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mardi 7 juillet 2015

LE PROJET RENAISSANCE

Commencé le 27 décembre 1991 à partir d’une idée remontant
au début de 1985 et soumise verbalement à Jean Garon,
alors Ministre de l’Agriculture qui aurait aimé la développer.

Le projet a été présenté à la Commission Mauricie – Bois-Francs sur l’avenir du Québec 

à Louiseville, le 26 février 1995
 

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION
1-  NOUVEL ARTICLE PROPOSÉ POUR LE PROJET DE LOI
2-  L'ÉCOLE DU QUÉBEC SOUVERAIN
3-  LE PROJET RENAISSANCE
     3.1  NATURE DU PROJET
     3.2  OBJECTIFS
     3.3  CONSTATATIONS
     3.4  DESCRIPTION
     3.5  MOYENS
4-  CONCLUSION 
ANNEXE         Notes biographiques de l'auteur

     

PROJET « RENAISSANCE »

par Jean-Luc DION, ing., D.Sc.

Février 1995

INTRODUCTION


      La question vraiment importante que nous devons nous poser ici, ce n'est absolument celle de la formulation de la question à poser au prochain référendum sur la souveraineté du Québec. Avant toutes autres, il y a quelques conditions essentielles à la réussite de tout projet national que nous pouvons élaborer comme Québécois. Il paraît clairement futile, sinon stupide, de discuter de progrès économiques, de question référendaire et de choses accessoires si on ne s'entend pas sur l'essentiel, si on n'a pas au départ répondu clairement à certaines questions existentielles. Discuter de ces questions est précisément l'objet de votre Commission, Mesdames et Messieurs, car elles sont indissociables de l'important projet de loi dont nous avons à discuter. 

       Et nous ne soulignerons jamais trop le caractère éminemment démocratique des Commissions sur l'Avenir du Québec, malgré tout ce que ses détracteurs peuvent en dire. Ce vaste débat national fait suite à une série d'événements déterminants qui se sont produits au cours des dernières années. On pense au coup d'état, à l'affront sans précédent de 1982 orchestré par Pierre Elliott Trudeau et Jean Chrétien, l'imposition antidémocratique d'une constitution dénoncée en bloc par l'immense majorité des Québécois, fédéralistes comme indépendantistes. On pense à l'échec du misérable accord du lac Meech où l'existence du peuple québécois n'était même pas reconnue, accord qui fut rejeté par les Canadiens du fait qu'ils le trouvaient encore trop ouvert au Québec. On pense encore à l'innommable proposition de Charlottetown de 1992 qui étaient bien en deçà de celle de Meech, et qui fut rejetée pour des raisons tout à fait opposées par le Québec et par le Canada. 

On pense aussi à la démission honteuse et destructive du Gouvernement du Québec d'alors dans cette triste affaire où nos intérêts nationaux ont été bafoués et mis de côté avec l'accord de nos propres dirigeants qui ont renié leurs engagements en quelques jours. On pourrait encore parler très longuement de la multitude des cas où le Québec et les Québécois se sont faits flouer (mot gentil) et continuent de se faire flouer dans ce système qui nous abaisse. On pourrait parler pendant des heures de nombreux faits récents et moins récents qui démontrent l'ingérence planifiée et intensive du gouvernement canadien dans des domaines de juridiction québécoise: éducation, formation professionnelle, environnement, communications, agriculture, pêcheries, etc., etc. 

       Il existe donc des conditions essentielles à la réussite de tout projet québécois. Il existe des questions existentielles à régler.

1–    De façon primordiale, nous devons affirmer le front haut, devant le monde entier, que nous existons comme peuple et que nous entendons bien prendre la place qui nous attend parmi les nations: ceci est tout à fait fondamental. Rien de valable ne peut réussir si les Québécois entretenaient des doutes sur leur existence même comme nation. Comment pourrions-nous inspirer le moindre respect si notre comportement indiquait à nos voisins et au monde entier que nous ne croyons pas en nous. Nous devons démontrer, haut et fort, par des gestes concrets, qu'il existe ici une société unique et originale qui a la volonté d'exercer sa pleine souveraineté et d'offrir librement au monde, et particulièrement à ses voisins, sa participation pleine et entière à la réalisation d'un avenir meilleur pour l'Humanité.

       À quelques années des célébrations du 400e anniversaire de la fondation du Québec par Samuel de Champlain en 1608, 461 ans après l'arrivée de Jacques Cartier en Nouvelle-France, nous devons proclamer dignement et fermement notre volonté inébranlable d'exercer notre droit à l'autodétermination dans le respect des règles internationales et des droits de l'homme. C'est un droit que personne ne peut nous contester. 

2–     Une deuxième condition est l'atteinte d'un niveau élevé de cohésion sociale. Il faut que, en majorité, nous Québécois de toutes origines, incluant les peuples autochtones, se retrouvent fraternellement dans un projet de société qui nous ressemble. Un projet de société qui nous ressemble dans ce que nous avons de meilleur et qui nous distingue des autres peuples. La solution durable de problèmes économiques est illusoire si les citoyens d'un pays sont divisés, bassement matérialistes, égoïstes, préoccupés de leur seule personne, toujours prêts à tricher leur gouvernement et leurs voisins. Cela est particulièrement vrai du Québec où l'histoire nous prouve que nos réussites les plus remarquables, malgré les embûches dressées par des intérêts non québécois, se sont réalisées grâce à notre solidarité, à notre travail persévérant et à la confiance que nous faisions à nos capacités: pensons aux Caisses Populaires Desjardins, à la Caisse de Dépôt et de Placements, au Fonds de Solidarité de la FTQ, à nos coopératives agricoles, à nos coopératives d'habitation, etc., etc. 

       Quelques éléments d'un projet de société sont exposés un peu plus loin qui peut, s'il est mis en oeuvre, redonner l'espoir à des centaines de milliers de jeunes et de moins jeunes, leur créer des emplois productifs temporaires qui se transformeront en emplois durables et établir un nouveau mode de vie en société. Un projet qui permettra en même temps de régénérer et augmenter radicalement la productivité d'une de nos grandes richesses naturelles: la forêt. 

1-  NOUVEL ARTICLE PROPOSÉ POUR LE PROJET DE LOI

     D'autre part, pour que la culture québécoise d'origine française, avec ses apports autochtones et de diverses origines, puisse se développer normalement et que se forge l'unité nationale de tous les Québécois, l'article 2 du Projet de loi sur la Souveraineté du Québec devrait se lire comme suit:
La langue officielle du Québec est le français. Le français est la langue de l'État, la langue du travail, la langue de l'éducation et la langue d'usage habituelle entre Québécois dans toutes les activités et partout. 
       Ceci n'exclut pas, bien au contraire, l'usage entre individus et l'apprentissage des langues étrangères, particulièrement de l'anglais, la langue dominante de l'Amérique du Nord. Toutefois, il doit être parfaitement clair pour tous que le français est la langue d'usage au Québec avant toute autre. 
       Cette situation sera clairement décrite aux immigrants que nous accueillerons sur notre territoire, de sorte qu'il n'y ait aucune ambiguïté, ni ressentiment ultérieur. D'ailleurs, pour devenir citoyen du Québec tout immigrant devra faire état par des examens d'une connaissance pratique de la langue officielle. 

       L'usage généralisé de la langue française au Québec doit être perçu comme un facteur essentiel d'unité nationale, de cohérence et de cohésion sociale. 

       Il faut absolument éviter de recréer dans le Québec de demain les problèmes et les tiraillements linguistiques que nous avons connus au Canada. Nous serions de parfaits irresponsables si nous accédions à l'indépendance pour régénérer le «panier de crabes» canadien, particulièrement le bilinguisme artificiel de façade et un «multiculturalisme» dispersant et destructeur. 

       Si, pour des raisons historiques, la constitution de la République du Québec doit garantir à la minorité québécoise historique anglophone d'origine anglo-saxonne et canadienne la préservation de son identité et de ses institutions, il est entendu que ces droits doivent s'exercer dans le respect de l'ensemble des citoyens du Québec. 

       On doit aussi s'attendre à ce que, réciproquement, l'État canadien accorde à sa minorité québécoise et francophone un traitement équitable et comparable. Avec le Canada, considérant la minorité anglophone du Québec, il est important d’en arriver rapidement à un accord de réciprocité dans le traitement des minorités d’un pays qui sont issues de l’autre. 

2-  L'ÉCOLE DU QUÉBEC SOUVERAIN

       L'école à tous les niveaux est un facteur primordial dans le développement maximal des connaissances et des plus hautes valeurs démocratiques et morales. Elle est le creuset où s'élaborent les éléments du Québec de demain, fort, uni, dynamique, fier, généreux. 
On doit accorder la priorité à la formation des enseignants en général. On doit hausser les critères d'admission dans la profession, ainsi que les exigences de qualification dans tous les domaines. Le statut d'enseignant doit devenir un statut respecté et respectable, un statut de grande responsabilité sociale et nationale. Tout enseignant doit devenir un modèle pour les élèves et les étudiants. 

Les responsables de l'école et les enseignants doivent assurer un contrôle permanent de la qualité de la formation: c'est une responsabilité sociale. 
       Parmi les valeurs essentielles qui doivent être véhiculées et les connaissances qui doivent être acquises à l'école d'une façon graduelle et soutenue de l'école maternelle à la fin du cours secondaire, en voici quelques-unes :
  • Le perfectionnement de la langue française écrite et parlée, dans toutes les matières enseignées, comme facteur de promotion dans tous les secteurs de la vie;
  • La connaissance de l'histoire nationale et de l'histoire des civilisations;
  • La connaissance de la géographie en général et de celle du pays en particulier;
  • La connaissance des organismes économiques et industriels et de leur fonctionnement
  • L'initiation pour tous aux milieux de vie et de travail, aux métiers, aux professions, etc., par de nombreuses visites et courts stages
  • L'apprentissage d'une deuxième langue étrangère à partir de la deuxième ou troisième année du cours secondaire;
  • Le sens des responsabilités et l'altruisme;
  • Le respect des autres citoyens et du bien public quels qu'ils soient;
  • Le respect de la parole donnée;
  • Le goût du travail méthodique et bien fait;
  • La valeur de l'effort individuel et collectif;
  • La stimulation de la créativité et de l'initiative individuelle dans le respect des autres;
  • Le développement maximal des talents de chacun pour le bien de tous;
  • La valorisation du rôle de chacun dans la société, la valorisation de tous les métiers et professions;
  • Le respect des lois que la nation s'est données démocratiquement;
  • L'attachement au pays et à ses valeurs, ainsi que l'importance de les défendre;
  • La connaissance des institutions nationales, de la vie en société et du fonctionnement de la démocratie;
  • L'apprentissage du fonctionnement en démocratie;
  • Le sens de la coopération comme moyen juste et efficace d'améliorer la vie de tous.
  • Etc.

Dans le cadre de programmes nationaux déterminant les objectifs essentiels à atteindre pour tous, on doit faire place aux initiatives locales et à la créativité. L'école doit être un milieu de vie diversifié et agréable favorisant l'épanouissement de chacun. À prévoir:
*    Intégration de l'école à la vie municipale;
*    Augmentation de la durée de l'année scolaire, redistribution des congés;
*    Allongement du séjour à l'école jusqu'à 17 h pour tous, permettant: périodes d'étude, activités socioculturelles et sportives, etc.
       Passons maintenant au projet que nous proposons comme élément d'un véritable projet de société dynamique, créatrice, confiante en elle-même, fraternelle et ouverte. 

3-  LE PROJET « RENAISSANCE »

3.1  NATURE DU PROJET


Il s'agit de l'organisation de chantiers pour les jeunes chômeurs, les décrocheurs de l'école et assistés sociaux leur permettant d’acquérir une formation au travail au cours de stages de quelques mois, tout en contribuant à réparer les dégâts d’une imprévoyance séculaire en ce qui concerne nos forêts. Il s'agit d'une «ré-appropriation» de nos forêts et d'un investissement massif dans notre avenir économique. Ce projet pourrait même être élargi et transformé en un service civique pour tous les jeunes citoyens. 

3.2  OBJECTIFS


  Utiliser d'une façon rationnelle et constructive des fonds publics consacrés à l'aide aux chômeurs et à la sécurité sociale en général.

  Redonner l'espoir aux Québécois qui se gaspillent dans l'inactivité, par un travail communautaire valorisant pendant une période limitée dans un milieu différent de leur milieu habituel.

  Donner l'occasion à des dizaines de milliers de jeunes Québécois de mieux se connaître et de créer des liens dans le cadre de travaux d'équipe valorisants qui seront un investissement dans leur avenir. Leur donner une occasion de mettre en valeur leurs qualités d’organisateur et de chef.

  Permettre à tous ces Québécois de vivre un période intense de travail, de formation et de réflexion tout en découvrant les immenses ressources du Québec. Leur faire découvrir les joies du travail dans la nature. Normalement, au cours d'un tel stage, la plupart devraient trouver une nouvelle motivation à faire les efforts qui s'imposent pour régler leurs problèmes, trouver les idées et l'information qui leur permettent de réorienter efficacement leur vie.

  Donner à plusieurs la possibilité de se refaire une santé, de se dégager de l’emprise de l’alcool et de la drogue, de prendre de saines habitudes de vie et de bonne alimentation.

  Développer l'amour du patrimoine et la solidarité nationale des Québécois de toutes origines. Actuellement, les habitants du Québec sont divisés par toutes sortes de barrières: l'école, le statut social, l'origine ethnique, la religion, la langue, etc. Il importe au plus haut point de mettre ensemble tous ces Québécois dans un milieu propice, afin qu'ils découvrent finalement une franche volonté de vivre et de se développer ensemble

  Réaliser des travaux de sylviculture à grande échelle dans des territoires désignés afin de régénérer nos forêts, accélérer la croissance des arbres et nous assurer des réserves de bois de diverses essences de très haute qualité pour l'avenir.

  Développer l'aptitude à comprendre la nécessité de travaux à long terme, sans rentabilité immédiate pour assurer l'avenir d'un peuple.

3.4  CONSTATATIONS

   Nos forêts sont devenues improductives et délabrées dans une très large mesure par la surexploitation qu’on en fait depuis des décennies, les «coupes à blanc» plus récemment, et surtout par l’absence de véritables pratiques sylvicoles à grande échelle. On ne trouve pratiquement plus de beaux arbres dont la taille permette une exploitation rentable à long terme. Nos usines manquent de bois. Certaines espèces comme le chêne et le pin rouge ont pratiquement disparu à cause de leur coupe intensive sans souci de renouvellement...


   En beaucoup d'endroits, particulièrement dans les forêts de résineux, les arbres sont beaucoup trop rapprochés, de sorte qu’ils n’ont aucune chance de grossir et grandir. Actuellement, on rase des forêts d’arbres beaucoup trop petits avec de la machinerie lourde, au lieu de faire une coupe sélective qui permette aux arbres de grandir.

   La récupération des déchets de matière ligneuse en grande quantité peut être à la base d'une nouvelle industrie chimique produisant particulièrement de l'alcool servant de carburant.

   Les jeunes, en grande proportion, semblent de toute évidence avoir  été assez mal orientés au cours de leurs études secondaires. Les services d’orientation de nos écoles ont très largement raté l’objectif essentiel: faire en sorte que les jeunes choisissent une voie dans laquelle ils pourront développer leurs talents au maximum, en étant heureux et utiles à la société.

   Le système scolaire a, volontairement ou non, dévalorisé la formation dans les divers métiers. On a fait en sorte que ce secteur est maintenant délabré; il est pratiquement devenu un secteur de laissés pour compte, un secteur dévasté. Or, une majorité des écoliers devrait normalement être formée dans ce secteur essentiel pour une société équilibrée. Il est parfaitement honorable et valorisant d'être un bon menuisier, un bon mécanicien, un bon plombier, etc. Tous les hommes et toutes les femmes ont un talent particulier et devraient normalement trouver beaucoup de satisfaction et de bien-être dans le travail bien fait, quel qu'il soit. C'est une vérité élémentaire qui semble oubliée.

   Notre système d’éducation, à tous les niveaux, témoigne d’échecs dont les conséquences peuvent être terribles pour la société québécoise, le taux d’abandon catastrophique dans les écoles secondaires, les collèges et les universités n’en étant qu’une des manifestations. Une mauvaise orientation et la dévalorisation de diverses formations par ailleurs essentielles comme mentionné plus haut, ont sans doute causé la plupart de ces échecs. C'est sans compter le matérialisme et l'individualisme exacerbés que nous vivons.

   Depuis deux générations, des centaines de milliers de jeunes Québécois, par un effet d'entraînement, se sont engouffrées dans études et des formations pour lesquelles ils n'avaient pas les aptitudes et ont accumulé les déceptions, les frustrations et les échecs. Pourtant, la plupart avaient certainement des talents divers qu'ils auraient dû normalement utiliser pour se forger une carrière honorable et valorisante.

   Au nom d'une démocratie mal comprise, on a abaissé bien des barrières, on a pratiqué le laxisme à tous les niveaux, du primaire à l'université, on a fait croire à ces jeunes que tout diplôme pouvait être décroché par n'importe qui et pratiquement sans efforts. On a dévalorisé l'effort par défaut d'éducation à l'effort. On a créé des illusions. On a laissé ces jeunes gaspiller leur vie car un nombre effarant ne sont pas heureux dans leur travail du fait qu'il leur manque des aptitudes. Une masse d'autres, par ailleurs talentueux, ne trouvent pas de travail car ils n'ont pas reçu la formation qu'ils auraient dû recevoir pour exercer leurs talents naturels. Le laxisme, l'irresponsabilité et l'incompétence coûtent terriblement cher au Québec...

   Un grand nombre de ces jeunes vont grossir les rangs des chômeurs et des assistés sociaux aptes au travail: plus de 1 200 000 Québécois en 1994.

   Cette proportion est considérablement plus élevée pour les jeunes provenant de milieux défavorisés.

   Ces adolescents ne possèdent souvent aucun entraînement à un travail quelconque et n’ont qu’une vague idée des exigences d’un milieu de travail moderne. Leur avenir est bloqué à toutes fins pratique.

   Il est scandaleux et extrêmement coûteux et néfaste de laisser tant de talents se gaspiller depuis si longtemps. L'oisiveté détruit l'homme, c'est bien connu.

   Le taux de suicides chez les jeunes Québécois est intolérable.

   Les jeunes Québécois connaissent généralement mal les diverses régions du Québec et les ressources du pays.

   L'individualisme, l'irresponsabilité et l'indifférence affectent très sérieusement toutes les couches de notre société et nous mettent à la merci des pays agressifs et travailleurs, ou encore des pays surpeuplés exploités par les premiers.

   Les milliards de dollars consacrés annuellement à l'assurance chômage et à la sécurité sociale sont trop souvent improductifs et ont des effets pervers de toutes sortes sur les personnes aptes au travail: les exemples sont très nombreux et bien connus. 

3.5  DESCRIPTION

        Le secteur forestier doit être prioritaire du fait que la forêt est une de nos plus importantes ressources naturelles, sinon la plus importante et qu'elle est renouvelable indéfiniment si elle est bien entretenue. D'autres secteurs peuvent être considérés, comme l'agriculture, mais peu permettent de mobiliser autant de personnes simultanément avec des effets perceptibles à court et à moyen termes. 


       Les forêts à nettoyer et cultiver,  doivent être désignées par nos plus grands experts dans le domaine, en fonction de critères reconnus par tous. L'équipement utilisé devrait être du type léger: on devrait favoriser largement le travail manuel et ne pas investir dans un équipement mécanisé importé et coûteux. 

       Un chantier pourrait être composé d'une moyenne de deux cents à trois cent cinquante personnes. Il faudrait prévoir l'organisation à court terme d'une cinquantaine de ces chantiers dans toutes les régions du Québec dans le cadre d'une première phase de quatre ou cinq ans. On fera suivre d'une évaluation très sérieuse. L'effectif total sera d'environ 10 000 personnes. Considérant le nombre actuel de chômeurs et d'assistés sociaux, il faudrait probablement multiplier cet effort par dix très rapidement.

       Ces chantiers pourraient normalement fonctionner du début mai à la fin octobre. Mais une partie pourrait fort bien fonctionner à l'année longue. La journée de travail pourra être de 6,5 à 7,5 heures selon le nombre d'activités de formation et loisir organisées. On fournira une bonne alimentation, saine et abondante: on en fera une matière de formation (mens sana in corpore sano...). Le logement sera simple, mais confortable. 

       On incitera toutes les personnes aptes au travail, assistés sociaux, décrocheurs et chômeurs, à participer à ces chantiers, dans la perspective d'une réinsertion à court terme dans la société active. Il faut évidemment une sérieuse incitation monétaire: par exemple, ceux qui participeront seront nourris et logés pendant leur stage, tout en recevant une allocation équivalente à 50-75% de ce qu'ils auraient dans le régime actuel; les vêtements et chaussures de travail pourraient être fournis suivant des normes à établir. Par contre, ceux qui refuseraient ne recevraient plus que 20% de l'allocation habituelle, sinon rien du tout: c'est à voir. D'autre part, ceux qui sont vraiment inaptes au travail continueront d'avoir droit à des allocations leur permettant de vivre dignement. 

       La durée normale d'un séjour dans un chantier devrait être d'une période, à la fin de laquelle un encadrement efficace devrait être proposé aux stagiaires, avec une rémunération minimale, pour les aider à trouver une nouvelle activité. 

       On mettra à contribution tous les secteurs de notre société pour organiser une grande variété d'activités de formation et d'activités de loisir. 

       La matière ligneuse récupérée ainsi en très grandes quantités d'une façon régulière peut être transformée en divers sous-produits: matériaux de chauffage (briquettes), alcools, etc. On devra récupérer environ la moitié des branches et laisser l’autre moitié sur place pour ne pas trop appauvrir le sol (hypothèse à vérifier). 

       Il ne s'agit aucunement d'un projet visant à procurer de la main d’œuvre à bon marché à qui que ce soit. C'est un projet de redressement social, national et économique pouvant contribuer à créer de nouveaux modes de vie en société.

3.6  MOYENS

Le financement proviendra essentiellement d'une nouvelle allocation des crédits de l'assurance-chômage, de la sécurité sociale, de la défense nationale, etc. Il devrait être facile, pour des économistes et des gestionnaires, d'en démontrer la rentabilité économique par rapport au laisser-aller et au délabrement actuel dont les effets sont désastreux. 

On devrait développer un intéressement des entreprises privées, surtout des entreprises industrielles, auxquelles ce projet devrait profiter du fait que les travailleurs issus de ce programme devraient plus motivés, plus habiles, plus efficaces, mieux formés, etc. Contributions de l’entreprise privée: encadrement technique pour la coupe du bois et la récupération, prêt d'experts de toutes sortes pour l'organisation d'activités de formation théorique et pratique. 

La clé du succès de cette opération: une organisation à toute épreuve, mettant à contribution toutes les compétences dont nous disposons. Il faut du personnel d’encadrement hautement qualifié, trié sur le volet et surtout très motivé et bien entraîné. Ce personnel comptera pour moins de 10% de la population d’un chantier et participera évidemment aux travaux sur le terrain. 

Du personnel dans une variété de secteurs: des contremaîtres forestiers d’expérience, de bons cuisiniers, des enseignants dans divers domaines, des organisateurs de loisirs divers: sports, concerts, récitals, théâtre, ateliers de peinture, de sculpture, etc., etc.. On devrait également mettre à contribution des prêtres, des pasteurs et des psychologues sur une base volontaire.

Mettre à contribution les militaires québécois pour l’organisation matérielle des chantiers (baraquements, tentes, groupes électrogènes, etc.), l’organisation d’un bon entraînement physique: enfin une armée pourra servir à un objectif civil valorisant ([1]). Une fraction du temps devrait être consacrée à un entraînement militaire de base pour tous.
Organiser des tournées permanentes d’artistes dans les chantiers, des tournées de conférences par toutes sortes de spécialistes du monde de l'enseignement, de l'industrie, etc.

Organiser des projections de bons films choisis parmi les meilleurs surtout  québécois, français, européens, dans un répertoire essentiellement non violent (nos écrans sont saturés de films américains, le plus souvent très violents). (Accès à l'internet au 21e siècle...)

4-  CONCLUSION

      On a présenté ici les grandes lignes d'un projet qui pourrait permettre d'atteindre simultanément plusieurs objectifs sociaux et économiques, un projet permettant à un nombre considérable de Québécois de retrouver l'espoir, le goût et la volonté de faire des choses valorisantes au plan personnel, tout en investissant massivement dans la culture de la forêt, notre grande ressource renouvelable. 

       Il s'agit bien sûr d'une ébauche et il faudrait évidemment développer ce projet et en étudier toutes les implications. Il faut espérer qu'il suscite suffisamment d'intérêt pour qu'il soit rapidement étudié à son mérite.




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NOTES  BIOGRAPHIQUES


( 1995 )


Pr Jean-Luc DION, ing., D.Sc.





         Jean-Luc Dion est professeur titulaire de génie électrique à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il est diplômé en génie physique de l’Université Laval et détient un doctorat ès Sciences de l’Université Paul-Sabatier de Toulouse. Il fut le premier directeur du Département d’Ingénierie de l’UQTR, de 1969 à 1972, après avoir été professeur de physique et de génie physique au Centre des Études Universitaires de Trois-Rivières pendant plusieurs années. Il a rempli deux mandats de chef de Section, responsable du Génie Électrique, Il a été membre de la Commission des Études de l’Université, du Comité de la Langue française de l'Université, du Comité universitaire de la Recherche, etc. Il est actif dans divers comités d'évaluation des projets de recherches auprès d'organismes donnant des subventions, ainsi qu'à titre d'examinateur de manuscrits scientifiques pour divers éditeurs. 


         En 1989-1990, il fut professeur invité à l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, Laboratoire de Génie Électrique et Ferroélectricité, où il a poursuivi des recherches sur les moteurs piézoélectriques et leurs modèles. Ses activités d’enseignement et de recherche sont principalement dans les domaines de l’électromagnétisme, des lignes électriques, des mesures électriques et de l’ultrasonique appliquée. Il est responsable du Laboratoire d’Ultrasonique et Capteurs de l’UQTR, un laboratoire spécialisé dans l'étude de diverses applications industrielles des ultrasons et de diverses techniques électromagnétiques. Son laboratoire est associé au Groupe de Recherche en Électronique Industrielle de l'UQTR. Pendant plusieurs années, il a été président directeur général d’une petite entreprise de R et D en électronique industrielle basée à Trois-Rivières Ouest, Supratec inc. Il est l’auteur de quelque soixante-dix publications diverses et de cinq brevets d’invention, dont deux en instance, touchant l’imagerie acoustique et le chauffage par induction. Il est l’auteur du livre Ondes et vibrations (C.É.C., Montréal, 350 p) et prépare actuellement la publication d'un ouvrage en trois volumes sur l'électromagnétisme appliqué. Il agit comme consultant pour diverses entreprises industrielles, dont Hydro-Québec, le Centre de Recherche Industrielle du Québec, le Laboratoire des Technologies Électrochimiques et des Électrotechnologies de Shawinigan. 


Son épouse Michelle et lui habitent Trois-Rivières Ouest. Ils sont les parents d’un fils ingénieur électricien au service d'une grande compagnie de télécommunications, d’une fille aînée cadre d’entreprise et d’une cadette étudiante en mathématique  et en formation des maîtres à l’UQTR. 


         Au cours des dernières années, il a reçu le prix Benjamin-Sulte de la Société Saint-Jean-Baptiste pour l’ensemble de ses travaux et son implication socio-politique, le prix John S. Bates de l'Association Canadienne des Producteurs de Pâtes et Papiers pour la meilleure conférence technique de l’année 1987. Plus récemment, en 1992, le Mouvement National des Québécois lui décernait sa Médaille de Bronze, et l’Université du Québec à Trois-Rivières, en 1993, lui remettait la Médaille du Mérite universitaire en reconnaissance de trente années d'activité intense à l’Université. Il est membre de l’Ordre des Ingénieurs du Québec, de l’Association Canadienne-française pour l’Avancement des Sciences, de la Société Française d’Acoustique, de l’Institute of Electrical and Electronics Engineers, ainsi que des Sociétés Saint-Jean-Baptiste de Trois-Rivières et de Montréal. Il a été actif dans divers conseils d’administration, dont celui de l’Atelier des Vieilles Forges inc. qui se consacre à fournir du travail aux handicapés. Depuis plus de 25 ans, il est membre de la Fondation du Centre des Études Universitaires de Trois-Rivières qui fournit du soutien financier aux étudiants et aux oeuvres de l'Université du Québec à Trois-Rivières. 


         Au plan des activités politiques nationales, il fut membre actif du Rassemblement pour l’Indépendance Nationale dès ses début. Il fut par la suite membre fondateur du Parti Républicain du Québec (1963) avec le Dr Marcel Chaput, et président des Jeunesses Républicaines. Il est membre du Parti Québécois depuis sa fondation et a toujours été actif à divers titres au sein du parti. Il est également membre fondateur du Bloc Québécois à Trois-Rivières. Il est aussi membre de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, ainsi que de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

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[1]   L'armée du Québec devrait être formée d'un strict minimum d'effectifs permanents et d'équipement, à l'image de celle de la Suisse. La meilleure protection d'un pays est une population pleinement responsable, prête à défendre sa liberté par tous les moyens, avec des armes légères qui lui seront confiées dans le cadre d'une défense civile bien organisée. 


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