conseil consultatif international). S'il est vrai qu'une participation, même à titre de président du conseil d'administration, n'équivaut pas au contrôle de l'organisation, il est aussi vrai que la participation au niveau décisionnel de membres de l'État Desmarais a pour effet de neutraliser, de paralyser ou de compromettre l'organisation lors de controverses politiques importantes qui touchent aux intérêts du Québec et à ceux de Power Corporation. Le cas de l'achat de la Bourse de Montréal par celle de Toronto en 2008 en est un exemple. La privatisation de la santé au Québec en est un autre. Et quelle sera la réaction de chacune de ces organisa­tions, qui ont toutes une mission économique, lorsque Power Corporation mettra la main sur la Banque Nationale? On peut gager déjà que leur silence sera assourdissant.
Depuis 1989 et la vente de la Consolidated-Bathurst, la famille Desmarais s'est désintéressée du Québec, du moins en ce qui concerne les investissements. Comme disait Claude Béland au début des années 1990, Paul Desmarais a mis son argent en Europe et il «se fout bien du Québec ». Or, l'importante toile d'influence politique au Québec, tissée soigneusement par la famille Desmarais et notamment par la génération des fils, tend à faire mentir cette observation, pourtant rigoureusement vraie selon les chiffres. En plus de cette toile d'influence, la famille Desmarais se paie un luxe spectaculaire mais obscène au Québec. Il y a, bien sûr, le domaine de Sagard, sorti tout droit de l'aristocratie française d'avant la Révolution, d'une superficie de 75 kilomètres carrés. et dont le château aurait coûté entre 40 et 70 millions de dollars. Mais il y a aussi le domaine de Paul Desmarais fils au bord du lac Memphrémagog, en Estrie, et le club de golf ultra­luxueux et privé qu'il a fait construire près de Georgeville. Des gens qui s'installent comme ça et qui tissent une toile d'influence à toute épreuve au Québec donnent nettement l'impression qu'ils ont encore d'autres tours économiques à jouer au Québec. Mais quels sont-ils?
Selon les paroles des Desmarais, père et fils, dans les années 1990, Power Corporation avait des projets d'investissement d'envergure à réaliser, mais le débat constitutionnel ne leur plaisait pas et le rendement prévu ne semblait pas leur convenir. Pour faire cet important investissement, donc, Power Corporation s'attend d'abord à ce que le couvercle sur le mouvement souverainiste québécois soit vissé hermétiquement. Cela se fait de multiples façons, sans jamais recourir à la répression. D'abord, par l'usure et la démoralisation des chefs politiques souverainistes et leurs alliés syndicaux, ce que les journaux de Gesca font à merveille. Ensuite, par l'argent, les nominations et l'illusion d'influence que l'État Desmarais peut offrir. Le sérail de Power n'a-t-il pas toujours été décoré d'anciens et de futurs politiciens en attente d'être adoubés par le patron? Puis, par l'intimidation: qui ose dire non à des gens ayant tant d'influence et de puissance'?
Et finalement, par la division, voire l'atomisation, de l'élite économique québécoise. On se rappellera ce qu'un haut dirigeant d'affaires nous a confié: « Paul Desmarais peut compromettre les gens de toutes sortes de façons ». Par ailleurs, il a souvent gagné grâce à sa patience et son sens de la durée. Le même homme d'affaires a ajouté qu'il «se croit éternel ».
Si l'État Desmarais juge que le couvercle sur le mouvement indépendantiste est vissé et scellé, ce que l'apparente démission collective actuelle peut suggérer, on peut s'attendre à du mouvement de la part de Power comme promis il y a près de 20 ans à la suite de la vente de la Consol. Et si le passé est garant de l'avenir, Power, qui s'est enrichie grâce au patrimoine collectif, va chercher de nouveau à s'accaparer du fruit mûr de l'État québécois et de la Révolution tranquille qui l'a produit: la Banque Nationale, banque des petites et moyennes entreprises québécoises, et cœur de Québec inc. - certains l'appellent feu Québec inc.; la santé, par l'entremise des assurances et des fonds communs de placement; l'exploitation des filières pétrolière et gazière, par l'entremise du pétrolier Total et de la gazière GDF Suez. Et pourquoi pas l'hydroélectricité?
Pour y arriver, l'État Desmarais n'hésitera pas à invoquer sa francophonie de pacotille, question de s'assurer d'être le seul concurrent en lice, mais aussi de mobiliser l'élite d'affaires francophone du Québec, et surtout d'en consoler les membres. Après tout, l'État Desmarais aura obtenu qu'ils lâchent le projet collectif emballant d'un Québec souverain - OUI et ça devient possible, disaient-ils ­pour le triste statut d'éternel minoritaire.
Dans l'introduction, il est suggéré que notre incapacité collective ou notre refus d'aborder de front ce pouvoir démesuré et quasi occulte de l'État Desmarais ainsi que de prendre les moyens pour le surmonter explique l'impasse politique dans laquelle se trouve le mouvement souverainiste québécois. Au cours de la rédaction de ce livre, nous avons constaté aussi que cette incapacité ou ce refus s'explique par le fait que beaucoup de gens admirent Paul Desmarais en cachette, sans l'avouer, un peu à l'instar de tous ces gens qui écoutent la musique country en cachette, sans jamais l'avouer.
Or, une analyse froide du parcours de la famille Desmarais, de son enrichissement ainsi que des idées et positions politiques que les dirigeants de Power Corporation épousent devrait briser la paralysie qui nous afflige. Paul Desmarais est profondément antidémocratique. Il veut du pouvoir, mais il a refusé de faire de la politique parce que, dit-il: «Je ne veux pas dépendre d'un gars dans un coin qui va voter contre moi ». Il est un homme d'affaires qui s'est enrichi énormément, mais, comme nous l'avons vu, son histoire n'est pas celle d'un entrepreneur audacieux et innovateur comme J.-A. Bombardier, Guy Laliberté ou même Pierre Péladeau. Et c'est Paul Desmarais lui-même qui le dit: « Même en y réfléchissant bien, je ne trouve rien que j'ai commencé ... Commencer à zéro, c'est trop lent pour moi. »
En effet, la description la plus juste de Paul Desmarais est, selon nous, celle qu'un haut fonctionnaire de la Commission européenne a donnée d'Albert Frère, principal associé des Desmarais en Europe: «Pour moi, c'est un prédateur; il a joué au Monopoly, mais n'a jamais créé richesse ni emploi.» Même le mécénat des Desmarais, qui les distingue d'Albert Frère, doit être mis en perspective. Quand un homme qui vaut 5 milliards de dollars donne un million à une œuvre, c'est, proportionnellement, comme un homme qui vaut 100 000 dollars qui donne un billet de 20 dollars. Le don de 20 dollars mérite même plus de respect que celui du multimilliardaire, car il n'y a aucun retour sur ce don, aucune reconnaissance, aucun doctorat honorifique, aucun pavillon qui portera son nom. Le don de 20 dollars relève de l'altruisme alors que celui du multimilliardaire relève d'une stratégie de communication et de relations publiques ayant comme objectif de faire grossir le butin de l'État Desmarais.     


FIN
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« Le capitalisme est cette croyance stupéfiante
que les pires des hommes feront les pires choses
pour le plus grand bien de tout le monde »

John Maynard Keynes
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« Quand je cesserai de m'indigner,
j'aurai commencé ma vieillesse. »
André Gide
Extrait de Nouveaux prétextes
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« Jamais la population du Québec n’a été manipulée et bernée
aussi odieusement qu’en octobre 1970.
Cette manipulation sans précédent a eu
et continue d’avoir des conséquences
sur le comportement politique des Québécois. »
Pierre VALLIÈRES
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VIGILE.net
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L’AGORA
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L’AUT’JOURNAL
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L’ACTION NATIONALE
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IMPÉRATIF FRANÇAIS
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LE DEVOIR  -  1910-2010
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DEMAIN – Hymne au Québec
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« Ce qui nous laisse petits, c'est la peur de devenir grands »
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1 commentaire:

Jean-Luc Dion a dit…

Robin Philpot écrit :

« Le Québec demeure la base arrière des Desmarais, pour ne pas dire leur basse cour. Après tout, depuis 1989, quand Power a vendu la Consolidated Bathurst et le Montreal Trust, empochant plus de 2 milliards $, les Desmarais n’ont investi à peu près rien au Québec, sauf dans leurs riches demeures et quelques journaux.

Pour poursuivre leur quête de richesse et de pouvoir de par le monde, ils ont besoin d’un Québec base arrière calme et bien dans le rang. Ils ont besoin d’un pouvoir politique qui mange dans leurs mains. D’où le parachutage de Jean Charest, conservateur, à la tête du Parti libéral du Québec et sa présence à tous les festins à Sagard ou à l’Élysée (avant la défaite de Sarkozy).

Ils ont besoin d’une simili culture, plutôt folklorique, qu’ils peuvent montrer aux VIP internationaux qu’ils reçoivent dans leurs divers châteaux, cette fameuse « joie de vivre canadienne française ».

Et ils ont besoin d’une base arrière qui se conforme dans l’allégresse à leurs exigences économiques et financières et à celles des autres du 1% qui président à l’effondrement économique des 99%. D’où l’acharnement éditorial des médias des Desmarais contre la grève étudiante.

Pour garder cette base arrière calme et dans le rang, ça prend des médias, comme La Presse et Le Soleil, même si ces médias ne sont pas rentables, du moins pas autant que les investissements dans les sables bitumineux ou les gaz de schiste.»...

Voir :
http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=3826
J.L. Dion